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06/05/2012

Le 6 mai 2012, c'est aussi la Journée Internationale sans Régime !

journée internationale sans régime, no diet day, obsession de la minceur, maigrir sans régime, anti-régime, plaisir de manger, comportement alimentaireEn France, cet événement va très probablement passer inaperçu aujourd'hui... Pourtant, le 6 mai 2012, la Journée Internationale sans Régime (ou International No Diet Day) fête ses 20 ans*. Les choses ont-elles changé en 20 ans ? Pas si sûr. Les images d'extrême minceur sont plus que jamais la norme. Malgré le progrès de démarches et d'études sérieuses montrant les effets néfastes des régimes, des millions de personnes se mettent toujours régulièrement à en suivre un. Et, au-delà, la notion de "faire attention", la culpabilité en mangeant certains aliments ou le choix d'une alimentation exagérément raisonnée semblent gagner du terrain. Qu'observez-vous autour de vous ?

Si cela vous dit, un peu de lecture rétrospective sur le sujet :

 

Obsessions régime et minceur, stop !

 

Les 3 M : Morphologie-Métabolisme-Minceur : pas d'égalité ! 

 

Printemps : tentation des régimes, attention danger !

 

Le rapport de l'ANSES sur les dangers des régimes

 

Le régime Dukan et les autres, même combat !

 

Pas simple comme un régime...

 

Je ne donne pas de régime, je fais quoi alors ?!

 

* Cette journée (No Diet Day) a été initiée en 1992 par une anglaise, ancienne anorexique, qui voulait dénoncer la dictature de la minceur à tout prix et les régimes associés. Elle s'est progressivement répandue dans de nombreux pays où elle est célébrée chaque année le 6 mai. Elle existe en France depuis 2003.

 

05/04/2012

J'ai testé pour vous...l'aquabiking !

Profitant d'une promo attractive, j'ai décidé de tester une séance d'aquabike (aussi appelé aquacycling, watercycle...). Si vous parlez un tant soit peu anglais, vous comprenez sans doute qu'il s'agit de faire du vélo dans l'eau. Etrange, non ?

En effet, il y avait la natation, l'aquagym, voilà le vélo dans l'eau. L'intérêt, nous dit-on, c'est que l'effort est intense mais beaucoup plus supportable que sur la route. Et qu'on brûlerait beaucoup de calories...

Ma séance durait 30 mn, ce qui est suffisant pour moi qui débute mais j'ai vu que certains centres proposent 45 mn. En l'occurence, le lieu est moins glamour que certaines photos vues sur internet : eau pas vraiment turquoise, pas d'environnement de plantes vertes mais plutôt un sous-sol tristounet. Sept vélos sont alignés dans l'eau, on met des sandales anti-glisse et on s'installe. On démarre en musique, un peu faible et pas vraiment entraînante. Puis le prof fait enchaîner des petites séquences de pédalage, avec ou sans les mains sur le guidon, avant, arrière, normal ou sprint, debout sur les pédales, ... L'effort est intense, j'ai chaud, je m'applique, je parviens au bout de tous les exercices mais suis quand même assez contente quand ça s'arrête ! Je vous rassure, l'eau est assez chaude, on n'a pas froid du tout !

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Un exemple des nombreuses promesses faites autour de l'aquabike...

Je n'aime pas vraiment le principe mis en avant de "productivité" dans la consommation de calories mais j'avoue que dans le genre d'activité "cardio" avec un effort assez intense, ce n'est pas désagréable, surtout pour moi qui aime l'eau.

Et je constate après la séance que je me sens vraiment bien, détendue sans être fatiguée.

Problème annexe : les séances sont vraiment chères, autour de 20 euros à l'unité, un peu moins en forfait, voire plus dans des instituts de beauté, ce qui peut être carrément dissuasif pour beaucoup. Comme cela devient à la mode, il semble qu'un certain nombre d'instituts ou clubs de sport surfent sur la vague...

J'ai aimé : couci couça

J'y retournerai : peut-être (sous réserve de prix raisonnable)

29/03/2012

Faut-il faire du sport (pour maigrir) ?

Voilà encore une question que m'a posée une traductrice à la conférence de la SFT samedi dernier.

La réponse est non ! On peut mincir sans faire de sport. Perdre du poids est une question de balance entre les apports caloriques et les dépenses. On peut jouer sur les deux tableaux, diminuer ses apports (manger moins) et augmenter ses dépenses mais on n'est pas obligé(e). Pas de culpabilité (mes patient(e)s prennent souvent un air gêné pour m'annoncer qu'ils ne font aucun sport !) mais c'est toutefois intéressant de réfléchir à la question.

Bouger (sans nécessairement faire du sport) permet d'augmenter ses dépenses par rapport à son métabolisme de base. Et il n'y a pas que ça : c'est agréable pour se sentir bien dans son corps. Sans compter les bénéfices pour le tonus, le coeur, la circulation, le transit, ...

Bouger, ce n'est pas forcément aller transpirer dans une salle de sport. Il peut s'agir de marcher, de danser, de faire du vélo en ville, de jardiner, ... Rien que marcher (en profitant du retour du printemps) fait un bien fou, essayez pour voir...

Et faire du sport ? Faire du sport fait bien sûr dépenser davantage de calories que rester immobile ! Mais il en faut une bonne dose pour que ce soit significatif. De nombreuses personnes disent "je ne comprends pas, je fais du sport et je ne maigris pas !" Bien sûr, c'est normal si on en profite pour manger encore plus : combien de personnes "se lâchent" côté nourriture sous prétexte qu'elles viennent de faire un footing !

Toutefois, quand on fait du sport régulièrement, on se muscle peu à peu, on modifie sa silhouette (de façon variable) et on augmente son métabolisme, la dépense d'énergie de son corps.

Mais alors, quel sport ?

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Ce qui est vraiment important, c'est de trouver le sport que l'on pratiquera avec plaisir et non d'en choisir un qu'on fera par contrainte, uniquement pour le résultat. Combien de personnes s'abonnent pour plusieurs centaines d'euros à une salle de sports et s'arrêtent au bout d'un ou deux mois ! Il s'agit aussi de prendre en compte ses contraintes : rares sont ceux/celles qui se rendent volontiers à l'autre bout de la ville pour une heure d'activité. On peut donc réfléchir à son besoin, ses envies, ses contraintes matérielles : veut-on se détendre et apaiser du stress, se défouler, le faire seul(e) ou à plusieurs, à quel moment de la journée et de la semaine, près de chez soi ou travail, avec quel budget, ... On peut en parler autour de soi pour recueillir idées et avis et surtout aussi tester différentes activités : on peut souvent bénéficier s'une séance d'essai gratuite ou peu coûteuse.

Pour ma part, j'adore nager et je regrette que l'offre de piscines soit un peu limitée à Paris. J'ai fait pendant quelque temps du NIA, un mélange de danse et de techniques corporelles, avec plaisir mais j'ai arrêté pour l'instant faute d'horaires de cours qui me convenaient.

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Et puis, toujours curieuse, j'ai décidé de tester d'autres activités dont j'entends parler par mes patientes, par la presse, internet, ... Je partagerai ici de temps en temps mes impressions, très subjectives bien sûr ! Rendez-vous dès demain pour le premier épisode !

Et vous, vous avez trouvé le sport de vos rêves qui vous fait vraiment du bien ?

 

Images © Dominique LUZY et © Sergey Peterman - Fotolia.com

25/03/2012

Combien de légumes par jour ?!

Cela faisait partie des nombreuses questions que l'on m'a posées hier samedi, lors de l'intervention que je faisais devant les traductrices, traducteurs, interprètes : "Faut-il vraiment manger 5 fruits et légumes par jour ?". Ce message a été tellement véhiculé par le PNNS (Programme National Nutrition Santé) que tout le monde le connait, mais la plupart des personnes pensent ne pas l'appliquer et cela génère beaucoup de culpabilité et d'inquiétude ("suis-je vraiment en train de mettre en danger ma santé ?"). Côté santé, les choses ne sont pas si simples...

Pour ma part, je ne fixe pas de règle stricte, je recommande surtout d'avoir une alimentation la plus variée possible, naturelle, de saison, colorée et cela comporte logiquement des légumes et des fruits. Et j'essaie toujours d'aider la personne à comprendre pourquoi éventuellement elle néglige cette catégorie d'aliments. Par goût, par habitude, par manque de savoir-faire culinaire, par impression de manquer de temps pour faire les courses et/ou cuisiner, par peur de gaspiller, ... Ainsi, si vous vous posez des questions, vous pouvez vous amuser vous aussi à faire le bilan sur quelques jours : si vraiment vous mangez très peu de légumes et de fruits, demandez-vous comment vous pourriez faire évoluer vos habitudes.

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Pour le plaisir bien sûr ! Pour ma part, je les aime (presque) tous et je ne vois pas comment je pourrais me passer de fruits et de légumes. Je ne compte pas combien j'en mange mais je sais que si j'en suis privée un ou deux jours, j'en ressens très vite le manque. Et faire un repas à base de légumes me satisfait tout à fait. Ainsi, samedi soir, mon chef personnel avait concocté un plat de légumes mijotés dont il a le secret, une sorte de variation sur les artichauts à la barigoule, des petits artichauts italiens avec de la tomate, de la salade, des carottes, des petits pois, des lardons pour le goût, ... Un régal !

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A propos de la consommation de fruits et légumes, j'avais tourné en 2011 une petite video  à la demande de la Maison du Cancer, un site informatif et concret.

Et vous, êtes-vous inquiet(e)s de ne pas manger assez de légumes ?

21/03/2012

Faut-il lire les étiquettes alimentaires ?

La question de l'étiquetage alimentaire revient souvent sur le devant de la scène. Les réglementations se succèdent. On cherche l'équilibre entre la volonté d'informer et le risque de noyer sous les informations plus ou moins lisibles. Alors, qu'en penser ? Faut-il lire les informations des étiquetages alimentaires ?

Selon moi, vous avez sans doute mieux à faire que devenir des spécialistes de la nutrition, capables de décortiquer toutes ces informations ! Vous n'allez pas non plus doubler le temps nécessaire pour faire vos courses en décryptant chaque emballage à la loupe.

Ce n'est pas une raison pour manger n'importe quoi bien sûr ! En fait, le meilleur moyen de ne pas avoir à lire les étiquettes, c'est d'abord d'acheter des produits bruts, naturels !

Pour ma part, bien sûr, je lis souvent les étiquettes par déformation professionnelle. Mais si je me penche sur mon comportement personnel, je constate que j'achète principalement des produits pas ou peu transformés : des légumes, des fruits, des pâtes, du riz, des céréales, du pain chez le boulanger, du poisson, de la viande, des oeufs, du fromage chez le fromager, du lait, du chocolat, du sucre, de la farine, ... On peut s'intéresser à la provenance pour certains.

Ensuite, en cas de produits transformés, le plus simple est d'acheter régulièrement les mêmes produits qu'on a repérés comme satisfaisants en ayant lu une ou deux fois l'étiquette (cf critères ci-dessous). Ainsi, il m'arrive (quand même !) d'acheter par exemple des biscuits et je connais les 2-3 variétés qui me conviennent (avec du beurre et pas de l'huile de palme par exemple...).

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Une étiquette plutôt rassurante, reste à vérifier si c'est satisfaisant au goût !

Enfin, quand on est sur le point d'acheter un produit non familier, je vous suggère quelques règles simples pour ne pas trop se prendre la tête :
- que la liste des ingrédients soit courte (6 ou 7 maximum). Sinon vous abandonnez !
- que les premiers ingrédients (ceux qui sont en quantité la plus importante) soient logiques pour l'aliment concerné : par exemple du poisson dans un plat à base de poisson, de la farine ou équivalent dans des gâteaux, ...
- que vous connaissiez tous les ingrédients qui sont listés. Si vous voyez des noms plus ou moins barbares, laissez tomber.

Pour ma part, j'ajouterai de minimiser certains ingrédients/dénominations qui sont souvent le signe d'une volonté de privilégier un coût bas : l'huile de palme (cachée souvent derrière l'appellation huile végétale) ce qui disqualifie de nombreux produits, dont une célèbre pâte à tartiner, le sirop de glucose-fructose (ingrédient à base d'amidon de maïs ou de blé enrichi en fructose), ou qui dénotent un éloignement du naturel (une grande partie des additifs, colorants, conservateurs).

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Un produit avec le sucre et l'huile comme premiers ingrédients, cela vous parait souhaitable ?!

Toutefois, il ne faut pas non plus devenir obsessionnel de la nourriture exemplaire. Faisons la différence entre notre alimentation quotidienne que l'on peut préférer saine et naturelle et certains aliments qui ne répondent pas vraiment aux principes évoqués ci-dessus mais qu'on peut avoir envie de consommer occasionnellement  (parce qu'on les trouve bons bien sûr !).

Et vous, avez-vous des convictions, des usages ou des questions en matière d'informations alimentaires ?

20/03/2012

A quoi vous fait penser le printemps ?

Aujourd'hui, c'est le printemps ! Mais oui déjà, et la météo semble de la partie. Finalement, l'hiver est vite passé, vous ne trouvez pas ?

Le printemps, cela me fait penser aux journées qui rallongent à grande vitesse, aux proverbes du type "En avril, ne te découvre pas d'un fil", aux premières fraises que j'ai hâte de re-goûter, aux asperges, petits pois et autres fèves qui vont rejoindre nos assiettes. A travers les aliments, je trouve plaisir à chaque saison et je serais bien triste si on avait toujours le même temps !

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Pas encore goûtées cette année...

Il en est d'autres à qui le printemps fait penser aux kilos à perdre, au régime à entreprendre absolument pour aborder les petite robes d'été ou la plage. Les magazines féminins surfent éternellement sur cette envie et une fois encore, cela n'a pas raté. De passage chez mon marchand de journaux, je suis tombée sur les titres des magazines. Au hasard : Elle : "Spécial kilos, une semaine pour que ça marche !" ou Biba : "Maigrir par celles qui ont fondu (et pas repris !)". Chaque année, ça recommence inlassablement (même s'il y a de plus en plus de sujets minceur toute l'année). Finalement, je les plains un peu car cela ne doit pas être évident de trouver un angle nouveau à chaque fois...

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Bon, ceci dit, le printemps, c'est le renouveau. Alors, on peut profiter pour avoir un déclic, se dire qu'on va enfin prendre soin de soi, prendre du temps pour se chouchouter. Et pourquoi pas manger autrement pour être en pleine forme. Mais pas de régime s'il vous plait. Car, vous le savez, et de plus en plus de voix s'élèvent pour le dire, les régimes sont dans la grande majorité des cas néfastes pour le corps et la tête.

Et vous, à quoi vous fait penser l'arrivée du printemps ?

20/02/2012

Le jeûne serait la solution ? (A propos de crevettes...)

Hier, on a mangé de délicieuses crevettes, en compagnie de légumes et de semoule. Je prévoyais éventuellement d'écrire un billet à ce sujet et puis je tombe justement sur un article dénonçant les gigantesques dégâts pour l'environnement dont ces petites bêtes (enfin, leur production...) seraient responsables. Du coup, je me suis dit encore une fois que si on était une personne raisonnable, soucieuse de sa santé et de celle de la planète, très à l'écoute des divers messages nutritionnels, il ne restait sans doute plus qu'à jeûner !

Car cette personne se dit peut-être :

- les crevettes sont un sommet d'empreinte carbone,

- la viande aussi pollue beaucoup et pour la santé, il ne faut pas trop en manger,

- le poisson, il est plein de métaux lourds et on vide les océans,

- les fruits et légumes ne peuvent pas vraiment échapper aux pesticides,

- le pain et les pâtes, on oublie, des fois qu'on serait allergique au gluten, et puis ça fait grossir,

- le lait, c'est mauvais pour la santé, difficile à digérer, et le fromage c'est trop gras !

- le sucre, c'est un poison, les scientifiques le disent. etc.

Bon, il y a peut-être le riz et encore, on n'est pas sûrs, il y a sûrement un problème ! 

Alors, il reste seulement à ne plus rien manger. Mais vous êtes vraiment sûrs que jeûner, c'est la meilleure chose à faire pour sa santé ?!

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Moi, je n'ai pas envie d'arrêter les crevettes mais je les choisis...

Mais non bien sûr, mangeons de tout, mais pas n'importe quoi, du bon ! Soyons attentifs à la qualité, plutôt que rechercher la quantité ou le prix le plus bas. Ne serait-il pas temps que le budget alimentation reprenne un peu plus de place dans notre porte-monnaie ?! Et si on cuisine, pas sûr qu'on dépense plus d'argent en fait. Même avec des bons produits, on peut s'en sortir peut-être pour moins cher moins qu'en achetant du tout prêt, du livré, d'aller dans un restaurant sans intérêt... Ainsi, acheter par exemple des crevettes surgelées, cela ne veut pas dire acheter n'importe quoi. On préfère en manger moins et des bonnes. Chez notre ami Mr P. par exemple, il y a bien sûr du choix mais là, il s'agissait de belles crevettes "Black Tiger" de Madagascar qui certes viennent de loin mais sont respectueuses de l'environnement : comme cela est écrit sur le paquet, et cela semble une réalité, elles sont produites à travers "une aquaculture de mer dans le respect des hommes, des ressources et du milieu".

Alors, pas de malbouffe mais pas non plus de terrorisme alimentaire qui nous empêche de manger dans la sérénité !

 

15/02/2012

Allergie or not allergie ? (parmi les Alimentations particulières du colloque OCHA)

Parmi les Alimentations particulières qu'a évoqué le colloque OCHA il y a quelques semaines, il en est qui ne sont vraiment pas choisies mais qui sont nécessitées par la découverte d'une intolérance ou d'une allergie à certains composants de nos aliments.

Beaucoup de choses se disent actuellement au sujet des allergies alimentaires. Et deux aliments ou composants alimentaires sont particulièrement en ligne de mire depuis quelques années : le lait et le gluten. Je profite de ce que j'ai entendu au colloque OCHA pour évoquer certains aspects du sujet (sans aucune exhaustivité).

D'abord, un inconfort, une difficulté à digérer ne sont pas forcément le signe d'une allergie. Cela peut être liée à la quantité absorbée, à la vitesse à laquelle on mange, à une sensibilité de l'intestin, ... Pour savoir où l'on en est, si on a l'impression d'avoir des difficultés avec un aliment, le mieux est d'abord de le supprimer pendant une période, une quinzaine de jours par exemple, sans rien changer d'autre et d'évaluer les différences de confort digestif sans a priori, en prenant le temps d'écouter son ressenti corporel.

Ensuite, pour confirmer qu'on a une allergie ou une intolérance, il est indispensable de faire un diagnostic précis avec les tests adéquats (à voir avec un médecin allergologue). La fiabilité du diagnostic est essentielle et il est important, a souligné le Dr Moneret-Vautrin, allergologue, au colloque, de ne pas se laisser tenter par les tests proposés à grands frais (plusieurs centaines d'euros) sur internet, le plus souvent inadaptés pour faire vraiment la part des choses ("tests IgG").

Prenons par exemple le cas du lait, très contesté depuis quelques années. D'abord, sachez qu'on n'est pas "allergique au lait" comme on l'entend parfois. On peut (et c'est assez rare) être allergique aux protéines du lait de vache ou on peut être plus ou moins intolérant au lactose (cf mon billet récent) selon la disponibilité du lactase qu'on a dans son intestin, qui permet de digérer ce lactose présent dans le lait.

allergies alimentaire,intolérances,colloque ocha,alimentations particulièresL'allergie aux protéines du lait de vache peut survenir chez le bébé. On l'identifie et alors, il y a des possibilités claires de substituts disponibles en pharmacie (des hydrolysats de protéines de lait : des mélanges de composants plus élementaires qui ne créent pas d'allergie).

Cependant, certains tentent des substitutions hasardeuses, pas du tout recommandables. Ainsi le recours à des "jus végétaux" (amande, soja, riz. ... improprement appelés laits végétaux) chez les jeunes enfants a pour conséquences des carences nutritionnelles diverses (en protéines, en lipides (le gras), en calcium) qui créent des retards de croissance constatés. Parmi ces laits, une vigilance supplémentaire est à avoir sur le "lait" de soja dont un composant, les phyto-oestrogènes, a un possible effet sur la puberté à venir. L'utilisation de laits animaux (brebis et chèvre) est à éviter aussi, a expliqué l'intervenante : d'une part, étant donné le prix élevé de ces laits, de nombreuses fraudes sont constatées avec un mélange contenant du lait de vache ; d'autre part, ces laits sont souvent d'allergies croisées avec le lait de vache. Donc, très risqué !

Il faut également savoir qu'une allergie, notamment celle aux protéines du lait de vache, n'est pas forcément définitive. Il est donc essentiel de réévaluer les choses régulièrement. Ainsi, en cas d'allergie qui débute dans l'enfance, il arrive fréquemment qu'on revienne à la normale quelques années plus tard.

Plus globalement, le Dr Moneret-Vautrin a reprécisé quels étaient les principaux responsables d'allergies :
- les fruits à coque,
- l'arachide,
- les produits de la mer (crustacés, coquillages),
- les céréales,
- les légumineuses.

Il faut donc vraiment détecter d'éventuelles allergies aliment par aliment.

Elle a aussi évoqué des sites qui peuvent être utiles au sujet des allergies :
- www.cicbaa.org, un site d'informations sur les allergies, géré par des médecins allergologues hospitaliers, qui ne fournit que des informations médicales validées (cela change de beaucoup d'autres sites...).
- parmi les associations, le site de l'AFPRAL : www.afpral.asso.fr, l'Association Française pour la Prévention des Allergies, qui organise notamment une journée de dépistage des allergies.

Si vous voulez en savoir plus, avoir des idées, des conseils pour gérer une allergie ou une intolérance alimentaires, pour cuisiner de façon adaptée et gourmande, je vous recommande fortement le blog de Flo Makanai http://makanaibio.com/. Elle a aussi regroupé le coeur de son expérience dans un petit livre très instructif sur les intolérances alimentaires. Etant passée par de nombreuses interrogations, recherches, consultations, ... elle en a appris beaucoup sur le sujet et a à coeur de le partager.

Je reviendrai prochainement évoquer d'autres aspects du sujet.

Si vous êtes intéressé(e), le résumé de toutes les interventions du colloque sur le site OCHA

12/02/2012

Pourquoi et comment est-on végétarien ? (Vu au colloque OCHA "Alimentations particulières"

Au colloque OCHA-Alimentations particulières il y a quelques jours, il y avait non seulement des intervenants de haute qualité mais aussi, pour que les pauses ne soient pas que papoteuses, des posters de travaux de recherche à découvrir. L'un d'eux a notamment attiré mon attention : celui de Simon Roser, qui mène un travail de recherche dans le cadre du CETIA à Toulouse.

Il présentait en effet un "mapping" sur le thème du végétarisme et des modes alimentaires proches. Vous savez que le sujet m'intéresse, cf ce billet qui m'avait valu de nombreux commentaires...

J'ai trouvé ce schéma intéressant car il montre bien que l'approche de l'alimentation végétale ou animale est loin d'être monolithique et prend en compte différents aspects personnels et sociétaux. Deux dimensions sont prises en compte sur les deux axes :

- le fait de s'éloigner plus ou moins de l'alimentation animale pour aller vers le végétal (axe horizontal),

- la motivation à être végétarien ou approchant : le fait-on plutôt pour soi ou pour les autres.

Ces deux dimensions permettent de se positionner sur la cartographie, que l'on soit flexitarien, végétarien, crudivore, ...

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 J'ai refait le schéma pour plus de lisibilité :

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Je trouve que c'est un support intéressant pour réfléchir à sa relation à l'alimentation (on n'est pas obligé !) et pourquoi on décide de la faire évoluer, pas seulement pour suivre des modes... Toutefois, je ne suis pas complètement d'accord avec l'axe vertical : je ne suis pas sûre qu'on soit toujours végétarien ou flexitarien pour les autres, la planète, ... mais aussi souvent pour soi, son goût, sa santé, ... Qu'en pensez-vous ? Et trouvez-vous votre position sur cette carte ?

Merci à Simon Roser de m'avoir permis de reproduire ce travail.

PS : pour ne pas faire de jaloux, très bientôt je vous parle de viande...

 

10/02/2012

Les régimes : pas la bonne façon de mincir ! (Jean-Michel Lecerf au colloque OCHA-Alimentations particulières)

Le colloque OCHA - Alimentations particulières dont je vous ai déjà parlé a proposé une intervention du Professeur Jean-Michel Lecerf, responsable du service nutrition de l'Institut Pasteur de Lille. Je le connais un peu pour l'avoir entendu plusieurs fois en conférence et je suis globalement plutôt en phase avec ce qu'il raconte, avec sa longue expérience des problématiques de poids. Je le trouve à la fois plein de sagesse et d'humanité, ne prétendant pas pouvoir faire des miracles et insistant sur la complexité de la prise en charge des problèmes de poids.

Jean-Michel Lecerf a notamment été le coordinateur du rapport Anses sur les régimes et il est clairement contre la folie des régimes. Il a insisté sur la distinction à faire entre l'envie légitime de perdre du poids pour sa santé quand on est en surpoids et la mode largement répandue collectivement de se mettre au régime sans bonne raison.

En effet, il ne remet pas en cause en soi l'envie/le besoin de perdre du poids mais il dénonce à la fois :
- une "erreur de casting" parmi les candidats à l'amincissement. En effet, on y trouve pour une part non négligeable des personnes qui ne devraient en aucun cas se mettre au régime : 
. les enfants,
. les adolescents,
. les personnes âgées et surtout, très souvent... :
. les femmes de poids normal.

- la façon de vouloir le faire, par des régimes restrictifs qui ont des effets secondaires :
- physiologiques, en entrainant dans une spirale de reprise de poids (yoyo), et en entamant le capital osseux, la masse musculaire, ...
- psychologiques, avec de la frustration, de la culpabilité, une baisse de l'estime de soi puisqu'on s'en veut de ne pas y arriver et un développement fréquent de troubles du comportement alimentaire.

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La "panoplie" spécial régime, non ?! 

Beaucoup de personnes confondent le poids idéal dont elles rêvent, mais qui n'est pas fait pour elles (cf mon billet sur les 3M) et un poids naturel, souhaitable, raisonnable, confortable. Alors, il passe son temps à détromper les patients qui croient parfois qu'il a une recette magique ou que c'est à lui de faire tout le travail, telle cette personne qui lui dit un jour "S'il vous plait, maigrissez-moi, docteur !".

Jean-Michel Lecerf a mis en avant l'obsession de la minceur comme une volonté de mettre tout le monde dans le même moule et un manifestation du refus de la différence. Il a ainsi bien distingué le fait de lutter contre l'obésité qui n'a rien à voir avec une lutte contre les obèses !

Il a aussi insisté sur le fait que l'obésité n'existe pas en soi : il existe DES personnes obèses, qui sont toutes différentes et auxquelles il est donc impossible d'apporter une réponse unique. En effet une multitude de facteurs spécifiques à chacun interviennent : l'age, le niveau de poids, l'histoire du poids et les causes de la prise de poids, les aspects psychologiques, la morphologie, le mode de vie, les facteurs de risque, le comportement alimentaire, ...

D'où la nécessité d'une approche personnalisée, aux antipodes des régimes standard qu'on continue à nous faire miroiter... Il s'agit de s'occuper de son alimentation, de réviser ses habitudes en douceur, de changer progressivement de mode de vie.

Enfin, j'ai aimé un raccourci qu'il a fait, qui m'a vraiment parlé :

RE-MEDICALISER L'OBESITE et DE-MEDICALISER L'ALIMENTATION !

 

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