22.11.2009
A propos de la texture des aliments
Je répète souvent ici qu'il faut prendre le temps de manger et faire appel en cela à ses cinq sens. La vue nous influence largement dans notre envie de goûter un aliment. Puis on parle beaucoup du goût et de l'odorat pour apprécier un plat. Et on s'attarde finalement assez peu sur le toucher alors que ce sens est mobilisé deux fois : le toucher avec les mains, même si on ne touche pas tous les aliments, et le toucher dans la bouche, lorsqu'on y sent la texture des aliments.
Or, plusieurs lectures récentes ont attiré mon attention sur ce sujet et je me suis notamment posée la question : les préférences pour certaines textures sont-elles une question d'époque, de pays ou de préférences personnelles ? Mais je ne prétends pas apporter une réponse ici !
- Le quotidien Libération jeudi, dans sa rubrique Foodingues avait fait appel à un philosophe, Michel Erman. Et celui-ci évoque notamment les préférences gustatives de Marcel Proust, en indiquant que la cuisine dont il se régalait tournait beaucoup autour d'une même texture, l'onctueux. Que l'on retrouve dans les plats de viande longuement mijotés, dans les soufflés, les mousses, ..., plats d'époque. La large utilisation du beurre, de la crème contrubuaient sûrement à cette texture.
- L'étude sociologique AlimAdos sur l'alimentation des adolescents qui a été présentée récemment, donnait des informations intéressantes sur le rapport des ados à la texture des aliments. On a parfois tendance à dire qu'on est aujourd'hui dans une civilisation du "mou" (les laitages, les compotes, les hamburgers, les céréales imbibées de lait, ...) où on perdrait l'habitude de mâcher, de mastiquer. Or, il apparait dans cette étude que les ados préfèrent les aliments fermes (les légumes crus) ou croustillants (les frites) et rejettent le gluant, le gélatineux. Mais est-ce vraiment la texture en elle-même qu'ils apprécient ou ce qu'elle véhicule : croquer des légumes est jugé agréable car le croquant est associé à la fraîcheur et au côté sain, alors qu'un aliment sec ou bouilli est rejeté car suspect dans sa fraîcheur...
- Dans le magazine Wasabi, Yukiko Murata (créatrice de l'excellent site pour se familiariser avec l'alimentation japonaise www.cuisine-japonaise.com ) mettait récemment l'accent sur notre différence avec les Japonais sur ce sujet. Notre vocabulaire pour parler des textures serait plutôt pauvre avec environ 220 mots (quand même !) alors que les Japonais en utilisent le double, autour de 450 mots. Au Japon, la texture est souvent exprimée par des sortes d'onomatopées qui traduisent la sensation éprouvée en mangeant un aliment de cette texture (croquante, gluante, ..). On dit par exemple "neba neba" pour qualifier les aliments gluants comme le natto (soja fermenté) ou le tororo (igname). Et j'ai l'impression que ce ne sont pas forcément les mêmes textures qui sont valorisées dans ce pays. Ainsi, les Japonais aiment par exemple beaucoup les textures pâteuses (patate douce, pâte de haricot rouge, ...) ou gélatineuses (utilisation de l'agar agar notamment).

Les huitres : une texture visqueuse que tout le monde n'apprécie pas
Les textures des aliments privilégiées varient certainement selon les pays et les époques. Mais chacun a aussi ses textures préférées. Alors, lors de vos prochains repas, soyez attentifs à la texture des aliments. Et essayez de définir vos propres préférences : le croquant, le moelleux, le pâteux, le croustillant, le lisse, le granuleux, le soyeux, ... ?
20:45 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alimentation, cuisine, diététique, nutrition, cinq sens, texture des aliments, cuisine japonaise, japon
21.11.2009
Manger seul, un autre plaisir
Souvent, on me parle de la tristesse, de l'ennui de manger seul (e). Car manger, surtout en France, est associé à la convivialité. Un repas entre amis ou en famille est un moment souvent très agréable. Mais les circonstances ne le permettent pas toujours. De nombreuses personnes sont amenées à manger seules, occasionnellement ou régulièrement.
Et, du coup, on ne prend pas la peine de se préparer un vrai repas, on grignote sans vraiment s'installer à table, on mange ce qui tombe sous la main sans vraiment savourer. Et le fait de manger sans grande attention ne rassasie pas gustativement et on risque de manger trop.
J'admire la démarche d'une personne qui me consulte, qui très régulièrement dîne en compagnie de sa voisine âgée : chacune prépare son repas puis elles se retrouvent pour le partager. Un partage qui agrémente le repas.
Cela n'est pas toujours possible. Alors pourquoi ne pas trouver aussi du plaisir à manger seul (e), un autre plaisir que celui de la convivialité, plus personnel, qui peut faire avancer l'attention à ce que l'on mange ? Suggestions.
D'abord, réfléchissez à ce qui vous ferait plaisir. L'avantage : pas besoin de négocier, de contenter des goûts multiples et antinomiques. Y penser un peu en avance peut vous permettre d'avoir à votre disposition les aliments adéquats mais vous pouvez aussi laisser faire la spontanéité.
Prenez le temps de vous détendre avant de manger. Personne ne vous presse, vous n'êtes pas à quelques minutes près.
On rechigne sauf exception, à se lancer dans une cuisine longue et compliquée pour une seule personne. Donc, ne vous fixez pas des objectifs trop ambitieux. Mais on peut quand même se régaler avec des plats simples, comme on le ferait à plusieurs. Quelques exemples pour un repas chez soi :
- une omelette, un œuf cocotte, un œuf accompagné de ratatouille,
- des pâtes, déclinables à volonté,
- une salade de quinoa, semoule, lentilles, ... agrémentée de dés de légumes, ou autres ingrédients,
- une salade aux ingrédients variés de saison,
- un plat aux tonalités italiennes, par exemple bresaola, légumes, mozzarella (photo),
- une soupe.
Etc.
Prenez quelques instants pour mettre la table avec une jolie vaisselle. Ne mangez pas debout ou sur un coin de table, prenez votre temps. Apportez tout votre repas plutôt que de retourner plusieurs fois dans la cuisine vous servir.
Vous avez la possibilité d'être pleinement attentif (ve) à ce que vous mangez, profitez-en. C'est l'occasion de ne pas manger machinalement ! On n'a pas toujours le loisir de le faire quand on est plongé (e) dans une conversation animée ou qu'on doit faire manger ses enfants.
Manger seul(e) est un moment privilégié pour déguster un repas. L'attention peut se concentrer sur ce que l'on mange. Mettez en action vos cinq sens, notamment :
- la vue : prenez plaisir à contempler ce que vous venez de préparer, l'harmonie des couleurs entre le plat et la vaisselle, entre les différents mets.
- l'odorat : ne vous précipitez pas pour manger, prenez le temps de humer les saveurs. Avez-vous pensé à utiliser herbes et épices ? Reconnaissez-vous les parfums ? Imprimez-les dans votre mémoire gustative.
Puis mangez lentement, en dégustant chaque bouchée, en étant attentif (ve) à la saveur des aliments. Cela vous permettra de sentir le moment où vous êtes rassasié (e) et de vous arrêter. Vous pouvez vous demander si vous avez envie et encore faim pour un dessert, tout de suite ou plus tard.
Rangez, faites la vaisselle, laissez une cuisine en ordre, cela permet de clôturer le repas et de passer à une autre activité, sans avoir la tentation de grignoter sans faim... et sans fin.
Avez-vous eu du plaisir à ce repas ?
20:35 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alimentation, cuisine, diététique, nutrition, repas, dégustation, célibataire
11.11.2009
Vive les pâtes !
Certaines personnes qui viennent me voir m'annoncent parfois d'un air penaud : hier, j'ai encore fait des pâtes ! Et alors ? Il ne faut surtout pas en avoir honte ! Les pâtes, c'est délicieux, c'est source d'énergie, tout le monde aime ça et rappelons-le une bonne fois pour toutes, cela ne fait pas grossir ! De plus, c'est simple à préparer et cela peut constituer un plat unique le soir. Tant mieux ! Il faudrait arrêter de culpabiliser de ne pas passer 2 heures en cuisine quand on rentre de son travail : c'est normal !
En revanche, ce qui serait dommage, c'est de manger toujours les mêmes pâtes. J'entends beaucoup parler de pâtes à la sauce tomate ou bolognaise. On pourrait varier un peu les plaisirs et cela n'est pas plus compliqué. Il suffit d'un tout petit peu d'organisation pour avoir tous les ingrédients sous la main, en utilisant frigo, placard et congélateur.
Pour commencer, dans son placard, on peut avoir plusieurs variétés de pâtes sèches : spaghetti, penne, macaroni, farfalle, conchiglie, ... c'est plus sympa et ce n'est pas pour rien que les Italiens ont inventé une multitude de formes : elles captent la sauce différemment. Vous avez aussi dans le frigo un morceau de parmesan à râper, bien utile si la sauce s'y prête.
Quelques exemples :
Penne aux légumes en ratatouille : ils sont tout prêts au congélateur.
Pâtes aux courgettes et pignons : rondelles de courgettes au congélateur, sachet de pignons dans le placard.
Penne thon-tomate-olives : boite de thon dans le placard, olives au frigo, tomates en dés au congélateur ou en sauce toute faite.
Spaghetti brocoli-anchois-pignons : fleurettes de brocoli au congélateur, anchois en bocal, pignons dans le placard.
Tagliatelles courgettes-crevettes : le tout est prêt au congélateur.
De façon générale, la plupart des légumes existent sous forme surgelée,épluchés et pré-découpés, c'est très pratique, bon et finalement pas plus cher. De même pour le poisson, les crevettes, ... Vous pouvez aussi avoir au frigo du jambon de Parme ou d'autres charcuteries italiennes (il en existe de très bonnes au rayon frais), du saumon fumé, ..
Quelques autres pistes de garnitures :
Petits pois-jambon de Parme ; saumon fumé-courgettes ; moules et tomates ; champignons-jambon et persil plat ; poulet-champignons-épinards ; aubergines-tomates-ricotta ; dés d'espadon et tomate ; langoustines et courgettes ; saumon fumé et saumon frais ; artichauts et pancetta, etc. : vous pouvez faire preuve d'une créativité infinie dans les assemblages selon votre inspiration et ce que vous avez sous la main.
Et les pâtes ont encore d'autres avantages :
- vous pouvez moduler la portion selon votre appétit. Si vous êtes plusieurs, chacun en mange à sa faim (à titre de repère, à adapter à chacun, une portion usuelle est de 80 à 100 g).
- vous avez la possibilité de garder quelques pâtes froides (non assaisonnées) pour une salade de pâtes le lendemain si vous êtes du style "lunchbox".
Ce n'est pas long à préparer : pendant que les pâtes cuisent, vous préparez, assemblez, réchauffez la sauce.
C'est prêt ? Prenez le temps de humer votre plat ! Puis de le déguster tranquillement.
Donc, pourquoi pas un repas pâtes par semaine ? Sans aucune culpabilité, que pour le plaisir !
17:45 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : alimentation, cuisine, santé, nutrition, féculents, repas, recettes
03.11.2009
Cuisine française ?
J'ai assisté récemment à AlimAdos, un colloque basé sur une large étude sociologique sur l'alimentation des adolescents (j'aurai l'occasion d'y revenir). Une chose m'a frappée, parmi d'autres : quand on parle aux ados dans cette étude de "plats français", ce n'est pas sûr que cela ait vraiement un sens pour eux. ils semblent assimiler cela à des plats "normaux" (à la différence des plats exotiques par exemple) et ils citent pêle-mêle les spaghettis bolognaise, le cordon bleu, la pizza, le poisson pané, ... On est loin de la blanquette !
Du coup, je me suis demandée qu'est-ce que c'est finalement aujourd'hui la cuisine française ? (je réalise en l'écrivant qu'on vient de lancer des débats sur l'identité française, c'est pure coïncidence, mais en même temps, bien sûr, ce qu'on mange fait partie de notre identité).
Autre information : dans un sondage il y a quelques années, le couscous apparaissait comme le plat préféré des Français.
Si on regardait les plats consommés le plus fréquemment, le steak-frites ne serait-il pas bien placé ?
Finalement, la cuisine française, est-ce que ce serait un mélange d'influences diverses, dans lequel on réinterprète certains plats venus d'ailleurs ?
Ou alors ce serait juste un assemblage de cuisines régionales, avec la choucroute alsacienne, la carbonade dans le Nord, le cassoulet dans le Sud-Ouest, la ratatouille en Provence, la salade niçoise à Nice, etc. ?
Ou une cuisine structurée autour de quelques aliments ou plats emblématiques : le foie gras, le fromage, la baguette de pain, la soupe à l'oignon, le pot au feu, le mille-feuille,...
Je n'ai pas creusé beaucoup le sujet, mais cela n'a pas l'air simple ! Et est-ce si important ?
Le problème, c'est qu'on s'en glorifie souvent. Et comment va-t-on s'y prendre pour traiter la demande lancée par notre Président de faire entrer la gastronomie française au Patrimoine mondial de l'humanité : va-t-on parler d'une cuisine qui n'existe plus que dans les livres ?
Avez-vous des idées sur la question ?
07:51 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : restauration, plats, recettes, alimados, patrimoine
04.10.2009
Cuisine et parfum : lancez-vous !
Les odeurs et parfums jouent un rôle majeur dans le plaisir de manger. On peut non seulement y être attentifs mais aussi jouer avec et innover pour le plus grand bonheur des sens.
On parle souvent à propos des plats, des aliments, de leur saveur. Mais en fait, les saveurs que détectent nos papilles ne sont qu'au nombre de 4 : salé, sucré, acide, amer, voire 5 avec l'umami japonais. Et elles ne représentent qu'une infime partie des qualités gustatives des plats que nous aimons. Savez-vous que l'odorat entre pour 80 à 90% des sensations dans ce qu'on appelle le goût des aliments, par le mécanisme de la rétro-olfaction (qui nous fait sentir les arômes quand l'aliment est en bouche) ? Et cette richesse des odeurs est infinie. C'est elle qui fixe dans notre mémoire le souvenir des aliments et crée nos « madeleines de Proust ». C'est à cause d'elle que l'on se sent presque rassasié (e) quand on a cuisiné car nous avons absorbé toutes les odeurs de la cuisine en train de se faire. On n'a presque plus envie de s'attabler mais il le faut pourtant, pour la convivialité bien sûr mais aussi car notre corps réclame sa dose d'énergie fournie par les aliments, que la simple odeur ne suffit pas à combler !
Malheureusement, l'odorat est dans un des sens que l'on néglige le plus dans notre civilisation. Aucune éducation olfactive n'est dispensée à l'école. Mais il n'est jamais trop tard. Alors profitez de toutes les occasions pour développer votre nez, que ce soit autour des parfums, de la cuisine, du vin, ...
Il est donc important de prendre le temps de humer les plats avant de les manger (de la façon la plus élégante possible !) et de commenter ce que l'on a senti : c'est un premier pas vers le plaisir gustatif. Mettre des mots sur ses sensations aide à les mémoriser : ces odeurs viendront se ranger dans votre bibliothèque olfactive et vous les retrouverez de temps en temps, parfois très longtemps après et elles seront évocatrices de souvenirs multiples. Enrichir cette bibliothèque vous fera mieux apprécier non seulement les aliments, les plats, mais aussi les thés, les vins, ...
Pour renforcer les parfums des aliments, on utilise traditionnellement quelques épices, herbes et aromates. Dans ce domaine, il y a bien sûr des accords incontournables : la pomme et la cannelle, la tomate et le basilic, le saumon et l'aneth, ... Mais on les a un peu usés ! Alors, osez sortir des sentiers battus et tester de nouvelles harmonies. C'est votre goût qui vous dira si c'est une bonne idée ou non. Ainsi, déclinez les carottes au cumin, à l'orange, à la vanille, au citron, au curry, à la ciboulette, à la cannelle... et décidez de vos préférences.
Michèle Gay, elle, a décidé de pousser plus loin la chose : elle s'est spécialisée depuis de nombreuses années dans la parfumerie culinaire et elle a décidé de nous faire profiter de ses recherches et talents. Elle propose depuis début octobre un atelier de parfumerie culinaire. Pendant 3 heures, il s'agit de définir votre profil sensoriel (naturel, rebelle, intemporel, ...), de sentir et goûter un certain nombre de parfums associés à ce profil et de créer vous-même vos propres mélanges odorants à utiliser en cuisine. Concrètement, on utilise une matière brute (sucre ou sel) à laquelle ajoute des huiles essentielles pour créer des mélanges étonnants. Ainsi, un des grands classiques de Michèle Gay est le fromage confit au vétiver. j'ai goûté, c'est étonnant et délicieux.
On peut craindre que cette cuisine parfumée originale s'adresse à des cuisinier(e)s avertis. Pas du tout ! Michèle Gay prétend être elle-même (peut-être avec un peu trop de modestie) une piètre cuisinière, préférant partir de produits simples (compote, fromage blanc, fromages, poulet grillé, ...) et en faire des plats originaux et savoureux par la magie d'une note parfumée. A chacune de se définir sa personnalité de parfumeur/euse culinaire et là encore d'expérimenter pour définir ses préférences. A vous le yuzu, la fève tonka mais aussi le pin sylvestre ou le géranium ! Ces ateliers, que j'ai pu tester, sont un très bon moment de plaisir des sens et je ne peux que souscrire à sa signature « Oser la gourmandise » !
Ces ateliers "Parfums et saveurs" se déroulent à Paris le 1er jeudi de chaque mois de 18h à 21h chez Cinquième sens , société spécialisé dans la conception de parfums, le conseil et la formation et qui organise également des ateliers spécifiquement autour des parfums.
Pour aiguiser son odorat et passer un bon moment, on peut aussi essayer les cours de dégustation de l'Ecole du Thé, le thé ayant une diversité de parfums propice au travail aromatique.
Retrouvez ma chronique sur Toutpourlesfemmes
21:15 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cuisine, recette, parfum, saveurs, nutrition, gout, michèle gay, cinquime sens, ecole du the
28.09.2009
Folie bento suite (et sans doute pas fin !)
La folie bento continue de plus belle !
- La blogosphère bentophile m'a signalé que 100% Mag sur M6 aujourd'hui proposait un reportage sur les bentos. A revoir sur M6 replay.
- Aujourd'hui encore, LCI m'a contactée car ils voulaient filmer un/une bento-addict en train de manger son bento préparé avec amour à midi. Je n'avais pas ce genre d'énergumène sous la main dans le délai imparti, je ne sais pas s'ils ont trouvé !
- Et le site de consommation responsable http://www.mescoursespourlaplanete.com/ vient de relayer mon blog sur le sujet, bien sûr sous l'angle un peu écolo de la chose.
Toutefois, je me demande si cela ne tient pas un peu de l'emballement médiatique. Quand je me promène dans les quartiers de bureaux parisiens ou à la Défense, je vois encore beaucoup beaucoup d'adeptes des sandwiches, salades toutes prêtes et cie des lieux de restauration rapide !
Et vous, où en êtes-vous pour vos déjeuners ?
23:37 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : bento, gamelle, lunchbox, ecologie, nutrition, repas, santé, elisabeth laville
Mousse au chocolat pour chocolatomaniaques
Comme je viens de donner une recette de mousse au chocolat à quelques amies, j'en profite pour vous la livrer également. Elle n'a rien de révolutionnaire et on la présente parfois comme une mousse au chocolat minceur, cela sans doute parce qu'elle ne comprend pas de crème, de beurre, de sucre. Mais cela me parait assez inapproprié vu qu'elle contient quand même une demi-tablette de chocolat par personne ! Et comme je l'ai déjà dit souvent, la minceur n'est pas une question de recette allégée mais de quantités adaptées à ses besoins !
Revenons à cette mousse, son intérêt me semble-t-il est surtout qu'elle plait aux vrais amateurs de chocolat car elle a un goût fort en chocolat, du fait qu'on n'y ajoute pas de sucre (mais il y a bien sûr le sucre contenu dans le chocolat).
Pour deux gourmands qui ont faim (je rappelle qu'il est hautement préférable de manger un bon dessert quand on a faim, on l'appréciera beaucoup plus, et donc pas nécessairement à la fin d'un repas) :
100g de chocolat à 70% de cacao (par exemple une tablette de l'excellent chocolat Bonnat), 3 blancs d'oeuf (soit 100g de blancs d'oeuf) (c'est tout !)
Faire fondre le chocolat en petits morceaux au bain-marie, le laisser tiédir.
Battre les blancs en neige ferme, les incorporer délicatement au chocolat fondu avec une spatule.
Mettre au frais plusieurs heures. Déguster en prenant le temps de savourer !
22:21 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : recette, cuisine, chocolat, dessert, minceur
19.09.2009
La folie Bento !
Encore un signe qui confirme que c'est la folie autour des Bento en cette rentrée : tous les ateliers de cuisine s'y mettent ! Donc, si vous voulez vous perfectionner dans la convivialité et profiter sans doute de petites astuces, vous avez l'embarras du choix (mais ce n'est pas toujours donné) :
Côté cours de cuisine convivial qui surfe sur la vague : l'Atelier des Sens (Paris 11eme), pour préparer un déjeuner-bento avec une touche japonaise : Soboro-gohan (riz au pavé d'omelette et de viande) ; Saba miso-ni (confit de maquereau au miso) ; Salade de concombre et d'algue wakame). Durée : 2 heures
Côté cuisine japonaise naturelle et savoureuse, l'Association Jipango accueille en novembre Marie Fujii, venue tout droit du Japon. Parmi plusieurs ateliers de cuisine végétarienne, il y en aura autour des bento : comment préparer des bento pour enfants et adultes, principes à respecter pour cuisiner un repas qui se conserve dans une boîte-repas, comment présenter différents styles de mets. Durée : 3h30
Côté Japon traditionnel : La Maison de la culture du Japon à Paris organise un cours de bento en octobre mais il s'agit plus d'une démonstration par un chef que d'un atelier véritable. Durée : 1h30
Côté "usine" à cours de cuisine, citons l'Atelier des chefs, qui ne peut pas rater une tendance et propose des nouveaux cours autour de la Lunchbox : Asiatique, Basque, Rose ou Marocaine. A la lecture des menus, on n'est plus trop tôt dans l'esprit du bento, on dirait des repas normaux.
Si vous avez l'occasion de participer à l'un de ces ateliers, revenez ici partager votre expérience, cela sera très intéressant.
NB : photo d'un bento plutôt sophistiqué (mais on ne l'emporte pas !), celui du Park Hyatt de Tokyo, l'hôtel rendu célèbre par "Lost in Translation". Copyright : Ariane Grumbach
17:18 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bento, lunchbox, cuisine japonaise, nutrition, sandwich, repas, bureau
13.09.2009
Michalak ou Conticini, tout est permis !
Du 21 au 29 septembre, pour célébrer St Michel, le saint patron des pâtissiers, 5 300 artisans pâtissiers dans toute la France vont proposer la Reine Capucine, un entremets créé par Christophe Michalak, le Chef Pâtissier du Plaza Athénée. Chaque pâtissier reçoit le moule et la recette pour réaliser lui-même le gâteau. La Reine Capucine mêle des arômes de noix de coco, de noisette et de cassis autour d'un biscuit moelleux.
N'appelons pas cela un dessert car justement, manger une pâtisserie en dessert n'est bien souvent pas la meilleure idée ! En effet, on apprécie beaucoup plus une pâtisserie (comme tout aliment) quand on a faim et que les papilles et les récepteurs olfactifs sont disponibles pour de nouvelles saveurs. Or, à la fin d'un repas, c'est rarement le cas.
Donc, si vous voulez goûter cet entremets ou tout autre pâtisserie qui vous tente, prévoyez de les manger au goûter, en ayant fait un déjeuner léger qui vous permettra d'avoir faim en cours d'après-midi, ou à la fin du repas à condition d'avoir gardé une part de votre appétit suffisante pour ce dessert. Si vous faites cela, vous aurez un maximum de plaisir gustatif et vous n'aurez pas dépassé votre besoin calorique. Ou pourquoi pas avant le repas, comme le préconise le chocolatier Patrick Roger (voir ma note à ce sujet).
Les artisans pâtissiers comptent profiter de cette opération pour valoriser la pâtisserie artisanale, le savoir-faire des artisans qui utilisent de bons produits et sans doute donner envie de consommer des gâteaux, catégorie d'aliment parfois évitée par une partie de la population, notamment féminine. Or, sauf si vous n'aimez sincèrement pas les gâteaux, il n'y a aucune raison de vous priver de ce plaisir de temps en temps car cette privation entraînera de la frustration qui vous fera craquer tôt ou tard, et sans doute sur des quantités plus importantes.
Je ne suis pas sûre d'avoir envie de goûter cet entremets, je trouve qu'on est assez souvent déçus par ces gâteaux modernes à la texture mousseuse. Je préfère largement les pâtisseries traditionnelles, tartes, éclairs, etc. A ce sujet, comme beaucoup de monde, vu l'énome buzz suscité en quelques jours, j'ai bien envie d'aller plutôt à la Pâtisserie des Rêves que vient d'ouvrir Philippe Conticini à Paris : il a réinterprété le Paris-Brest, la tarte Tatin, les éclairs, le mille-feuille, etc., et ça n'a pas l'air triste !
Et ne croyez pas que manger de temps en temps un bon gâteau vous donnera le gabarit généreux de Philippe Conticini. Les artisans pâtissiers insistent sur l'importance de privilégier la qualité plutôt que la quantité : quand vous mangez un gâteau, choisi chez un bon pâtissier, faites une vraie pause, savourez-le tranquillement et consciemment, et vous verrez que vous n'aurez pas besoin qu'il soit copieux pour être agréablement rassasié(e).
Et au fait, quel est votre gâteau préféré ?
22:27 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gâteau, pâtisserie, dessert, michalak, patissier, gourmandise, conticini, patisserie des rêves
A vos bentos !
On l'avait un peu perdue de vue, elle était plutôt réservée aux ouvriers du bâtiment qu'aux cadrettes mais ça commence à devenir le dernier chic : la gamelle ! D'après le cabinet GIRA, spécialisé dans les études sur la restauration, c'est depuis 2008 son grand retour, avec environ 12% de personnes qui apportent leur repas sur leur lieu de travail. Mais on n'utilise plus forcément ce terme, on a modernisé la pratique et c'est la grande vogue des « boites à lunch » comme au Canada et surtout des bentos japonisants. Cette nouvelle mode a bien sûr envahi les livres de cuisine, les magazines féminins, les blogs, ...
Vous êtes peut-être concerné(e) si vous commencer à en avoir vraiment assez de la brasserie du coin, de la cantine ou des sandwichs. En fait, l'intérêt est triple.
1. Il est économique, et c'est peut-être la première motivation, en période de crise : un repas que l'on prépare, même en utilisant de très bons ingrédients, reviendra nettement moins cher qu'un repas pris à l'extérieur. A Paris et dans les grandes villes, manger à l'extérieur chaque midi peut vite constituer un budget très significatif.
2. Il est gustatif, et ce n'est pas son moindre intérêt : vous préparez quelque chose qui vous plait, avec des ingrédients de qualité, plutôt qu'être obligé(e), par exemple, de vous soumettre au choix pas toujours tentant, du restaurant d'entreprise.
3. Il est enfin nutritionnel : vous savez ce qu'il y a dans votre bento, vous pouvez éviter les assaisonnements excessifs, les ingrédients mystérieux ou peu recommandables. Cela vous permet aussi de varier et d'équilibrer ce que vous mangez entre le déjeuner et le dîner et selon les jours.
Cela parait donc une bonne idée sur le papier mais comment faire pour que cela soit un plaisir et pas une corvée ?
Le bento, traditionnellement en bambou ou en laque et désormais en plastique, est un incontournable de la vie japonaise : la mère de famille le prépare chaque matin, il est présent en infinies déclinaisons dans les gares, dans les grands magasins et même dans certains restaurants, c'est le moyen d'avoir une série de petits plats variés et il est en général très joliment décoré. Mais ne vous fixez pas de faire la même chose. Il est difficile d'imaginer préparer un repas supplémentaire, avec tous ceux que vous devez déjà gérer. L'idéal est de pouvoir utiliser des restes du dîner de la veille, en ayant prévu les quantités en conséquence, ou des aliments conservés au congélateur. Et allez plutôt vers un ensemble de plats limité : un plat unique ou un plat et un accompagnement et éventuellement un dessert selon votre appétit.
Par exemple, si vous cuisinez des pâtes, prélevez-en une partie avant de les accomoder avec une sauce : vous pourrez en faire une salade en complétant avec des ingrédients frais : légumes divers, thon, olives, herbes, ....Vous pouvez aussi utiliser le reste d'un rôti, d'une omelette, d'une terrine de poisson. De la semoule ou du quinoa cuits le soir pourront être la base d'une salade en les complétant de dés de légumes de saison.
L'équipement dont vous disposez doit guider votre choix : y a-t-il un micro-ondes pour réchauffer votre plat ? Est-il possible de le conserver au frais ou un emballage isotherme sera-t-il suffisant ? Disposez-vous d'un endroit agréable pour vous installer, distinct de votre bureau ?
Ensuite, il ne s'agit pas de perdre en convivialité. Donc, recrutez ami(e)s ou collègues pour partager l'heure du déjeuner, chacun apportant son repas. Dehors si le temps le permet ou dans une salle de réunion, en général libre à l'heure du déjeuner. Vous pouvez aussi rejoindre d'autres personnes au restaurant d'entreprise et en profiter, si nécessaire, pour utiliser un micro-ondes. Cela vous permet de ne pas vous isoler et les mets appétissants que vous aurez préparés feront peut-être des émules ! Si vous déjeunez seul(e) à votre bureau, éloignez-vous de l'ordinateur pour savourer pleinement votre repas.
Alors, cela vous tente ? Fixez-vous des objectifs raisonnables, un ou deux repas par semaine par exemple. Lancez-vous et venez ici racontez vos expériences !
A suivre : quelques références de livres et blogs sur le sujet.
17:35 Publié dans Alimentation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bento, gamelle, lunchbox, pique-nique, nutrition, cantine

