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05/05/2017

Foutez-vous la paix (alimentaire) ! Vive la liberté !

Il y a quelques semaines, j'ai lu Foutez-vous la paix, le dernier livre de Fabrice Midal, philosophe, écrivain et fondateur de l'Ecole Occidentale de Méditation. J'ai découvert Fabrice Midal il y a plusieurs années, j'ai beaucoup apprécié son parcours et son approche de la méditation, j'ai lu plusieurs livres de lui avec beaucoup d'intérêt. Je n'étais a priori pas trop intéressée par ce dernier qui me paraissait un peu une redite. Et puis, finalement, je l'ai acheté en voyage pour accompagner quelques heures de train. Il se lit facilement et reprend les thèmes habituels de Fabrice Midal qu'il regroupe sous ce chapeau "Foutez-vous la paix". C'est-à-dire : arrêtez de vous mettre la pression, arrêtez de vouloir être parfait, arrêtez de vous fixer des tas de règles rigides, de vous soumettre à de multiples injonctions qui vous empêchent de vivre bien, de profiter de la vie, etc. Fabrice Midal semble penser que cette phrase-titre a suffisamment de force pour créer un déclic, plus fort que dans ses écrits précédents.

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Je ne suis pas vraiment convaincue que cela soit si simple. Par ailleurs, j'ai lu le livre sans déplaisir mais, un peu comme je l'imaginais, sans y trouver beaucoup de nouveauté, plutôt une synthèse de ce qu'il avait déjà écrit. Il y parle d'arrêter d'être calme, sage, parfait, d'arrêter de se comparer (ce que font tellement les femmes concernant leur silhouette...), d'être bienveillant avec soi, ce qui ne veut pas dire ne rien faire et ne pas avancer, mais le faire autrement. Ce ressenti peut probablement être différent pour quelqu'un qui le découvre avec ce livre qui donne de nombreuses pistes intéressantes pour appréhender la vie autrement.

Il y a cependant un passage qui m'a frappé tant il résonnait avec le principe des régimes. Fabrice Midal parle de la "servitude volontaire" (se référant à l'ouvrage de La Boétie "Discours sur la servitude volontaire"), du fait que l'on se convainc si souvent que l'on ne fait bien que si l'on obéit aux règles fixées par autrui. Cette expression en particulier s'applique on ne peut mieux aux régimes.

Se mettre au régime en effet, c'est renoncer à sa liberté alimentaire pour se placer entre les mains / sous le contrôle d'un programme alimentaire précis, d'un nutritionniste, d'un cadre alimentaire lu dans un livre ou un magazine. Pourquoi donc renoncer à cette liberté qui me parait un bien ô combien précieux ? Parce que l'on ne se fait pas confiance, qu'on ne se croit pas assez compétent ou sage pour décider soi-même comment manger. Bien sûr que, si l'on a jamais "appris" à manger, on a besoin d'un peu d'éducation pour prendre ses marques. Mais cela n'est pas le plus fréquent. La majorité des personnes qui viennent me voir ont fait beaucoup de régimes, sont expertes des règles nutritionnelles. On pourrait imaginer, et elles le formulent d'ailleurs, qu'elles veulent sortir de ce carcan. Elles se doutent qu'elles ne vont pas repartir de mon cabinet avec une feuille imprimée leur disant exactement quoi manger. Et pourtant j'observe même chez certaines d'entre elles, une peur au début de "faire n'importe quoi" avec cette liberté. Tellement elles y ont renoncé longtemps, parfois depuis leur enfance. Mais finalement, au fil des séances, elles constatent qu'elles peuvent se faire confiance en écoutant leurs corps, leurs sensations, leurs envies. Pour retrouver peu à peu une relation intuitive et libre à l'alimentation.

La liberté alimentaire, cela veut dire aussi faire ses propres choix en fonction de ses goûts, ses convictions, ses choix, et pas en se conformant à des normes ou des diktats, sans cesse renouvelés vous disant quoi manger, qu'il faut arrêter le sucre ou le gluten, la viande ou les laitages, alors que vous vivez très bien avec. Et pour moi, la liberté va avec la tolérance envers les autres mangeurs puisqu'on respecte leur propre liberté alimentaire.

NB ; demain samedi 6 mai, c'est la Journée Internationale sans Régime, le No Diet Day :Et si c'était le premier jour de votre nouvelle vie, si vous en profitiez pour faire une expérience de liberté alimentaire, manger selon vos envies, écouter votre corps davantage que votre tête, vous faire plaisir sans arrière-pensée et aussi réfléchir à tout le mal que vous font/vous ont fait les régimes...

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Vous avez le choix !

13/03/2017

Le temps, la qualité, le coût : l'équation alimentaire à 3 dimensions

Je crois que c'est en préparant une conférence il y a presque un an que j'ai pensé à cette "équation". Depuis, j'en parle régulièrement, je la retourne dans tous les sens, et je la trouve incontournable. Je m'explique.

Le temps - la qualité - le coût : comme je le disais dans un billet il y a quelques jours, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. On ne peut pas bien manger, pour pas cher, en n'y passant pas de temps. Je suis convaincue que ce n'est pas possible !

Je m'élève contre les chantres de la "fracture alimentaire", ceux qui simplifient le problème en n'en faisant qu'une question de budget. C'est beaucoup plus compliqué que cela. Car on peut bien manger sans dépenser beaucoup d'argent, mais à une condition : faire des courses malines, trouver les bons circuits et CUISINER, donc passer du temps à cela, plutôt qu'à une autre activité. Et peut-être passer du temps à développer son SAVOIR-FAIRE culinaire si on n'a pas beaucoup appris dans sa famille. Mais c'est possible. Avez-vous déjà calculé le coût d'une soupe de légumes, d'une omelette ou d'une salade de lentilles ? Avez-vous déjà évalué la quantité de tutoriels culinaires de tous niveaux qui existent sur internet ? A condition de s'y intéresser. Cela me fait penser au "défi" que j'avais lancé il y a quelque temps de manger pour 25 euros/semaine.

A l'inverse, si on ne veut pas consacrer de TEMPS à avoir une alimentation saine et variée, on peut DELEGUER cela mais avec un coût certain, plus ou moins important. A l'extrême, on embauchera un cuisinier. Ce qui fait rêver beaucoup de personnes. Mais est rarement concrétisable...Ou on prendra ses habitudes dans un restaurant adapté. Ou on se fera livrer de bons plats.

On peut donc avoir la QUALITE et un COÛT bas en passant du TEMPS.
On peut avoir la QUALITE sans la nécessité du TEMPS en mettant le PRIX.
Mais on ne peut pas avoir la QUALITE sans y consacrer ou du TEMPS ou un certain PRIX.

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Il est clair que tout le monde ne va pas soudain devenir riche... Alors, l'enjeu, ou le casse-tête, est de faire comprendre à une part de la population qui ne veut plus / ne sait pas cuisiner, même simplement, que cela peut être un plaisir, un partage, une détente, un moment pour soi, une découverte, qu'il peut être plus agréable de manger des plats fait-maison que d'acheter des plats cuisinés, des conserves, des plats surgelés prêts à l'emploi. Je ne dis pas qu'il faut forcer ou faire culpabiliser quiconque, chacun est LIBRE évidemment. Mais je trouve dommage de laisser majoritairement à l'agro-alimentaire le soin de décider de ce qu'on avale. Cela ne me parait pas souhaitable individuellement et collectivement.

Bref, je suis pour l'augmentation (raisonnable) du temps passé à préparer de bons repas et pour la transmission de savoir-faire en la matière à ceux qui en ont besoin.

17/02/2017

Ce n'est pas le pain qui est mauvais...

"Ce n'est pas le pain qui est mauvais... c'est la manière dont on le produit". Cette phrase qui résume plutôt bien mon avis sur le sujet est extraite de la bande annonce d'un film, Regards sur nos Assiettes que j'ai vu et apprécié fin 2015. C'est un documentaire qui raconte l'expédition de quelques étudiants en quête d'acteurs du bien manger. J'avais espéré alors que ce type de film parlerait aux jeunes et apprécié le fait de trouver une initiative positive, porteuse de solutions (comme l'a fait, peu après, le film Demain), à l'envers des émissions souvent catastrophistes de la télé.

Pour revenir au pain, en effet, ce n'est pas le pain en soi qui est mauvais, pas plus que le gluten qu'il contient, mais la façon dont il est produit. Clarifier cela sans relâche me parait absolument essentiel à un moment où la folie du "sans gluten" nous envahit chaque jour davantage. Comme à chaque fois qu'une tendance possiblement rémunératrice émerge, les gros acteurs du marché s'y sont précipités. Et les gourous du bien-être veulent absolument vous convaincre que le gluten est le diable !

J'ai déjà évoqué plusieurs fois la question du gluten, la complexité du sujet, en me situant ni parmi les accusateurs tous azimuts du gluten, ni parmi ceux qui nient totalement le problème et n'y voient qu'une mode.

Comme je l'ai déjà dit, les difficultés naissent souvent de la rencontre d'un intestin sensible et d'un pain peu digeste. Je ne reviendrai pas ici sur le premier aspect et parlerai du pain.

En effet, il y a un réel problème avec une part non négligeable du pain actuel. Fréquemment, on mange du pain qui est produit de façon inadéquate pour qu'on puisse le digérer facilement. Surtout si on un intestin sensible. Comme je l'explique dans mon livre, chaque étape compte pour produire du "bon pain" (d'où ce dessin que j'avais improvisé pour une rencontre autour du pain). C'est-à-dire un pain bon pour le goût mais aussi la digestibilité, le rassasiement, la conservation, la santé. Bon, ne cherchons pas forcément le pain parfait mais plutôt celui qui convient à notre corps, à notre goût, peut-être un peu à notre tête et nos convictions aussi.

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Le pain, c'est simple et très compliqué à la fois. Le pain, basiquement, c'est de la farine, de l'eau, un peu de sel et du levain ou de la levure. Mais pas n'importe lesquels, pas n'importe comment. Tout compte et cela peut tourner bien ou mal.

1. Le paysan / la culture du blé (la grande majorité du pain est fait à base de blé)

Depuis quelques décennies, à l'exception de quelques productions minoritaires, on a sélectionné et standardisé des blés pour leur résistance et leur qualité panifiable, leur capacité à donne un gluten solide, et pas prioritairement pour leur qualité digestible. Au contraire même ! On s'en rend compte maintenant ! Jean-François Berthelot explique bien que l'on a privilégié des "blés de force" plus riches en gliadine et donc en gluten. Aujourd'hui, la majorité des boulangers sont liés aux grands meuniers. On trouve cependant des meuniers et donc des boulangers qui travaillent à partir de blés anciens ou de "blés de population", non standardisés, qui s'ils sont bien travaillés donneront un pain digeste.

2. Le meunier / la mouture

Au mieux, elle est faite sur meule de pierre, ce qui préserve l'intégralité du germe de blé et ses nutriments. Plus la farine est ensuite utilisée fraîche, lieux sont préservés arômes et bienfaits nutritionnels. La mouture automatisée la plus fréquente aujourd'hui broie plus "violemment" les épis de blé et fournit une farine appauvrie. 

3. Le boulanger / le pétrissage, la fermentation, la cuisson

Le boulanger utilise-t-il du levain ou de la levure ? Fait-il un pétrissage court ou long ? Laisse-t-il sa pâte fermenter lentement ? Comment le pain est-il cuit ? Un pétrissage court préserve les qualités de farines fragiles et leurs arômes. L'usage de levain a un rôle non seulement dans les arômes mais aussi dans la conservation et la digestibilité du pain. Une lente fermentation, en deux étapes, jouera un rôle dans les arômes et la digestibilité du gluten. Les boulangers exigeants sont également attentifs à la qualité de l'eau.

Le pain est ensuite cuit suffisamment pour avoir une croûte de bonne épaisseur qui participe au plaisir gustatif par son croustillant et ses arômes et à la conservation en préservant l'humidité de la mie.

Un pain fait avec de la levure, une fermentation très courte, une cuisson insuffisante n'apportera pas de plaisir, présente un risque de digestion difficile et ne se conserve pas du tout.

Le site Bastamag avait publié un article intéressant sur la qualité du pain et le travail de boulangers

4. La dégustation / Le mangeur

Le mangeur réclame-t-il une "baguette blanche" molle ? Se précipite-t-il sur le pain tout chaud ? Le mange-t-il goulûment ou prend-il le temps de mâcher ? Un pain chaud contient encore du gaz carbonique qui risque de créer des ballonnements.

Toutes ces étapes concourent à rendre un pain plus ou moins digeste, plus ou moins rassasiant et plus ou moins riche en nutriments. La dimension de la digestibilité me parait nécessairement à prendre en compte au moment où on diabolise le gluten : si on ne digère pas, c'est simple, on arrête de manger du pain ! Et malheureusement, beaucoup de personnes, par peur irraisonnée du gluten ou inconfort réel, cessent de manger du pain. Alors qu'il y a pain et pain !

Le pain peut avoir tout faux, en cumulant les étapes qui vont le rendre particulièrement indigeste (farine industrielle de blé standardisé, fermentation courte, ajout d'additifs voire de gluten sec, cuisson insuffisante, pain mangé vite et chaud). Mais parfois, une étape peut en compenser une autre : même s'il n'a pas la meilleure farine du monde, un bon boulanger qui prend son temps fournira un pain déjà bien plus digeste que beaucoup d'autres.

Pour ma part, je n'ai aucun problème de digestion à ce jour mais je prends en compte différents critères :

- évidemment un pain doit être bon au goût et pour ma part, j'aime une croûte assez épaisse, bien cuite mais surtout pas brûlée (j'ai d'ailleurs participé à un intéressant débat sur la croûte du pain, organisé par le (très intéressant) site gastronomique Bruit de Table, avec notamment le passionnant et passionné et expert Steven Kaplan), des arômes et saveurs agréables sans une trop forte acidité.

- un pain qui se conserve facilement 2-3 jours au moins, qui même s'il est plus cher à l'achat, finit par être plus rentable qu'une baguette vite insipide,

- un pain d'un boulanger qui travaille de façon artisanale, avec du levain, et si possible que toute la chaîne, pour ce que je peux en connaître, soit vertueuse. 

Avec tout cela, j'ai à peu près totalement abandonné les baguettes de proximité (d'autant plus facilement que je n'ai plus de boulangerie satisfaisante dans mon environnement immédiat). Du coup, je fais en général du chemin pour aller chercher du bon pain, j'en achète en quantité pour en manger quelques jours et en congeler une partie.

Selon que vous avez un intérêt au goût, une sensibilité digestive, une attention à une chaîne de production vertueuse, vous pouvez vous orienter vers tel ou tel boulanger de votre proximité. Si vous pensez digérer mal le pain, je vous conseille, sans arrêter totalement, de procéder par étapes :

- d'abord, ne pas se tourner vers du pain complet, en général moins digeste si on un intestin sensible,

- abandonner le pain de mie industriel si c'est ce que vous consommez, ainsi que les pains cartonneux de votre cantine.

- diminuer les quantités de votre pain habituel, en manger un peu en le mâchant bien.

- si cela n'améliore pas les choses, rechercher du pain au levain (en vous assurant que c'est un pain uniquement au levain)

- si cela ne suffit toujours pas, chercher des boulangers travaillant avec des farines de blés anciens ou de petits moulins artisanaux.

Il ne faut pas désespérer. Plutôt que d'arrêter carrément le pain en écoutant tout ce qu'on dit sur le gluten, ou se tourner vers du pain sans gluten, on peut consacrer un peu d'énergie à trouver du bon pain si on aime ça.

De plus en plus d'artisans-boulangers s'extraient des circuits traditionnels, trouvent des farines de petits moulins, préparent leur pain en prenant le temps nécessaire. 

Il y a par ailleurs, comme dans d'autres cultures, du bio et du non bio. Le bio n'est pas une garantie selon moi de "bon pain". On n'est pas obligés de manger du pain bio mais si on veut manger du pain complet, il est vraiment préférable de le choisir bio car il garde l'enveloppe du grain de blé. Par ailleurs, je ne suis pas persuadée de l'intérêt de se tourner vers du pain complet. Un bon pain au levain sera aussi nourrissant.

Voici quelques adresses dont j'ai goûté le pain et que j'apprécie. C'est personnel et évidemment non exhaustif.

A Paris 

Le Bricheton, dans le 20eme, me réjouit. De bonnes farines, un travail attentionné avec le temps qu'il faut. Il n'est pas très central et a des horaires limités mais ses pains sont vraiment très bons et je fais le déplacement.

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A La Gambette à Pain, dans le 20ème, Jean-Paul Mathon propose un merveilleux Pain préféré au goût fumé que j'aime beaucoup mais c'est loin pour moi et fermé le week-end.

La Boulangerie Bonneau citée plus haut, dans le 16ème propose certains jours de la semaine (se renseigner), des pains réalisés avec les farines de Roland Feuillas.

Thierry Delabre, le "boulanger clandestin" / Panadero Clandestino travaille avec des farines de grande qualité et essaie sans relâche d'améliorer ses pains avec passion. Il a un fournil dans le 13ème mais ne vend que sur réservation ou dans quelques boutiques dépositaires.

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J'ai aimé aussi les pains de la boulangerie Dupain, dans le XIème.

J'aime aussi le pain du Coin de la boulangerie Liberté et, de temps en temps, il me dépanne bien quand j'en trouve chez le Causses voisin. Mais c'est déjà une vision moins artisanale du pain, quand il y a plusieurs boutiques.

A MarseilleDame Farine fait des pains originaux et délicieux, est attentive au choix des farines (blés anciens et biologiques) et essaie patiemment jour après jour, sans relâche, d'éduquer sa clientèle à comprendre ce qu'est du bon pain.

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A Aix, le Farinoman Fou, Benoît Fradette produit une variété de pains nourrissants, atypiques et délicieux.

A Bordeaux, j'ai découvert récemment le boulangerie Hermelin qui est attentif au choix de ses farines, propose une large variété de pains et essaie d'éduquer à des pains peu habituels en faisant beaucoup goûter.

Parmi ceux qui travaillent sans relâche à valoriser une façon vertueuse de faire du pain, il y a bien sûr à Cucugnan, un des initiateurs passionnés du renouveau du pain, le paysan-meunier-boulanger Roland Feuillas. Il a mis en place un réseau de boulangers 100% nature et forme des boulangers/partage son avoir sur les graines et le pain. On peut l'écouter là.

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Il y a aussi le passionnant Nicolas Supiot, qui fait calmement son pain jour après jour pour un nombre limité de familles. France Inter l'avait rencontré aussi.

Il y a d'autres paysans-boulangers, peut-être de plus en plus, d'autres sont cités ici. Mais le boulanger n'est évidemment pas obligé de devenir paysan. Il peut chercher les blés et les farines qui lui conviennent. Nous consommateurs pouvons défendre les boulangers artisans qui travaillent honnêtement et font du pain avec de bonnes farines, travaillent au levain, une tâche beaucoup plus engageante au quotidien que le pain fait avec de la levure.

Si vous avez non pas une intolérance avérée mais une sensibilité vis-à-vis du gluten, essayez de trouver et goûter des pains au levain faits avec des farines issues de blés paysans, de blés anciens. Beaucoup de boulangers témoignent que ces pains sont très bien digérés par des personnes sensibles aux pains "classiques".

Alors, soyez curieux,  cherchez de l'information dans votre environnement, posez des questions, cherchez les boulangers passionnés, partez à la découverte !...Si vous en ressentez l'envie/le besoin évidemment !

 

 

13/02/2017

Une agriculture vertueuse et productive n'est pas une utopie !

J'avais commencé ce billet il y a bien longtemps (un an en fait...) et le brouillon était tombé aux oubliettes mais le sujet est toujours ô combien d'actualité. Il m'est revenu à la mémoire à l'occasion d'un échange sur les Bourguignon. Du coup, je suis tombée sur cette video d'une intervention très claire de Claude Bourguignon, "soigneur de terre". Regardez-la si vous voulez comprendre/réviser quelques bases de la vie des sols.

Peut-être certains d'entre vous croient que l'agriculture bio est "un truc de bobos" et que ce n'est pas comme ça qu'on va nourrir les milliards d'humains peuplant la planète? Car vous pensez que bio ou vertueux veut dire non productif. Soyez curieux de réviser peut-être votre jugement.

"Soigneurs de terre", c'est ainsi qu'était intitulé un documentaire qui était consacré il y a un an à Lydia et Claude Bourguignon, spécialistes mondialement reconnus des sols. Pour sa femme et lui, "moins on travaille la terre, plus elle est fertile", message difficilement accepté par de nombreux agriculteurs.

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Quelques phrases que j'avais notées :

"On ne nourrit pas la planète, on engraisse le système...au détriment de la vie",

"Cette terre, on lui donne de l'amour, elle nous rend des plantes",

"On gagne beaucoup d'argent à tuer la terre",

"Quand on aura compris que les agriculteurs sont là pour nourrir les gens et pas pour engraisser le système, on aura fait un grand pas"

Dans ce documentaire, on voit aussi Roland Feuillas, le paysan-meunier-boulanger et Bernard Ronot, au sujet duquel j'avais vu une video qui m'avait marquée par son honnêteté et sa clarté, ou une autre plus longue. 

On pourrait aussi parler permaculture (brièvement évoquée dans le documentaire) Fermes d'avenir, agro-écologie, lire le beau livre de Camille Labro, etc.

Bien sûr, le sujet est vaste et complexe, ce n'est qu'un tout petit aperçu. Mais il est difficile d'être indifférent au type d'agriculture qui nous entoure si l'on s'intéresse à ce qu'on mange...

10/02/2017

Et la souplesse ? bordel !*

La souplesse, ce mot que j'emploie tous les jours dans mon travail et que j'ai pourtant, comme je l'ai déjà évoqué, oublié dans mon abécédaire à la lettre S, pourquoi est-elle si importante ? 

Je vois de nombreuses personnes enfermées dans un fonctionnement rigide, strict, discipliné, perfectionniste, qui se mettent une forte pression. Entre autres sur leur alimentation et leur silhouette. Or, comme tout le monde, elles peuvent rencontrer des difficultés, ne pas réussir à tous les coups, ou pas de la façon souhaitée. Et plus on se fixe des objectifs inatteignables, plus cela risque d'arriver... Si on est une personne à tendance rigide, on a tendance à vouloir que les choses se déroulent exactement comme prévu. Alors, si ce n'est pas le cas, patatras, désespoir !

Les personnes rigides ont tendance à voir les choses en noir et blanc, sans beaucoup de place à la nuance. Dans le contexte de l'alimentation, cela entraîne des comportements extrêmes, du style "tout ou rien". Exemple : je me mets au régime avec détermination, je le suis strictement puis je craque sur des gâteaux que je m'interdisais. Puisque j'ai failli, je suis nulle, autant manger tout le paquet ! Et je recommencerai le régime demain. Une expression souvent utilisée par les personnes qui viennent me voir pour illustrer ce comportement, c'est "foutu pour foutu, autant continuer !" Puis vient la culpabilité, l'auto-critique... 

Quand j'accompagne les personnes à retrouver l'écoute de leurs sensations de faim et de rassasiement, ce qui est souvent une nouvelle façon de manger pour elles après des années de régime, j'insiste souvent sur le fait que cela ne doit pas devenir une autre façon de manger rigide, avec de la culpabilité dès qu'on mange trop. Evidemment qu'il arrive de trop manger et le corps sait réguler cela en retardant le retour de la faim. Et on essaie peu à peu de comprendre pourquoi on mange trop, les raisons émotionnelles, familiales, alimentaires par exemple.

La rigidité peut aussi conduire à rater des occasions, comme cette patiente qui m'avait un jour raconté avoir refusé un déjeuner dehors a priori sympathique avec ses collègues parce qu'elle avait apporté son déjeuner et ne pouvait envisager de changer ses plans...

La souplesse justement, cela ne veut pas dire tout improviser ou s'affranchir des règles, mais cela veut dire accepter une part d'incertitude, une part de changement, accepter que chaque journée est différente et nécessite une part d'adaptation, accepter que la réalité et le fonctionnement humain sont complexes et rarement résumables à oui/non, blanc/noir. Il y a beaucoup de nuances de gris !

La souplesse, c'est refuser de s'enfermer dans le cadre d'un régime, c'est ne pas viser l'équilibre parfait dans son alimentation car la perfection n'existe pas en ce domaine comme je l'avais écrit...

La souplesse, c'est aussi ne pas se dire qu'on fait trois séances de sport par semaine ou rien, qui conduit à tout arrêter au premier ralentissement de son entraînement. C'est s'autoriser à varier la fréquence selon les semaines, la disponibilité, la fatigue, ...

La souplesse, ce pourrait être aussi peut-être d'accepter de manger occasionnellement un peu de poisson ou de viande même si on se dit végétarien, de l’œuf ou du fromage si on est végétalien, car les circonstances le demandent, que cela fait plaisir à un proche, que c'est parfois tellement plus simple.... Cela ne veut pas dire renier des choix ou des convictions, mais les vivre avec un peu de souplesse. C'est ne pas s'enfermer dans une case au cadre inamovible.

La souplesse mentale, c'est comme la souplesse corporelle : on a peut-être quelques facilités ou pas au départ. On a fait ses gammes dès l'enfance ou pas. Quoi qu'il en soit, on peut à tout âge s'entraîner, la cultiver, la développer peu à peu, jour après jour. Comme on se met au stretching, à la gym ou au yoga, on peut assouplir son esprit. Les psychologues parlent parfois de flexibilité mais je trouve le mot souplesse plus joli, davantage en harmonie avec ce qu'il signifie.

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Mais alors, comment assouplir son fonctionnement ? Je crois qu'on peut avancer petit à petit.

- D'abord, repérer qu'on est dans un fonctionnement binaire, rigide, tout ou rien, fermé aux solutions intermédiaires.

- Identifier une circonstance où on se met dans un fonctionnement rigide pénalisant, observer son discours intérieur et voir si on peut faire autrement. Exemple : quand on se rend compte qu'on se dit "au point où j'en suis, je termine le paquet", essayer de se dire "eh bien non, je peux arrêter de manger à tout moment, j'ai cette possibilité". La souplesse, ce n'est pas manger zéro biscuit ou tout le paquet, c'est décider librement de la quantité qu'on souhaite manger, quelle que soit la raison.

- S'autoriser à faire des erreurs, à essayer des chemins nouveaux, à sortir d'habitudes bien ancrées, à assouplir les règles qu'on se fixe soi-même. Je vous donne un exemple personnel : j'avais pour habitude d'aller certains jours à la piscine à l'ouverture à 7 heures du matin pour être dans les premiers arrivés et avoir le plus de temps possible de relative tranquillité dans ma ligne de nage. Du coup, il pouvait m'arriver de carrément renoncer à y aller car m'étant réveillée en retard, je ne pourrais y être que 15-20 minutes plus tard. Je me suis dit un jour que c'était stupide, que ne pas nager me manquait, et j'ai alors accepté d'y aller un peu plus tard et de nager tant que l'affluence le permet. Bref, je m'adapte.

Et vous, cultivez-vous la souplesse ?
 

NB : ce billet est tout à fait imparfait mais plutôt qu'attendre indéfiniment de le publier, je me donne la souplesse de le modifier plus tard si besoin...

*Désolée pour ce titre un brin grossier, ceux qui ont des souvenirs cinématographiques un peu anciens verront l'allusion...

Visuel fotolia.com / olha_oleskova 

02/01/2017

Résolutions de début d'année ? En tout cas, PAS DE REGIME !

Cette après-midi, histoire de commencer l'année sur les chapeaux de roue, j'étais invitée par Flavie Flament sur RTL, dans son émission On est fait pour s'entendre pour parler des régimes et surtout dire "stop aux régimes". J'étais en bonne compagnie avec Chloé Hollings, auteure du livre "Fuck les régimes", qui a fait a paix avec la nourriture et avec son corps après des années de régime et perdu du poids justement quand elle a arrêté de vouloir en perdre à tout prix. On a été en phase dans nos interventions : réapprendre à écouter son corps, à lui faire confiance, manger de tout en écoutant ses envies, comprendre ce qu'il y a derrière les kilos en trop, etc. Merci à Flavie Flament et son équipe pour avoir mis ce thème à l'ordre du jour, pour leur invitation et pour accueil fort sympathique. Le replay est . Donc, surtout pas de résolution de régime en ce début d'année !

A propos de résolutions, je ne dis pas qu'il ne faut pas aspirer à modifier des choses dans sa vie, y compris sa façon de manger. Peut-être est-ce plus facile à un moment symbolique comme une nouvelle année. Mais je crois qu'il ne faut surtout pas se fixer des objectifs démesurés. Perdre 15 kilos en deux mois. Ou aller à la salle de sport quatre fois par semaine. Peut-être choisir un changement à la fois, en fonction de ce qu'on désire vraiment. Et avancer à pas raisonnables, en fonction de son rythme personnel et de l'implication qu'on peut y mettre sans bouleverser tout le reste.

Pour ma part, je vais essayer :

- de m'occuper toujours du mieux possible des personnes qui viennent me consulter,

- d'alimenter un peu plus souvent ce blog à nouveau,

- de continuer à parler de mon livre dans divers lieux car je suis convaincue, sans fausse modestie, qu'il peut avoir une utilité,

- et aussi de garder un peu de temps pour moi !

Ça fait déjà pas mal !

Et vous, avez-vous des projets autour de ce qui est important pour vous ?

A nouveau, très belle année !

09/12/2016

Les émotions, un univers complexe et essentiel

Les émotions que l'on ressent, c'est un sujet que j'évoque très fréquemment avec mes patients car elles ont souvent un lien avec la nourriture, qu'il s'agisse de se réconforter, de se faire plaisir, de s'apaiser voire de fuir quelque chose de ressenti trop pénible. "Le poids des émotions" étaient le thème du congrès aux XIVemes rencontres du GROS (Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids, association dont je fais partie depuis mes débuts de diététicienne) le jeudi 24 novembre. Je ne vais pas rendre compte de la totalité mais évoquer quelques interventions particulièrement intéressantes et complémentaires.

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En introduction, Gérard Apfeldorfer s'est réjoui que les émotions reviennent sur le devant de la scène après des siècles où on a essayé de nous convaincre que nous devrions être des êtres de pure rationalité... Et heureusement ! Car les émotions sont un moyen de nous adapter aux événements et à notre environnement et d'assurer entre autres notre survie ! Et notre bien-être. Elles nous aident à comprendre ce dont nous avons besoin, à nous motiver, à avoir des relations avec autrui...

congrès du gros,rencontres du gros,obésité et surpoids,comportement alimentaire,émotions,thérapie des émotionsLe professeur et psychothérapeute belge Pierre Philippot, spécialisé dans la thérapie des émotions, a rappelé ainsi que les émotions avaient d'abord une fonction, celle de réguler nos interactions avec notre environnement. Elles sont toutes utiles, il n'y a donc pas lieu d'opposer "bonne" et "mauvaise" émotion. Mais les problèmes commencent quand le processus d'expression d'une émotion dérape, qu'on veut la fuir, la refouler, l'étouffer ou qu'elle soit en décalage avec la situation.

Cette habitude qu'ont certaines personnes de réprimer ainsi leurs émotions peut trouver son origine dans l'enfance, selon l'éducation émotionnelle qu'on a reçue. La psychologue Jeanne Siaud-Facchin, a fait une intervention passionnante sur 'l'enfance des émotions", la place des émotions dans l'enfance. Les émotions étant un régulateur et un moyen d'exprimer nos besoins profonds, il est impératif de prendre en compte sans discuter les émotions de l'enfant, qu'il ressent de façon brute et instantanée et de ne surtout pas faire comme si c'était "pas grave", "sans raison" et au contraire de nommer l'émotion qu'il ressent, de lui donner un sens. J'ai trouvé très intéressant qu'elle affirme que, finalement, il y a une seule question à poser à un enfant dans ce cas-là est "De quoi as-tu besoin ?" 

Elle a montré l'importance de l'attachement qui se crée avec une figure de "mère" (pas forcément la mère biologique) qui sécurise les débuts de la vie. Une relation aimante, soutenante, empathique permet de développer d'une bonne régulation émotionnelle. Cela m'a évoqué le contre-exemple absolu, dans un livre qui m'a beaucoup marquée et passionnée ces derniers mois, Laetitia, d'Ivan Jablonka : Laetitia et sa sœur jumelle ont totalement manqué justement de cette sécurité affective et en ont eu des séquelles durables.

Il n'y a cependant pas de fatalité à avoir un mode d'expression émotionnel perturbé. Jeanne Siaud-Facchin a expliqué qu'on peut à tout âge développer ses compétences émotionnelles et déclencher les hormones de l'attachement et de la sécurité (la fameuse ocytocine). Il n'est jamais trop tard pour apprendre à repérer, nommer, accueillir, exprimer son vécu émotionnel.

J'ai beaucoup apprécié que Pierre Philippot tempère la mode omniprésente de la pleine conscience en parlant d'une souhaitable flexibilité : l'important est d'élargir son répertoire émotionnel et de ne pas fonctionner toujours sur le même mode. Au lieu d'être toujours dans l'évitement émotionnel (qui finit par nuire au respect de ses émotions et peut conduire à des compensations alimentaires) ou d'être toujours dans l'introspection de son ressenti (qui demande un effort certain), on peut avoir la souplesse (ah, la souplesse, un mot que j'emploie à longueur de temps mais que j'ai mystérieusement oublié dans mon livre !) de jongler avec différentes possibilités : on peut parfois se confronter à ses émotions ou en parler à un proche mais on a aussi le droit de se changer les idées et se distraire avec une série, un magazine, ... Et bien sûr aussi, se réconforter avec le nourriture en ne culpabilisant de le faire de temps en temps avec un aliment qu'on aime.

Bienvenue au royaume des émotions, ne les craignez pas !

Image © claudykant Fotolia.com

 

 

22/07/2016

La gourmandise ne fait pas grossir ! lisons la 4eme de couv

La couv d'un livre, c'est bien joli, mais certains aimeraient en savoir un peu plus. Comme quand on est dans une librairie, qu'on se saisit d'un livre, attirés par le titre, qu'on le retourne pour comprendre de quoi il s'agit, décider s'il faut prolonger l'intérêt. C'est à cela que sert la "quatrième de couv", à ouvrir quelques pistes vers l'intérieur, à préciser les intentions.

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Alors, sans attendre la sortie, voilà ce que l'éditeur Carnets Nord a écrit sur la quatrième de couverture :

"On ne mange pas des calories, on mange des aliments!" "Etre bien dans son corps, ce n’est pas une question de poids." "Plus on s’interdit un aliment, plus on en a envie." "Ça serait pas un peu de l’intox, la detox?"

Ariane Grumbach, diététicienne atypique et passionnée, veut en finir avec les angoisses liées à la nourriture aujourd’hui, les derniers régimes à la mode, le diktat de la minceur à tout prix, les idées reçues sur les aliments à proscrire et ceux aux vertus soi-disant extraordinaires.

Dans son abécédaire gourmand, où plaisir de manger rime avec bien-être, elle déconstruit ces injonctions et croyances en tout genre, décrypte les modes alimentaires, analyse nos modes de vie et de consommation et nous donne des pistes pour retrouver une relation sereine à la nourriture qui nous mènera à notre juste poids. Et elle crie haut et fort: "Arrêtez les régimes, tous les régimes!"

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Ariane Grumbach est diététicienne-nutritionniste à Paris. Diplômée d’HEC, elle a travaillé pendant vingt ans dans des grandes entreprises avant de se reconvertir par passion pour l’alimentation et l’humain. Elle fait partie du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids). Elle tient un blog, "L’art de manger", qui mêle réflexions sur l’alimentation, conseils nutritionnels et recettes gourmandes.

Voilà qui ne doit pas trop vous surprendre, vous fidèles lecteurs et lectrices de ce blog... Mais l'info, c'est qu'il s'agit d'un abécédaire, pour qu'on puisse lire librement !

Pour la suite, rendez-vous le 8 septembre !

20/07/2016

Vive la cuisine 5S !!!

Ces derniers temps, je n'ai pas été très présente sur ce blog. Mais j'ai continué à poster assez fréquemment des photos de repas sur Instagram, Facebook. Cuisinés par Monsieur ou par moi selon les jours. Ceux de Monsieur, vantés par moi, recueillent très souvent émerveillement et applaudissements. Tout à fait mérités. Je suis jalouse !!!! Je plaisante, je suis ravie de cette sympathique reconnaissance, pour lui qui est obstinément caché dans sa cuisine ! Menacé de clônage ou de kidnapping par ses admiratrices... Il est vrai que je cuisine un peu moins souvent et que ce que je prépare est, en général, moins sophistiqué et spectaculaire. Car je pratique la cuisine 5S, mais pas ces deux S là !

Kesako ? J'ai d'abord parlé de cuisine 3S, puis 4S. Et maintenant 5S ! Oui, j'aime les acronymes ! Cette cuisine, c'est celle que je suggère à mes patients et que je pratique, pour leur en parler en connaissance de cause. Et parce que j'aime cela. C'est une cuisine SAINE, SAISONNIERE, SAVOUREUSE, SIMPLE, SOUPLE.

- SAINE : préparée avec de bons produits, dont l'origine est si possible connue, avec beaucoup de variété.

- SAISONNIERE : utilisant au maximum des produits de la saison, ce qui est davantage un plaisir qu'une contrainte.

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La saison de préparer une quiche aux courgettes épicées (curry et cumin) et une salade crue concombre/courgette/fenouil

- SAVOUREUSE : qui a du goût, qu'on a plaisir à manger car elle réjouit tous les sens par ses saveurs, ses parfums, ses textures, sa présentation.

- SIMPLE : loin des recettes compliquées, nécessitant un savoir-faire de chef ou des heures de préparation, c'est une cuisine accessible à tous puisque moi-même j'y arrive !

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La simplicité : utiliser ce qui reste au frigo pour improviser une fraîche salade (laitue, pastèque, tomate, concombre, basilic)

- SOUPLE : une cuisine qui sait s'éloigner des recettes car, une fois que les techniques sont acquises, on peut les décliner selon le disponible, les préférences, la saison, etc., qu'il s'agisse d'une quiche, de pâtes, etc.

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La souplesse : varier les légumes rôtis selon le disponible : de petites carottes avec huile d'olive, sirop d'érable et poudre de Vasco Roellinger

Ne voulant pas me contenter d'en parler, je rêve depuis plusieurs année de trouver quelque part, voire mettre en place, des ateliers proposant cette cuisine. Quelque chose qui n'a rien à voir avec les classiques cours de cuisine. Mais bon, on ne peut pas tout faire à la fois... Je n'ai pour l'instant trouvé ni lieu adapté ni partenaire idéal. Peut-être viendrai-je à pratiquer cela en vidéo ? A moi Youtube !

08/06/2016

Pourquoi cette absence ? J'écris... et je cause aussi !

20160528_195158.jpgChers lectrices et lecteurs de ce blog, un scoop pour vous ! Si je suis aussi peu présente actuellement, c'est que j'écris mais ailleurs... Je suis en train de finaliser l'écriture d'un livre, et l'échéance de "bouclage" qui se rapproche me met une certaine pression. J'ai beaucoup d'admiration pour les personnes qui parviennent à sortir livre sur livre en parallèle de leur travail. Comment font-elles ? Elles ne dorment pas ?! Pour ma part, j'écris durant mon temps libre, en dehors des consultations et autres interventions. Je suis incapable de rogner sur mon temps de sommeil. C'est pourquoi, au bout de quelque temps, j'ai réalisé qu'il était impossible de m'occuper simultanément du blog.

Bien sûr, ce livre parle d'alimentation, quoi d'autre ?! Je tournais autour de l'idée depuis un certain temps, tant j'ai à dire sur ce thème qui me passionne. J'avais mis cette envie de côté, par paresse, pour d'autres priorités comme un déménagement, avec l'impression que la voie/voix électronique pouvait peut-être suffire. Mais un éditeur est venu me trouver, sympathiquement ouvert à mon approche...

L'ouvrage ne sera pas totalement une révélation pour celles et ceux qui me lisent depuis longtemps car certains éléments du blog m'ont inspirée. Mais il y aura aussi beaucoup de sujets nouveaux, issus de réflexions et convictions personnelles et de mon vécu en consultation avec les patient(e)s. Il devrait sortir début septembre, un peu de patience donc ! 

Je profite de ce billet pour vous annoncer que j'aurai aussi le plaisir d'animer une "classe" à la School of Life, un établissement pour adultes assez tendance, qui vise à enseigner "tout ce que l'école n'apprend pas". Mon cours a pour intitulé Comment manger, le corps a (presque) toutes les réponses. La première édition se déroulera le lundi 4 juillet de 19h00 à 22h00 à Paris, dans le 9eme arrondissement (prix : 39 euros). D'autres sessions sont prévues à la rentrée.

Voilà pour les nouvelles... A bientôt !