05.10.2009

Messieurs, non, la brioche n'est pas une fatalité !

En prenant de l'âge, beaucoup d'hommes se retrouvent progressivement avec quelques rondeurs localisées, souvent joliment nommées : poignées d'amour, brioche, ... Les hommes, le plus souvent, n'ont pas l'obsession de la minceur de femmes, et c'est heureux. Donc ils l'acceptent et les kilos peuvent s'installer durablement, à coup de repas d'affaires, dîners entre amis bien arrosés, souvent couplés avec un abandon du sport des jeunes années...

Même si ce n'est plus une marque de prospérité comme au 19ème siècle, ils s'en accomodent et considèrent un peu que c'est une fatalité.ingres_bertin.jpg Du coup, nombreux sont ceux qui attendent jusqu'au jour où leur ventre devenu assez proéminent alerte leur médecin, qui leur assène de grands mots : syndrome métabolique, risque cardio-vasculaire, limite de l'obésité, ... alors que jusqu'alors, tout allait bien ! Et s'ils prennent peur, ils se lancent dans un régime strict où il faut oublier le beurre, le fromage, la charcuterie, le sucre et choisir le poisson vapeur au restaurant !

Mais non, cette brioche n'est pas une fatalité. D'abord, on peut rester à son poids d'équilibre, son poids naturel, longtemps, sans effort, sans privation, simplement en ayant une alimentation variée et en restant à l'écoute de ses sensations de faim et de rassasiement, en prêtant attention à ce que l'on mange.

On peut aussi essayer de retrouver ce poids d'équilibre. Pour ma part, je suis ravie quand mes patients me disent : "moi, je suis gourmand, j'aime manger" pour expliquer les kilos en trop. Je les prends au mot et on essaie de définir ce qu'est la gourmandise : la gourmandise, ce n'est pas  la gloutonnerie ! Ce n'est pas manger des quantités énormes mais c'est avoir un grand plaisir gustatif car on prend le temps de savourer les aliments et de les manger quand on a faim et qu'on est le plus disponible pour les apprécier. Ainsi, en revenant à l'écoute de ses sensations, on réduit les quantités et on revient à ses besoins réels, qui ne nécessitent pas toujours de se resservir ou de finir le plat ! On apprend aussi à se détendre et, le cas échéant, à ne pas gérer le stress par le grignotage. Et petit à petit, on s'achemine vers un poids d'équilibre auquel on se sent bien. Et ce n'est pas plus mal pour la santé !

 

12.06.2009

Salon Santé au Féminin : j'y serai demain !

Demain samedi 13 juin, je donnerai une conférence de 14h00 à 15h00 au salon Santé au Féminin, qui se déroule de vendredi à dimanche. A l'heure où les Françaises rêvent d'être toujours plus minces et où l'on a eu droit à une deuxième vague de couvertures de magazines sur les régimes, le thème en sera :

"Le bien-être est possible sans être au poids rêvé !".

N'hésitez pas à venir si vous voulez discuter de ce sujet et poser toutes vos questions autour de l'alimentation et du poids.

Ce salon se déroule au Parc floral, métro Chateau de Vincennes. L'entrée est gratuite et il y a plein de conférences et d'ateliers autour de la santé des femmes. (pour en savoir plus, cliquer ici).

08.05.2009

Alli, attention !

Alli vient d'être mis en vente libre en pharmacie le 6 mai. Attention, il ne faut pas croire qu'un médicament miracle pour les problèmes de surpoids a vu le jour ! Cela n'existe pas ! Il s'agit d'une nouvelle version, moins dosée, d'un médicament anti-obésité qui était vendu sur ordonnance. Cela parait dangereux. En effet, ce médicament est réservé à un traitement momentané, pour des personnes ayant un vrai problème d'obésité et il est censé limiter l'absorption des graisses. Mais comment être sûr que, sans surveillance médicale, il n’y aura pas de prise excessive ou trop longue ? 
Et surtout, pour maigrir, il faut changer globalement son comportement alimentaire. Quand on a un réel problème d’obésité, qui est la situation pour laquelle Alli est recommandé, cela nécessite une prise en charge adéquate, qui intègre assez souvent non seulement un travail de fond sur le comportement alimentaire mais aussi un travail d’ordre psychologique pour comprendre pourquoi on mange au-delà de ses besoins, pour des raisons émotionnelles notamment, et un travail sur le corps, pour le remettre en mouvement et mieux l'accepter. En quoi une mise en vente libre de ce médicament peut-elle garantir que ce type d’approche sera menée ? Et les pharmaciens auront-ils toujours la disponibilité pour avoir la vigilance nécessaire et fournir les conseils requis ? 
De plus, ce produit pourra apparaître comme un produit miracle, qui risque d’attirer des personnes qui n’ont pas de problème d’obésité (la minceur faisant à tort tellement rêver) pour l’utiliser, avec tous les effets indésirables annoncés. Un autre risque est qu’on mange aussi gras en comptant sur Alli pour éliminer ces graisses, plutôt que de repenser globalement son alimentation et donc, sans effet durable. Perdre du poids se fait en réduisant globalement son apport calorique et non en se focalisant sur une catégorie particulière, les graisses, qui sont nécessaires à l’organisme.

29.04.2009

Le 6 mai, Journée internationale sans Régime !

jisr2009-fr.jpgMercredi 6 mai 2009, c’est la Journée Internationale sans Régime !

Il s’agit pendant cette journée de dénoncer l’inefficacité des régimes, les dangers liés à l’obsession de la minceur et les préjugés dont font l’objet les personnes en surpoids.

Cette journée a été initiée en 1992 par une anglaise, ancienne anorexique, qui voulait dénoncer la dictature de la minceur à tout prix et les régimes associés.

La Journée s'est progressivement répandue dans de nombreux pays où elle est célébrée chaque année le 6 mai : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Norvège, Russie... et la France depuis 2003. C’est devenu le International No Diet Day dans les pays anglophones, la Journée Internationale sans Diète (JISD) au Canada, et la Journée Internationale sans Régime en France (JISR). Le GROS (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le surpoids) et Allegro Fortissimo, entre autres, soutiennent cette journée.

A cette occasion, le 6 mai (après-midi et soir), j’anime à mon cabinet deux ateliers conviviaux (gratuits !) sur le thème « Place à la diversité corporelle », en liaison avec des collègues canadiens très actifs et engagés sur les sujets du poids et de l’alimentation, le groupe Equilibre (www.equilibre.ca).

Ces ateliers, destinés plutôt aux femmes et jeunes filles (les hommes sont bienvenus mais ils restent quand même pour l’instant moins concernés par cette obsession de la minceur !) visent à les inciter à remettre en question le modèle unique de beauté présenté dans la mode et les medias et à se soucier plutôt de leur bien-être quel que soit leur poids.

Si vous voulez plus d’informations, y participer ou en parler à quelqu’un que cela peut intéresser, contactez-moi à l’adresse mail indiquée sur ce blog (ariane.grumbach@club-internet.fr)

Et, ce jour-là, surtout, faites-vous plaisir en mangeant et zéro privation !

30.11.2008

Médicaments anti-obésité : dur dur !

L'obésité représente un gigantesque marché, étant donné la progression permanente de cette "épidémie" dans le monde entier. Pas étonnant donc que cela aiguise les appétits des grands labos pharmaceutiques, tels que, par exemple, Pfizer, Merck, Sanofi. Ils dépensent des sommes gigantesques en espérant un jour décrocher le jackpot avec un médicament anti-obésité qui leur ouvrirait un marché de centaines de millions de consommateurs.
Fotolia_pilules2.JPG
Mais le médicament miracle ne semble pas être pour demain. Ainsi, Sanofi-Aventis vient de retirer de la vente l'Acomplia, dont la commercialisation avait été autorisée en 2006. Pourquoi ? Certes, des résultats ont été notés sur la perte de poids mais des effets secondaires plus qu'inquiétants ont été enregistrés : l'AFSSA a noté que des troubles dépressifs pouvaient survenir dans les 3 mois suivant le début du traitement dans plus de 80 % des cas !!!
Cela ne va pas mieux du côté des autres labos, qui travaillaient sur des médicaments du même type non encore commercialisés.
L'obésité est un problème très complexe et visiblement, le médicament miracle n'est pas pour demain.

A ce sujet, il est bon de rappeler que la France reste moins touchée que la plupart des autres pays d'Europe (hors Italie) par le phénomène de l'obésité. livre_fischler.gif
Le très intéressant livre de Claude Fischler et Estelle Masson, "Manger", basé sur une vaste étude comparative entre pays sur les attitudes vis-à-vis de l’alimentation, du corps et de la santé, montre que c'est notre culture alimentaire, fondée sur le plaisir de manger, la convivialité, la gastronomie, des repas structurés, qui nous préserve (relativement) de cela. Donc, travaillons à maintenir cette culture et ne nous inspirons surtout pas de la conception nutritionnelle de l'alimentation qui prévaut aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne.
On mange des aliments et non des nutriments !