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22/04/2015

J'ai testé pour vous...le bracelet connecté !

Peut-être avez-vous entendu parler de tous ces objets connectés censés être bons pour notre santé, ce fameux "quantified self" (la mesure de soi). J'avais commencé à en  entendre parler, et de leur lien avec la santé, il y a un ou deux ans, notamment à une conférence de L'Atelier. La lecture d'un très bon dossier sur le sujet hier dans Libération me donne l'occasion de faire un point. Et je vais vous parler de ma propre expérience.

Car j'ai acheté il y a quelques mois  un bracelet connecté de la marque Fitbit, mon choix étant principalement guidé par le prix et la disponibilité via Android.

Un bracelet connecté à mon poignet, cela peut étonner... Cela va plutôt à l'inverse de ma pratique qui, pour une bonne part, vise à accompagner les personnes vers une meilleure écoute de leur corps, leur faim, leur ressenti émotionnel, leurs sensations gustatives... Plutôt que d'avoir les yeux rivés sur des repères extérieurs qu'il s'agisse du contenu de l'assiette, du comptage de calories, du chiffre sur la balance. Mais je suis plutôt de nature curieuse, non bornée (enfin, je crois...), je me tiens informée de ce qui se passe et j'aime souvent expérimenter moi-même pour parler d'un sujet... Et il est clair que les objets connectés prennent rapidement une place non négligeable dans notre environnement. On veut nous convaincre qu'ils sont là surtout pour notre bien...

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L'installation du bracelet est facile, on dispose d'un petit tableau de bord sur son téléphone où l'on peut mesurer plusieurs paramètres simples, qui sont déduits de façon automatique si on porte le bracelet.

- le nombre de pas (c'est la version moderne du podomètre...),

- le nombre de kilomètres parcouru (le nombre de pas x la longueur de votre foulée, à paramétrer),

- la dépense calorique (théorique puisque l'outil ne sait rien de mon métabolisme réel, de la façon dont mon corps dépense l'énergie),

- le déroulement de la nuit et la qualité du sommeil (profond, agité ou éveil).

Cela m'a amusée au début de comptabiliser mes pas. Je n'avais aucune idée de ce que représentaient mes habitudes. Je marche avec plaisir, pour aller d'un point à un autre, pour me promener, pour aller travailler, je n'ai aucun problème à zapper le bus ou le métro quand il est plus pratique de marcher ... Je n'avais donc pas grand besoin d'être stimulée : le hasard a fait que le premier jour avec le bracelet, j'ai marché 17 000 pas alors que les programmes de santé cherchent à vous inciter à faire 10 000 pas (environ 1 heure de marche)... Je vous rassure, je ne marche pas autant tous le jours ! J'ai constaté que je marchais en général entre 6 000 et 13 000 pas selon mes activités.

Bon, une fois que je sais ça (et est-ce si important ?), pourquoi continuer à porter le bracelet ? Dans mon cas, je ne crois pas que cela m'ait fait marcher davantage. Toutefois, si on est attaché à un objectif ou une progression, parce qu'on marche très peu, cela peut contribuer à faire marcher davantage, en se fixant des étapes de progression. Comme un bon vieux podomètre... Et cela peut aider à positiver la marche quand on n'a pas très envie ou que l'on doit faire un détour, qu'on décide de marcher plutôt que prendre le bus.

Mais un usage temporaire peut tout à fait suffire, le temps de prendre conscience de ses habitudes, de de s'essayer à marcher un peu plus si on est très sédentaire et d'installer une nouvelle pratique. Car, s'il y a plein d'autres façons de bouger pour le plaisir, marcher en est une facile, quel que soit son état de forme, et peu coûteuse. La dépense de l'outil est alors peut-être excessive et on trouve des applications pour téléphone semble-t-il.

J'ai pendant quelques jours gardé aussi le bracelet la nuit pour évaluer mon sommeil : j'ai "découvert" que j'avais parfois des phases de sommeil agité ou de réveil nocturne... je crois que je m'en étais rendue compte toute seule ! Et je ne trouve pas agréable de garder un tel bracelet pendant la nuit.

Mon  bracelet relativement basique ne donnait pas d'autre auto-mesure, il donne une consommation calorique théorique. On peut aussi entrer des données d'activité physique et éventuellement son alimentation, ce qui me parait extrêmement fastidieux.

Bref, un appareil qui me parait plus correspondre à un éventuel besoin ponctuel plutôt que dédié à un usage permanent.

Or, c'est plutôt vers cela que certains s'orientent. Car ils ont l'obsession du comptage, du suivi, de l'atteinte de l'objectif. Je me doute qu'ils ne seront pas d'accord avec moi ! Mais, au-delà de l'aspect gadget et auto-motivation, les risques liés à ces objets sont multiples :

. côté personnel :
- devenir accro à cette mesure, avoir besoin en permanence de ce repère externe, ne plus pouvoir s'en passer,

- être donc (pour une raison supplémentaire à toutes les autres qu'on se crée) toujours les yeux rivés à son téléphone plutôt que de profiter du monde autour de soi,

- se déconnecter toujours plus de son ressenti interne, de sa réelle envie de bouger, d'activités non "rentables" en consommation énergétique,

. côté société :

- veut-on livrer une masse d'informations sur son hygiène de vie à des acteurs économiques, potentiellement intéressés à monnayer des données ou à les utiliser comme moyen de pression, de sélection, ... Ce qui existe déjà un peu aux Etats-Unis. Peut-on envisager de caler votre niveau de Mutuelle sur l'attention que vous prêtez à l'exercice physique, à la qualité de votre sommeil... ? Comme le dit Libé, va-t-on pouvoir utiliser ces données pour traquer le moindre écart ? Et nous donner des "malus" ?

Cela ne risque-t-il pas de rajouter à la pression, déjà très forte, que subissent les individus de la part de la société (être mince, en forme, ne pas vieillir) et de l'entreprise (présence, performance...) ? Est-ce de ce monde "big-brotherien" dont nous avons envie ?

Moi, j'ai préfèré, tout bien réfléchi, lâcher mon bracelet ! De la même façon, j'ai refusé une offre insistante de me faire tester (pour la recommander à mes patients) une fourchette connectée : je préfère travailler sur le goût, l'attention, la conscience pour faire ralentir le rythme du repas !

En complément de ce billet, ce texte de l'excellent psychomotricien Pierre Dalarun est une très pertinente réflexion sur le sujet. A lire absolument !

Et vous, avez-vous une expérience, des envies, des craintes vis-à-vis de ces objets connectés ?

 

09/04/2015

Hommage à l'homme en cuisine

Oh que je mesure la chance que j'ai d'avoir un homme en cuisine et je voudrais ici le remercier du fond du cœur (ce que je fais aussi dans la vraie vie, c'est l'essentiel !) et lui rendre hommage. Pourquoi ?
 
- parce que c'est bien sympa d'être deux à cuisiner, pour ainsi ne pas avoir la tâche de le faire tous les jours. Je sais que c'est loin d'être le cas de tous les couples...
 
- parce que chez nous, c'est plus souvent l'homme qui est aux fourneaux, y compris dans le quotidien. Ce n'est pas si fréquent que cela : dans les couples où les deux cuisinent, il y a souvent, d'après les récits de mes patientes et l'observation des sociologues, une répartition inégale : à la femme le quotidien obligé et souvent stressé et banal, à l'homme, le week-end, le temps, la convivialité...voire la gloire quand les invités se régalent de ses plats.
 
- parce qu'il est excellent cuisinier et que c'est rarissime de ne pas se délecter avec ses plats.
 
- parce qu'il s'efforce de varier les préparations, voire de proposer des plats/assiettes composées de différentes petites portions pour répondre à mon goût de la variété.
 
- parce qu'il ne se lasse pas de passer du temps en cuisine pour notre plaisir partagé.
 
- parce qu'il n'a pas hésité à partir de zéro pour apprendre les bases de la cuisine japonaise, proposant désormais une très savoureuse cuisine familiale de ce pays, en alternance avec la cuisine italienne de transmission familiale.
 
- parce, tout en proposant du poisson et plus rarement de la viande, il accepte plutôt bien mon "flexitarisme" et cuisine souvent également des plats végétariens ou avec peu de viande, jambon, poisson comme une sorte d'"assaisonnement" : je prends ce qu'on me donne, je ne vais quand même pas râler, d'autant que c'est délicieux !

Ainsi, récemment, il nous a concocté :
 
- quelques variations printanières :
 
. un risotto printanier aux asperges, petits pois, courgettes,

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. une assiette verdoyante d'asperges, jeunes poireaux et fromage de chèvre,

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. une moelleuse omelette/fritatta aux courgettes, asperges, petits pois, oignon doux, parmesan,homme en cuisine,qui cuisine dans le couple,couple qui cuisine,cuisiner à deux,partage des tâches,cuisine japonaise,flexitarisme

 
- une très italienne piadina au jambon de Parme, de squacquerone (fromage onctueux d'Emilie-Romagne) et roquette (tous ingrédients de l'excellente épiderie RAP à part la roquette).

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- un déjeuner dominical japonais quasiment kaiseki, avec une succession de mets délicieux : épinards, omelette japonaise, tofu frit, légumes, bar au sel, ...

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Vous qui êtes en couple, comment cela se passe-t-il côté cuisine : répartition harmonieuse, monopole, alternance... ? 
 

07/04/2015

Un chou, deux choux, trois choux...on aime !

C'est le printemps mais il reste encore sur les étals (et au congélateur) quelques restes de l'hiver, notamment la famille des choux :

- le chou-fleur, je l'aime depuis fort longtemps, cru ou cuit. J'en avais stocké une bonne quantité au congélateur dernièrement. Dans le cadre de mon déstockage de printemps, j'en ai fait un gratin façon Clotilde Dusoulier, aux noisettes et curcuma (recette de son livre Veggivore, que je compte bien explorer largement saison après saison) : le mariage est très réussi et le plat fut délicieux.

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En balade il y a quelques jours du côté de Terroirs d'Avenir, pourvoyeurs de produits de haute qualité, je m'étais lestée d'un chou style pak choy (origine : le fameux maraîcher Olivier Durand) et deux variétés de choux de Bruxelles (dont une violette). Eh oui, car à force de goûter ce mal-aimé deci-delà dans des plats au restaurant, j'ai fini par le trouver bon, et j'ai eu envie de me lancer à le cuisiner. 

- le chou pak choy, je l'ai juste poêlé (avec quelques feuilles de chou de Bruxelles), et c'était savoureux.

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- les choux de Bruxelles, je comptais les cuisiner un soir où je rentrais fort tard avec un frigo vide... Après avoir reçu diverses suggestions appétissantes via les réseaux sociaux, je les ai préparés simplement et rapidement avec ce que j'avais sous la main, soit une recette d'Esterelle Payani : je les ai blanchis puis cuits, coupés en moreceaux, au four avec huile d'olive et sirop d'érable. Résultat savoureux. Et ce qu'il restait, je l'ai proposé en canapés avec graines germées et parmesan. Bref, un nouvel ami dans ma cuisine, dont je n'ai pas fini d'explorer les possibilités.

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Et vous, dans la famille des choux, lesquels aimez-vous et comment ?

02/04/2015

Un mois de mars fort bien occupé

Après deux mois d'absence de ce petit bilan mensuel, le revoilà, subjectif et fort incomplet bien sûr côté liens tant il se publie de contenus autour de l'alimentation, la nutrition, la minceur,...

Mon mois de mars a été bien occupé en dehors des consultations, entre 2 jours passionnants au salon Omnivore, un délicieux week-end à Cancale et St Malo, une parenthèse reposante au Touquet, diverses rencontres personnelles et professionnelles.

Et aussi :

- une interview sur l'alimentation d'aujourd'hui pour Yumi,

- plusieurs plaisants déjeuners dont un tout à fait délicieux chez Coretta (c'était une deuxième fois qui confirme que c'est vraiment bien, photos effacées par erreur...) et un retour, encore une fois, chez Mure où le trio de salades originales pour 7,50 euros est sûrement un des meilleurs rapports qualité-prix que je connaisse (photo).

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- un très sympathique soirée-atelier chez Beendhi, avec un atelier de cuisine entré-plat-dessert avec Beena Paradin, un massage ayurvédique, et, pour certains, un atelier yoga . Un package qu'elle devrait sans doute rééditer, avec ces trois activités pour un fort raisonnable 30 euros (et j'ai été très agréablement surprise qu'on me rembourse l'atelier yoga auquel je n'ai pas pu participer).

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- un dîner du dimanche soir (bonne idée pour que les convives ne s'attardent pas trop...) chez un ami qui reçoit avec générosité et bon goût. Il nous avait préparé une soupe à la Ottolenghi tout à fait délicieuse, avait fait l'emplette de merveilleux pâtés en croûte de Gilles Vérot (où sa famille est cliente depuis l'origine), une compote de fruits. Un savoureux repas en bonne compagnie.

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- un très réussi cinquième anniversaire de l'excellent site d'information gastronomique Atabula, où j'ai croisé plein de personnes sympathiques.

Parmi mes lectures,

- une utile interview de Thierry Janssen, dont j'apprécie beaucoup l'approche, sur la nécessaire coopération des différentes médecines.

- différents articles du site MaGrandeTaille que je trouve souvent pertinent dans leur souci de défendre le corps des personnes en surpoids et de leur donner des astuces pour bien vivre (même si je trouve toujours qu'on manque globalement de diversité et notamment de visibilité des femmes "moyennes").

Et bien sûr, j'ai lu et réfléchi sur les projets d'étiquetage nutritionnel, les problèmes de mode et anorexie, l'obsession de manger sain... mais j'ai manqué de temps pour écrire sur ces sujets. Peut-être plus tard...

Et vous, qu'avez-vous fait, découvert, goûté, lu, observé en mars ?

 

31/03/2015

Cinquante nuances de gris...et de bleu (au moins) au Touquet

Avant de vous reparler d'une petite parenthèse fort tonifiante au Touquet, quelques images...

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Eternelle et toujours changeante contemplation du ciel... Belle journée quelle que soit sa couleur !

24/03/2015

Puce, petite table et bonne dose de plaisir

Quelquefois, les patient(e)s qui prennent rendez-vous à 12h30 ou 13h car ils/elles travaillent à proximité trouvent cela bien pratique mais s'exclament : "Mais alors, vous, vous ne déjeunez pas ?!". C'est mal me connaître ! Mon organisme ne saurait se passer de déjeuner mais il accepte de le prendre en décalé. Le plus souvent, je dispose d'un temps limité et j'ai apporté mon bento maison. Parfois, il est tard mais j'ai un peu de temps et j'en profite pour prendre l'air voire faire une bonne marche, jusqu'à Mûre par exemple.

Et parfois, une consultation est annulée et je me retrouve libre sans avoir rien prévu. Je réfléchis à mon envie du moment, je me creuse un peu les méninges, j'arpente le quartier... Ainsi, vendredi dernier, je me suis rappelée qu'Eva, coach atypique et gourmande, avait signalé un nouveau lieu tout près avec des sortes de grignotages, Puce.

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Me voilà montant vers la rue Chaptal. Je découvre un lieu clair et chaleureux, avec une déco d'époque style bois/cosy/brocante (quelques photos ici). La carte est courte et s'y ajoutent des propositions du jour. Le principe, c'est des petits plats comme des tapas et si on est deux ou plus, on en prend plusieurs à partager. De quoi ravir mon goût de la variété. Seule, je me limite à deux : des "croustillants d'encornets" et des "légumes grillés".

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Arrivent des beignets d'encornets effectivement croustillants avec les encornets cuits avec justesse et une sauce aux piquillos. Et un bol délicieux de légumes grillés variés (eh oui, maintenant j'adore les choux de Bruxelles !) relevés d'une vinaigrette acidulée. Je me laisse tenter ensuite par un pain perdu aux poires tout doux, "fait minute" (et du coup sans doute, manquant un tout petit peu de moelleux), derrière le bar .

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Une cuisine de saison fréquemment renouvelée avec le souhait d'apporter une petite touche "world" dans la diversité des plats, illustrant le profil international de l'équipe (patronne singapourienne et d'autres nationalités en cuisine semble-t-il).

Bien sûr, c'est peut-être un peu plus cher qu'une basique "cantine" du quotidien mais c'est fort plaisant et quand même pas ruineux : mini-plats de 6 à 8 euros environ et deux par personne peuvent suffire. D'ailleurs, souvent, je suggère à ceux qui ont des tickets restaurant d'en garder deux pour un bon repas autour de 15 euros et de se faire un repas maison l'autre jour, plutôt que de faire de banals déjeuners genre formule boulangerie/saladerie à 7-8 euros.

Bref, très envie d'y retourner en compagnie, le midi, le samedi, peut-être même le soir dont on me dit que c'est très sympa....

Puce, 1 rue Chaptal, Paris 9eme

18/03/2015

Et la gagnante de Veggivore est.....

Oh que le choix fut difficile pour offrir le livre Veggivore de Clotilde Dusoulier tellement vos souvenirs furent tous jolis et originaux. Je vous recommande vivement d'ailleurs d'aller les lire en commentaires du billet-concours.

Mais il fallait faire un choix et nous nous sommes accordées, Clotilde et moi, sur le témoignage de Camille (attention, il y en a plusieurs...), dont je re-cite ici le texte (voyez mon esprit d'ouverture, il concerne un des rares légumes dont je raffole fort peu...)

"J’étais une petite fille bien élevée. J’ai appris à manger de tout. Même des choux de Bruxelles et du choux fleur, même des endives, et pas forcément au jambon. Je ne dis pas que ça me faisait plaisir. Mais je les mangeais, c’est tout, avec pour récompense la crème au chocolat qui m’attendait pour le dessert. Ma mère était très fière de cette petite fille « pas difficile ».
Un seul légume avait toujours et encore résisté à l’envahisseur maternel : LA BETTERAVE. Le seul que je ne POUVAIS vraiment pas manger. Ce gout douceâtre, et surtout cet arrière-gout de terre…à vomir !
Bien plus tard, alors que j’étais moi-même en train de devenir une maman, j’errais dans une allée de supermarché, au supplice, terrassée par les nausées de la grossesse, et dégoutée par toutes les odeurs qui se mêlaient autours de moi, quand soudain, une odeur douce et fraiche m’a emplie les narine, me soulageant quasi-instantanément. Il fallait immédiatement que trouve quel était ce fruit merveilleux qui embaumait ainsi les étals et me donnait l’impression de marcher dans un jardin après une pluie d’été. Tel un chien policier, je remontai la piste en reniflant, faisaient confiance à mon nouvel odorat bionique, puis doutai, puis dû bien me rendre à l’évidence quand je tombai finalement sur un énorme étal de…. betteraves !
N’obéissant plus qu’à un étrange instinct, j’ai emmené chez moi et cuisiné cette étrange racine violette un peu visqueuse, comme je l’avais toujours vu faire, en salade, avec quelques échalotes et du persil, et je me suis régalée. Mais quelle trahison : mon corps m’avait donc contraint à abandonner ma seule et unique coquetterie gustative !
Aujourd’hui, ma fille a quatre ans et…elle adore les betteraves ! Et grâce à elle, moi aussi ! Je continue à les déguster avec un vrai plaisir, et je multiplie les façons de les accommoder, même si je reste très fan de cette version classique et toute simple, avec des échalotes et du persil,surtout pour la couleur !"


Bravo Camille pour ce très joli texte et pour l'écoute de votre corps ! Je ne doute pas que vous vous régalerez avec les recettes issues de ce livre.

12/03/2015

Les dix ans d'Omnivore, de la passion, du partage et plein d'autres choses

Lundi et mardi, j'ai passé une bonne partie de ma journée au salon Omnivore qui fêtait ses 10 ans. Pour ma part, c'était la quatrième année que je m'y rendais et à chaque fois, j'en ressors enrichie, enchantée, emballée.

Le magazine Télérama, partenaire d'Omnivore, a partagé dès hier ses impressions, autour de quelques mots-repères. Je n'ai pas vraiment assisté au même salon, car il faut malheureusement faire des choix, parmi la richesse d'événements proposés, et je me suis principalement concentrée sur la scène Artisan, animée avec passion et pertinence par le journaliste Stéphane Méjanès.

J'ai moi aussi regroupé quelques impressions (non exhaustives) autour de mots-clés, en me fixant la contrainte supplémentaire qu'ils commencent tous par P.

Pain

Quand je souhaite assister à ce type d'événement, j'ai besoin de connaître les dates longtemps à l'avance, afin de les bloquer dans mon agenda. Ce fut le cas, au-delà du nécessaire, cette fois-ci, car Thierry Delabre (photo), faiseur de pain de moins en moins clandestin (il fait du pain avec un énorme investissement et de la persévérance depuis 12 ans chez lui), avait prévenu ses amis Facebook depuis longtemps de sa participation. Le pain est pour moi une passion personnelle et professionnelle et j'ai beaucoup à écrire dessus mais plus j'accumule d'idées et de réflexions, plus cela se complique et moins j'écris ! Alors, en attendant, j'ai eu le bonheur d'écouter Thierry Delabre raconter avec beaucoup d'émotion sa plongée dans l'univers du pain, tout ce qu'il lui donne et tout ce qu'il reçoit en retour. On a eu le plaisir de goûter son pain et sa focaccia. Et je me régale par petites bouchées du nouveau Foodbook Omnivore dont le dossier principal est consacré au pain, avec de beaux articles, une BD sur un séjour chez Roland Feuillas (dessin de Claire Braud ci-dessous) à Cucugnan un peu semblable au mien, les adresses des meilleures boulangeries (en toute subjectivité non justifiée), ...

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Passion

Il est clair que c'est une passion profonde qui anime les artisans présents, très probablement la crème de la crème de leur domaine. Passion qui n'était pas forcément là au départ, avoue Gilles Vérot, qui a plutôt fait ce choix par obligation familiale, mais qu'il a découverte en route. Passion dévorante et guérisseuse de Thierry Delabre, dont il semble proche de faire une activité à temps plein, comme fournisseur de pain d'exception pour restaurateurs. Passion inquiète d'Alain Rey pour ses abeilles menacées ou de l'ostréiculteur Ismaël Drissi-Bakhkhat face à l'omniprésence des huîtres triploïdes. Passion active d'Hervé Mons pour défendre le vrai bon fromage contre ses ersatz aseptisés ou de Thomas Lehoux, de la Brûlerie de Belleville pour promouvoir le bon café face à la déferlante de boissons horribles qui portent le même nom, tous les deux en sensibilisant et valorisant le travail des producteurs qui les "alimentent". 

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(de gauche à droite et de haut en bas, Jean-Marie Guilbault, Thomas Lehoux, Alain Rey et Eric Guérin, Ismaël Drissi-Bakhkhat et l'un de ses "maîtres", Gilles Vérot, Hervé Mons)

Parcours

Il était amusant de constater que, à côté d'artisans qui sont dans le métier "de père en fils" comme le charcutier Gilles Vérot (3eme génération, maison ouverte en 1930 à St Etienne) ou Hervé Mons, fromager comme ses parents (les deux ayant amené leur métier bien au-delà de la génération précédente), une bonne part des intervenants étaient des hommes (tiens, peu de femmes artisanes ? - une seule présente dimanche) aux parcours atypiques. Alain Rey est apiculteur depuis 20 ans après d'autres vies. Emmanuel Chavassieux (ci-dessous) a eu des vies multiples également (légionnaire, photographe, coutelier). Thierry Delabre, professionnel de la communication et du web devenu boulanger plus vraiment amateur. Signe que la nourriture est un essentiel vers lequel beaucoup convergent (moi aussi ;-)).

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Partage

La scène Artisan , c'est le lieu de découvrir, écouter, échanger avec des artisans de haute volée. Et c'est aussi le bonheur de goûter leurs produits. Car ils ont à coeur de partager ce qu'ils mettent tant de soin à produire. Ainsi, ces deux jours, sans l'avoir vraiment prévu, je n'ai pas eu besoin de me mettre en quête d'un déjeuner car j'ai été largement rassasiée par les dégustations proposées à chaque fois. Fabuleuses huîtres anglaises "élevées" par Ismaël Drissi-Bakhkhat, fromages délicatement préparés par Hervé Mons (St Nectaire et Brie aux truffes), étonnants et délicieux chocolats, "apéricube" et gâteau nantais aux miels des Ruchers du Pays blanc de l'apiculteur Alain Rey, merveilleux pâté en croûte et fromage de tête de Gilles Vérot, étonnante saucisse au couteau et succulente viande de porc séchée d'Emmanuel Chavassieux, crème au citron toute douce de Jean-Marie Guilbault.

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Provenance et perfectionnisme

Ces artisans ont une exigence extrême pour porter leurs produits à leur meilleur niveau. Jean-Marie Guilbault, confiturier, a une quête sans relâche de la meilleure qualité de fruits et rappelle avec force qu'on ne fera du bon qu'avec de très bons ingrédients de départ. Il a aussi mis au point la recette la plus adaptée pour garder au maximum le goût et la couleur du fruit. Tout est précis, qu'il s'agisse du taux de sucre ou du rôle des bassines en cuivre.  De la même façon, Gilles Vérot a pris conscience il y a quinze ans qu'il ne suffisait à rien d'avoir de bonnes recettes transmises familialement pour faire de bonnes charcuteries mais qu'il fallait aussi impérativement de très bons cochons. Il s'est mis en quête d'animaux de haute qualité qu'il a trouvés dans le Perche. Et quand il s'installe aux Etats-Unis, pas question d'importer des cochons, il cherche les meilleurs sur place et les trouve dans de petits élevages du Missouri et du New Jersey. Thierry Delabre, lui, refait sans cesse de nouveaux essais pour parvenir à un pain qui le satisfasse. Ismaël

Pâtissiers qui n'en sont pas tout à fait ?

J'ai malheureusement passé peu de temps du côté de la Scène Sucré mais j'y ai vu Giovanni Passerini, le chef du restaurant Rino, fermé et en quête d'une nouvelle adresse, ainsi que (partiellement) Yann Couvreur, le talentueux pâtissier de l'hôtel Prince de Galles. On parle souvent de la différence profonde de métier entre cuisiniers et pâtissiers, de la précision requise par ces derniers. Giovanni Passerini a bien sûr rappelé qu'il n'était pas pâtissier. Toutefois il fait des desserts qui sont fort appréciés en travaillant de façon empirique. Mais il les traite comme des sortes d'entrées sucrées, en réfléchissant aux accords de goûts, de textures, au visuel dans l'assiette. C'est important pour lui en tant que chef car il estime que les deux extrémités du repas doivent être fortes. Yann Couvreur (photo, avec Marie-Laure Fréchet) a beau, lui, être pâtissier, il n'en revendique pas moins d'oublier un peu (pas trop quand même !) la précision pour l'intuition (par exemple dans l'arrosage d'une pomme au four comme on arroserait un rôti en se fiant à ce que l'on observe) et l'émotion. Et il avoue assaisonner ses desserts comme des plats, utiliser très souvent du sel, de la cardamome... Une bonne nouvelle pour ceux qui ont peur de la pâtisserie ?

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Pétillance

Un des plaisirs d'Omnivore, c'est que Badoit* est partenaire privilégié de l'événement. L'entreprise finance une Bourse de la création pour soutenir un projet de restauration, offre gentiment à boire sur leur stand, défend la gastronomie par une campagne de communication. Et aussi, elle met à disposition en permanence des distributeurs de bouteilles de Badoit 50 cl gratuites. De quoi ne pas mourir de soif, ce qui est trop souvent le cas dans les colloques, conférences... si on ne s'est pas équipé au préalable. Badoit, c'est aussi un partenariat avec le chef Thierry Marx qui est venu expliquer le rôle de l'eau dans sa cuisine. Il a ainsi insisté sur le fait que la Badoit, grâce à son bicarbonate, permet une cuisson beaucoup plus rapide des légumes mais aussi des viandes. Difficile pourtant de se décider à l'utiliser chez soi, vu le prix, plutôt qu'une pincée de bicarbonate en poudre ! Mais son discours était destiné à la restauration de bon niveau et il apparaît en effet assez sensé, de façon plus large, de prêter un peu d'attention à la qualité de l'eau dans laquelle on cuit des mets d'exception...

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Bref, deux jours riches de rencontres, de réflexion, de gourmandise.

Si vous voulez revoir les épisodes précédents :

2014 et aussi des zooms artisans : Olivier Durand, Laurent Duboisles Bachès

2013

2012

NB : je reviendrai dans quelques jours sur Omnivore via un autre thème.

 *Pass obtenu cette année grâce à Badoit, merci à eux !

03/03/2015

Chouette, Veggivore de Clotilde Dusoulier est sorti (et il y en a un à gagner !)

J'avais adoré le premier livre de Clotilde Dusoulier, aussi bien les recettes que les histoires personnelles les accompagnant. Je lis régulièrement son blog où j'aime autant ses expériences culinaires que ses interviews, ses récits... J'ai observé qu'elle parlait de plus en plus végétaux et je n'ai pas été étonnée quand elle a sorti un livre sur la cuisine des fruits et légumes...en anglais. Quelle que soit mon envie de le découvrir, ma paresse (que je ne m'explique pas trop) avec les livres de cuisine en anglais gagne toujours !

J'ai donc été ravie quand Clotilde a annoncé la sortie française et je me suis précipitée pour l'acheter. Charmée par son contenu, heureuse de voir un livre (c'est encore trop rare) raisonner par saison, impatiente de me lancer dans les appétissantes recettes qui collent fort bien avec mes envies "veggivores". Et toujours le plaisir de découvrir des recettes fort bien expliquées, avec des suggestions de déclinaisons, des commentaires sur les ingrédients, ...

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Mais voilà que, quelques jours plus tard, j'ai eu la surprise et le plaisir d'en recevoir un exemplaire dédicacé gentiment, car on se connait un petit peu. Deux exemplaires ? Je pourrai en garder un tout beau tout propre et un autre à tâcher, corner, salir dans la cuisine. Mais ce serait du luxe ! J'ai plutôt envie de vous en offrir un, à l'un(e) de vous, fidèles lecteur(trice)s de ce blog.

Je ne suis pas très adepte des concours, j'en ai fait un seul en sept ans de blog, autour de la plus belle assiette composée. Mais voilà une jolie occasion de remettre cela.

Alors pas de prime au plus rapide qui mettra un commentaire, pas de tirage au sort, mais vous allez "travailler" !

Nous sommes en hiver et Clotilde Dusoulier nous propose naturellement des recettes autour des betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron.

Si vous voulez participer au concours, pour gagner ce livre Veggivore, merci de poster un commentaire ici, décrivant un joli souvenir autour de l'un de ces légumes : betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron : un moment particulièrement plaisant, le bonheur de savourer une recette familiale ou une que vous avez inventée, un plat délicieux que vous avez préparé, une découverte d'un accord de goûts, etc. en quelques lignes (pas un roman, maximum 1500 caractères).

La personne qui aura fait le plus joli commentaire (évalué très subjectivement par Clotilde et moi) gagnera le livre. Réponses souhaitées avant le 13 mars.

Pour ma part, j'ai déjà réalisé et savouré avec grand plaisir une salade d'endives aux noix et clémentines assortie d'une très bonne "vinaigrette" (la recette proposait des oranges mais j'ai fait avec ce que j'avais sous la main). Et aussi une tatin de poireaux, pas tout à fait aussi jolie que l'originale mais en tout cas délicieuse.

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Côté sucré, on s'est vraiment régalés avec un fondant poire-châtaigne qui porte bien son nom et que j'ai envie de refaire très vite (ça tombe bien, j'ai un bon stock de farine de châtaigne !).

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Maintenant, à vos claviers ! Et vive les légumes d'hiver !

Veggivore de Clotilde Dusoulier, éditions Hachette Cuisine, 14,95 euros

25/02/2015

Je me souviens...

Je me souviens qu'elle se levait tôt tous les matins pour nous préparer une orange pressée,

Je me souviens qu'elle se tournait toujours vers des produits frais et n'achetait ni conserves ni surgelés,

Je me souviens qu'elle allait au marché trois fois par semaine et avait ses habitudes chez les maraîchers locaux,

Je me souviens qu'elle épluchait patiemment les épinards pour en faire une purée dont je n'ai jamais retrouvé d'équivalent,

Je me souviens qu'elle prenait toujours les morceaux les plus tendres chez le boucher,

Je me souviens qu'elle faisait des quatre-quarts, des cakes aux fruits confits, parfois un gâteau marbré ou une tarte aux pommes,

Je me souviens qu'elle faisait parfois des goûters crêpes et qu'elle passait beaucoup plus de temps à les faire que nous à les manger,

Je me souviens qu'elle n'aimait pas le riz et que du coup, on n'en mangeait jamais,

Je me souviens qu'elle cuisinait parfois un gratin de coquillettes le samedi midi,

Je me souviens qu'elle préparait rarement de la soupe et c'était toujours poireau-pomme de terre,

Je me souviens qu'elle avait acheté une yaourtière orange quand ce fut la mode et qu'on était passés aux yaourts maison mais qu'elle n'en mangeait pas,

Je me souviens qu'elle faisait de merveilleuses salades de fruits frais,

Je me souviens qu'elle faisait des frites, des pommes sautées, des pommes gaufrettes, des salades de pommes de terre mais qu'elle achetait des pommes dauphine,

Je me souviens qu'elle utilisait un très vieux robot, datant sans doute de son mariage, pour râper ou émincer,

Je me souviens qu'elle nous préparait des sandwiches en pain au lait pour les vacances et que j'aurais préféré de la baguette comme les autres,

Je me souviens qu'elle aimait la sole, les huîtres et le saumon fumé,

Je me souviens qu'elle aimait un certain gâteau à la crème de noix et aussi les sablés au citron,

Je me souviens qu'elle mangeait toujours les croûtons de la baguette,

Je me souviens qu'elle buvait du café au lait le matin et le digérait très bien,

Je me souviens qu'elle mangeait toujours des pommes Canada grises et jamais de poire,

Je me souviens qu'elle aimait le melon, les fraises, les pêches en été,

Je me souviens qu'elle adorait le café et pouvait en boire même le soir,

Je me souviens qu'elle m'a transmis le goût des bonnes choses.

Elle est partie.

Jacqueline G. 1933-2015

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