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18/05/2015

Dix conseils pour "bien" manger - nouvelle version

Il y a quelques années, j'avais imaginé Dix conseils pour "bien" manger. Je viens de les revoir pour rester à 10 tout en intégrant le 11eme qu'on m'avait suggéré alors et qui me semble essentiel  : respecter la saisonnalité. Et puis, je les ai un peu modifiés. Les voici. Evidemment, ce n'est pas un dogme, ce n'est pas à appliquer à 100% des repas, à chacun(e) de choisir ceux qui lui vont, d'en ajouter selon ses goûts et ses convictions : à chacun(e) d'avoir la façon de manger qui lui fait se sentir bien dans sa tête et dans son corps.

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1. Manger quand on a faim

2. Arriver à table détendu(e)

3. Manger lentement

4. Déguster les aliments avec les cinq sens

5. S'arrêter de manger quand on n'a plus faim

6. Ecouter ses envies et ne pas s'interdire d'aliment

7. Développer sa curiosité pour de nouvelles saveurs

8. Manger de la cuisine maison

9. Présenter joliment les aliments

10. Préférer des aliments de saison

15/05/2015

Verdure printanière en trois façons, que c'est bon !

Si vous fréquentez un peu les vendeurs de légumes, vous avez dû remarquer l'arrivée des légumes de printemps, petits pois, fèves, asperges... Evidemment, comme beaucoup d'autres, nous nous sommes empressés de les mettre au menu ces derniers jours, de diverses façons.

J'ai préparé une sorte de minestrone de légumes. Feuilletant le livre Mon premier dîner végétarien et me demandant si je devais vraiment le garder, je suis tombée sur une recette de minestrone de printemps. Tout à fait ce dont j'avais envie. Sauf que le mode de cuisson (tout ensemble et assez longtemps) ne m'a pas trop plu et je me suis tournée vers internet où j'ai trouvé une recette un peu différente aux modalités satisfaisantes. J'ai fait un mix des deux : une base d'oignon, ail, fenouil, des légumes cuits séparément (petits pois, asperges, fèves, haricots verts) et brièvement pour les garder un peu croquants, et on ajoute au moment de servir un pesto maison classique. 

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J'avais volontairement cuit plus de légumes pour en avoir pour le lendemain : ils ont constitué une plaisante salade avec du quinori.

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Peu après, Monsieur a quant à lui préparé une fritatta aux fèves, petits pois, asperges, artichauts et feta, bien garnie, moelleuse et très savoureuse.

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Et ce n'est sans doute pas fini, on peut aussi penser quiche, poêlée, soupe froide ou chaude, tartinade, avec légumes solitaires ou associés...

Et vous, comment aimez-vous les légumes de printemps ?

13/05/2015

J'ai testé pour vous...la livraison de repas (Deliveroo / Foodchéri)

Cela faisait sans doute une bonne vingtaine d'années que je n'avais pas commandé de repas à livrer... J'ai seulement de vagues et rares souvenirs de pizza dans mes toutes premières années de vie professionnelle. En effet, nous faisons très souvent à manger l'un ou l'autre (Monsieur plus souvent...) et, si on est paresseux/fatigués, il y a toujours une solution simple de secours dans le frigo ou le placard. De plus, j'avais une image des livraisons de plats comme étant très coûteuses et pas forcément en phase avec mes envies.

Mais récemment, de nouveaux acteurs sont arrivés sur le marché parisien. J'ai notamment entendu parler de deux d'entre eux : Deliveroo et Foodchéri (hasard des communications sur le web). J'ai eu envie de les tester, pas tant pour devenir cliente régulière que pour me faire une idée de ces services et pouvoir éventuellement en parler à certains de mes patients davantage adeptes de ce type de solutions.

J'ai commandé via Deliveroo un midi où je déjeunais à mon cabinet. Il y a un large choix de restaurants, plutôt tendance, proposés en fonction de son emplacement. Je n'ai pas choisi un nom connu des branchés type "Frenchie to go" mais plutôt l'inconnu, un restaurant tibétain dont je n'ai jamais entendu parler, Tashi Tagye : je prends des raviolis végétariens et un dessert, je choisis l'horaire, je paie en ligne pour un montant de 17,50 euros (intégrant des frais de livraison de 2,50 euros. On doit commander pour 15 euros minimum, ce qui est plus simple à deux). Le coursier arrive 5 mn en avance et me livre le plat qui est resté à peu près chaud. C'est assez bon et nourrissant mais je trouve que cela ne vaut vraiment pas ce prix. Je n'ai peut-être pas fait le meilleur choix.

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Foodchéri livre le soir : on a le choix entre deux plats qui changent tous les jours, cuisinés avec des produits frais, dont un plat végétarien, et un ou deux desserts. On commande à partir de 18h45 et on est livré 20 mn après l'appel. Là encore, le livreur est à l'heure. On a pris les deux plats différents. Chacun coûte 9,90 euros (livraison comprise), le prix est le même tous les jours. Les plats sont à réchauffer au micro-ondes ou au four. Ce jour-là, il y a un bo-bun végétarien et un poulet au curry vert et lait de coco avec du riz. Les deux sont très bons, on les mange avec plaisir. Les desserts me paraissent un peu chers (cookie 3 euros, compote -arrivée depuis- 3,50 euros).

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Comparatif : ce sont vraiment deux offres bien différentes :

Deliveroo : large choix et restaurants plutôt connus / Foodchéri : cuisine en propre (avec des "chefs" pas spécialement connus),

Deliveroo : choix pérenne (selon l'offre des restaurants) / Foodchéri : renouvellement quotidien (avec probablement un retour régulier des plats),

Deliveroo : déjeuner et dîner / Foodchéri : dîner uniquement

Deliveroo : choix de l'horaire / Foodchéri : livraison 20 mn après l'heure de commande,

Deliveroo : montant minimum et frais de livraison / Foodchéri : au moins un plat, pas de frais de livraison,

Deliveroo : prêt à l'emploi / Foodchéri : à réchauffer

Point commun : un périmètre limité pour l'instant.

Bilan : je suis plutôt contente de cette expérience. Il m'arrivera sans doute de refaire appel ponctuellement à Deliveroo. J'ai notamment vu dans la liste Supernature et me dis que je me ferai bien livrer leur "assiette vitalité" un de ces jours... Il est fort possible qu'à l'occasion, on re-goûte des plats Foodchéri, davantage par envie de plats qu'on ne cuisinerait pas nous-mêmes que par vraie flemme.

Il y a d'autres propositions de ce type qui se développent avec des périmètres et des contenus variables. Cela me parait répondre à une demande de citadins (ayant un certain revenu) rentrant tard, fatigués, n'ayant pas forcément le temps ou l'envie de cuisiner, n'ayant pas nécessairement une organisation des courses bien rôdée. Et cela ne me semble pas plus cher que la moindre livraison de pizza médiocre.

Par ailleurs, ce type d'offres me parait davantage adaptée à cette demande que les offres "prêt à cuisiner" où l'on vous fournit la recette et les ingrédients mais il vous reste quand même la cuisine à faire...

Et vous, faites-vous appel à la livraison de repas ? Souvent ou occasionnellement ?

NB : précision : ces deux repas ont été intégralement payés.

 

09/05/2015

J'ai lu "Je dis enfin stop à la pression" et... j'ai été bluffée

Je ne suis pas une fanatique des livres de "développement personnel" même si je constate parfois qu'ils peuvent apporter quelques conseils utiles. Et je n'aurais spontanément sans doute accroché sur ce livre à la couverture flashy. Mais c'est une patiente qui m'en a parlé avec enthousiasme, ayant constaté, après l'avoir lu, que cela lui avait vraiment permis de relâcher la pression qu'elle se mettait, sans dégât collatéral, au contraire.

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Du coup, j'ai décidé de m'y intéresser car nombre de mes patientes, perfectionnistes, manquant de confiance en elles ou ayant à faire face à une multitude d'obligations, se mettent sous une pression permanente, stressante, épuisante. Et la société en ajoute une bonne louche aussi. Alors, je l'ai lu et j'ai été assez bluffée. Bluffée par le talent des deux auteurs, Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, psychologue et thérapeute, qui parviennent dans un seul livre à :

- réunir une masse de notions variées relevant du domaine de la psychologie : le perfectionnisme, la confiance en soi, les valeurs, la relation aux autres, les peurs, les émotions... Et cela ne donne pas du tout un mélange indigeste mais est clairement structuré et progressif.

- en parler de façon très claire, concrète et accessible,

- donner  un grand nombre d'exemples et de témoignages dont certains feront forcément écho chez les lecteurs/lectrices.

- fournir des pistes, des exercices pas trop compliqués, vraiment réalisables, des actions concrètes pour avancer pas à pas, sans être trop simplistes.

- et le faire avec humour.

Exemples : des exercices pour repérer les moments où on ne dit pas ce qu'on pense, pour s'entraîner à déléguer, pour mettre des mots sur ses émotions, pour accepter son imperfection...

Pourquoi ça me parle ?

Parce que, comme je le disais, une part non négligeable des personnes qui viennent me voir subissent cette intenable pression car :

- ce sont des femmes qui se sont imposé une forte contrainte à avoir un physique parfait dont la minceur est un des paramètres. Sauf qu'on ne peut pas se contraindre éternellement...

- ce sont parfois des personnes qui n'ont pas construit la bonne dose de confiance globale en elles dans leur enfance et ont reporté leur capacité de maîtrise sur le physique (exemple par exemple de Marc dans le livre d'ailleurs, enfant grassouillet devenu un adulte bronzé et bodybuildé et mettant une intense énergie sur le paraître),

- ce sont des femmes qui vivent et cumulent souvent plusieurs pressions : professionnelle, familiale, maternelle, sociale....

- ce sont des femmes, pour certaines, qui ont développé un perfectionnisme qui s'applique à tout y compris à la cuisine : je me souviens ainsi d'une patiente qui avait commencé à faire du pain maison occasionnellement et continuait à le faire au quotidien malgré son total manque de disponibilité car ses enfants ne voulaient plus entendre parler du pain acheté à la boulangerie...

Et aussi car il y a des témoignages de gens qui ont écouté leurs valeurs et leurs vraies envies pour changer de vie et je m'y reconnais un peu...

Deux précisions :

- un tel livre ne peut bien évidemment pas remplacer un travail avec un thérapeute si on en ressent le besoin. Ne nous leurrons, tous les exemples fournis de personnes qui les ont consultées et vont beaucoup mieux ne se sont sans doute pas réglés en un claquement de doigt...

- un tel livre n'est pas à lire d'une traite mais à pratiquer au fil des exercices, pas nécessairement tous mais ceux dont on se sent proche.

Au global, une plaisante et utile lecture !

07/05/2015

J'ai lu Xavier Denamur et...j'ai été partagée

J'ai connu Xavier Denamur, restaurateur parisien pourfendeur de la mauvaise alimentation et de l'opacité en cuisine lorsqu'il a sorti son film République de la malbouffe en 2012. J'en avais fait un  billet de blog, il l'avait lu et apprécié, on a échangé en ligne et on a fini par se rencontrer un peu plus tard. Puis j'ai déjeuné avec plaisir plusieurs fois dans son restaurant Les Philosophes dans le Marais. J'ai suivi régulièrement ses actions énergiques et persistantes pour la transparence dans la restauration.

Il est passé à une étape supplémentaire en écrivant un livre, Et si on se mettait enfin à table ?, titre bien sûr à double sens... Car ce que beaucoup retiendront principalement de son livre, c'est qu'il révèle toutes les étapes et les modalités de son parcours dans la restauration, la place incontournable du "black" dans métier et son chemin vers l'honnêteté fiscale.

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La transparence est méritoire et pas facile mais cela m'a mise quand même un peu mal à l'aise. J'ai un grand respect pour une vie de travail acharné, d'exigence, d'enthousiasme, de rigueur dans la gestion de ses restaurants, je mesure le courage de reconnaître ses excès et ses erreurs. Je ne suis pas naïve, je sais que les choses ne sont pas simples. Mais, en même temps, j'ai eu l'impression d'un exercice un peu long d'auto-justification sur le mode "faute avouée à moitié (complètement ?) pardonnée"... Sous couvert de propositions (que je ne saurais juger) pour réformer l'ensemble du système. Détail peut-être, j'ai aussi été gênée quand il retient principalement d'un fameux député atteint de "phobie administrative" son audace... 

En revanche, j'adhère totalement à la deuxième partie où il développe avec passion son combat, en tant que restaurateur, citoyen et père, pour le fait maison et la transparence, pas seulement dans les restaurants mais aussi dans les cantines. Il montre qu'on peut, avec force, ténacité, sens de la communication, faire avancer petit pas par petit pas, la cause d'une meilleure alimentation dans les écoles. J'aime quand il met en avant les cuisiniers, comme un certain Bernard archi-dévoué à la cause de la bonne nourriture, qui font le maximum avec des moyens limités pour préparer de bons repas dans les collectivités. J'aime quand il se bat en tant que parent pour en savoir davantage sur les aliments servis au-delà du pseudo-équilibre des repas. J'approuve quand il s'interroge sur l'équilibre théorique et l'équilibre réel des repas. Cela me rappelle mon stage en cuisine collective de collège : j'avais fait un comptage des restes sur les plateaux en fin de service et, sans étonnement, les restes de jardinière de légumes étaient bien supérieurs à ceux de frites...

Combat louable et difficile, où il faut sûrement se regrouper et persévérer. Je suggère parfois aux patients-parents qui se lamentent sur ce que mangent leurs enfants de regarder comment ils pourraient être actifs sur le sujet, de s'impliquer peut-être dans les associations de parents d'élèves, les commissions de menus... Mais en même temps, de relativiser en se disant que la cantine, cela représente 4 ou 5 repas sur une semaine sur 28 (3 repas principaux et un goûter par jour) et donc de ne pas renvoyer la balle de l'éducation alimentaire à la seule école : ils peuvent aussi agir eux-mêmes sur la vingtaine d'autres repas...

J'aime quand il défend la cuisine goûteuse, les bons produits qu'il se démène pour faire venir à Paris, quand sa principale obsession est la satisfaction du client, quand il déplore la nutritionnalisation de l'alimentation, les applications compteuses de calories et les gourous du diététiquement correct (je crois qu'il ne me met pas dans ce lot ;-)). J'aime quand il se dit restaurateur, juste restaurateur et pas psychologue ou sociologue. Quand il a une "sainte horreur des cuisines de niche" mais propose quand même, dans son restaurant, une offre végétarienne à côté de la viande et du poisson. 

Au global, j'aime sa liberté de ton et je me retrouve dans son combat pour la "bonne bouffe", dans un style certes différent...

06/05/2015

J'ai lu Guy Birenbaum et... j'ai été touchée

Vous avez peut-être entendu parler du livre de Guy Birenbaum, Vous m'avez manqué, histoire d'une dépression française : il a eu des critiques dans le presse et été il y a quelques semaines invité de plusieurs plateaux télé. Ce journaliste-blogueur raconte un an de sa vie, son plongeon dans la dépression, les racines de ce mal dans son histoire personnelle et comment il s'en est sorti. J'ai eu envie de le lire car je le suis avec intérêt depuis un certain temps en ligne. Et de vous en parler. Rien à voir avec mon domaine, direz-vous ? Eh si, quand même...

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J'ai beaucoup aimé ce livre et je l'ai dévoré (eh oui, parfois je dévore plutôt que je ne savoure !). Il a résonné avec plusieurs de mes réflexions/convictions :

- la principale raison pour laquelle il a écrit ce livre : dire, même si cela parle ne serait-ce qu'à une personne, un lecteur, qu'on peut s'en sortir, qu'il ne faut jamais renoncer à aller mieux, même si on a l'impression qu'on est à bout, au fond du trou. Comme lui-même a trouvé une lueur dans un livre de Philippe Labro. Cela fait écho à ce que je répète souvent à mes patients qui sont dans des difficultés, en particulier alimentaires, depuis vingt ans, trente ans voire davantage et qui ont perdu tout espoir de s'en sortir, qui sont totalement désespérés de cette obsession qui leur gâche la vie : non, il ne faut pas renoncer, même si cela peut être long, difficile, avec des rechutes, il faut garder toujours en tête qu'il y aura un jour une lueur, les bons mots, la bonne personne, le bon livre, et que, pas à pas, on pourra avancer vers un mieux-être.

- il a osé demander de l'aide, il a trouvé un thérapeute qui l'accompagne, avec une attention et une compréhension essentielles. Il a sans doute eu de la chance, été conseillé par des amis ayant un bon réseau de relations. L'important n'est pas que la personne soit célèbre, reconnue... mais qu'on ait le bon "feeling" avec elle, qu'on ressente qu'on va pouvoir faire un bout de chemin ensemble, qu'on se sente écouté et compris. Je rencontre parmi mes patients beaucoup de personnes qui ont eu un long chemin de psych... et sont assez désabusées sur le sujet. Mais peut-être n'était-ce pas la bonne personne alors (sûrement plus importante que l'approche, l'école de pensée..)

- il reconnait en parallèle l'apport indispensable d'un traitement médicamenteux. Je suis vraiment très loin d'être une apologiste des médicaments mais je sais combien ils peuvent être utiles dans certains cas, à condition de trouver la bonne molécule :

   - soit de façon temporaire pour rétablir un équilibre perturbé, physique ou mental,

   - soit de façon permanente car on a vérifié que le mental n'était pas capable de s'équilibrer tout seul. Souvent, les personnes rechignent, craignent une dépendance. Mais il faut se rappeler que le cerveau, c'est beaucoup de chimie et que, quand il a un déficit de façon naturelle et irrémédiable qui gâche la vie, il est logique de rétablir l'équilibre et un fonctionnement harmonieux par un apport extérieur. Pourquoi l'accepte-t-on plus facilement quand il s'agit du pancréas ou de la thyroïde?

 - il est sorti du contrôle mental permanent et quantificateur : Guy Birenbaum était du style à courir tous les jours la même distance en observant ses performances, à se peser quotidiennement, à être très attentif aux calories qu'il absorbait. Cet épisode lui a permis de se rendre compte de l'enfermement et de la pression que cela représentait et il est revenu à une vie plus "naturelle" et intuitive me semble-t-il : écouter son corps et profiter du moment présent. C'est ce que je propose à mes patients : abandonner peu à peu (cela peut prendre un peu de temps quand c'est profondément ancré) le contrôle mental et quantifié du comportement alimentaire, trouver son juste poids en écoutant son corps, se sentir bien dans son corps sans se focaliser sur le chiffre qu'indique la balance.

- un des éléments (un symptôme, pas une cause) de son parcours est son comportement addictif vis-à-vis des réseaux sociaux pendant une période et cela me parle : je ne suis pas de tempérament addictif a priori mais je me rends compte que la modération m'est difficile dans le domaine d'internet et de twitter en particulier : je n'ai aucun mal à m'en passer pendant une période même longue mais quand je me connecte, j'ai souvent tendance à y consacrer trop de temps...

- et aussi pour des évocations plus personnelles autour de la communication familiale.

La lecture de ce livre m'a aussi fait penser à la si belle chanson de Barbara, le Mal de Vivre.

04/05/2015

Retour sur avril au fil des lectures

Je suis ailleurs...

Je manque un peu de temps actuellement pour écrire sur ce blog. Mais d'autres me sollicitent et parfois et cela permet de faire passer quelques idées.

Ainsi, j'ai pu faire un point assez détaillé sur la mode du gluten sur le blog du pass sportif multi-salles Tryndo.

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Pain du "boulanger clandestin" Thierry Delabre, savouré en avril et dont il serait bien triste de se priver...

J'ai été interviewée par Marie-France sur les régimes et ce qui pousse tellement de femmes à toujours se relancer dans le prochain régime en croyant que ce sera le bon... Rappel, si vous voulez échanger sur le sujet, je vous accueillerai volontiers le 6 matin à l'occasion de la Journée Internationale sans Régime.

J'ai rappelé mon attachement à la modération face à l'avalanche de livres sur le "zéro sucre" via l'Express Styles (avec un petit correctif, l'excès, je ne le "diabolise" pas non  plus, j'essaie de la comprendre et de le traiter...).

J'ai été interrogée à propos du quinoa pour une revue professionnelle mais je ne sais pas si l'article est paru.

J'ai acheté de nombreux livres dont je vous reparlerai : quelques livres entrent mais beaucoup sortent : j'ai continué mon grand "vidage" d'appartement et ce n'est pas fini ! D'ailleurs, je viens de lire (comme beaucoup de monde) le livre de la japonaise Marie Kondo, "papesse" du rangement et il est arrivé pile au bon moment pour me faire encore accélérer les choses !

Vive la diversité des corps

J'ai enfin l'impression que les choses avancent un peu (très lentement) de ce côté. Pas un mois sans une initiative, un projet internet, une campagne pour promouvoir des femmes qui soient loin des standards de l'extrême minceur. Et on commence à parler, deci delà, des femmes "dans la moyenne", autour de la taille 40, et plus seulement des extrêmes. Exemple, une tribune plutôt bien vue sur le sujet. Ceci-dit, les pages mode des magazines féminins semblent bouger fort peu...

L'apologie de la minceur passe de moins en moins bien visiblement et l'avantage d'internet, c'est qu'on peut mobiliser rapidement pour s'opposer, comme vis-à-vis d'une campagne dans le métro londonien ou d'un visuel de carnet de santé dans un département français : les deux ont été vite retirés devant le tollé suscité.

Agriculture et alimentation

Un article intéressant du Monde au moment où s'ouvre l'Exposition Universelle de Milan sur le thème "Nourrir la planète".

Et aussi

J'ai aimé cette phrase de Gandhi citée par Edgar Morin mais tellement oubliée... :  

"Montrer l'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul".

Et ce très beau texte qui n'a rien à voir avec mon domaine mais qu'importe, par un des disciples de Roland Barthes.

Et vous, que partagez-vous de votre mois d'avril ?

02/05/2015

Retour sur avril au fil de belles et bonnes assiettes...

En avril, que ce soit à la maison ou à l'extérieur, les bons repas variés n'ont pas manqué. J'ai déjà parlé de quelques-uns... Il y eut aussi par exemple côté cuisine maison, à tour de rôle :

- une délicieuse soupe de pois cassés et pois chiches aux épices, repérée dans le magazine Régal et proposée par la chef Caroline Vignaud, que je découvre ainsi : c'est une jeune HEC reconvertie dans la "cuisine nature" qui a son restaurant "Le Goût Sauvage" à Saint-Lô, auquel je rendrais bien une petite visite... J'avais pris la peine d'acheter des pois chiches secs de qualité et de faire longuement tremper les deux sortes de pois : de la véritable "slow food"...

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- un joli bento de légumes crus et cuits, restes du week-end qui fut un plaisant déjeuner à mon cabinet,

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- des variations autour du radis tirées du livre de Clotilde Dusoulier, Veggivore : des toasts avocat épicé-radis et une salade lentilles-cresson-radis (à laquelle j'ai ajouté un peu de fenouil) ;

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- un dessert d'assemblage exotique : cake à la banane (liquidation de banane trop mûre), ananas rôti à la vanille (un délice), glace minute et simplissime à la mangue (idée d'Esterelle dans son livre sur l'extracteur de jus)

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- de jolies assiettes composées par Monsieur, italienne, printanière, ... 

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- de savoureuses pâtes artichaut-speck-tomate (je ne cesse de répéter à mes patientes -et je leur propose d'en faire l'expérience- que manger des pâtes ou autres féculents le soir ne fait pas grossir ni empêche de mincir...)

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J'ai aussi mangé souvent à l'extérieur :

- pour fêter les 10 ans (déjà) de mon choix de reconversion, une date si essentielle, retour vers ce qui est vraiment un restaurant qu'on adore depuis des années sans se lasser, Ze Kitchen Galerie. On a découvert que le soir, il n'existe plus de carte mais seulement deux menus dégustation, en 6 ou 8 plats. Allons-y, sortons le grand jeu, après quelques secondes d'hésitation, on prend celui de 8 plats (3 entrées-2 poissons-1 viande-2 desserts). Tout fut absolument délicieux avec la touche si unique de William Ledeuil à fusionner avec délicatesse parfums d'ici et d'ailleurs (que les photos ne sauraient transmettre...).

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- une belle double découverte : celle de Table Ronde, un lieu qui invite des chefs de façon éphémère et est conçu de telle façon qu'on est vraiment proche de la personne qui cuisine ; celle de Celine Pham (que j'avais rencontrée au lancement des brunchs de l'Archipel) qui a réalisé un repas sous influence asiatique vraiment délicieux de bout en bout. On a partagé les deux entrées (cromesquis de sot-l'y-laisse, makis de boeuf) avec Elsa qui m'accompagnait, puis il y eut une sorte de bo-bun avec de l'échine de porc archi-moelleuse et un dessert à la banane caramélisée.

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- une deuxième visite plaisante sous la jolie verrière du Dix-Huit, où j'avais déjeuné l'année dernière ;

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- la découverte d'un restaurant du 9eme dont l'équipe a récemment changé, les Affranchis : accueil sympathique, cuisine savoureuse, seul bémol, c'est plein, pas très grand et donc assez bruyant.

- dans un registre plus simple et plus économique, une halte nippone chez Sanukiya pour des udon végétariennes (purée de prune, algues, daikon, sésame),

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ou la découverte, en la délicieuse compagnie de "Mingou Mango", de Ma Kitchen, petite "cantine" coréenne spécialisée dans le bibimbap, plat de riz, légumes variés et au choix viande, poisson, tofu... Lieu très couru où il est recommandé d'arriver avant 12h30.

ou l'achat d'une a priori "petite" salade raisonnablement tarifée 5,80 euros au comptoir Supernature, avec choix de crudités, lentilles, quinoa... et vraiment pas si petite que ça...

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ou un plaisant déjeuner en terrasse (eh oui, rappelez-vous, il a fait très beau certains jours !) à l'Epicerie Générale, qui a la bonne idée de proposer des demi-sandwiches laissant la possibilité aux faims moyennes de compléter par exemple avec une petite salade.

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deux nouvelles visites chez Puce, ouvert le samedi midi, qui devient décidément une fort plaisante cantine de voisinage. Le principe des plats style tapas est bien sûr plus sympa quand on partage : trois mini-plats + un dessert à partager, c'est un repas varié et bon à moins de 15 euros ;

J'ai aussi profité de quelques trous dans mon emploi du temps de milieu de journée, pour prévoir quelques délicieux goûters (en ayant anticipé avec un déjeuner très léger) :

- une visite chez Profiterole Chérie où j'ai choisi une profiterole tout noisette (la "Paris-Brest"), tout à fait délicieuse mais j'ai trouvé la "vaisselle" un peu "cheap" (c'est quand même 6 euros la profiterole...) et pas très pratique (bol en carton et cuillère)

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- une halte au Luxembourg sous le soleil avec une merveilleuse tarte au citron du pâtissier voisin Sébastien Dégardin.

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- un rendez-vous amical à l'heure du goûter à la Pascade, un des rares lieux ouverts non-stop du déjeuner au dîner et l'occasion de savourer une pascade sucrée alors que je dois le plus souvent m'en passer au déjeuner après une pascade salée bien nourrissante. Ce fut une savoureuse pascade renversée "tourtière Armagnac :  pommes & pruneaux, crème légère à la vanille, caramel, sucre massé au beurre demi-sel & Matcha".

J'ai aussi profité d'une période un peu plus calme liée aux vacances de Pâques pour prendre quelques petits déjeuners dehors dans des lieux divers. J'y reviendrai... à moins que je n'écrive un guide sur le sujet... Non, ça bouge trop vite ! 

Avec tout ça, vous croyez peut-être que je passe ma vie à manger ! Euh non, pas tout à fait...J'ai eu aussi beaucoup de consultations, lu, échangé, ... A suivre !

Et vous, quels souvenirs gourmands gardez-vous du mois d'avril ?

27/04/2015

Journée Internationale sans Régime : et si on se rencontrait ?

Chaque année ou presque, le 6 mai, je vous parle de la Journée Internationale Sans Régime ou No Diet Day. Pour mémoire, cette journée vise à sensibiliser le public aux méfaits des régimes et de la dictature de la minceur.

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Cette année, je vais m'éloigner un peu du traitement purement en ligne et m'adresser aux Parisien(ne)s, désolée pour les autres.

Le mercredi 6 mai, j'ai le plaisir de convier quelques-un(e)s d'entre vous à partager (gracieusement !) en petit groupe un petit déjeuner pour répondre aux questions que vous vous posez sur les régimes et pour vous expliquer pourquoi ils ne marchent pas dans l'immense majorité des cas.

Cela se passera mercredi 6 entre 8h30 et 10h00 dans le 9eme.

Si vous êtes intéressé(e), envoyez-moi un message à l'adresse artdemanger@gmail.com sans tarder, en me précisant vos nom, prénom, adresse mail et vos éventuelles questions. Il y a très peu de places !

Et que soit le 6 mai ou tous les autres jours de l'année, stop aux régimes !

 

Image © す~ロン - Fotolia.com

22/04/2015

J'ai testé pour vous...le bracelet connecté !

Peut-être avez-vous entendu parler de tous ces objets connectés censés être bons pour notre santé, ce fameux "quantified self" (la mesure de soi). J'avais commencé à en  entendre parler, et de leur lien avec la santé, il y a un ou deux ans, notamment à une conférence de L'Atelier. La lecture d'un très bon dossier sur le sujet hier dans Libération me donne l'occasion de faire un point. Et je vais vous parler de ma propre expérience.

Car j'ai acheté il y a quelques mois  un bracelet connecté de la marque Fitbit, mon choix étant principalement guidé par le prix et la disponibilité via Android.

Un bracelet connecté à mon poignet, cela peut étonner... Cela va plutôt à l'inverse de ma pratique qui, pour une bonne part, vise à accompagner les personnes vers une meilleure écoute de leur corps, leur faim, leur ressenti émotionnel, leurs sensations gustatives... Plutôt que d'avoir les yeux rivés sur des repères extérieurs qu'il s'agisse du contenu de l'assiette, du comptage de calories, du chiffre sur la balance. Mais je suis plutôt de nature curieuse, non bornée (enfin, je crois...), je me tiens informée de ce qui se passe et j'aime souvent expérimenter moi-même pour parler d'un sujet... Et il est clair que les objets connectés prennent rapidement une place non négligeable dans notre environnement. On veut nous convaincre qu'ils sont là surtout pour notre bien...

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L'installation du bracelet est facile, on dispose d'un petit tableau de bord sur son téléphone où l'on peut mesurer plusieurs paramètres simples, qui sont déduits de façon automatique si on porte le bracelet.

- le nombre de pas (c'est la version moderne du podomètre...),

- le nombre de kilomètres parcouru (le nombre de pas x la longueur de votre foulée, à paramétrer),

- la dépense calorique (théorique puisque l'outil ne sait rien de mon métabolisme réel, de la façon dont mon corps dépense l'énergie),

- le déroulement de la nuit et la qualité du sommeil (profond, agité ou éveil).

Cela m'a amusée au début de comptabiliser mes pas. Je n'avais aucune idée de ce que représentaient mes habitudes. Je marche avec plaisir, pour aller d'un point à un autre, pour me promener, pour aller travailler, je n'ai aucun problème à zapper le bus ou le métro quand il est plus pratique de marcher ... Je n'avais donc pas grand besoin d'être stimulée : le hasard a fait que le premier jour avec le bracelet, j'ai marché 17 000 pas alors que les programmes de santé cherchent à vous inciter à faire 10 000 pas (environ 1 heure de marche)... Je vous rassure, je ne marche pas autant tous le jours ! J'ai constaté que je marchais en général entre 6 000 et 13 000 pas selon mes activités.

Bon, une fois que je sais ça (et est-ce si important ?), pourquoi continuer à porter le bracelet ? Dans mon cas, je ne crois pas que cela m'ait fait marcher davantage. Toutefois, si on est attaché à un objectif ou une progression, parce qu'on marche très peu, cela peut contribuer à faire marcher davantage, en se fixant des étapes de progression. Comme un bon vieux podomètre... Et cela peut aider à positiver la marche quand on n'a pas très envie ou que l'on doit faire un détour, qu'on décide de marcher plutôt que prendre le bus.

Mais un usage temporaire peut tout à fait suffire, le temps de prendre conscience de ses habitudes, de s'essayer à marcher un peu plus si on est très sédentaire et d'installer une nouvelle pratique. Car, s'il y a plein d'autres façons de bouger pour le plaisir, marcher en est une facile, quel que soit son état de forme, et peu coûteuse. La dépense de l'outil est alors peut-être excessive et on trouve des applications pour téléphone semble-t-il.

J'ai pendant quelques jours gardé aussi le bracelet la nuit pour évaluer mon sommeil : j'ai "découvert" que j'avais parfois des phases de sommeil agité ou de réveil nocturne... je crois que je m'en étais rendue compte toute seule ! Et je ne trouve pas agréable de garder un tel bracelet pendant la nuit.

Mon  bracelet relativement basique ne donnait pas d'autre auto-mesure, il donne une consommation calorique théorique. On peut aussi entrer des données d'activité physique et éventuellement son alimentation, ce qui me parait extrêmement fastidieux.

Bref, un appareil qui me parait plus correspondre à un éventuel besoin ponctuel plutôt qu'à un usage permanent.

Or, c'est plutôt vers cela que certains s'orientent. Car ils ont l'obsession du comptage, du suivi, de l'atteinte de l'objectif. Je me doute qu'ils ne seront pas d'accord avec moi ! Mais, au-delà de l'aspect gadget et auto-motivation, les risques liés à ces objets sont multiples :

. côté personnel :
- devenir accro à cette mesure, avoir besoin en permanence de ce repère externe, ne plus pouvoir s'en passer,

- être donc (pour une raison supplémentaire à toutes les autres qu'on se crée) toujours les yeux rivés à son téléphone plutôt que de profiter du monde autour de soi,

- se déconnecter toujours plus de son ressenti interne, de sa réelle envie de bouger, d'activités non "rentables" en consommation énergétique,

. côté société :

- veut-on livrer une masse d'informations sur son hygiène de vie à des acteurs économiques, potentiellement intéressés à monnayer des données ou à les utiliser comme moyen de pression, de sélection, ... Ce qui existe déjà un peu aux Etats-Unis. Peut-on envisager de caler votre niveau de Mutuelle sur l'attention que vous prêtez à l'exercice physique, à la qualité de votre sommeil... ? Comme le dit Libé, va-t-on pouvoir utiliser ces données pour traquer le moindre écart ? Et nous donner des "malus" ?

Cela ne risque-t-il pas de rajouter à la pression, déjà très forte, que subissent les individus de la part de la société (être mince, en forme, ne pas vieillir) et de l'entreprise (présence, performance...) ? Est-ce de ce monde "big-brotherien" dont nous avons envie ?

Moi, j'ai préfèré, tout bien réfléchi, lâcher mon bracelet ! De la même façon, j'ai refusé une offre insistante de me faire tester (pour la recommander à mes patients) une fourchette connectée : je préfère travailler sur le goût, l'attention, la conscience pour faire ralentir le rythme du repas !

En complément de ce billet, ce texte de l'excellent psychomotricien Pierre Dalarun est une très pertinente réflexion sur le sujet. A lire absolument !

Et vous, avez-vous une expérience, des envies, des craintes vis-à-vis de ces objets connectés ?