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19/10/2017

Et si on s'occupait de la taille des portions ?

Dans mon travail quotidien, j'accompagne mes patients vers la reconnexion à leurs sensations alimentaires, manger quand on a faim, s'arrêter quand on est rassasié(e). Mais parfois on ne fait pas très attention, ou on ne veut pas gâcher, et alors, il est intéressant de définir en amont une portion conforme à son appétit habituel. Au début, quand on cherche à cerner son appétit, on peut aussi se servir dans une plus petite assiette puis se demander si on a encore faim pour autre chose ou pour se resservir. De même, si on a envie d'une conclusion sucrée, on apprend peu à peu à évaluer la taille du plat qu'on a besoin de manger pour garder une place pour ce dessert.

Mais les industriels, les lieux de restauration rapide ne jouent pas forcément ce jeu-là. Ils ont même parfois tendance à proposer des buffets à volonté, des "deux pour le prix d'un", et des portions de plus en plus grandes. Or, tout le monde n'est pas connecté à son ressenti, loin de là, et des études, notamment aux Etats-Unis ont montré que la taille des portions jouait un rôle dans le développement de l'obésité. Que ce soit un plat, un hamburger ou un soda, il semblerait que, plus on vous en donne, plus vous en consommez.

Il serait donc intéressant pour tous de revenir à des portions plus raisonnables, mais en diminuant le prix évidemment (je rêve peut-être ?!).

Ou encore mieux, de proposer plusieurs tailles de portions. En effet, chaque personne est différente, n'a pas le même appétit, peut avoir envie de goûter divers plats au cours d'un repas, ... Malheureusement, c'est rarement pris en compte dans les restaurants et autres lieux de bouche.

Il y a bien sûr la possibilité d'emporter une partie du repas non consommée et le système du "doggy bag" ou "gourmet bag" commence à se développer. Je l'encourage vivement mais tous les plats ne s'y prêtent pas.

J'ai toutefois repéré quelques pistes en la matière.

De quoi s'inspirer : lors de notre dernier voyage au Japon, on s'est retrouvés dans une petite gare sans avoir déjeuné et on s'est tournés vers une sorte de restaurant rapide qui proposait des Omurice (prononcer "Omeu-raiseu"), une omelette farcie au riz, spécialité populaire japonaise. Avec plaisir, j'ai constaté que quatre formats différents d'omelette étaient proposés, ce qui permettait de moduler vraiment selon son appétit. J'ai pris la plus petite et cela m'a suffi.

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Menu Omurice au Japon

A Paris, il existe de plus en plus de pizzerias "à la coupe", "al taglio". J'apprécie la Pizza di Loretta non seulement pour la qualité de ses pizzas mais aussi pour la possibilité de calibrer les parts de pizzas. Dans d'autres endroits, il y a un menu avec plusieurs parts mais de taille standard, ce qui enlève beaucoup d'intérêt à cette approche.

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J'ai entendu parler d'une autre pizzeria qui proposait deux tailles de pizzas. On m'aussi parlé de plusieurs qui donnent la possibilité de prendre une demi-pizza avec de la salade. C'est peut-être pour les personnes qui "font attention" et veulent concilier plaisir de la pizza et raison de la salade... Mais je trouve cela intéressant car je vois souvent des personnes qui n'ont pas l'appétit de manger une  pizza entière de restaurant.

J'ai aussi déjeuné cet été dans un très sympathique et bon restaurant, les Petits Plats, qui propose chaque plat en version petit plat/plat. Ce qui permet de faire éventuellement entrée-plat (petit)-dessert si on en a envie et d'avoir la variété sans une trop grande quantité.

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Poulpe à la plancha en "petit plat"

Dans les salad-bars, il existe souvent deux tailles de contenants pour se servir selon son appétit (et son budget). Ainsi, chez Sonat, par exemple, on peut choisir entre un petit bol et un grand bol. Le petit bol est pour un petit appétit ou peut être accompagné d'une soupe ou d'un dessert par exemple.

On peut aussi, au restaurant, ce que je pratique parfois, et recommande à mes patientes à l'appétit modéré, prendre une entrée et un dessert.

J'ai aussi trouvé une idée intéressante à la boulangerie La Prairie dans le 9eme : certains gâteaux sont déclinés en petite portion, inférieure à un gâteau standard mais plus grand qu'un petit four. Cela a été imaginé pour les enfants mais convient très bien aux personne qui ont envie d'une "note sucrée" après la partie salée (sandwich...) et pas faim pour un vrai gâteau. Il me semblerait intéressant aussi que les boulangeries proposent deux tailles de sandwiches.

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Et vous, connaissez-vous des lieux proposant une variété de tailles de portions ?

 

30/01/2014

Le "doggybag" à la française, on avance !

Si vous me lisez depuis quelque temps, vous savez peut-être que le "doggy bag" est un sujet qui me tient à cœur depuis quelques années. Parce que je me désole de voir mes patient(e)s trop manger au restaurant pour ne pas gâcher. Comme je l'avais évoqué il y a quelques mois (avec beaucoup de commentaires et de soutiens de votre part, je vous en remercie), j'ai lancé un petit "groupe de travail" pour échanger sur le sujet avec quelques charmantes personnes de bonne volonté. Puis j'en ai parlé un peu avec la journaliste-blogueuse Anne-Sophie Novel car elle préparait un article sur le sujet. Son dossier est sorti la semaine dernière et il est riche d'enseignements car elle a cherché à comprendre, via l'étude des coutumes d'autres pays, l'appel à témoignages, l'interview de sociologues, ... pourquoi cette pratique est si difficile à développer en France. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande vivement la lecture :

- de l'article paru dans le supplément "M Le Monde",

- de son billet de blog, plus approfondi,

- des témoignages recueillis.

Visiblement, l'idée chemine lentement. Certains restaurants prennent l'initiative de le proposer à leurs clients. Ou mettent en place deux tailles de portions. Certaines personnes se sentent mieux à même de le réclamer, motivées par la préoccupation de moins gaspiller. La région Ile-de-France a inclus le sujet dans sa campagne contre le gaspillage alimentaire via un petit film.

Mais beaucoup de freins subsistent des deux côtés. Bien sûr, il ne s'agit pas de se comparer ou d'imiter les Américains et leurs mega-portions : il est clair que dans de nombreux restaurants ici, on mange à sa faim et pas plus. Mais notre appétit de sédentaire citadin n'est pas toujours conforme aux portions (pâtes, pizza, riz, desserts, ...), on aimerait parfois laisser du plat pour le dessert ou emporter la moitié de celui-ci pour son dîner, on a des appétits variables, ... Et les chiffres montrent qu'il y a bel et bien un gaspillage important en restauration, pas seulement dû aux plats qu'on n'a pas aimés... Evidemment, il n'est pas question de généraliser, certains plats ne se prêtent ni à l'emport ni au réchauffage, mais seulement de rendre cela plus usuel et moins honteux...

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Un plat trop copieux et propice au réchauffage, pourquoi ne pas l'emporter ?

Car il semble que la personne qui demanderait un "doggy bag" a peur d'être jugée un peu radine. Le moment est peut-être propice pour que cela change, en lien avec à la fois la crise et la lutte contre le gaspillage.

Pour notre part, nous allons continuer à avancer pour fournir notre petite pierre à l'édifice (je n'ai aucune intention marchande dans l'histoire, juste contribuer modestement si possible à faire évoluer cette pratique). Nous avons notamment clairement identifié, comme d'autres personnes, que c'est surtout au restaurant d'être force de proposition car beaucoup de personnes auraient peur de se faire rembarrer. La question de l'emballage est aussi à traiter. Il parait également important de trouver un nom plus adapté à notre culture. J'ai d'ailleurs déjà eu des propositions assez sympas en ce sens.

Si vous connaissez/repérez des restaurants qui ont mis en place cette pratique de façon sympathique, je serais ravie que vous partagiez leurs noms.

Visuel © stocksolutions - Fotolia.com

14/10/2013

Stop au gaspillage alimentaire n°1 : travaillons sur le "doggy bag" !

Le gaspillage alimentaire, on en parle beaucoup, les pouvoirs publics se sont emparés du sujet, une campagne est lancée. Mercredi 16, ce sera la Journée nationale de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Et c'est vrai que tout le monde est concerné :

- le particulier, vous et moi, qui achetons trop, laissons passer les dates de consommation ou oublions les légumes défraîchis au fond du frigo, jetons les restes, ...

- le distributeur qui retire des rayons des produits encore propres à la consommation,

- le grossiste ou le marchand qui réclame des fruits et légumes parfaitement calibrés, 

- la cantine qui propose une nourriture quasi-immangeable et des portions standard souvent inadaptées à l'appétit,

- et aussi les restaurants qui vous laissent rarement le choix de la quantité, vous imposent parfois des formules ou menus qui sont trop copieux. N'ont-ils pas pris conscience de notre sédentarité qui diminue nos besoins énergétiques ? Ou veulent-ils satisfaire une partie des mangeurs qui valorisent d'abord la quantité ?

Du coup, au restaurant, beaucoup de personnes mangent au delà de leur appétit :

- par éducation ou habitude de finir leur assiette,

- parce qu'elles veulent en avoir pour leur argent,

- par volonté de ne pas gaspiller,

- par crainte de déplaire au restaurateur ou de passer pour radin(e).

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Vous est-il déjà arrivé de demander à emporter le reste d'une pizza trop copieuse ?

Ce qui n'est pas satisfaisant. Pourquoi trop manger et risquer un inconfort digestif, une somnolence post-repas, une prise de poids progressive, .... simplement parce que c'était trop copieux.

Que faire alors ? Il y a deux ans, j'avais lancé ici le sujet du "doggy bag", si répandu aux Etats-Unis. Depuis, j'ai fait quelques expériences personnelles positives, aussi bien dans un restaurant thai que chez l'élégant Neva Cuisine ou le branché Nanashi. Je suggère régulièrement à mes patientes de se lancer en y mettant les formes : que risquent-elles ? Et j'ai un peu réfléchi au sujet.

Faire évoluer les comportements et les mentalités de part et d'autre n'est pas simple et je souhaiterais initier une petite réflexion concrète sur le sujet (n'appelons pas cela un groupe de travail !). Les personnes que j'aimerais avoir autour de la table seraient par exemple :

- un ou deux représentants ou fins connaisseurs de la restauration usuelle (pas trop gastronomique),

- une personne au fait de la législation en terme d'hygiène alimentaire dans ce contexte (quelles sont les obligations du restaurateur, quelles précautions doit-il prendre),

- une designeuse (a priori trouvée),

- un ou deux clients réguliers de restaurants.

Et j'ai déjà un nom un peu plus sympa que "doggy bag" qui m'a été suggéré !

Tout cela pour envisager  s'il y a une voie possible de "doggy bag à la française" et, si elle nous paraît intéressante, la promouvoir par diverses voies (rassurez-vous, je n'ai aucune intention mercantile en la matière !).

Alors merci de me dire en commentaire ou par mail si vous vous sentez l'envie (et le profil) de participer à cette petite aventure conviviale (parisienne) ou si vous pouvez m'indiquer des personnes adéquates.

Merci !

Image © adrenalinapura - Fotolia.com

22/04/2011

Pour ou contre le "doggy bag" ?

Récemment, rebondissant sur un "twit" d'une nutritionniste québécoise, Catherine Lefebvre, qui parlait de doggy bags, je me suis demandé : pourquoi ne pas lancer cela en France ?!
Du coup, j'ai réfléchi un peu au sujet et me suis dit qu'il y avait du pour et du contre.

carson_ribs.jpg

Chez Carson Ribs, à Chicago, les portions de travers de porc sont tellement énormes que beaucoup de clients demandent un "doggy bag"

Pour :
- beaucoup de personnes finissent leur assiette alors qu'elles n'ont plus faim et souvent, elles les font pour ne pas gaspiller, pour en avoir pour leur argent. Et cela peut contribuer à leur prise de poids. Pouvoir emporter ce qui reste réglerait ces problèmes ;
- ou elles prennent un dessert sans faim : elles ont envie de sucré mais elles n'ont pas laissé du plat pour les raisons ci-dessus. Pouvoir emporter un peu du plat leur permettrait de mieux apprécier un dessert et de ne pas trop manger au global ;
- cela donnerait la possibilité d'apprécier à nouveau un plat qu'on a beaucoup aimé et de se le remémorer (et cela ferait un repas de moins à cuisiner !) ;
- cela montrerait au restaurateur que le fait de ne pas finir l'assiette n'a rien à voir avec la qualité du plat ;
- tout le monde n'a pas le même appétit et pourtant, tout le monde se retrouve avec la même assiette, cela rétablirait le fait de manger selon son appétit personnel.

Contre :
- déjà, il faudrait commencer part trouver un autre nom, francophone et plus appétissant !
- cela a beau exister aux Etats-Unis depuis longtemps, cela ne les empêche visiblement pas de manger de très grosses portions et de prendre du poids ;
- ce n'est pas le même plaisir de manger un plat qui vient juste d'être préparé, qui est joliment présenté, dans un cadre particulier et d'en remanger chez soi, réchauffé. Et on n'a pas forcément envie de manger le même plat deux jours de suite !
- cela pourrait donner l'idée aux restaurants d'augmenter la taille des portions et les prix puisqu'ils fourniraient deux repas pour le prix d'un.

Bref, je ne sais pas si ce serait une coutume vraiment adaptable à ce pays d'amateurs de gastronomie qu'est la France.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Il y a sûrement des tas d'autres arguments pour et contre.

Avez-vous déjà demandé d'emporter les reste d'un plat trop copieux dans un restaurant ? Comment cela s'est-il passé ?

photo ©Carson Ribs