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25/01/2016

Halte à la grossophobie médicale !

Je ne compte plus les tristes récits de mes patientes sur des moments douloureux avec des personnes du monde médical, en cabinet ou à l’hôpital. Les nombreuses fois où elles consultent pour un rhume, une angine, un problème capillaire, un projet d'enfant... Et où, au lieu de se concentrer sur la demande, l'interlocuteur évoque leur poids. Rarement de façon sympathique et chaleureuse. Bien sûr, il existe une masse de soignants bienveillants et attentifs. Mais trop ne le sont visiblement pas. Ou pas avec tout le monde.

Je me souviens de patientes en pleurs au début de leur grossesse parce qu'on les avait sermonnées, alertées sur tout un tas de dangers potentiels (mais pas du tout automatiques) liés à leur poids, sommées de se mettre au régime... 

Je me souviens aussi d'une réunion d'une réseau hospitalier en charge du cancer du sein : on nous avait décrit comment les situations stressantes que vivent des personnes obèses lors d'examens, mammographies... pouvaient peu à peu en conduire certaines à arrêter le suivi médical.

Si j'en parle, c'est que le sujet a resurgi de deux façons concomitantes :

- le récit d'une patiente il y a une quinzaine de jours.

- un article dans Libération, reprenant notamment une série de tweets que j'avais vu passer.

Ce n'est pas la première fois que le sujet est abordé dans les medias : il y a eu par exemple un article dans TerraFemina en septembre dernier.

Les personnes en surpoids sont rares à ne pas être conscientes de leur situation corporelle et, très souvent, elles en souffrent. Elles vivent dans un environnement majoritairement hostile, sans compter les difficultés à s'habiller, l'inconfort physique... Mais elles n'ont pas forcément davantage de problèmes de santé que les autres : leurs analyses de sang sont souvent impeccables... Alors pourquoi les ennuyer avec leur poids quand elles ne consultent pas pour cela ?

Beaucoup de personnes en difficulté avec leur silhouette sont fragilisés, manquant de confiance en elles, souvent confrontées à un environnement qui souligne leur manque de volonté... Mais est-ce le rôle de professionnels de santé d'enfoncer le clou ? Certes, beaucoup croient sans doute bien faire pour la santé de leur patient mais ils méconnaissent totalement la complexité de la relation à la nourriture et au poids. Beaucoup croient que "yaka" manger moins, faire du sport, se discipliner. Ceux qui se renseignent ont peut-être entendu parler des régimes mais n'ont pas eu le temps de creuser. Tous ne seraient-ils pas au moins tenus à de l'écoute et et de la bienveillance ? Et au respect de chacun, quel que soit sa silhouette... ?

grossophobie monde médical, médecins et obésité, bienveillance, professionnels de santé et surpoids

Quand elles connaissent les travaux du GROS, qu'elles consultent un thérapeute qui en fait partie, elles se laissent moins impressionner. Ainsi, il m'arrive "d'entraîner" mes patientes à répondre du tac au tac au professionnel de santé, à ne pas se laisser faire, à le recentrer sur le motif de la visite... Bien sûr, il est aussi opportun de changer de médecin si ce n'est  pas trop compliqué...

Comme le dit Martin Winckler dans l'article de Libération : "Si la personne ne mentionne pas la question du poids, il n'y a pas de lieu de l'aborder". Suggestion : cela ne pourrait-il pas devenir un "mantra" à formuler calmement si on se trouve confronté à ce type de situation : "Je n'ai pas mentionné le sujet du poids, il n'y a donc pas lieu d'en parler" et le répéter, répéter sans se démonter ?

Avez-vous connu des expériences de ce type ? Qu'avez-vous fait ?

Visuel Fotolia © scb13

06/01/2016

2016 : faites de SAM votre ami, il vous le revaudra !

Bon, ok, on sait, les résolutions de début d'année, ça ne sert pas à grand chose, ça ne tient jamais bien longtemps... Mais la pause plus ou moins tranquille de fin d'année vous a peut-être permis de prendre un peu de recul et de penser à vous. Car vous êtes important(e) ! Et c'est pourquoi j'aimerais que SAM devienne votre ami quotidien. Mais de quoi je parle ?!

Eh bien, je vous présente S.A.M : c'est un ami constitué des trois piliers vous permettant de mener une bonne vie :

- le SOMMEIL,

- l'ALIMENTATION,

- le MOUVEMENT.

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Les enfants savent réclamer à manger quand ils ont faim, bouger en tous sens spontanément puis s'écrouler quand ils ont sommeil. Pourquoi ne pas retrouver cette écoute intuitive de nos besoins si on l'a perdue ?

Dormir, c'est le pilier fondamental et souvent beaucoup trop négligé. Or, c'est tellement régénérant de dormir suffisamment. Faites-en l'expérience et vous jours se dérouleront bien différemment. Je rencontre souvent des personnes stressées, très émotives, fatiguées. Et qui, étrangement, ne font pas forcément le lien avec le manque de sommeil. Je suis vraiment triste pour ceux qui ont réellement beaucoup de difficultés à dormir et je les incite vraiment à en comprendre les causes (nervosité, angoisses, habitudes, alimentation, rythme...) pour sortir d'un état forcément pas optimal. Mais je trouve dommage que d'autres décident volontairement de se priver d'une dose de sommeil pour davantage remplir leurs journées.

Manger est un besoin fondamental bien sûr mais aussi un plaisir. Loin de moi l'idée de vous imposer une alimentation stricte et triste, bien au contraire ! Pas de privation, mangez de tout, aimez la variété, partez à la découverte de nouvelles saveurs. Et arrêtez de croire et vouloir appliquer toutes les fantaisies alimentaires que vous lisez ou entendez. Ecoutez plutôt les envies de votre corps, il sait ce dont il a besoin. 

Bouger, peut-être en a-t-on oublié la nécessité. De la même façon, je ne suis pas du tout une ayatollah du sport. Mais le mouvement, notre corps en a besoin : bougez, marchez, étirez-vous, dansez, pédales, nagez, tout ce que vous voulez et que vous aimez : essayez, si ce n'est pas déjà le cas, et vous verrez que vous vous sentirez très bien. Le plaisir plutôt que la performance.

Bien sûr, bien vivre, cela veut dire aussi être entouré de proches avec qui on se sent bien, d'être épanoui(e) dans son travail, de pratiquer des activités qu'on aime, ... Mais sans ces trois piliers SAM, vous risquez d'avoir du mal à profiter de tout le reste...

Alors, petit conseil à prendre si vous en avez envie, si vous en ressentez le besoin, pensez à votre nouvel ami SAM un peu chaque jour et demandez-vous si vous lui prêtez assez d'attention. Car si vous le faites, vous verrez que vous apprécierez... Et si vous avez des éléments de votre mode de vie à changer, prenez votre temps, écoutez-vous, faites-vous confiance.

 

Visuel Fotolia © yoshi5

01/12/2015

Que dire de novembre ?

J'essaie de ne pas trop déroger à la petite discipline de ces billets de recap mensuel. Mais que dire de novembre, tant ce mois a été bouleversé, secoué, traumatisé par les attentats du 13 novembre ?

Dans cette difficile actualité, peut-être puis-je vous signaler, en dehors de mes sujets habituels, quelques lectures essentielles si elles ne sont pas déjà parvenues jusqu'à vous

Une terrible tribune de Gilles Kepel, spécialiste incontestable de l'Islam en France et du djihadisme.

Et, puisque la COP21 commence, un article de Stéphane Foucart dans le Monde montrant clairement que le réchauffement climatique et le terrorisme ne sont pas des sujets indépendants (je n'en doutais pas tant le monde me parait être un vaste système complexe où tout est entremêlé...).

A (ré)écouter ?

Je suis grande fan de Barbara et je connaissais bien sûr la chanson Perlimpinpin reprise par la cantatrice Nathalie Dessay lors de l'hommage national aux victimes. Ne vous privez pas de la version originale. De même pour Quand on n'a que l'amour de Jacques Brel même si j'ai été touchée par la reprise par un trio de jeunes chanteuses qui, je trouve, s'accordèrent avec justesse.

Après

J'ai continué à aller au restaurant, dans des lieux divers, certains pleins, d'autres subissant un impact notable, et je continuerai,pour autant que mes finances me le permettent... La Pascade, les Philosophes, Bouillon...m'ont régalée.

J'ai assisté à la remise du prix The Place To Bio, site qui répertorie des restaurants bio et engagés vers une alimentation durable. Intéressant de voir que le jury a récompensé essentiellement des restaurants en régions, non seulement bio mais avec une approche locale et assez végétale. J'ai eu le plaisir de retrouver parmi les lauréats, Françoise, sympathique et dynamique ex-diététicienne, reconvertie en même temps que moi, et qui a finalement s'est tournée vers l'aventure d'un restaurant bio sur l'Ile de Ré, la Coccinelle.

Ailleurs

A propos du corps connecté

Si vous vous intéressez à la technologie et/ou à la santé, vous avez forcément entendu parler voire expérimenté les objets connectés. Mais mesurez-vous les risques associés ? Eric Sadin, écrivain et philosophe, que j'avais découvert avec intérêt dans l'émission Ce soir ou jamais, met en garde contre les dangers du "techno-libéralisme" dans le domaine de la santé, de façon très pertinente à mon avis,

De mon côté

A propos de manger moins de viande, sujet naguère d'actualité, le blog Tryndo m'avait demandé de parler flexitarisme

A propos de travail, le site Dire le Travail m'a sollicité pour parler du mien.

 

A venir cette semaine

Je vais assister à la projection du film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui sont partis à travers le monde en quête de projets, de personnes qui œuvrent concrètement à un monde différent.

Et, dans quelques jours, les 3 et 4 décembre, se déroulera le Congrès du GROS (Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids), destiné principalement aux professionnels, est consacré cette année aux régimes. Comme les deux années précédentes, le grand public a la possibilité d'assister gratuitement à une cofnérence samedi 5 matin, à 10h30, dans le 6eme arrondissement de Paris. Informations et inscription. Vous pouvez d'ailleurs en profiter pour vous balader sur le site du GROS, qui vient d'être rénové dans un sens plus lisible, me semble-t-il.

 

16/10/2015

Pourquoi mincir vite... si c'est pour regrossir ?

Je reçois beaucoup de personnes qui ont fait de nombreux régimes. A chaque fois, perdant du poids puis le reprenant, souvent avec quelques kilos supplémentaires. Mais replongeant souvent malgré cet échec. Parce que se présente un nouveau régime séduisant. Séduisant car il promet une perte de poids RAPIDE.

En effet, à partir du moment où l'on a pris la décision de mincir, bien souvent, on voudrait que le résultat soit immédiat. On garde en tête l'expérience de régimes précédents, les 3 kgs qu'on a perdus la première semaine, ... en oubliant la suite. Ou en se disant, c'était de ma faute, j'ai manqué de volonté...

Mais pourquoi perdre du poids aussi vite si c'est pour le reprendre après quelques mois ? Est-il si difficile de se situer dans une perspective un peu moins immédiate ? Qui ferait peut-être perdre du poids un peu moins vite mais surtout, et n'est-ce pas l'essentiel, ne pas en reprendre ? Et stabiliser un poids, un corps avec lequel on se sente bien ?

Faisons ainsi une petite comparaison.

Prenons deux personnes qui ont pris du poids et veulent perdre une dizaine de kilos, en passant de 70 kilos à 60 kilos environ, ce qu'elles pesaient avant.

Imaginons la personne A qui va suivre un régime restrictif (pas ci, pas ça, pas de féculents le soir, presque pas de matière grasse, un "écart" par semaine, ...). Elle applique cela sérieusement, perd du poids assez rapidement, parvient au poids qu'elle souhaitait au bout de 3-4 mois, et même un peu en-deçà : 58 kilos. Oh, elle est ravie, elle se sent bien, elle arrête le régime puisqu'elle a atteint son objectif.

Imaginons la personne B qui décide de changer sa façon de manger sans régime. Elle réapprend à écouter sa faim, à manger de tout en variant son alimentation. Parfois, elle mange trop, elle met un peu de temps à comprendre ce qui se passe, elle travaille à changer des habitudes bien ancrées, à ne plus utiliser la nourriture comme compensation. Cela lui parait long, après 3-4 mois, elle n'a perdu "que" 1 kilo ou 2. Elle est tentée d'abandonner. Mais elle persévère car elle ne voit pas d'autre solution et peu à peu, elle se met à perdre du poids doucement.

Regardons ce que cela donne sur un an.

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Au bout de 3-4 mois, la première avait atteint son objectif, la seconde en était encore loin. Mais quelques mois plus tard ?

La première a arrêté son régime, repris ses habitudes antérieures, remangé tout ce dont elle s'était privée. Peu à peu son poids remonte, elle est stressée, elle mange de plus en plus, ne sait plus s'arrêter, s'en veut de gâcher ses efforts, culpabilise.

La deuxième ne se décourage pas même si elle aimerait que cela aille un peu plus vite. Elle continue et peu à peu, après presque un an, arrive au poids souhaité en ayant vraiment changé sa façon de manger.

C'est un peu l'histoire du lièvre et de la tortue, non ? Mais en plus le "lièvre" n'arrive pas après la tortue mais repart à zéro, malheureusement.

Je vous raconte cela car j'en vois sans cesse, des victimes du mirage des régimes. Malheureuses. Et pourtant, même parfois après avoir commencé un travail avec moi, tentées de s'y remettre. Alors que prendre son temps, même un an (la durée varie selon les personnes), est-ce tant que ça quand on est fâché(e) avec la nourriture depuis 15, 20, 30 ans ?

02/09/2015

Ne confondons pas poids et santé !!!

Eh oui, la confusion est fort répandue. Entre l'obsession d'un idéal de minceur de beaucoup de femmes, les antiennes des pouvoirs publics sur "5 fruits et légumes par jour" et l'image de légèreté des légumes, s'est largement ancrée l'idée qu'être mince, c'était être en bonne santé. Et, au contraire, être en surpoids entraînerait toute une série de risques pour la santé, avec des peurs largement alimentées par le monde médical.

Or, je vais vous faire une grande révélation, le POIDS ET LA SANTE, CE N'EST PAS LA MEME CHOSE !

Je ne cesse de l'expliquer à mes patients donc je me suis dit que cela méritait bien un billet de blog... 

Le poids, c'est une question de quantité de calories absorbées, d'équilibre entre ce qu'on mange et ce qu'on dépense. QUOI QU'ON MANGE ! Regardez autour de vous, vous connaissez très certainement des personnes qui ont une alimentation très répétitive, à base de pâtes instantanées, de pizza et de kebab, et qui sont toutes minces. Vous vous dites peut-être que ce n'est pas juste... Or, outre une morphologie fine, c'est sans doute que ces personnes écoutent leur appétit. Mais, en mangeant toujours la même chose, elles ne prennent peut-être pas tellement soin de leur santé (pas plus qu'une personne qui se nourrirait uniquement de crudités...). Vouloir mincir à tout prix peut aller totalement à l'encontre de sa santé quand on se lance dans des régimes délirants...

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Si on a une alimentation très variée mais en excès, on prend du poids...

De l'autre côté, avoir une alimentation santé peut être tout à fait déconnecté du poids. J'entends souvent des personnes me dire "je ne comprends pas, JE MANGE EQUILIBRE ET JE GROSSIS"... Normal, cela n'a rien à voir ! On peut avoir une alimentation très saine, variée, cuisiner, ne pas manger "trop gras ou trop sucré" et... être en surpoids. Car on n'écoute pas sa faim, on mange au-delà de son appétit, on continue à manger sans avoir faim par habitude, éducation, manque d'attention... Ou par respect de tout ce qu'on entend sur l'alimentation équilibrée : combien de personnes n'ont plus faim après leur plat principal mais mangent un laitage et un fruit parce qu'IL FAUT faire un "repas équilibré" ! Etre en surpoids ne veut pas dire qu'on est en mauvaise santé ou qu'on a des risques pour sa santé. Une personne peut très bien avoir une alimentation saine, être en forme, bouger et être en surpoids, ce n'est pas "grave", arrêtons de la culpabiliser si elle se sent bien ! Mais, si elle veut perdre du poids, elle pourra probablement le faire, en comprenant pourquoi elle a pris du poids et se reconnectant à ses sensations corporelles de faim et de rassasiement, et pas en éliminant des catégories d'aliments.

Bien sûr, on peut avoir envie à la fois de retrouver ou maintenir un JUSTE POIDS et de MANGER SAINEMENT pour être en forme : c'est possible et sans doute souhaitable mais ayons conscience que ce n'est pas la même chose.

Visuel ©ivolodina fotolia.com

27/04/2015

Journée Internationale sans Régime : et si on se rencontrait ?

Chaque année ou presque, le 6 mai, je vous parle de la Journée Internationale Sans Régime ou No Diet Day. Pour mémoire, cette journée vise à sensibiliser le public aux méfaits des régimes et de la dictature de la minceur.

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Cette année, je vais m'éloigner un peu du traitement purement en ligne et m'adresser aux Parisien(ne)s, désolée pour les autres.

Le mercredi 6 mai, j'ai le plaisir de convier quelques-un(e)s d'entre vous à partager (gracieusement !) en petit groupe un petit déjeuner pour répondre aux questions que vous vous posez sur les régimes et pour vous expliquer pourquoi ils ne marchent pas dans l'immense majorité des cas.

Cela se passera mercredi 6 entre 8h30 et 10h00 dans le 9eme.

Si vous êtes intéressé(e), envoyez-moi un message à l'adresse artdemanger@gmail.com sans tarder, en me précisant vos nom, prénom, adresse mail et vos éventuelles questions. Il y a très peu de places !

Et que soit le 6 mai ou tous les autres jours de l'année, stop aux régimes !

 

Image © す~ロン - Fotolia.com

16/02/2015

En route vers la sobriété JOYEUSE !

Il y a une douzaine d'années environ me semble-t-il, j'ai commencé à penser sérieusement que le bonheur n'était pas dans la possession, que l'accumulation ou le renouvellement permanent des objets n'était pas très intéressant. J'ai commencé a vendre ou donner nombre de livres que je ne relirais jamais, de disques que je n'écoutais pas, de vêtements à peine portés.
 
En 2005, j'ai lu L'Art de la simplicité, de Dominique Loreau qui paraîtra simpliste à certains mais avait résonné avec cet élan, et cela m'avait conforté dans mon idée de simplifier mon environnement. La même année, il y a bientôt 10 ans (oh déjà, pensons à fêter cela !), j'ai initié la démarche de devenir diététicienne. J'avais trouvé un métier qui avait vraiment du sens pour moi.
 
En 2008, j'ai commencé à pratiquer cette activité et la passion que j'ai pour elle m'occupe bien la tête et diminue naturellement les envies de consommer (les moindres revenus aussi !). Ce métier au carrefour de l'humain et de l'alimentation, m'a amenée à réfléchir sur de nombreux sujets ayant trait à l'agriculture, à la société, à la planète...
 
En 2011-2012, j'ai découvert Pierre Rabhi. J'avais écrit un billet sur son livre Vers la sobriété heureuse. J'avais beaucoup aimé ses convictions et son histoire, j'ai lu plusieurs livres de lui, je l'ai vu en conférence et dans des documentaires, entendu à la radio. Depuis au moins un an, je me suis vraiment lassée de sa dense présence médiatique qui n'est plus vraiment sobre.
 
Je reste toutefois attachée à son idée de sobriété et de cohérence mais je l'ai mis à ma sauce et je qualifie plutôt cela de sobriété joyeuse ! Car consommer avec modération, simplifier sa vie, aller à l'essentiel n'est surtout pas triste et réserve de multiples plaisirs et une vie pleine de gaieté. 
 
Comment cela se matérialise-t-il ?
 
Fin 2014, j'ai eu envie d'alléger encore davantage mon intérieur. J'avais notamment une collection de théières accumulées au fil des années et depuis longtemps enfermée dans un panier. Et aussi beaucoup de livres qui ne correspondaient plus à mon intérêt. Cela a été le point de départ d'une envie de faire plaisir en donnant certains objets ou livres à des amis. J'ai donc organisé trois après-midi de Braderie 0 euro, où tout un tas de choses était à emporter. Cela a été l'occasion de voir plein de personnes sympathiques, de papoter, de boire un thé avec quelques douceurs et de faire plaisir. Il reste encore beaucoup de choses, je vais les donner, les déposer, les partager...

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Côté vêtements, je fais de moins en moins d'achats. J'aspire parfois à la simplicité de la monotonie qui permet à certains de se concentrer sur l'essentiel pour eux. Mais j'aime trop la diversité en toutes choses et les couleurs pour m'habiller toujours pareil. Je ne fais plus que très occasionnellement les boutiques ou les soldes mais je peux tomber par hasard sur une jolie pièce, ainsi il y a quelques jours, dans la vitrine d'une boutique de mon quartier, une veste égayant mon vestiaire, et d'un prix fort raisonnable.

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Toutefois, côté dépenses, je privilégie largement les moments aux objets, ceux passés au restaurant par exemple évidemment, tout en n'en abusant pas : mieux vaut du très bon occasionnellement que du banal régulier. Je vais de moins en moins au spectacle sans en ressentir de privation. J'étais une grande fan de danse moderne et contemporaine mais j'en ai sans doute trop vu et je me suis lassée. J'ai arrêté depuis quelques années de prendre mes habituels abonnements, j'ai refait une tentative cette année mais l'emballement n'est pas au rendez-vous pour l'instant. Je vais moins souvent à des concerts, c'est la première fois depuis bien longtemps que je n'ai pas pris de billet pour le prochain concert d'un chanteur que je suivais depuis ma jeunesse... Ni pour un ballet d'une compagnie que j'aimais. Mais je suis effarée par le prix des billets. J'achète très peu de disques, je préfère revisiter les essentiels de ma discothèque.
 
Je fais quand même quelques dépenses. Ainsi, j'ai enfin, après 25 ans, abandonné mon médiocre couteau à pain Ikea pour un très solide et tranchant, plus apte à venir à bout de l'épaisse croûte des pains qui me réjouissent.

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Et je profite de plaisirs sans cesse renouvelés et gratuits, regarder le ciel changeant, me promener dans Paris les yeux grand ouverts, arpenter des quartiers connus ou inconnus, observer la diversité des comportements humains... Et le bonheur des rencontres, des moments chaleureux avec les proches.
 
Bref, j'avance pas à pas sur ce chemin de la sobriété joyeuse, je m'en réjouis et il y a sûrement encore d'autres changements à venir.
 
Et vous, votre rapport à la consommation, aux objets a-t-il évolué ?
 

04/02/2015

Connaissez-vous Thomas d'Ansembourg et l'intériorité transformante ?

Thomas d'Ansembourg est un auteur, conférencier, thérapeute belge, spécialisé dans la "conscience non violente" telle que nommée sur son site, en lien avec un domaine communément appelé communication non violente (CNV). Il est notamment l'auteur d'un livre dont je parle souvent à mes patients que je sens dans certaines difficultés relationnelles, “Cessez d’être gentil, soyez vrai - Etre avec les autres en restant soi-même” (2001). Je le connais de réputation depuis plusieurs années, je trouve ses propos très intéressants et j'ai eu la chance d'assister pour la première fois à une conférence qu'il animait la semaine dernière à Paris. Conférence à l'initiative de l'Association Française pour la Communication Non Violente, accessible pour un prix très raisonnable de 14 euros vs des experts ou pseudo gourous qu'on voit régulièrement demander bien davantage...
 
La conférence était très riche et stimulante, mettant l'accent sur une notion fondamentale pour lui, l'intériorité transformante. Se relier à son intériorité est parfois évacué car on croit que cela doit être associé à une religion, or, ce n'est pas nécessairement le cas et, a contrario, on peut pratiquer une religion sans se mettre dans cette position. "S'asseoir régulièrement sur la chaise de l'intériorité transformante" permet, affirme Thomas d'Ansembourg, de voir autrement ce qu'on a regardé, de remettre en question des positions. Il a donc vivement incité à ralentir, s'asseoir, faire silence pour "laisser le seau du discernement descendre dans le puits de la connaissance infinie". Il a d'ailleurs indiqué que ces moments d'arrêt existent dans toutes les traditions. Mais aujourd'hui ? Est-ce que l'on n'est pas bloqué individuellement et/oucollectivement  selon la formule tellement évidente de Paul Watzlawick : "Si l'on fait ce qu'on a toujours fait, on obtient ce qu'on a toujours obtenu". 
 
Il nous a montré par un petit "jeu" avec notre voisin de siège que l'on pouvait vivre un profond contentement dès lors qu'on répondait à nos besoins fondamentaux de relation à soi, à l'autre, à l'univers. Mais beaucoup de personnes se sont éloignées de leur chemin de vie et se sont bloquées dans des enfermements et des automatismes qui les rendent malheureuses. Et très souvent mettent en place des mécanismes compensatoires (tabac, alcool, ...), abusent des autres, sont agressifs, malveillants, développent des comportements avides.
 
Car selon cet homme souvent percutant dans ses formulations, "on a davantage appris à compenser le mal-être qu'à vivre le bien-être". Il a souligné certains pièges dans lesquels on tombe fréquemment :
- le faire sans répit et l'avoir plutôt que l'être, ce qui nous entraîne dans une course perpétuelle qui nous épuise et épuise la planète,
- la culture du malheur, l'habitude de se plaindre plutôt qu'être joyeux et se réjouir de ce qu'on a.

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Mais, bonne nouvelle, on peut "se réaligner sur son chemin de vie" par un apprentissage progressif, en commençant par s'apporter de la douceur à soi-même, par nourrir son intériorité transformante avec, selon les préférences de chacun, de la beauté, de la joie, de la nature, du lien, de la méditation, de la simplicité..., par développer un rapport pacifié avec le temps. Et Thomas d'Ansembourg affirme que cela est le contraire de l'égocentrisme car "un citoyen pacifié devient un citoyen pacifiant". Avec à l'appui une citation de l'écrivaine Christiane Singer "Dans ce monde qui se dessèche, si nous ne voulons pas mourir de soif, il nous faudra devenir source". 
 
Pourquoi cela me parle ?
 
- Je vois chaque jour des personnes qui compensent un mal-être, tel que le décrit Thomas d'Ansembourg, par une surconsommation ou une sous-consommation alimentaire.
- Il a commencé sa conférence en disant "il n'y a pas de fatalité. Notre capacité à nous transformer et à transformer le monde est aussi puissante qu'ignorée, il suffit de réapprendre" : cela me rappelle ce que je dis dans mon domaine à de nombreuses personnes qui me consultent : il n'y a pas de fatalité, on peut faire la paix avec la nourriture, il faut juste y aller à son rythme, étape par étape.
- J'ai le sentiment d'avoir entamé moi-même une part de ce travail pour revenir sur mon propre chemin et de le vivre très joyeusement, dans le bonheur de la rencontre avec l'autre et du ralentissement.
 
Et vous, que vous évoque ce compte-rendu ?
 
Si vous voulez avoir  un (long) aperçu du Monsieur, j'ai trouvé en ligne la captation d'une conférence de 2014 sur les rapports homme-femme.
 

07/01/2015

Que dire ?

Pas envie de bloguer sur le sujet prévu. Et difficile de commenter ce qui s'est passé. Que dire ?

yoyo maeght, paul eluard, liberté d'expression

Merci à Yoyo Maeght d'avoir partagé ce poème si essentiel de Paul Eluard, je le reprends ici.

Liberté

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard, Poésie et vérité, 1942.

 

21:07 Publié dans Fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : yoyo maeght, paul eluard, liberté d'expression | |  Facebook | |  Imprimer

09/09/2014

Comment éviter la "fringale" de 11h du matin ?

Il y a quelques jours, une étude a remis en cause la cruciale importance du petit déjeuner si souvent soulignée. Dans le domaine de la nutrition, les études affirmant tout et son contraire sont légion. Mais cette fois, c'est un dogme profondément ancré dans les croyances des mangeurs qui est mis à mal. Les médias ont d'ailleurs largement relayé l'information. 
 
Pour ma part, j'ai été plutôt amusée car cela fait longtemps que je répète que chaque personne est différente et a donc son propre rythme alimentaire. Que je lutte contre le dicton "Petit déjeuner de roi, déjeuner de prince, dîner de mendiant" qui n'est certainement pas adapté à tous. Suivre son rythme alimentaire ne signifie pas l'anarchie... Mais que l'on n'est, par exemple, pas obligé(e) de petit déjeuner si l'on n'a pas faim du tout. Et, quand on a des contraintes d'horaire, on apprend, en se connaissant, à avoir faim au bon moment. Et aussi à trouver le bon petit déjeuner qui permettra de tenir jusqu'à son heure habituelle de déjeuner. 
 
Or, beaucoup de personnes (si j'en crois les récits de certains patients ou certains cris de détresse sur twitter, n'est-ce pas Laurent, Sophie & co...) ont faim dès 11h du matin.

Parmi elles, il y en a sans doute qui n'ont pas petit déjeuné par manque de temps par exemple. Ou qui ont petit déjeuné à une heure extrêmement matinale. Mais il y a aussi des personnes, en nombre non négligeable, qui ont petit-déjeuné. C'est sans doute que leur petit déjeuner n'est pas le plus approprié pour elles.

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Ce petit déjeuner n'est probablement pas adapté à tout le monde
 
Beaucoup de personnes prennent un petit déjeuner par habitude, par raison diététique, par facilité ou rapidité sans forcément prendre en compte son effet rassasiant.

Tout le monde est différent, je le répète, mais je rencontre fréquemment des personnes qui constituent une catégorie particulièrement réactive au sucre. Je m'explique : ces personnes, quand elles prennent un petit déjeuner riche en sucre, par exemple des tartines avec de la confiture, des céréales très transformées et sucrées, ... ont un apport rapide de sucre dans leur sang (leur corps digère très vite le sucre) et cela crée quelques heures après une sorte de réaction inverse d'hypoglycémie. Et donc un coup de barre, une fringale, une faiblesse (éventuellement pire que s'ils n'avaient rien mangé le matin).
 
Ce n'est pas forcément agréable, on n'a pas forcément la possibilité de prendre un en-cas, on attend avec impatience le déjeuner, parfois au détriment de la concentration sur son travail...

Ce n'est pas une fatalité. Quand on est dans cette situation, il vaut mieux expérimenter d'autres petits déjeuners qui ne créeront pas un afflux de sucre rapide. Ce n'est pas une question de calories mais de type d'aliment.
 
Par exemple un petit déjeuner comprenant du fromage, ou du fromage à tartiner, du jambon, voire un œuf, avec du pain. Parfois, quand je suggère cela, certains sont ravis car ils adorent le fromage et n'ont aucun a priori à manger salé le matin.
 
Mais d'autres rechignent vraiment à ce type de déjeuner (je conseille quand même d'essayer sans a priori pour voir). Ils peuvent essayer par exemple des céréales moins sucrées, un pain plus dense ou plus complet, et compléter avec un fruit, dont les fibres permettront une digestion un peu plus lente.
 
Le tout est de faire des expériences pour trouver, comme je l'avais expliqué, le petit déjeuner qui concilie plaisir, praticité et rassasiement durable.
 
Et vous, vous l'avez trouvé, votre petit déjeuner idéal ou vous le cherchez encore ?
 
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