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25/11/2010

Un rapport officiel de l'ANSES sur les dangers des régimes

Fotolia_regime2.jpgEnfin un rapport sur les dangers des régimes qui va peut-être nous aider, mes collègues et moi, à convaincre les personnes de ne plus entreprendre de régimes pour perdre du poids mais de travailler à une modification durable de leurs habitudes alimentaires. C'est l'ANSES (ex-AFSSA fusionnée avec l'AFSSET) qui vient de publier ce rapport, basé sur les travaux d'une expertise collective, qui a analysé les principaux régimes en vogue*.

En résumé, la conclusion est que les régimes amaigrissants pratiqués sans les recommandations ni le suivi d'un spécialiste (par exemple les régimes diffusés par les livres ou internet) présentent de nombreux risques pour la santé. Ils perturbent le fonctionnement normal du corps et peuvent avoir un impact sur les os, le coeur, les reins par les privations ou les surconsommations de certains nutriments qu'ils proposent. Ils peuvent aussi entraîner des perturbations psychologiques et des troubles du comportement alimentaire. De plus, le rapport souligne le paradoxe que les régimes entrainent une reprise de poids dans la durée, éventuellement supérieure à la perte (un cercle vicieux à l'origine du fameux yoyo : l'obésité commence parfois par un tout petit régime).

Je vais lire le rapport de façon plus approfondie et vous en reparlerai. D'ores et déjà, une petite remarque aux pouvoirs publics : si autant de personnes se tournent vers internet ou les livres, c'est peut-être qu'ils n'ont pas les moyens de consulter un spécialiste, nutritionniste ou diététicien. A quand un remboursement des consultations de diététique ?!

Le rapport complet "Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d'amaigrissement" est sur le site de l'ANSES. Il fait 160 pages : si vous voulez un peu moins, il y a un dossier de presse plus synthétique.

*Les régimes qui ont été étudiés sont les plus populaires (en termes de fréquentation internet ou de livres) : Régime du Dr Atkins, Régime Californien du Dr Guttersen, Régime « Citron détox », Régime de la Chrononutrition du Dr Delabos, Régime du Dr Cohen, Régime du Dr Dukan, Régime du Dr Fricker, Régime Mayo, Régime Miami du Dr Agatston, Régime Montignac, Régime du Dr Ornish, Régime Scarsdale du Dr Tarnower, Régime de la Soupe au chou, Régime Weight Watchers, Régime Zone de M. Sears.

14/11/2010

Pourquoi maigrir vite ?

C'est une question que je me pose souvent quand des personnes me consultent et veulent absolument perdre du poids vite. Rares sont celles qui ont un événement majeur, un mariage, une tenue ou il faut absolument rentrer ... pour justifier cela. Alors pourquoi ?

Est-qu'à partir du moment où l'on a pris la décision de s'occuper de son poids, on ne se supporte plus ?
Est-ce dû à notre monde actuel où tout doit aller vite ?
Est-ce que la perte de poids rapide est le seul indicateur jugé valable de l'intérêt d'une démarche diététique ?

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Mais comment perdre en quelques semaines ces kilos qu'on a le plus souvent accumulés sur des années ? Même des femmes qui ont entrepris de nombreux régimes, qui ont vécu le yoyo correspondant de leur poids, qui se disent "vaccinées" contre les régimes, réclament souvent de la rapidité "pour rester motivées".

Le problème, c'est que maigrir vite, cela veut dire souvent ne pas passer le temps nécessaire sur la compréhension des causes de sa prise de poids. Ne pas prendre un véritable recul sur ses habitudes alimentaires et donc ne pas mettre en place les leviers pour changer réellement sa façon de manger (sans frustration). Et si l'on ne fait pas ce travail, comment maintenir son nouveau poids dans la durée, si ce n'est au prix d'un terrible contrôle ?

Je ne promets pas aux personnes qui viennent me voir qu'elles vont maigrir vite. Je ne leur dis pas que cela va être nécessairement long non plus. Chaque personne a son histoire alimentaire, son environnement, son mode de fonctionnement, son envie de s'écouter davantage et tout cela joue un rôle. Je leur montre au fur et à mesure du travail fait ensemble les changements qu'elles opèrent dans leur comportement pour que cette capacité à changer les soutienne à poursuivre la démarche engagée même si elles ne perdent pas 5 kg en 1 mois !

Et vous, pouvez-vous témoigner sur cette nécessité de maigrir vite ?

10/11/2010

Anticiper, c'est être gourmand (e) !

Anticiper, penser un peu à l'avance à ce que l'on va manger, ce n'est pas forcément être rigide, planificateur ou obsédé (e) par la nourriture. C'est aussi être vraiment gourmand (e).

Car qu'est-ce que cela signifie ? Cela veut dire par exemple :

- garder une place pour le dessert, quand on est amateur de sucré, et donc ne pas arriver au moment du dessert en étant complètement rassasié (e). C'est cela qui permettra de l'apprécier vraiment, d'en tirer tout le plaisir gustatif. Que ce soit au restaurant en regardant la carte côté desserts au début du repas, chez des amis faiseurs de bons desserts en se renseignant sur l'ensemble du menu, ou chez soi, on peut anticiper un peu pour avoir du plaisir de bout en bout du repas et au final, ne pas trop manger.

 Pour ma part, j'aime beaucoup les desserts et je les prends en compte dans la composition du repas. Ainsi, il y a quelques jours, j'ai grandement apprécié un dessert parce que j'avais mangé un plat de taille raisonnable. C'était dans un restaurant de cuisine classique, bien exécutée, "Le Violon d'Ingres". Ce savoureux dessert était une poêlée de fruits de saison avec une brioche perdue et une glace au miel et pignons. Il y avait une compotée de figues, des figues fraîches, des coings délicieusement confits, une boule de glace et un morceau de brioche comme du pain perdu. C'était un dessert consistant et je l'ai apprécié avec beaucoup de gourmandise car j'avais encore de l'appétit pour lui. Si on aime le fromage, c'est pareil, on y pense un peu avant pour avoir encore faim quand il arrive sur la table.

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- faire un repas léger avant un bon dîner pour préserver sa faim et pouvoir d'autant mieux apprécier ce dîner. Il ne s'agit pas de s'affamer, surtout pas, sinon on ne tiendra pas jusqu'au dîner, mais de doser son repas ou un éventuel petit goûter pour avoir suffisamment faim au moment du dîner. Il ne s'agit pas de "faire attention" mais d'être attentif à ses besoins et ses envies. Mettre en phase sa faim et ses occasions de bien manger, c'est avoir encore plus de plaisir gourmand.

- ne pas se jeter sur l'apéritif quand on est invité (e) à dîner. C'est dommage d'arriver à table en n'ayant déjà plus faim car on a dévoré des biscuits apéritif, canapés et autres cacahuètes. Car, le plus souvent, on va manger quand même à table mais sans grand plaisir car on sera déjà rassasié (e). Cela veut dire ne pas arriver affamé (e) à l'apéritif, ne pas manger machinalement en discutant ou en pensant à autre chose, ne pas s'interdire ces aliments car cela augmente le risque de "se lâcher" lorsqu'on se trouve face à eux. Mais on goûte ce qu'on aime et on attend sereinement le dîner (malheureusement, certains apéritifs durent plus d'une heure et je conçois que cela soit un peu difficile mais il y a sûrement autre chose à faire que manger !).

Tout cela, cela veut dire se connaître, se connecter à sa faim pour savoir l'évaluer, adapter ce que l'on mange à son appétit, sans se priver, sans s'affamer. Vous verrez, tout est meilleur quand on a faim. Et quand on ne mange pas trop, on maintient son poids !

07/11/2010

Les plaisirs gourmands ont un an !

Les plaisirs gourmands ont un an. En effet, c'est le 7 novembre 2009, à l'occasion d'un déjeuner d'anniversaire, que je décidais de vous donner chaque jour un plaisir gourmand personnel. Pas d'égocentrisme dans cette démarche ni de volonté de donner à voir un modèle alimentaire. Mais une envie de vous montrer de facon concrète que le plaisir de manger, qui est au coeur de ma pratique de diététicienne, peut faire partie du quotidien et n'est pas réservé aux fêtes, week ends, invitations... De vous inciter à être vous-mêmes gourmand(e)s le plus souvent possible.

A l'époque, je m'étais fixé de tenir pendant un an. Histoire de créer une dynamique pour être présente plus souvent sur mon blog qui à l'époque somnolait un peu, Je n'étais pas sûre d'y parvenir. Cela me semblait nécessiter une certaine discipline. Un an après, pari réussi, je peux le dire. Hormis quelques périodes de vacances, j'ai été fidèle au rendez-vous chaque jour. La fréquentation de ce blog n'a cessé de progresser (cf courbe du nombre de pages vues ci-dessous) notamment grâce à ces plaisirs gourmands quotidiens. Accros de la cuisine ou adeptes du manger simple, vous semblez les apprécier d'après vos commentaires. Je vous en remercie sincèrement. Je suis vraiment très heureuse quand ce que j'écris ou montre vous intéresse, vous donne des idées, voire vous fait saliver ! En ce qui me concerne, ils m'ont donné confirmation que mes habitudes alimentaires étaient vraiment variées au fil des envies, des saisons, des occasions.

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Eh bien, au risque de décevoir peut-être certain(e)s, j'ai décidé de changer ! Car je déteste la routine et je ne veux pas que cela puisse le devenir. Les plaisirs gourmands ne vont pas disparaître bien sûr, car j'ai plaisir à les partager avec vous. Ils seront encore souvent là mais ils ne seront plus quotidiens. Je me fixe une nouvelle étape : continuer à être présente (quasiment) tous les jours, mais avec une variété de thèmes : outre les plaisirs gourmands, vous donner plus souvent des informations sur l'actualité de l'alimentation, des réactions sur des événements ou des lectures, des éclairages sur des aliments, des réflexions sur la relation à l'alimentation,... Bref, encore plus de variété gourmande ! J'espère que vous me suivrez dans cette voie.

14/10/2010

Stop au sport contrainte !

Pourquoi faire du sport ? Pour le plaisir ou par nécessité ? J'ai déjà évoqué ce sujet mais j'y ai repensé récemment pour plusieurs raisons :

Il y a quelques semaines, dans un article du Monde à propos des clubs de remise en forme "lowcost", le directeur d'une grande chaîne du secteur affirmait qu'un grand avenir était promis aux salles de sport car "la France est en retard par rapport à d'autres pays, le sport y est vécu comme un loisir alors qu'ailleurs, il est perçu comme quelque chose de nécessaire pour se maintenir en forme". Ce genre d'affirmation me fait frémir ! On serait en retard sur les autres pays européens et ce serait un tort ! Mais s'il en est du sport comme de l'alimentation, n'imitons surtout pas le modèle anglo-saxon qui est fonctionnel, utilitaire, et non de plaisir, d'envie, de partage.

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Je vois quasiment tous les jours des personnes qui 1, 2, 3 fois ont pris des abonnements coûteux dans des salles de gym et les ont lâchés au bout de quelques séances. Ou d'autres qui se forcent à y aller sans aucun plaisir.  En revanche, donnons et trouvons l'envie de bouger par l'expérience de sports ludiques, plaisants, stimulants.

Par ailleurs, lors d'un déjeuner récent un week-end, j'ai entendu à une table proche une jeune femme stressée dire avec mauvaise humeur à son compagnon : "C'est déjà assez dur d'aller faire du sport, si en plus il faut y aller avec un tel...". Cela avait vraiment l'air d'être la pire corvée !

Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir d'activité physique. Mais quelle est votre motivation ? En avez-vous vraiment envie ? Si vous vous dites "il faut" faire du sport, remplacez-le par "j'ai envie" et voyez si cela colle. Votre motivation ne devrait pas être de maigrir, cela ne suffira pas à vous motiver durablement ni ne sera probablement très efficace. Il vaut sans doute mieux comprendre ce qui vous a fait prendre du poids et agir sur votre alimentation. En revanche, être bien dans son corps, dépenser de l'énergie, se détendre, évacuer son stress, s'amuser, se sentir bien, tout cela, le sport peut le permettre.

Alors, prenez le temps de trouver une activité qui vous plaise et aussi qui soit adaptée à vos contraintes (d'emploi du temps, de transport, d'argent). Et pratiquez-la pour le plaisir.

12/08/2010

Comment se passent les consultations ? ?

La première consultation, après la prise de rendez-vous, est consacrée à une écoute approfondie des habitudes alimentaires de la personne, son histoire alimentaire, ses goûts, ses préférences, son mode de vie, sa relation à la nourriture, ses éventuels régimes auparavant, les raisons perçues d'une prise de poids, ...   Cette consultation dure entre 1h00 et 1h15. A l'issue de cette consultation, on commence à tracer les grandes lignes du travail qu'il y aura à conduire ensemble.

Lors de la deuxième consultation, qui dure environ 1 heure, nous approfondissons certains aspects, éventuellement sur la base d'un "carnet alimentaire" que je donne parfois à la fin dela première consultation, pour noter ses consommations alimentaires et un certain nombre de points à observer. Sur cette base, on précise le programme de travail. Celui-ci n'a rien de définitif, il peut bien sûr être amené à évoluer en fonction des consultations suivantes, selon la façon dont les choses se passent.

Entre deux consultations, on se met le plus souvent d'accord pour que la personne réalise un "travail", une réflexion, des observations, des exercices, ... , afin de faire progressivement évoluer son comportement face à l'alimentation, dans les domaines où un besoin a été identifié. Cela passe beaucoup par l'expérimentation, nettement plus utile pour enclencher un changement d'habitude que des grands discours. Il peut s'agir par exemple, de retrouver la sensation de faim, de savoir s'arrêter de manger, de répondre à ses émotions, son stress, ... autrement qu'en mangeant, de se réconcilier avec des aliments qu'on s'interdit, ...

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Réapprendre à manger une pâtisserie, sans culpabilité mais avec attention, peut être un des sujets abordés

Dans certains cas, j'aide également les personnes, si besoin, à diversifier leur alimentation, en leur  donnant des conseils pratiques, des idées, des astuces. 

Le rythme que je propose en général est d'une consultation toutes les deux semaines au début puis c'est davantage espacé, sauf souhait particulier de la personne. Les consultations suivantes durent environ 45 minutes.  Le prix de toutes les consultations est 50 euros.

Les consultations de diététicienne ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. De nombreuses mutuelles peuvent prendre en charge une partie du montant des consultations.  

17/07/2010

Stop aux corps normés !

Ce samedi, j'étais à un cours de NIA, donné par la co-créatrice de cette discipline, Debbie Rosas-Stewart. Ce qui est bien avec le NIA, outre le bien-être énergisant qu'il procure, dont j'ai déjà parlé ici, c'est qu'on y cultive la diversité des corps : pas des corps normés comme en danse classique, pas des corps sur-musclés comme en aérobic, pas des corps tous pareils et androgynes comme dans les magazines : non,  ici, il y a des corps grands, des petits, des minces, des ronds, des maigres : tous les corps ont droit de cité et la règle est bienveillance et non jugement. Car le problème des normes, c'est qu'on veut y ressembler alors que nos corps sont faits pour être différents. Et on se met au régime, on se met sous contrôle, en restriction permanente pour atteindre un poids, une silhouette qui ne nous sont pas naturels, et pour le plus souvent prendre du poids in fine. Alors, ne pourrait-on s'inspirer du NIA pour la vraie vie et cultiver la diversité des corps ?

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18:01 Publié dans Fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nia, danse, corps, femme, minceur, régime, normes, sport, modèles féminins | |  Facebook | |  Imprimer

12/07/2010

La gourmandise ne fait pas grossir : expérimentation personnelle

Je ne suis pas une accro de la balance, et j'aide aussi certaines de mes clientes à se désintoxiquer peu à peu de cette addiction.
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Instrument à tenir éloigné !
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Mais, cette semaine, je me suis pesée dans un but expérimental. En effet, comme vous l'avez peut-être lu ces derniers jours, j'avais une semaine particulièrement riche en restaurants et repas festifs : trois dîners au restaurant (dans des lieux de haute gourmandise), un dîner "pique-nique" professionnel avec cake, macarons, ..., un week end en province pour un mariage ! De quoi accumuler vite fait quelques kilos supplémentaires. C'est en tout cas une crainte largement répandue, qui empêche souvent les femmes de profiter pleinement de ces moments de plaisir : il y a une part de culpabilité dans leur tête et l'anticipation des privations qui seront forcément nécessaires pour compenser les "excès".
Je me suis donc pesée avant cette semaine d'agapes, lundi 5 juillet. Et je me suis pesée à nouveau ce lundi 12 juillet.

Et le différentiel est ? suspense... 100 grammes ! Rien de significatif, ils vont repartir comme ils sont venus.

Cela vous étonne ?

Je ne me suis jamais affamée. En plus de tout ce que j'ai cité, j'ai aussi mangé des sandwiches, du chocolat, ...

En fait, je me suis fait largement plaisir mais j'ai arrêté de manger quand justement le plaisir n'était plus là. J'ai mangé en fonction de mes vraies envies sans me sentir obligée de tout goûter.

J'ai pris le temps d'apprécier ce que je mangeais.

J'ai laissé mon corps réguler ma faim et mes envies aux autres repas.

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Le cake cerise-chocolat blanc de SaQuaNa, une des nombreuses gourmandises de la semaine
 

Et je vous assure que je n'ai absolument pas un métabolisme hyper-consommateur d'énergie, je suis tout à fait normale : si je mangeais trop par rapport à mes besoins, je grossirais.

Pour retrouver ou conserver son juste poids, c'est ainsi qu'on peut manger : en étant à l'écoute de ses besoins et de ses envies, sans privation, sans frustration. Tentez l'expérience !

Et pour la semaine qui commence, pas question de faire attention, mais je reste à l'écoute de mes envies et, sans les contraindre, elles s'orientent plutôt vers la simplicité !

 

24/06/2010

Stop au régime Dukan !

Actuellement, il ne se passe pas un jour sans que j'entende parler du fameux régime Dukan ! Dans mon cercle amical ou professionnel, par mes relations, mes collègues, mes patientes. Certaines ont tenté de faire ce régime qui donne de si bons résultats à court terme et s'étonnent de reprendre du poids. D'autres ont dit stop au bout d'un ou deux jours, leur corps leur enjoignant d'arrêter. D'autres encore sont impressionnées par l'enthousiasme de leur ami(e)s. J'avais déjà évoqué le sujet et suscité quelques réactions tout à fait réconfortantes, mais sans doute minoritaires.

Quand on me demande ce que j'en pense, je réponds bien sûr, comme pour les autres régimes, que l'on perd du poids pour mieux le reprendre, que ne manger que des protéines pendant plusieurs jours n'a pas de sens pour la santé, ... Mais pour être plus ciblée dans mes arguments, j'ai décidé de lire moi-même un des livres du Dr Dukan. J'ai donc acheté "Je ne sais pas maigrir - édition 2010". Et j'y ai noté un certain nombre de choses étonnantes.

D'abord, j'ai été très choquée par la propension du Dr Dukan à dire "le gros est comme ci", "le gros est cela", "le gros a besoin d'une volonté extérieure", "la psychologie particulière du gros", ... C'est non seulement réduire les personnes à une de leurs caractéristiques physiques mais c'est aussi faire l'hypothèse, absurde, que les personnes qui ont un problème de poids seraient toutes pareilles ! Alors qu'on sait combien les déterminants du comportement alimentaire et de la prise de poids sont complexes (cela a encore été montré lors d'un colloque de l'INRA aujourd'hui même, dont je reparlerai).

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Le son d'avoine, aliment "magique" !

Sur le fond, le Dr Dukan propose de manger les aliments autorisés à volonté : ainsi, dans la phase 100% protéines, on peut manger des aliments à base de protéines (viande, poisson, oeuf, fromage blanc 0%, ...) en quantité illimitée ! Cela n'est pas vraiment la meilleure façon de revenir à l'écoute de ses sensations de faim et de rassasiement, les bases de la régulation alimentaire. Et cela entretient l'idée qu'il y a deux catégories d'aliments, ceux qu'on mange à volonté (comme s'ils ne représentaient pas des calories) et ceux qu'on limite car ils seraient "mauvais".

Comme certaines préparations nécessitent un apport de matière grasse, il préconise le recours à l'huile de paraffine, qui empêche l'absorption des nutriments. Savez-vous qu'il s'agit d'un dérivé du pétrole ? Miam !

Autre élément qui a retenu mon attention : il recommande de se peser tous les jours, et même plusieurs fois par jour (toutes les heures !) pendant la phase d'attaque, et de continuer à se peser tous les jours de sa vie ! Vous ne pensez pas qu'il y a un sérieux risque de devenir obsessionnel(le) de la balance ? Et d'avoir un comportement alimentaire erratique, conditionné par le chiffre du jour ?

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le Dr Dukan est très malin. Il ne cache rien des désagréments que vont rencontrer les personnes en suivant son régime et il propose même des solutions ! Exemples :
- la constipation : demandez donc un laxatif à votre médecin !
- l'haleine forte : super, c'est la preuve que ça marche. Mâchez un chewin gum, c'est fait pour ça !

Mais l'astuce essentielle, c'est qu'il prend bien soin d'être irréprochable, de se prémunir contre les personnes qui pourraient dire que son régime ne marche pas. Car il ne garantit la réussite durable qu'au respect impératif de trois conditions pour le reste de sa vie :
- manger trois cuillères à soupe de son d'avoine chaque jour,
- faire une journée 100% protéines tous les jeudis,
- abandonner les ascenseurs et marcher au moins 20 min par jour.

maigrir c'est fou.jpgQuand on le lit et qu'on vient de maigrir, qu'on en a mangé du son d'avoine, qu'on en a avalé des protéines, on se dit sans doute : "trop facile !". Mais au fil du temps, les habitudes reviennent, on préfère de bonnes tartines de pain aux galettes de son d'avoine, on ne peut pas refuser un dîner d'amis un jeudi, ... il est très difficile quand on mène une vie normale avec un travail, une famille, des amis, des vacances de respecter ces trois conditions. Bien sûr, cela existe, on m'a parlé d'une dame qui part en vacances avec des kilos de son d'avoine... Le faire, c'est vraiment s'imposer une sérieuse contrainte qu'on aura sans doute envie de lâcher à un moment ou à un autre. Mais on se dira, comme dans la plupart des régimes : c'est de ma faute, ce n'est pas de la faute du régime"...

Aujourd'hui, bien sûr que vous verrez de nombreuses personnes perdre du poids rapidement. Mais ce régime n'est pas nouveau et on voit aussi celles qui ont repris tous leurs kilos avec un bonus. Ne faudrait-il pas en tirer des leçons ?

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l'histoire éternelle des régimes, je vous recommande le livre de Gérard Apfeldorfer, "Maigrir, c'est fou" (Odile Jacob de poche). Et le site du G.RO.S. (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids).

 

05/06/2010

Les ados et la minceur : apparence, urgence, souffrance

Fotolia_regime2.jpgJ'ai été très triste il y a quelques jours de ne pouvoir aider une jeune fille venue avec sa souffrance. Elle était vraiment charmante. Elle avait quelques rondeurs sans excès et celles-ci étaient surtout dues à une alternance de régimes stricts et de lâchages. Elle rêvait de revenir au poids le plus bas qu'elle avait connu, soit une perte de poids de 6 kg mais n'y arrivait pas car elle craquait sans cesse sur des aliments "interdits", enfermée dans le cercle vicieux privation/craquage/culpabilité/mal-être/re-craquage.

Je lui ai proposé de travailler sur une pacification de son comportement alimentaire, qui lui permettrait de revenir à son poids d'équilibre. Je ne pouvais prédire combien de temps cela prendrait. Or, l'urgence était pour elle de perdre ces kilos en à peine un mois pour enfiler ses maillots de bain taille 36 pour les vacances. L'éventualité d'aller à la plage avec ces rondeurs lui était insupportable. Cela peut paraître futile mais elle était vraiment très mal. L'adolescence est le moment où l'on est le plus sensible émotionnellement à son environnement. Et où l'on a du mal à se convaincre que l'apparence extérieure peut être différente de la norme. Elle avait quand même une dose de bon sens et d'écoute des besoins de son corps car elle avait tenté le fameux régime du Dr D dont j'ai parlé récemment et elle avait arrêté après 2 jours !

Finalement, nous nous sommes séparées car je n'apportais pas la solution miracle attendue. Je vois trop les dégâts des régimes après un certain nombre d'années pour pouvoir en prescrire. Mon petit espoir serait qu'il lui reste peut-être dans un coin de sa tête l'idée d'écouter sa faim et de manger avec plaisir. Comment en arrive-t-on là ? J'y ai vu une triple responsabilité : celle de son père qui l'avait mise au régime à 8-9 ans, celle de la société qui nous impose la minceur à tout prix, la sienne quand même un peu pour ne pas vouloir entamer un travail pour rehausser son estime d'elle-même qui lui permettrait de voir sa valeur au-delà du seul physique.

Je poursuivrai à la rentrée mes ateliers, notamment celui pour les ados, que j'appelle "Boycottez le premier régime !" pour les inciter à ne pas entrer dans cette spirale sans fin.