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10/10/2015

Du poisson, oui, un peu et surtout pas toujours le même !

Il y a déjà 6 ans, en 2009, je publiais le billet ci-dessous où je m'interrogeais sur notre capacité à varier davantage les poissons. Ce billet m'est revenu suite à un échange avec un des concepteurs de l'exposition "Dans les mailles du filet" qui vient de commencer au Musée de la Marine (j'étais conviée à une visite cette semaine). En effet, la dernière partie de l'exposition évoque la problématique actuelle de la sur-pêche de certaines espèces. Et on se disait, ce n'est pas une révélation, que les Français mangent un peu toujours les mêmes poissons : du saumon, du thon, du cabillaud, des sardines...

J'ai pour ma part refait le petit exercice auquel je m'étais livrée en 2009. En fait, la variété reste à peu près la même si l'on considère l'occasionnel mais, en fait, je mange au global du poisson moins souvent car je fais beaucoup de repas végétariens. Ma consommation se répartit ainsi, me semble-t-il :

- anchois, bar, bonite, daurade, maquereau, sardine, saumon, thon (ceux que Monsieur cuisine ou l'utilisation de conserves). On est attentif à l'origine, au type de pêche... Par exemple en allant chez le poissonnier de Terroirs d'Avenir, où il y a de merveilleux poissons qui arrivent en direct, d'espèces variées selon la disponibilité du jour. 

- anguille, bonite, cabillaud, chinchard, espadon, hareng, lieu jaune, lotte, St Pierre, sole, truite (occasionnellement au restaurant, chez des amis...).

Pour moi, il en est du poisson comme du reste de l'alimentation : mieux vaut moins souvent et de bonne qualité. Et si possible, continuer à se faire plaisir avec du bon plutôt que le supprimer de son alimentation. 

Et vous, combien de poissons différents mangez-vous ? Quelles espèces ? Etes-vous parfois curieux(se) d'en découvrir de nouvelles ? Trouvez-vous que la proposition trop pauvre ?

 

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Billet publié le 16 février 2009

Je reviens sur le poisson, dont j'ai parlé il y a quelques semaines suite à une conférence de l'Institut Français de Nutrition. Des questions qu'on se pose souvent : que vaut le poisson d'élevage ? Faut-il privilégier le poisson de pêche ? En France, c'est encore très majoritairement la pêche qui domine : 85 % contre 15 % environ pour l'élevage (alors que dans le monde, la pêche représente 55 % seulement).

En fait, tout n'est pas blanc ou noir. Il y a de bons et de mauvais poissons d'élevage car il y a différentes façons de les nourrir. Et l'élevage permet de garantir une régularité dans leur nourriture meilleure qu'en mer, ce qui leur assure notamment un niveau de chair grasse constant. Le problème, c'est que la meilleure nourriture, c'est l'huile de poisson, mais cela en consomme une trop grande quantité. Il y a des recherches pour mixer différentes alimentations.

Mais le problème est surtout que les mers se vident, certaines espèces n'arrivent plus à se renouveler et pourraient disparaître. Selon l'IFREMER, 75 % des espèces sont surexploitées ou totalement exploitées. Alors, ne pourrait-on pas nous faire découvrir d'autres variétés de poissons ? Ne mange-t-on pas toujours les mêmes par habitude ou méconnaissance ?

Ainsi, à l'étal de mon poissonnier, j'ai compté une vingtaine d'espèces. C'est déjà pas mal, il est plutôt bien fourni mais ce sont quasiment toujours les mêmes poissons. Ce qu'il trouve chez ses fournisseurs et ce que demandent ses clients.
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Il y a 250 espèces de poissons dans les vastes océans. Mais, en France, une dizaine d'espèces seulement représentent 70 % des ventes : le thon, le saumon, le lieu, le cabillaud, le merlu, la sardine, le hareng, la truite, le maquereau, le panga , le perche du Nil.
Certes, certains poissons ne seraient pas à notre goût mais sont-ils tous immangeables ? Ou est-ce un manque de curiosité ? Et je suis bien désolée que, parmi les plus consommés, on trouve le panga, encore inconnu il y a quelques années et pas vraiment inoubliable gustativement parlant. Et même pas intéressant d'un point de vue nutritif. Malheureusement, il est en train d'envahir les collectivités.

Moi-même, plutôt amatrice de poisson et notamment via la cuisine japonaise, j'ai compté que je consommais de façon plus ou moins régulière 12 variétés (sans compter coquillages et crustacés) : sardine, maquereau, saumon, thon (de moins en moins de thon rouge, qui devient rare), anguille, bar, cabillaud, sole, espadon, lotte, merlan, daurade...

Et vous, avez-vous déjà compté ? Vous arrive-t-il de goûter de nouveaux poissons ? Et variez-vous les modes de préparation ? Car le poisson, on peut le manger par exemple grillé, au four, à la vapeur, au court-bouillon, mariné, en terrine, en salade, etc.

22/01/2013

La Minute Gourmande du 22 janvier : ne confondons pas poids et santé !

Parfois, on parle poids, on pense santé. Ou on mange santé en pensant poids. C'est compliqué tout ça ! Qu'en dit la Minute Gourmande ?

20/02/2012

Le jeûne serait la solution ? (A propos de crevettes...)

Hier, on a mangé de délicieuses crevettes, en compagnie de légumes et de semoule. Je prévoyais éventuellement d'écrire un billet à ce sujet et puis je tombe justement sur un article dénonçant les gigantesques dégâts pour l'environnement dont ces petites bêtes (enfin, leur production...) seraient responsables. Du coup, je me suis dit encore une fois que si on était une personne raisonnable, soucieuse de sa santé et de celle de la planète, très à l'écoute des divers messages nutritionnels, il ne restait sans doute plus qu'à jeûner !

Car cette personne se dit peut-être :

- les crevettes sont un sommet d'empreinte carbone,

- la viande aussi pollue beaucoup et pour la santé, il ne faut pas trop en manger,

- le poisson, il est plein de métaux lourds et on vide les océans,

- les fruits et légumes ne peuvent pas vraiment échapper aux pesticides,

- le pain et les pâtes, on oublie, des fois qu'on serait allergique au gluten, et puis ça fait grossir,

- le lait, c'est mauvais pour la santé, difficile à digérer, et le fromage c'est trop gras !

- le sucre, c'est un poison, les scientifiques le disent. etc.

Bon, il y a peut-être le riz et encore, on n'est pas sûrs, il y a sûrement un problème ! 

Alors, il reste seulement à ne plus rien manger. Mais vous êtes vraiment sûrs que jeûner, c'est la meilleure chose à faire pour sa santé ?!

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Moi, je n'ai pas envie d'arrêter les crevettes mais je les choisis...

Mais non bien sûr, mangeons de tout, mais pas n'importe quoi, du bon ! Soyons attentifs à la qualité, plutôt que rechercher la quantité ou le prix le plus bas. Ne serait-il pas temps que le budget alimentation reprenne un peu plus de place dans notre porte-monnaie ?! Et si on cuisine, pas sûr qu'on dépense plus d'argent en fait. Même avec des bons produits, on peut s'en sortir peut-être pour moins cher moins qu'en achetant du tout prêt, du livré, d'aller dans un restaurant sans intérêt... Ainsi, acheter par exemple des crevettes surgelées, cela ne veut pas dire acheter n'importe quoi. On préfère en manger moins et des bonnes. Chez notre ami Mr P. par exemple, il y a bien sûr du choix mais là, il s'agissait de belles crevettes "Black Tiger" de Madagascar qui certes viennent de loin mais sont respectueuses de l'environnement : comme cela est écrit sur le paquet, et cela semble une réalité, elles sont produites à travers "une aquaculture de mer dans le respect des hommes, des ressources et du milieu".

Alors, pas de malbouffe mais pas non plus de terrorisme alimentaire qui nous empêche de manger dans la sérénité !

 

07/12/2011

Leçon japonaise 7 : la variété, c'est bon et c'est bon

Il y a quelque temps, je lisais dans une interview de je ne sais plus qui : "J'essaie de manger trente aliments par jour, comme les Japonais". Je ne sais pas si les Japonais ont vraiment une pratique aussi précisément comptabilisée... Certes, quelquefois, ils se contentent d'un plat de soba. Mais leur repas font souvent preuve d'une variété extraordinaire, avec une multitude d'aliments différents en petite quantité. Les premiers jours de notre voyage, je me suis amusée à compter un peu et on dépassait largement les trente !

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Dans ce petit déjeuner simple, déjà plus de dix ingrédients différents !

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Dans celui-ci, fort peu coûteux, il y en a une quinzaine et la journée que fait que commencer !

La variété, c'est bon au goût et c'est bon pour la santé, donc ne nous en privons pas ! Cela peut être :

- au sein d'un repas, pour varier les sensations gustatives,

- au cours de la journée, la multitude des aliments garantissant plaisir et apports nutritionnels variés sans se prendre la tête,

- au cours de la semaine, pour éviter la monotonie, d'autant que l'équilibre nutritionnel se fait sur la durée : pas besoin que chaque repas soit "équilibré" !

- au cours de l'année, en suivant le rythme des saisons pour choisir ses aliments,

- la variété des modes de cuisson, comme le font les Japonais qui cumulent, souvent au sein d'un même repas quand il s'agit de cuisine raffinée : grillé, bouilli, mijoté, sauté, frit, vapeur, ....

Bien sûr, on n'a pas vraiment le temps de se préparer un petit déjeuner comme ceux-là mais on peut sûrement améliorer la diversité de ce que nous mangeons. Alors, observez vos habitudes alimentaires, voyez si vous ressentez une certaine monotonie, si vous achetez toujours les mêmes aliments quand vous faites vos courses, bref, s'il ne serait pas temps de raviver votre curiosité et de surprendre vos papilles !

14/10/2011

Bien déjeuner au boulot avec Yannick Alléno ?

Je vous parle souvent bento, lunchbox, déjeuner à emporter, ... étant d'ailleurs moi-même adepte de ces pratiques. Et parce que c'est une solution souvent intéressante gustativement, économiquement et nutritionnellement, surtout quand on ne dispose pas d'une cantine.

Je ne suis pas la seule et les bentos sont plutôt à la mode. P1040124.JPGAinsi, Malakoff-Mederic, assurance mutualiste soucieuse de prévention en matière de santé, a eu l'idée de proposer un livre de recettes sur ce thème : "Bien déjeuner dans ma «boite»" (astuce !).

Leur idée  part du constat que de nombreuses personnes qui travaillent n'ont pas forcément l'alimentation adéquate au déjeuner, tant qualitativement que quantitativement. Le repas apporté sur le lieu de travail est souvent monotone et pas vraiment adapté aux besoins.
Et elle a fait appel à un célèbre chef, Yannick Alléno, pour travailler sur les recettes, histoire probablement de donner plus de visibilité au projet.

Il s'agit de recettes relativement peu coûteuses, faciles et rapides. Elles sont plus ou moins originales, certaines sont des classiques que je connais bien, telles que lentilles-saumon fumé ou des rouleaux de printemps, d'autres sont plus originales, surtout me semble-t-il dans la partie "plats chauds" (réchauffables au micro-ondes) (évidemment, cela donne plus de latitude, c'est comme chez soi).

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J'ai testé deux recettes pour voir si le temps de préparation était honnête pour quelqu'un qui est loin d'avoir la dextérité de Yannick Alleno... J'ai ainsi préparé un couscous de poulet aux abricots secs (avec cumin et basilic) et une salade saumon-trévise-tomates cerise. C'est en effet facile et plutôt rapide. Et c'est bon !

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Mais le constat que je fais en écoutant mes patientes, c'est qu'ayant déjà du mal à trouver du temps pour préparer le dîner, il leur est difficile de trouver 20-30 mn supplémentaires pour préparer une boite-repas (sauf à considérer que ce peut être une activité de détente le soir...). En revanche, elles peuvent faire simple à partir de restes, ce que proposent quelques recettes du livre : rôti de boeuf, poulet cuit, pâtes, ... Le livre pourra-t-il convertir des personnes aux plaisirs de la boite-repas, quitte à y passer un peu de temps ?

L'aspect nutrition (via le Dr Serog) est un peu trop présent à mon goût : on donne des conseils pour compléter le plat (pain, yaourt, fruit, dessert, ...) en prenant en compte le besoin d'équilibre nutritionnel mais le problème, c''est que la quantité indiquée est standard : si on suit ces conseils (mais on n'est pas obligés, l'équilibre se fait sur la durée !), il est bon de vérifier qu'on a assez faim pour un yaourt et un fruit en plus du plat par exemple et si ce n'est pas le cas, diminuer la portion du plat ou garder un élément pour plus tard. Certaines propositions de dessert m'ont par ailleurs paru étranges : oeufs à la neige, tarte aux pommes : on les fait, on les achète industriels, on les transporte ?!

Conclusion : un bouquin qui pourra vous donner des idées plutôt sympas pour votre boite-repas, voire des idées rapides qu'on a aussi le droit de consommer à la maison !

08/06/2011

Ohmyfood, j'y serai, et vous ?

ohmyfood.gifAvez-vous entendu parler d'Ohmyfood ? Il s'agit tout d'abord d'un site internet, dont la signature est "La santé, ça se cuisine !". Puis d'un salon grand public qui aura lieu les 17-18-19 juin, autour de l'alimentation, la nutrition, la cuisine. Un max de conférences et d'ateliers dont des interventions sur le bio, les régimes, l'organisation en cuisine, l'alimentation des enfants, les repas à petit prix, ..., et aussi des ateliers sensoriels autour du pain ou du chocolat avec Slowfood.

Je ne suis pas sûre que je serai en phase avec tout ce qui va se dire car il semble, et c'est tant mieux, que des points de vue très divers vont s'exprimer. Ainsi, on parlera pas mal alimentation raisonnable made in PNNS (Programme National Nutrition Santé)... mais aussi goût, préparation du thé, plaisir de recevoir, ... Le programme complet est disponible ici, à vous de vous concocter votre visite sur mesure, sur les thèmes qui vous intéressent.

Pour ma part, j'ai rencontré les équipes d'Ohmyfood et ils m'ont proposé d'intervenir sur un thème que je connais bien : "Peut-on maigrir sans faire de régime ?". Je donnerai deux conférences sur ce thème : samedi 18 juin de 17h45 à 18h30 / dimanche 19 juin de 16h45 à 17h30.

Alors, venez à Ohmyfood, il y a des invitations à télécharger gratuitement avant le 11 juin (pas besoin de code). Et passez me voir si cela vous dit, je serais ravie de vous rencontrer !

05/06/2011

Les Drs Apfeldorfer et Zermati lancent Linecoaching

Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati, les biens connus Présidents d'honneur du GROS, auteurs de plusieurs livres essentiels sur la relation à l'alimentation et l'amaigrissement, viennent de lancer un site de suivi en ligne pour faire évoluer le comportement alimentaire des personnes qui en ressentent le besoin, www.linecoaching.com. Alors, qu'en penser ?

Sûrement certains détracteurs diront qu'ils copient les Drs D... ou C..., qu'ils critiquent. Mais ne confondons pas le support et le contenu. Ce n'est pas parce qu'ils utilisent un site internet qu'ils vont donner des régimes ! Ce site leur a demandé beaucoup de travail, ils ont formalisé toute leur approche sous forme de questionnaires, d'exercices, ...à travers différents registres qui peuvent aider à pacifier son comportement alimentaire : écouter ses sensations, manger en conscience, gérer ses émotions, ...

Pour ma part, je me suis interrogée quand ils ont annoncé la nouvelle. Je suis membre du GROS, ils ont largement influencé ma pratique et j'apprends beaucoup à leur contact. Mais je crois tellement à l'importance de la relation humaine (cf les propos d'Irvin Yalom) que je doute qu'on puisse faire un travail véritablement personnalisé, adapté à chacun (tel que je le conçois) avec un programme informatique, même très sophistiqué. C'est d'ailleurs ce que reconnait Gérard Apfeldorfer et il ne prétend pas que Linecoaching puisse remplacer une prise en charge humaine.

Je comprends cependant leur intention : un site internet comprend une part d'interactivité qui permet un parcours semi-personnalisé, plus satisfaisant qu'un livre qui part dans la nature sans possibilité de dialogue. De plus, certaines personnes ont eu un parcours difficile avec des médecins, diététiciennes, ... et n'ont plus envie à un moment donné de se retrouver face à un professionnel de santé. S'abonner à ce site peut leur permettre de retrouver l'envie de travailler sur leurs habitudes alimentaires. Pour d'autres personnes intéressées par cette approche, il n'y a tout simplement pas de thérapeute du GROS à proximité de leur lieu de vie.

J'ai résumé quelques aspects de ces différentes possibilités avec un petit schéma qui pourrait vous aider à réfléchir au choix entre un livre, le site Linecoaching et le suivi par un professionnel, si la question venait à se poser :

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Dans GROS Info n°3, vous pouvez lire la présentation de Linecoaching par Gérard Apfeldorfer (pages 4-5) et le commentaire de Bernard Waysfeld, Président du GROS (page 7).

09/04/2011

Une journée pleine de santé !

Ce vendredi était une journée vraiment orientée santé ! Le matin, je tournais une vidéo pour parler du plaisir (et non de la contrainte !) de manger des fruits et légumes pour le site www.maisonducancer.com dans le cadre d'une série de vidéos de prévention (j'en reparlerai). En sortant, j'étais à proximité de la rue de Trévise et j'ai eu l'idée d'aller chez Supernature, un restaurant très sain, où je n'étais pas allée depuis fort longtemps. Pour faire les choses à fond, j'ai pris une "assiette vitalité" et un jus de pomme au jus d'herbes. Que de la santé je vous dis !

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P1030352.JPGJ'ai vraiment dû faire le plein de vitamines ! Le jus était délicieusement acidulé. L'assiette était colorée et pleine de saveur, avec des crudités émincées (carottes, betterave, concombre, radis, ...), de la salade, une galette aux légumes, des tas de graines germées, du chèvre frais. Je me suis régalée, et c'est le plus important ! Ayant bien faim, j'ai conclu par un cheesecake crémeux, fondant, parsemé de graines, pas du tout comme je les aime habituellement mais absolument merveilleux.

Supernature, 12 rue de Trévise, Paris 9eme



25/03/2011

Stop aux super-aliments !

alimentation,nutrition,super-aliments,anti-oxydants,baies de goji,brocoli,santéRécemment, la très sympathique Isabelle, freelance en communication, a pensé à moi pour animer un événement autour des baies de Goji. Je lui aurais bien fait plaisir mais mener une action à laquelle je ne crois pas, ce n'est pas possible pour moi. Alors, j'ai dit non. Pourquoi ?

D'abord, car, par curiosité, j'ai déjà goûté des baies de Goji, dans mon mélange de fruits secs ou dans mon muesli du matin, et franchement, je n'ai pas été convaincue par leur intérêt gustatif.

Ensuite, car cet intérêt pour quelque chose d'inconnu il y a peu et qu'on qualifie tout à coup de super-aliment indispensable à notre santé m'agace !

Régulièrement, en effet, on nous parle de super-aliments dotés de propriétés quasi-miraculeuses pour nous préserver de tas de maladies, dont le cancer : les baies de goji, le jus de grenade, les cranberries, le thé vert, le brocoli, ... Du coup, de nombreuses personnes se tournent vers ces super-aliments, pour certains assez chers, en pensant que c'est bon pour leur santé.

Pour ma part, je ne suis pas vraiment d'accord avec cette folie des super-aliments :

- d'abord, de nombreuses personnes consomment certains de ces aliments sans en tirer de plaisir gustatif. Un patient me racontait ainsi qu'il s'était forcé à boire du jus de grenade le matin alors qu'il préférait largement le jus d'orange, mais il pensait au bénéfice santé supposé ;

- ensuite, les études mettant en valeur les propriétés de ces aliments sont très évolutives, plus ou moins sérieuses et ils ne peuvent de toute façon pas nous garantir d'éviter les maladies ;

- enfin, j'ai l'impression qu'on évolue vers une société des extrêmes : d'une part, des personnes extrêmement soucieuses de l'impact de l'alimentation sur leur santé et s'orientant donc vers une alimentation fonctionnelle plus que source de plaisir (le modèle anglo-saxon de relation à la nourriture). De l'autre, des personnes qui vont au plus simple, au plus rapide, et consomment moult produits industriels, plats préparés, ... sans se soucier des additifs qu'ils contiennent le plus souvent. Ne serait-il pas préférable de promouvoir une "voie du milieu", basée sur une alimentation plutôt naturelle, variée et saine sans se préoccuper spécifiquement de manger tel ou tel aliment. Pour de nombreuses personnes, ce changement plus global ne serait-il pas d'abord souhaitable ?

Donc, il n'y a pas de raison de se priver de certains de ces aliments si on les aime mais n'en attendons surtout pas des miracles.

Et vous, que pensez-vous de ces super-aliments ? 

25/10/2010

Stop au tout beau tout bio !

Souvent, on me demande ce que je pense de l'alimentation bio. Je suis tentée de retourner une question à mes interlocuteurs : pourquoi voulez-vous manger bio ? En fait, cela ne parait pas toujours très clair dans leur tête. Il y a sans aucun doute un effet de mode chez les consommateurs et aussi une démarche marketing de certains intervenants de l'agro-alimentaire face à un filon qu'ils pressentent rentable. Si on creuse un peu, on pourrait manger bio pour plusieurs raisons :

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Si tous ces légumes ne sont pas bio, c'est grave ?

- Manger bio, c'est écolo !

On répondrait à des préoccupations d'ordre écologique. C'est sûrement mieux pour la planète. On est en train de la maltraiter à coup de produits chimiques. Sans doute. Mais je vois beaucoup d'incohérences dans cette approche : pourquoi tellement de produits bio contenant de l'huile de palme qui contribue à la déforestation ? Pourquoi tellement de produits bio venant de l'autre bout du monde, de Chine ou de Nouvelle-Zélande et donc à forte empreinte carbone ? Ne vaudrait-il pas mieux consommer des produits cultivés localement, bio ou non ? Même Laurence Salomon, restauratrice apôtre d'une alimentation saine, déclare faire confiance à des petits producteurs locaux, même s'ils ne sont pas estampillés bio. Beaucoup de producteurs pratiquent une agriculture raisonnée, ne peut-on s'y intéresser ?

- Manger bio, c'est meilleur !

Manger bio, ce serait meilleur au goût. Ah, la saveur incomparable des légumes bio, nous dit-on. C'est ce dont on est convaincus. Or, les études basées sur des dégustations faites en aveugle ne montrent pas de plus-value gustative notable du côté des aliments bio. Bien sûr manger un produit naturel, des légumes de saison d'un petit producteur, cueillis à maturité, de la cuisine maison, tout cela peut être meilleur que les équivalents industriels, les légumes conservés longtemps au froid dans des circuits de grande distribution ou produits à contre-saison. Mais cela n'a rien à voir avec le fait d'être étiqueté bio. Du naturel, du brut, de l'aliment de saison, oui mais pas obligatoirement du bio. Ne confondons pas bio et naturel.

- Manger bio, c'est diététique !

Ce n'est pas l'argument le plus courant mais il y a parfois des confusions. Bien sûr, cela n'a aucun rapport ! Les produits bio ne sont pas plus légers que les autres. Quick vient par exemple de lancer un hamburger bio et comme l'écrivait justement une journaliste de Libération, "des calories et du gras bio, c'est toujours des calories et du gras !".
De même, les biscuits bio par exemple sont aussi caloriques que les autres. Il n'y a aucune raison de privilégier les produits bio pour des raisons de légèreté (mais pas non plus les produits allégés). Restons-en donc aux produits "normaux" !

- Manger bio, c'est bon pour la santé !

C'est sans doute un argument valable. Même si des preuves irréfutables n'ont pas encore été apportées, il est fort probable que l'absorption de certains pesticides présents notamment dans les fruits et légumes ne soit pas très bonne pour notre santé. Mais cela n'est pas vrai pour tous. Et on peut déjà laver, éplucher ceux qu'on achète. Attachons-nous déjà à avoir une alimentation variée, à ne pas acheter trop de produits industriels transformés à la composition complexe. Et si l'on trouve les aliments bio trop chers, que cela ne soit pas un prétexte pour ne pas manger de fruits et légumes. L'intérêt de ces derniers dans une alimentation variée existait bien avant que l'on parle de bio !

Au final, ce qui m'agace, c'est la folie bio qui envahit tous les domaines, sans beaucoup d'esprit critique. Pourquoi ne pas surtout acheter des aliments locaux, non transformés, naturels, de saison, et les cuisiner ?

Quant aux cosmétiques bio (ce n'est pas du tout mon domaine), la dermatologue avec laquelle je partageais un atelier Beauty Loft il y a quelques jours était plutôt catégorique pour dire que cela n'avait aucun intérêt et ses arguments avaient l'air assez convaincants.