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13/06/2015

Non au "sans sucre" ou à l'excès de sucre, oui à la gourmandise !

Comme je le disais jeudi, je mange du sucre, j'ai toujours mangé du sucre et je n'ai ni problèmes de poids ni de santé, je suis en pleine forme. Et je suis loin d'être la seule dans ce cas. Alors pourquoi diaboliser le sucre ?

Ce n'est pas une tendance nouvelle mais j'ai l'impression qu'elle a pris de l'ampleur récemment avec plusieurs livres sur le sujet, des émissions de télé et radio, des articles... Le sucre cumule contre lui les partisans du "sans", les faiseurs de régime, les soucieux des risques d'obésité et de diabète.... Et pour le défendre, on trouve souvent...la Collective du Sucre. Pour ma part, je ne suis liée à personne !

Tous les enfants ou presque aiment la douceur du sucré. J'ai souvenir d'avoir toujours aimé les gâteaux mais de ne jamais m'en être gavée. Vers l'adolescence, j'ai arrêté définitivement de mettre du sucre dans les yaourts, thé, café, ce qui permet de mieux apprécier leur goût réel. J'ai toujours apprécié les desserts et le chocolat mais pas les goûts trop sucrés.

Nous cuisinons, nous achetons peu de produits industriels. Je fais des desserts, des gâteaux, vous le voyez sur ce blog. Quand je fais une salade de fruits ou une compote, je ne la sucre pas car le sucre de fruits mûrs suffit largement.

Comme je l'ai déjà dit, je suis contre les excès : trop de sucre ou pas du tout, mais pour une voie du milieu dans ce domaine aussi.

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Mais je ne suis pas forcément représentative. Beaucoup de personnes achètent quantité de plats industriels avec présence de sucre, mangent des dessert très sucrés, consomment des quantités de pâte à tartiner, boivent des sodas à longueur de journée, se réconfortent par la nourriture... la bonne réponse est-elle pour autant d'arrêter complètement comme l'a fait la journaliste de Elle, Danièle Gerkens ? Je n'en suis pas sûre. Arrêter peut aider à prendre du recul sur ses habitudes, ce que j'ai dit dans un entretien pour l'Express, mais cela dépend de son profil : il vaut mieux être relativement tranquille avec la nourriture car sinon, cela peut au contraire créer frustration et craquage.

Je préfère travailler selon les 4 C dont j'ai déjà parlé :

- Constater : observer sa façon de manger, et la place qu'occupe le sucre, éventuellement en tenant un carnet alimentaire : sucre brut dans le café, le thé..., desserts, gâteaux, biscuits, sodas, plats industriels...

- Comprendre pourquoi on mange ainsi : est-ce par habitude personnelle ou familiale, par goût de la saveur sucrée, pour compenser du stress, se réconforter quand ça ne va pas, ... Pour cette étape, on peut éventuellement faire une pause (pas forcément longue ou extrême) dans sa consommation de sucre pour repérer les moments où on en a vraiment envie, pour sortir de comportements machinaux, pour réaliser qu'on n'est pas "addict"... Mais ne surtout pas culpabiliser si on ne s'y tient pas à 100%.

- Changer : une fois qu'on a constaté la place du sucre et compris pourquoi elle est ainsi (étapes qui me paraissent préférables à un arrêt pur et dur), on peut agir sur les bons leviers : être davantage conscient de ce qu' l'on mange, diminuer sa consommation de plats industriels, varier les desserts en se déshabituant de trop de sucre, apprendre à accueillir ses émotions, trouver d'autres moyens de décompresser... (même Danièle Gerkens raconte que, lors d'un pic de stress pendant son année sans sucre, elle n'a pas pu résister à l'appel du chocolat...). Il n'y a pas de réponse unique, tout dépend de la place et du rôle du sucre pour chacun. 

Je trouve préférable d'acheter des produits bruts et de cuisiner mais ce n'est toujours possible pour tout, tout le temps. Alors, si on achète des produits industriels, on peut jeter un coup d’œil aux étiquettes si c'est un produit dont on n'a pas l'habitude, avec quelques règles simples : ne pas acheter par exemple de biscuits dont le premier ingrédient serait le sucre, laisser de côté des produits où le sucre n'a aucune raison de se trouver (plat, salade...), éviter tous les sucres qui ont des noms barbares (sirop de glucose-fructose...) et rester que ce qu'on connait.

Pour certains, une part d'éducation alimentaire serait nécessaire pour donner quelques repères. Je me souviens par exemple d'une personne qui appelait yaourt toute crème dessert : ce n'est pas exactement la même composition... Et comprendre que le mieux, c'est de cuisiner pour savoir ce qu'on consomme.

D'ailleurs, lors de l'émission Service Public sur le sujet, j'avais écrit ce tweet : "On mélange diabolisation du sucre et alimentation industrielle. La réponse n'est pas la privation mais de CUISINER du brut". Et Danièle Gerkens avait eu la gentillesse de répondre : "Merci de résumer si bien ce que j'ai mis 400 pages à expliquer : produits frais de saison + cuisine maison" ! Finalement, on est à peu près d'accord, mais il lui fallait peut-être une année sans sucre pour en arriver là (et faire un livre qui cartonne...).

- Consolider : une fois qu'on a changé ses habitudes, on vérifie peu à peu qu'elles sont bien installées et adaptées à différents contextes : vacances, sorties, moments de stress, environnements variés...

 

En résumé :

mangeons de tout, laissons une place pour les douceurs, et si elles occupent trop de place, il est d'abord important de comprendre pourquoi. C'est ce qui permettra un changement durable.

01/06/2015

En mai, j'ai fait ce qui me plait...mon métier sous toutes ses facettes !

En mai, bien sûr, j'ai eu, comme la plupart d'entre vous, quelques jours de repos pour cause de jours fériés... mais pas vraiment de week-ends prolongés car je reçois le samedi des personnes qui ne peuvent pas venir à d'autres moments de la semaine. J'ai donc passé un certain temps en consultations mais j'ai eu aussi du temps libre ou plaisamment occupé par d'autres activités :

- J'ai organisé un petit déjeuner pour promouvoir la Journée sans régime, ce fut très sympathique et intéressant, je vous en reparle très vite. Et contre la tentation des régimes, surtout en cette période pré-maillot de bain, je vous recommande vivement la lecture de cet entretien avec la psychologue Sophie Cheval, que j'apprécie beaucoup.

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- J'ai pris part au pot d'installation de cabinet d'Ada Picard, très sympathique pédopsychiatre qui vient de s'installer dans le même cabinet que le Dr Yasmine Lienard, spécialiste entre autres de la pleine conscience, que je connais un peu et avec qui j'échange souvent de façon riche et bienveillante sur Facebook. L'occasion d'intéressantes discussions avec des personnes diverses.

- J'ai participé avec joie, comme je le fais chaque mois, au petit déjeuner Batterie Nouvelle de la délicieuse et créative Christie Vanbremeersch et cette fois, l'invitée était la multi-talentueuse Esterelle Payaniqui nous a dévoilé ses secrets pour se vendre sans se vendre...  

- J'ai passé une matinée au "Hackathon" Santé de demain, une journée d'inventivité tous azimuts pour imaginer la santé de demain, dont le prolongement sera une journée grand public au Théatre de l'Odéon le 12 septembre.

- J'ai assisté à une conférence, toujours intéressante, du FFAS (Fonds Français alimentation et Santé) sur les préférences alimentaires, dont il est ressorti selon moi qu'il est difficile d'expliquer vraiment de façon fiable ces préférences pour le gras, le sucré, le salé.

- j'ai assisté avec bonheur à la Maison de la Culture du Japon à une conférence-promenade littéraire et culinaire de l'auteur japonaise Ryoko Sekiguchi, dont j'adore les livres pleins de délicatesse et de gourmandise.

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- Je suis allée passer une journée à l'Exposition Universelle de Milan dont le thème est "Nourrir la planète", je vous raconterai cela demain.

- J'ai été intéressée par cet article mettant en garde contre les dérives des médecines dites alternatives : il y a certes des approches intéressantes dans ce domaine mais aussi des escrocs ou des comportements sectaires. Donc ne pas faire confiance aveuglément surtout quand on vous demande beaucoup d'argent...

- J'ai fait plein de délicieux repas, j'y reviendrai.

Et pour information, mercredi 3, je donnerai une conférence à l'initiative de Slowfood et du Centre d'animation Montparnasse sur le thème "De la graine à l'assiette" ou "Comment manger durable". L'entrée est gratuite, le centre est au-dessus de la gare Montparnasse et c'est de 19h30 à 21h.

Dessin copyright Fotolia/Paki18

18/05/2015

Dix conseils pour "bien" manger - nouvelle version

Il y a quelques années, j'avais imaginé Dix conseils pour "bien" manger. Je viens de les revoir pour rester à 10 tout en intégrant le 11eme qu'on m'avait suggéré alors et qui me semble essentiel  : respecter la saisonnalité. Et puis, je les ai un peu modifiés. Les voici. Evidemment, ce n'est pas un dogme, ce n'est pas à appliquer à 100% des repas, à chacun(e) de choisir ceux qui lui vont, d'en ajouter selon ses goûts et ses convictions : à chacun(e) d'avoir la façon de manger qui lui fait se sentir bien dans sa tête et dans son corps.

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1. Manger quand on a faim

2. Arriver à table détendu(e)

3. Manger lentement

4. Déguster les aliments avec les cinq sens

5. S'arrêter de manger quand on n'a plus faim

6. Ecouter ses envies et ne pas s'interdire d'aliment

7. Développer sa curiosité pour de nouvelles saveurs

8. Manger de la cuisine maison

9. Présenter joliment les aliments

10. Préférer des aliments de saison

15/05/2015

Verdure printanière en trois façons, que c'est bon !

Si vous fréquentez un peu les vendeurs de légumes, vous avez dû remarquer l'arrivée des légumes de printemps, petits pois, fèves, asperges... Evidemment, comme beaucoup d'autres, nous nous sommes empressés de les mettre au menu ces derniers jours, de diverses façons.

J'ai préparé une sorte de minestrone de légumes. Feuilletant le livre Mon premier dîner végétarien et me demandant si je devais vraiment le garder, je suis tombée sur une recette de minestrone de printemps. Tout à fait ce dont j'avais envie. Sauf que le mode de cuisson (tout ensemble et assez longtemps) ne m'a pas trop plu et je me suis tournée vers internet où j'ai trouvé une recette un peu différente aux modalités satisfaisantes. J'ai fait un mix des deux : une base d'oignon, ail, fenouil, des légumes cuits séparément (petits pois, asperges, fèves, haricots verts) et brièvement pour les garder un peu croquants, et on ajoute au moment de servir un pesto maison classique. 

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J'avais volontairement cuit plus de légumes pour en avoir pour le lendemain : ils ont constitué une plaisante salade avec du quinori.

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Peu après, Monsieur a quant à lui préparé une fritatta aux fèves, petits pois, asperges, artichauts et feta, bien garnie, moelleuse et très savoureuse.

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Et ce n'est sans doute pas fini, on peut aussi penser quiche, poêlée, soupe froide ou chaude, tartinade, avec légumes solitaires ou associés...

Et vous, comment aimez-vous les légumes de printemps ?

09/04/2015

Hommage à l'homme en cuisine

Oh que je mesure la chance que j'ai d'avoir un homme en cuisine et je voudrais ici le remercier du fond du cœur (ce que je fais aussi dans la vraie vie, c'est l'essentiel !) et lui rendre hommage. Pourquoi ?
 
- parce que c'est bien sympa d'être deux à cuisiner, pour ainsi ne pas avoir la tâche de le faire tous les jours. Je sais que c'est loin d'être le cas de tous les couples...
 
- parce que chez nous, c'est plus souvent l'homme qui est aux fourneaux, y compris dans le quotidien. Ce n'est pas si fréquent que cela : dans les couples où les deux cuisinent, il y a souvent, d'après les récits de mes patientes et l'observation des sociologues, une répartition inégale : à la femme le quotidien obligé et souvent stressé et banal, à l'homme, le week-end, le temps, la convivialité...voire la gloire quand les invités se régalent de ses plats.
 
- parce qu'il est excellent cuisinier et que c'est rarissime de ne pas se délecter avec ses plats.
 
- parce qu'il s'efforce de varier les préparations, voire de proposer des plats/assiettes composées de différentes petites portions pour répondre à mon goût de la variété.
 
- parce qu'il ne se lasse pas de passer du temps en cuisine pour notre plaisir partagé.
 
- parce qu'il n'a pas hésité à partir de zéro pour apprendre les bases de la cuisine japonaise, proposant désormais une très savoureuse cuisine familiale de ce pays, en alternance avec la cuisine italienne de transmission familiale.
 
- parce, tout en proposant du poisson et plus rarement de la viande, il accepte plutôt bien mon "flexitarisme" et cuisine souvent également des plats végétariens ou avec peu de viande, jambon, poisson comme une sorte d'"assaisonnement" : je prends ce qu'on me donne, je ne vais quand même pas râler, d'autant que c'est délicieux !

Ainsi, récemment, il nous a concocté :
 
- quelques variations printanières :
 
. un risotto printanier aux asperges, petits pois, courgettes,

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. une assiette verdoyante d'asperges, jeunes poireaux et fromage de chèvre,

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. une moelleuse omelette/fritatta aux courgettes, asperges, petits pois, oignon doux, parmesan,homme en cuisine,qui cuisine dans le couple,couple qui cuisine,cuisiner à deux,partage des tâches,cuisine japonaise,flexitarisme

 
- une très italienne piadina au jambon de Parme, de squacquerone (fromage onctueux d'Emilie-Romagne) et roquette (tous ingrédients de l'excellente épiderie RAP à part la roquette).

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- un déjeuner dominical japonais quasiment kaiseki, avec une succession de mets délicieux : épinards, omelette japonaise, tofu frit, légumes, bar au sel, ...

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Vous qui êtes en couple, comment cela se passe-t-il côté cuisine : répartition harmonieuse, monopole, alternance... ? 
 

12/03/2015

Les dix ans d'Omnivore, de la passion, du partage et plein d'autres choses

Lundi et mardi, j'ai passé une bonne partie de ma journée au salon Omnivore qui fêtait ses 10 ans. Pour ma part, c'était la quatrième année que je m'y rendais et à chaque fois, j'en ressors enrichie, enchantée, emballée.

Le magazine Télérama, partenaire d'Omnivore, a partagé dès hier ses impressions, autour de quelques mots-repères. Je n'ai pas vraiment assisté au même salon, car il faut malheureusement faire des choix, parmi la richesse d'événements proposés, et je me suis principalement concentrée sur la scène Artisan, animée avec passion et pertinence par le journaliste Stéphane Méjanès.

J'ai moi aussi regroupé quelques impressions (non exhaustives) autour de mots-clés, en me fixant la contrainte supplémentaire qu'ils commencent tous par P.

Pain

Quand je souhaite assister à ce type d'événement, j'ai besoin de connaître les dates longtemps à l'avance, afin de les bloquer dans mon agenda. Ce fut le cas, au-delà du nécessaire, cette fois-ci, car Thierry Delabre (photo), faiseur de pain de moins en moins clandestin (il fait du pain avec un énorme investissement et de la persévérance depuis 12 ans chez lui), avait prévenu ses amis Facebook depuis longtemps de sa participation. Le pain est pour moi une passion personnelle et professionnelle et j'ai beaucoup à écrire dessus mais plus j'accumule d'idées et de réflexions, plus cela se complique et moins j'écris ! Alors, en attendant, j'ai eu le bonheur d'écouter Thierry Delabre raconter avec beaucoup d'émotion sa plongée dans l'univers du pain, tout ce qu'il lui donne et tout ce qu'il reçoit en retour. On a eu le plaisir de goûter son pain et sa focaccia. Et je me régale par petites bouchées du nouveau Foodbook Omnivore dont le dossier principal est consacré au pain, avec de beaux articles, une BD sur un séjour chez Roland Feuillas (dessin de Claire Braud ci-dessous) à Cucugnan un peu semblable au mien, les adresses des meilleures boulangeries (en toute subjectivité non justifiée), ...

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Passion

Il est clair que c'est une passion profonde qui anime les artisans présents, très probablement la crème de la crème de leur domaine. Passion qui n'était pas forcément là au départ, avoue Gilles Vérot, qui a plutôt fait ce choix par obligation familiale, mais qu'il a découverte en route. Passion dévorante et guérisseuse de Thierry Delabre, dont il semble proche de faire une activité à temps plein, comme fournisseur de pain d'exception pour restaurateurs. Passion inquiète d'Alain Rey pour ses abeilles menacées ou de l'ostréiculteur Ismaël Drissi-Bakhkhat face à l'omniprésence des huîtres triploïdes. Passion active d'Hervé Mons pour défendre le vrai bon fromage contre ses ersatz aseptisés ou de Thomas Lehoux, de la Brûlerie de Belleville pour promouvoir le bon café face à la déferlante de boissons horribles qui portent le même nom, tous les deux en sensibilisant et valorisant le travail des producteurs qui les "alimentent". 

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(de gauche à droite et de haut en bas, Jean-Marie Guilbault, Thomas Lehoux, Alain Rey et Eric Guérin, Ismaël Drissi-Bakhkhat et l'un de ses "maîtres", Gilles Vérot, Hervé Mons)

Parcours

Il était amusant de constater que, à côté d'artisans qui sont dans le métier "de père en fils" comme le charcutier Gilles Vérot (3eme génération, maison ouverte en 1930 à St Etienne) ou Hervé Mons, fromager comme ses parents (les deux ayant amené leur métier bien au-delà de la génération précédente), une bonne part des intervenants étaient des hommes (tiens, peu de femmes artisanes ? - une seule présente dimanche) aux parcours atypiques. Alain Rey est apiculteur depuis 20 ans après d'autres vies. Emmanuel Chavassieux a eu des vies multiples également (légionnaire, photographe, coutelier). Thierry Delabre, professionnel de la communication et du web devenu boulanger plus vraiment amateur. Signe que la nourriture est un essentiel vers lequel beaucoup convergent (moi aussi ;-)).

Partage

La scène Artisan , c'est le lieu de découvrir, écouter, échanger avec des artisans de haute volée. Et c'est aussi le bonheur de goûter leurs produits. Car ils ont à coeur de partager ce qu'ils mettent tant de soin à produire. Ainsi, ces deux jours, sans l'avoir vraiment prévu, je n'ai pas eu besoin de me mettre en quête d'un déjeuner car j'ai été largement rassasiée par les dégustations proposées à chaque fois. Fabuleuses huîtres anglaises "élevées" par Ismaël Drissi-Bakhkhat, fromages délicatement préparés par Hervé Mons (St Nectaire et Brie aux truffes), étonnants et délicieux chocolats, "apéricube" et gâteau nantais aux miels des Ruchers du Pays blanc de l'apiculteur Alain Rey, merveilleux pâté en croûte et fromage de tête de Gilles Vérot,crème au citron toute douce de Jean-Marie Guilbault.

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Provenance et perfectionnisme

Ces artisans ont une exigence extrême pour porter leurs produits à leur meilleur niveau. Jean-Marie Guilbault, confiturier, a une quête sans relâche de la meilleure qualité de fruits et rappelle avec force qu'on ne fera du bon qu'avec de très bons ingrédients de départ. Il a aussi mis au point la recette la plus adaptée pour garder au maximum le goût et la couleur du fruit. Tout est précis, qu'il s'agisse du taux de sucre ou du rôle des bassines en cuivre.  De la même façon, Gilles Vérot a pris conscience il y a quinze ans qu'il ne suffisait à rien d'avoir de bonnes recettes transmises familialement pour faire de bonnes charcuteries mais qu'il fallait aussi impérativement de très bons cochons. Il s'est mis en quête d'animaux de haute qualité qu'il a trouvés dans le Perche. Et quand il s'installe aux Etats-Unis, pas question d'importer des cochons, il cherche les meilleurs sur place et les trouve dans de petits élevages du Missouri et du New Jersey. Thierry Delabre, lui, refait sans cesse de nouveaux essais pour parvenir à un pain qui le satisfasse. Ismaël

Pâtissiers qui n'en sont pas tout à fait ?

J'ai malheureusement passé peu de temps du côté de la Scène Sucré mais j'y ai vu Giovanni Passerini, le chef du restaurant Rino, fermé et en quête d'une nouvelle adresse, ainsi que (partiellement) Yann Couvreur, le talentueux pâtissier de l'hôtel Prince de Galles. On parle souvent de la différence profonde de métier entre cuisiniers et pâtissiers, de la précision requise par ces derniers. Giovanni Passerini a bien sûr rappelé qu'il n'était pas pâtissier. Toutefois il fait des desserts qui sont fort appréciés en travaillant de façon empirique. Mais il les traite comme des sortes d'entrées sucrées, en réfléchissant aux accords de goûts, de textures, au visuel dans l'assiette. C'est important pour lui en tant que chef car il estime que les deux extrémités du repas doivent être fortes. Yann Couvreur (photo, avec Marie-Laure Fréchet) a beau, lui, être pâtissier, il n'en revendique pas moins d'oublier un peu (pas trop quand même !) la précision pour l'intuition (par exemple dans l'arrosage d'une pomme au four comme on arroserait un rôti en se fiant à ce que l'on observe) et l'émotion. Et il avoue assaisonner ses desserts comme des plats, utiliser très souvent du sel, de la cardamome... Une bonne nouvelle pour ceux qui ont peur de la pâtisserie ?

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Pétillance

Un des plaisirs d'Omnivore, c'est que Badoit* est partenaire privilégié de l'événement. L'entreprise finance une Bourse de la création pour soutenir un projet de restauration, offre gentiment à boire sur leur stand, défend la gastronomie par une campagne de communication. Et aussi, elle met à disposition en permanence des distributeurs de bouteilles de Badoit 50 cl gratuites. De quoi ne pas mourir de soif, ce qui est trop souvent le cas dans les colloques, conférences... si on ne s'est pas équipé au préalable. Badoit, c'est aussi un partenariat avec le chef Thierry Marx qui est venu expliquer le rôle de l'eau dans sa cuisine. Il a ainsi insisté sur le fait que la Badoit, grâce à son bicarbonate, permet une cuisson beaucoup plus rapide des légumes mais aussi des viandes. Difficile pourtant de se décider à l'utiliser chez soi, vu le prix, plutôt qu'une pincée de bicarbonate en poudre ! Mais son discours était destiné à la restauration de bon niveau et il apparaît en effet assez sensé, de façon plus large, de prêter un peu d'attention à la qualité de l'eau dans laquelle on cuit des mets d'exception...

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Bref, deux jours riches de rencontres, de réflexion, de gourmandise.

Si vous voulez revoir les épisodes précédents :

2014 et aussi des zooms artisans : Olivier Durand, Laurent Duboisles Bachès

2013

2012

 *Pass obtenu cette année grâce à Badoit, merci à eux !

03/03/2015

Chouette, Veggivore de Clotilde Dusoulier est sorti (et il y en a un à gagner !)

J'avais adoré le premier livre de Clotilde Dusoulier, aussi bien les recettes que les histoires personnelles les accompagnant. Je lis régulièrement son blog où j'aime autant ses expériences culinaires que ses interviews, ses récits... J'ai observé qu'elle parlait de plus en plus végétaux et je n'ai pas été étonnée quand elle a sorti un livre sur la cuisine des fruits et légumes...en anglais. Quelle que soit mon envie de le découvrir, ma paresse (que je ne m'explique pas trop) avec les livres de cuisine en anglais gagne toujours !

J'ai donc été ravie quand Clotilde a annoncé la sortie française et je me suis précipitée pour l'acheter. Charmée par son contenu, heureuse de voir un livre (c'est encore trop rare) raisonner par saison, impatiente de me lancer dans les appétissantes recettes qui collent fort bien avec mes envies "veggivores". Et toujours le plaisir de découvrir des recettes fort bien expliquées, avec des suggestions de déclinaisons, des commentaires sur les ingrédients, ...

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Mais voilà que, quelques jours plus tard, j'ai eu la surprise et le plaisir d'en recevoir un exemplaire dédicacé gentiment, car on se connait un petit peu. Deux exemplaires ? Je pourrai en garder un tout beau tout propre et un autre à tâcher, corner, salir dans la cuisine. Mais ce serait du luxe ! J'ai plutôt envie de vous en offrir un, à l'un(e) de vous, fidèles lecteur(trice)s de ce blog.

Je ne suis pas très adepte des concours, j'en ai fait un seul en sept ans de blog, autour de la plus belle assiette composée. Mais voilà une jolie occasion de remettre cela.

Alors pas de prime au plus rapide qui mettra un commentaire, pas de tirage au sort, mais vous allez "travailler" !

Nous sommes en hiver et Clotilde Dusoulier nous propose naturellement des recettes autour des betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron.

Si vous voulez participer au concours, pour gagner ce livre Veggivore, merci de poster un commentaire ici, décrivant un joli souvenir autour de l'un de ces légumes : betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron : un moment particulièrement plaisant, le bonheur de savourer une recette familiale ou une que vous avez inventée, un plat délicieux que vous avez préparé, une découverte d'un accord de goûts, etc. en quelques lignes (pas un roman, maximum 1500 caractères).

La personne qui aura fait le plus joli commentaire (évalué très subjectivement par Clotilde et moi) gagnera le livre. Réponses souhaitées avant le 13 mars.

Pour ma part, j'ai déjà réalisé et savouré avec grand plaisir une salade d'endives aux noix et clémentines assortie d'une très bonne "vinaigrette" (la recette proposait des oranges mais j'ai fait avec ce que j'avais sous la main). Et aussi une tatin de poireaux, pas tout à fait aussi jolie que l'originale mais en tout cas délicieuse.

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Côté sucré, on s'est vraiment régalés avec un fondant poire-châtaigne qui porte bien son nom et que j'ai envie de refaire très vite (ça tombe bien, j'ai un bon stock de farine de châtaigne !).

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Maintenant, à vos claviers ! Et vive les légumes d'hiver !

Veggivore de Clotilde Dusoulier, éditions Hachette Cuisine, 14,95 euros

05/01/2015

Repas festif, multicolore et (quasi) végétarien avec Ottolenghi

Cette année, comme je l'ai raconté, je n'étais pas en charge du repas de réveillon du 31 décembre, contrairement aux années précédentes. Les festivités familiales ayant par ailleurs été anticipées, Noël n'a pas donné lieu à un dîner particulier (mais on a bien mangé comme tous les jours !).

Toutefois, le 25, disposant de temps, j'ai eu envie de concevoir un repas sortant de l'ordinaire. Comme souvent, j'aime bien me fixer une contrainte (une couleur, des ingrédients...). Je me suis dit que j'allais essayer de me centrer sur un livre d'Ottolenghi* (par ailleurs restaurant londonien où je m'étais régalée) que j'avais fait venir du Québec (pour en avoir une version française, je suis assez flemmarde avec les recettes en anglais...), Plenty, pas encore vraiment utilisé. C'est une cuisine originale, qui a beaucoup de goût, utilisant de multiples ingrédients, herbes et épices.

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Plenty est un livre de recettes végétariennes et cela m'a donné l'envie de faire un repas qui le soit. De plus, en le feuilletant, j'ai trouvé qu'il était plein de recettes colorées et je me suis fixée une autre contrainte, que le repas soit multicolore. Pas juste coloré, non, mais avec chaque plat d'une couleur différente. Donc, une triple contrainte (choisie) : végétarien, ottolenghien et multicolore !

j'ai choisi les plats, fait les courses (en renonçant parfois à quelques ingrédients, par exemple trois sauces soja différentes pour un plat) Cela m'a pris un peu de temps en cuisine mais le résultat s'est avéré très satisfaisant et remplissant les conditions fixées à deux exceptions près. Le dessert ne provenait pas du livre (tout en étant végétarien, le cas de la plupart des desserts !). Et il y a eu un amuse-bouche non végétarien : un tarama d'oursin car j'avais eu l'opportunité d'en trouver dans une épicerie méditerranéenne récemment découverte, Agrology et eu envie de le faire goûter à Monsieur, grand amateur d'oursins.

Les plats furent donc les suivants (servis en simultané) :

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- rose et vert : tarama d'oursin sur endive (coupé sur la photo),

- rouge : salade aigre-douce d'endive rouge , trévise, grenade, ricotta et sirop d'orange,

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- noir : tofu au poivre noir,

- blanc : riz,

- brun-vert : salade de lentilles au céleri et noisettes,

- orange : courge rôtie avec sauce à la citronnelle,

- jaune : coings confits (dessert).

 

On s'est régalés, une nouvelle preuve qu'il n'y a pas nécessairement besoin de viande ou poisson pour cela. Avec, pour ma part, une mention particulière pour la salade rouge et le tofu.

Et vous, vous fixez-vous parfois des contraintes pour composer vos repas ? Avez-vous déjà fait des repas festifs et végétariens ?

 

*Deux autres livres de Yotam OTTOLENGHI & Sami TAMIMI ont été traduits en français : Jerusalem et le Cookbook

 

03/01/2015

Délicieux réveillon mi-maritime mi-terrestre et bien maîtrisé

Après plusieurs années où je m'en étais occupée, j'ai laissé Monsieur aux manettes du réveillon du 31, n'ayant qu'à préparer le dessert (selon ses préférences). Il a choisi le menu, il a cuisiné et je n'ai eu qu'à me régaler de mets fastueux. Ce qui me parait important pour un repas de ce type, que l'on soit deux ou beaucoup plus nombreux, c'est d'avoir préparé le maximum de plats un peu en avance (donc de les choisir en conséquence) pour passer le moins de temps possible en cuisine et profiter des convives. Et aussi d'éviter de se lancer dans de nouvelles recettes risquées. Bref, un peu d'organisation, pas de plats trop compliqués. Mission plutôt remplie et grande réussite gustative.

Apéritif : concombre et oeufs de saumon, frais et croquant ;

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Première entrée : tartare d’huîtres et St Jacques, très minutieusement dressé et fort délicieux accord : une première mais peu de risque vu la qualité des ingrédients et le sérieux de Monsieur pour assaisonner avec mesure ;

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Deuxième entrée : foie gras de canard et un peu de confiture de coing ;

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Plat : gambas poêlées au beurre aux algues et déglacées au whisky pur Malt, comme cela est conseillé dans cette recette d'Olivier Roellinger, un régal plein de saveurs, que Monsieur avait déjà réalisé mais qui fut là encore plus réussi ;

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Légume : mini poêlée d'épinards aux marrons, bon mais un peu décalé, plus rustique que le reste ;

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Fromage : petites portions pour garder une place pour le dessert, fort goûteux Pélardon  et Comté 48 mois ;

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Dessert (ma contribution) : mousse au chocolat "conticinienne" (regardez la vidéo, très gourmande) accompagnée de biscuits aux flocons d'avoine et noisettes (recette du livre de Marie Grave, je vous en reparle bientôt) en lieu et place du supra-sablé recommandé (je prenais un risque mesuré d'essayer une nouvelle mousse au chocolat plutôt que ma classique) : bien réussie, texture ultra-onctueuse et biscuits croquants et délicieux.

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Et vous, avez-vous été en cuisine pour le réveillon ? Y avait-il une dominante dans votre repas ?

A nouveau, je vous souhaite une très belle année 2015, sereine et gourmande.

 

 

 

20/12/2014

Belle fin d'année gourmande avec PEACE !

Non, je ne me mets pas à parler un étrange mélange franglais ! C'est plutôt, comme je l'ai déjà raconté, que je suis un peu trop fan des acronymes... Celui-ci m'est venu quand j'ai cherché une façon de vous parler des festivités à venir sans que cela soit exactement comme en 2013 ou en 2011. Pas facile ! Et le fond reste un peu le même, ne pas stresser avec ce que l'on mange et la peur de prendre des kilos.

Donc, une belle fin d'année gourmande avec PEACE cela veut dire :

Plaisir

Envies

Affirmation

Confort

Energie

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Vous hésitez ? 

Plaisir de mets inhabituels ou de bons plats maison qu'on a pris le temps de préparer. Plaisir de la convivialité familiale plutôt choisie que subie, ou, si l'on n'aime pas les festivités, d'une tranquille période où l'on traîne en pyjama et l'on mange ce que l'on veut, mets de réveillon ou pas du tout. 

Envies à suivre sans se contraindre à manger absolument comme les autres, pour privilégier ce que l'on préfère, en zappant certains plats si on ne les aime pas, sauf à créer un incident diplomatique.

Affirmation de ce que l'on a envie de manger et en quelle quantité, bien sûr pas toujours facile qu'il s'agisse de la famille, de la belle-famille, qui force un peu la main, mais l'on peut s'entraîner un peu à dire "non merci, c'était vraiment délicieux mais je n'ai plus faim", "merci, je ne me ressers pas, je préfère me réserver pour la suite"...

Confort de bien manger mais ne pas se gaver, d'attendre le retour de la faim si on a trop mangé, d'alterner repas copieux et légers pour ne pas perdre le plaisir de manger. Confort de sortir de table ravi(e) de son dîner plutôt qu'horriblement lourd(e) d'avoir vraiment exagéré.

Energie retrouvée au fil des jours si l'on peut profiter d'une petite pause de vacances pour se détendre, dormir suffisamment, prendre soin de soi, aller à son rythme...

Avec tout cela, je vous souhaite que la fin d'année soit savoureuse.

A lire aussi, les conseils de ma chère collègue Géraldine.

A bientôt !

Visuels Fotolia © RG & © RH10