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12/10/2015

Dans les mailles du filet : de la rude pêche d'antan à la complexité actuelle

La semaine dernière, j'ai été conviée en avant-première à la présentation d'une nouvelle exposition qui vient d'ouvrir au Musée de la Marine à Paris (Palais de Chaillot). Heureux calendrier, j'étais disponible et cela donnait l'opportunité d'une visite commentée de façon très intéressante par son commissaire.

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Une bonne partie de l'exposition est consacrée à la pêche à la morue en haute mer. C'est un pan majeur de l'histoire de la pêche européenne, et très rude. Les navires partaient pour 6 mois vers les mers froides de Terre-Neuve, du Labrador, d’Islande et du Groenland, les pêcheurs abandonnaient leur famille pour cette durée, Certains même ne revenaient pas car la mer peut être fort violente. Toute cette histoire est racontée à travers dessins, tableaux, films, livres... avec notamment une mise en avant du plus célèbre, Pêcheur d'Islande.

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On apprend aussi quelques anecdotes culinaires : ainsi la présence des accras de morue aux Antilles est dû au fait qu'on venait y débarquer quantité de morue, mets facile à conserver (elle était salée sur le bateau ou séchée au soleil) et source de protéines économique pour les esclaves d'alors. Sans oublier bien sûr la si répandue huile de foie de morue pour fortifier les enfants naguère. Ou que l'homme le mieux payé du navire était le responsable du salage car de son travail dépendait la qualité du produit final.

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J'avais eu un aperçu de cette histoire il y a un an et demi, quand nous étions partis à St Brieuc, En effet, en 2013-2014, quatre villes (Granville, Rennes, St Brieuc, St Malo) s'étaient regroupées pour monter plusieurs expositions relatant cette épopée maritime. A Saint Brieuc, nous avions vu Le temps de l'absence qui mettait l'accent, de façon émouvante, sur la vie difficile à terre, notamment pour les familles quand les bateaux étaient loin.

Cette exposition est donc riche en œuvres diverses racontant cette époque qui s'étale sur plusieurs siècles. Et par ailleurs, pour la première fois dans ce Musée, nous a-t-on dit, elle embrasse un sujet totalement actuel, celui de la surpêche et de l'épuisement de certaines espèces. Il est ainsi frappant de voir que cette pêche à la morue, certes très dure mais semblant fournir des ressources inépuisables, a tout à coup connu un coup d'arrêt à Terre-Neuve en 1992. Car les réserves de morue ont fini par s'épuiser... avec les excès de la pêche industrielle. Cela devait être provisoire mais ne s'améliore que très peu... Le cabillaud que l'on mange aujourd'hui vient majoritairement de la mer de Barents au nord de la Norvège.

La dernière partie de l'exposition rassemble ainsi de nombreuses informations orientées vers le grand public pour le sensibiliser à ce sujet sur lequel il peut agir dans son quotidien, en mangeant éventuellement moins de poisson (c'est-à-dire inverser la tendance...) et en choisissant et variant les poissons qu'il mange.

dans les mailles du filet; musée de la marine,pêche à la morue,histoire de la pêche

Les concepteurs de l'exposition ont davantage cherché à informer qu'à créer la polémique et ils ont donné la parole, via des témoignages notamment en video à des intervenants divers (il y a notamment Bloom, Greenpeace, le MSC...). Différentes activités sont aussi prévues pour les enfants.

Bref, une exposition artistique, historique, informative et citoyenne visant un large public.

Dans les mailles du filet, Musée de la Marine, place du Trocadéro, Paris 16eme, jusqu'au 26 juin 2016.

10/10/2015

Du poisson, oui, un peu et surtout pas toujours le même !

Il y a déjà 6 ans, en 2009, je publiais le billet ci-dessous où je m'interrogeais sur notre capacité à varier davantage les poissons. Ce billet m'est revenu suite à un échange avec un des concepteurs de l'exposition "Dans les mailles du filet" qui vient de commencer au Musée de la Marine (j'étais conviée à une visite cette semaine). En effet, la dernière partie de l'exposition évoque la problématique actuelle de la sur-pêche de certaines espèces. Et on se disait, ce n'est pas une révélation, que les Français mangent un peu toujours les mêmes poissons : du saumon, du thon, du cabillaud, des sardines...

J'ai pour ma part refait le petit exercice auquel je m'étais livrée en 2009. En fait, la variété reste à peu près la même si l'on considère l'occasionnel mais, en fait, je mange au global du poisson moins souvent car je fais beaucoup de repas végétariens. Ma consommation se répartit ainsi, me semble-t-il :

- anchois, bar, bonite, daurade, maquereau, sardine, saumon, thon (ceux que Monsieur cuisine ou l'utilisation de conserves). On est attentif à l'origine, au type de pêche... Par exemple en allant chez le poissonnier de Terroirs d'Avenir, où il y a de merveilleux poissons qui arrivent en direct, d'espèces variées selon la disponibilité du jour. 

- anguille, bonite, cabillaud, chinchard, espadon, hareng, lieu jaune, lotte, St Pierre, sole, truite (occasionnellement au restaurant, chez des amis...).

Pour moi, il en est du poisson comme du reste de l'alimentation : mieux vaut moins souvent et de bonne qualité. Et si possible, continuer à se faire plaisir avec du bon plutôt que le supprimer de son alimentation. 

Et vous, combien de poissons différents mangez-vous ? Quelles espèces ? Etes-vous parfois curieux(se) d'en découvrir de nouvelles ? Trouvez-vous que la proposition trop pauvre ?

 

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Billet publié le 16 février 2009

Je reviens sur le poisson, dont j'ai parlé il y a quelques semaines suite à une conférence de l'Institut Français de Nutrition. Des questions qu'on se pose souvent : que vaut le poisson d'élevage ? Faut-il privilégier le poisson de pêche ? En France, c'est encore très majoritairement la pêche qui domine : 85 % contre 15 % environ pour l'élevage (alors que dans le monde, la pêche représente 55 % seulement).

En fait, tout n'est pas blanc ou noir. Il y a de bons et de mauvais poissons d'élevage car il y a différentes façons de les nourrir. Et l'élevage permet de garantir une régularité dans leur nourriture meilleure qu'en mer, ce qui leur assure notamment un niveau de chair grasse constant. Le problème, c'est que la meilleure nourriture, c'est l'huile de poisson, mais cela en consomme une trop grande quantité. Il y a des recherches pour mixer différentes alimentations.

Mais le problème est surtout que les mers se vident, certaines espèces n'arrivent plus à se renouveler et pourraient disparaître. Selon l'IFREMER, 75 % des espèces sont surexploitées ou totalement exploitées. Alors, ne pourrait-on pas nous faire découvrir d'autres variétés de poissons ? Ne mange-t-on pas toujours les mêmes par habitude ou méconnaissance ?

Ainsi, à l'étal de mon poissonnier, j'ai compté une vingtaine d'espèces. C'est déjà pas mal, il est plutôt bien fourni mais ce sont quasiment toujours les mêmes poissons. Ce qu'il trouve chez ses fournisseurs et ce que demandent ses clients.
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Il y a 250 espèces de poissons dans les vastes océans. Mais, en France, une dizaine d'espèces seulement représentent 70 % des ventes : le thon, le saumon, le lieu, le cabillaud, le merlu, la sardine, le hareng, la truite, le maquereau, le panga , le perche du Nil.
Certes, certains poissons ne seraient pas à notre goût mais sont-ils tous immangeables ? Ou est-ce un manque de curiosité ? Et je suis bien désolée que, parmi les plus consommés, on trouve le panga, encore inconnu il y a quelques années et pas vraiment inoubliable gustativement parlant. Et même pas intéressant d'un point de vue nutritif. Malheureusement, il est en train d'envahir les collectivités.

Moi-même, plutôt amatrice de poisson et notamment via la cuisine japonaise, j'ai compté que je consommais de façon plus ou moins régulière 12 variétés (sans compter coquillages et crustacés) : sardine, maquereau, saumon, thon (de moins en moins de thon rouge, qui devient rare), anguille, bar, cabillaud, sole, espadon, lotte, merlan, daurade...

Et vous, avez-vous déjà compté ? Vous arrive-t-il de goûter de nouveaux poissons ? Et variez-vous les modes de préparation ? Car le poisson, on peut le manger par exemple grillé, au four, à la vapeur, au court-bouillon, mariné, en terrine, en salade, etc.

01/10/2015

La rentrée est déjà loin. Et les bienfaits des vacances ?

Peut-être avez-vous observé que je ne vous ai pas imposé de billet "conseils de rentrée"... ? Un de ceux où vous auriez sans doute vu des injonctions, même déguisées, même sympathiques ;-) Je me suis abstenue. Mais un mois ou davantage plus tard, peut-on en parler ? Leurs bienfaits sont-ils carrément partis aux oubliettes ?

Sans doute beaucoup d'entre vous ont-ils pris des vacances cet été, tranquilles ou exploratrices, proches ou lointaines, calmes ou animées. Peut-être aimeriez-vous être plus souvent en vacances...

Vous vous étiez par exemple reposé(e), ressourcé(e), régénéré(e), regonflé(e), revitalisé(e).

Vous aviez ralenti, ri, vous vous étiez réjoui(e) régalé(e)...

Puis cela a été la rentrée, avec son lot d'urgences, de tâches multiples, de stress.... Les vacances sont déjà loin. Où en êtes-vous ?

Peut-être certain(e)s d'entre vous

- sont-ils vite retombés dans le stress et le rythme effréné des mois précédents, persuadés que c'est une fatalité,

- ou ont-ils déjà abandonné les ambitieux objectifs qu'ils s'étaient fixés, un abonnement à une salle de sports pour y aller 3 fois par semaine, un stock de livres de cuisine pour mitonner de bons petits plats au quotidien, un régime super strict pour compenser les apéros-chips-saucisson...

Et attendant les prochaines vacances avec impatience...

Stop ! N'y aurait-il pas une possibilité d'agir en douceur, d'impulser quelques petits changements qui feront la différence côté bien-être ? Maintenant que l'urgence de la rentrée est passée, n'est-ce pas le bon moment pour y penser ?

Il n'est pas trop tard pour prendre quelques minutes pour réfléchir à ce qui vous avait vraiment fait du bien en vacances, ce que vous avez fait avec plaisir, sans contrainte. Par exemple, aller au marché, prendre le temps de cuisiner des plats simples et bons sans se presser, bouger, nager, vous promener dans la nature, passer du temps avec vos proches, prendre votre temps, lire, ne rien faire, dormir...

Ces choses que vous aimez, occupent-elles une place suffisante dans votre quotidien pendant l'année ? Aimeriez-vous leur en faire une plus grande ? Ne vous occupez pas de ce qu'il FAUDRAIT faire, d'écouter vos meilleurs amis, votre famille ou les magazines mais de ce dont vous AVEZ REELLEMENT ENVIE. Pas cinquante projets, peut-être un ou deux qui vous tiennent à coeur, vous font plaisir, vous donnent la pêche.

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Côté alimentation, comme je le répète sans cesse, la rentrée, pas plus qu'un autre, n'est le bon moment pour se mettre au régime. Beaucoup de personnes sont encore persuadées que c'est la seule façon de mincir. Mais non ! On peut retrouver son poids naturel (si on s'en est éloigné) en réapprenant à écouter les signaux envoyés par son corps, en mangeant de tout, en  s'arrêtant quand le corps dit stop, en observant pourquoi, parfois, on n'a pas envie de l'écouter...

Côté repas par exemple, qu'est-ce qui vous avait particulièrement fait plaisir en vacances ? La découverte de nouvelles saveurs, les courses sans courir, le temps de cuisiner sans regarder sa montre... ?  Pas besoin de disposer de plusieurs heures pour cuisiner quelque chose de bon et pour se faire plaisir....

Qu'en pensez-vous ?

 

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23/09/2015

Et si on petit déjeunait salé ?

Parfois, des personnes me parlent de leur faim trop vite revenue ou d'un coup de barre en cours de matinée, alors qu'elles ont pris un petit déjeuner. Mais sans doute pas le petit déjeuner qui leur convient. Ces personnes (ce n'est pas le cas de tout le monde, ne généralisons pas !) ont un mode de digestion du "sucre" (pain blanc, céréales raffinées ou très sucrées, confiture, jus de fruit...) très rapide qui ne leur permet pas un rassasiement durable.

Pour trouver ce qui leur convient, la réponse peut être graduelle et basée sur l'expérimentation personnelle :

- la suppression de la confiture (la réserver au week-end par exemple),

- un pain plus rassasiant (pain au levain, pain complet bio,  pain allemand "pumpernickel"...),

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- ajouter un fruit dont les fibres ralentiront la digestion.

Ou, si tout cela ne suffit pas, opter pour un petit déjeuner salé, où la part des aliments riches en protéines (jambon, œuf, fromage...) sera plus importante.

Bien sûr, il y aussi des personnes qui choisissent un petit déjeuner salé par goût, notamment quand elles ont le temps.

Mais récemment, une amie ayant expérimenté avec satisfaction des petits déjeuners salés, me confiait sa crainte d'être rapidement lassée, de retomber trop souvent sur le même petit déjeuner. Il me semble pourtant que les possibilités sont nombreuses avec juste un peu d'organisation. Par exemple :

. Autour du pain :

- du fromage, en variant les pains et les fromages (parmi ceux que l'on apprécie le matin) : fromage frais, fromages de chèvre, de brebis, Comté, Cantal, feta, voire Reblochon ... par exemple, avec du pain de campagne, du pain aux céréales, aux noix, ...

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- du jambon, de la bresaola, du poulet, du saumon fumé, ...

- un petit sandwich avec ce que vous voulez comme base et un peu de salade, de crudités, ...

- une tartine d'avocat écrasé (c'est très à la mode) avec un peu de mozzarella, de radis, de graines germées, ...

- un œuf à la coque et des mouillettes,

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D'autres possibilités :

- une part de cake salé ou un mini-cake aux légumes, par exemple potimarron ou carotte-châtaigne, ou épinards... (qu'on peut faire à l'avance et congeler),

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- un reste de quiche ou de tarte aux légumes,

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- à la japonaise, un bol de riz (éventuellement un reste de la veille) agrémenté de ce que vous aimez (algues, œufs de saumon, légumes...).

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Et pourquoi se fixer des barrières ? En salé comme en sucré, le meilleur petit déjeuner est celui qui vous plait, vous rassasie jusqu'au déjeuner, que vous digérez bien et ne nécessite pas des heures de préparatif...

L'important est d'essayer pour trouver ce qui vous convient sur ces différents aspects, en vous écoutant vous plutôt qu'écouter les pseudo-gourous alimentaires qui vous disent "surtout pas ci, surtout pas ça". Et bien sûr, quand même un conseil, de boire aussi (chaud ou froid) pour vous réhydrater après la nuit.

Alors, vous arrive-t-il de petit-déjeuner salé ? Ou avez-vous envie d'essayer ? Avez-vous des bonnes idées à partager ?

 

 

21/09/2015

Et si un film nous aidait à regarder nos assiettes ?

Avez-vous entendu parler du film "Regards sur nos Assiettes" ?

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En fin de semaine dernière, j'ai appris via des adhérents Slowfood qu'il y avait le dimanche soir une projection-débat de ce film. J'ai eu envie d'y aller car j'en avais entendu parler sur le web et j'avais été intéressée par la bande-annonce. Intéressée car cela semblait être un film échappant au catastrophisme et à la sinistrose de nombreux documentaires puisant dans le domaine alimentaire. Et entrepris par un groupe de six étudiants, ni journalistes ni apprentis cuisiniers mais géographes, étudiants à Annecy.

Je me doute que je suis mieux informée que la moyenne des gens sur ces sujets. Pourtant, j'ai vraiment apprécié le film (au-delà de quelques infographies un peu scolaires mais pouvant sans doute aider à la prise de conscience). Le constat de départ est la part négligeable des circuits courts (2%) alors que 80% de la consommation alimentaire se fait dans les grandes enseignes de distribution. Au fil des recherches et rencontres des étudiants, on entend à la fois des propos angoissants tel un professeur de lycée horticole à propos des tomates de plein champ "On ne peut pas enseigner un truc qui est en train de disparaître gentiment..." et d'autres beaucoup plus encourageants : un responsable de collectivité qui, atteignant la part limite hors marchés publics d'alimentation bio et locale, prévoit de former les producteurs locaux pour qu'ils puissent répondre aux marchés publics. Ou un patron d'une jeune entreprise de restauration collective qui dit sa joie de "retrouver des postes avec des cuisiniers qui cuisinent".

J'ai apprécié que les étudiants s'intéressent à tous les intervenants sans hiérarchie car cela rejoint ma conviction que le changement des habitudes viendra par un mouvement de chaque maillon "de la fourche à la fourchette". On voit aussi un boulanger avançant peu à peu dans son projet de pain purement local expliquer, ce qui rejoint tellement mes convictions dans ce monde de chasse au gluten : "Ce n'est pas le pain le problème, c'est la façon dont on le produit !". Il explique en quelques mots l'évolution des semences et le fait qu'elle ont davantage changé en 50 ans que dans les 12 000 ans précédents... (un discours qu'apprécierait Roland Feuillas...). Agriculteurs et éleveurs se questionnent et évoluent aussi.

C'est ce que j'ai vraiment aimé dans le film : les témoignages de divers acteurs de la chaîne alimentaire qui œuvrent concrètement, dans leur territoire, à développer des circuits courts, permettant l'approvisionnement local et bio (ou équivalent) du plus grand nombre. Des hommes et des femmes motivés, persévérants et qui, chemin faisant, prennent conscience qu'ils retrouvent un sens à leur travail, qu'ils soient agriculteur, cuisinier ou boulanger. Des femmes et des hommes qui travaillent beaucoup certes mais qui arrivent ainsi à changer vraiment leur approche et son impact sur l'alimentation locale. Comme le dit l'un d'eux, "le commerce équitable, c'est en France aussi !". Il n'y a là rien de facile ou d'idéaliste mais du concret, du travail, de la réflexion, des rencontres, du partage.

J'ai aimé que ce ne soit pas un film militant avec un parti-pris de départ qu'il essaie de démontrer mais plutôt l'exploration de quelques étudiants curieux et relativement ignorants qui cherchent des réponses à leurs questionnements. Lors du débat qui a suivi le film, certains ont regretté qu'on ne montre pas davantage la face noire de l'alimentation (pour ma part, il me semble que la télé s'en charge bien...). Bien sûr, il est très loin d'être exhaustif mais comment l'être sur un sujet comme l'alimentation, tellement vaste et complexe ?

Comme l'a dit le réalisateur Pierre Beccu dans le débat suivant les film, les étudiants voulaient montrer des gens qui ont envie de nourrir sainement leurs voisins.... Espérons qu'il y en ait de plus en plus. Et à nous consommateurs ou consomm'acteurs de les encourager par nos choix.

regards sur nos assiettes, pierre beccu, documentaire sur l'alimentation, circuits courts, alimentation et territoires

Pour l'équipe, la prise de conscience et l'action devraient d'abord venir des jeunes, comme ceux qui ont initié le film. Du coup, elle aimerait, outre une diffusion limitée en salle, présenter le film en milieu scolaire pour susciter des débats autour de l'alimentation et du territoire. Si vous êtes enseignant, pourquoi ne pas aller lire le dossier pédagogique pour y réfléchir... ?

Regards sur nos assiettes, documentaire, 1h15

 

17/09/2015

Merci les blogueuses culinaires !

Je ne suis pas d'une grande créativité en cuisine, je n'essaie pas vraiment d'inventer des recettes. Bien sûr, au quotidien, je mélange des ingrédients pour une salade selon mon inspiration, je décline des recettes éprouvées, je varie les possibilités d'un gâteau ou d'un dessert fruité... Mais cela ne va pas très loin.

Car les propositions des blogs sont tellement nombreuses, appétissantes, faciles à réaliser que ce serait dommage de se priver de les suivre...

J'ai quelques blogs favoris que je lis régulièrement et je mets parfois de côté des recettes pour plus tard. Mais, hasard, ces derniers jours, on y a souvent puisé sans attendre.

Ainsi, j'ai réalisé :

- "pêchée" chez Pascale Weeks, une originale salade avocat-champignon-courgette-parmesan, un accord auquel je n'aurais sans doute pas pensé, qui a fait un fort plaisant dîner,

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- repérée chez Anne Demay et son Panier de saison : une délicieuse tarte aux champignons et noisettes : elle proposait d'utiliser des cèpes mais j'avais justement sous la main des "vrais" champignons de Paris, achetés lors de la fête du manger local.

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- Proposée par Edda Onorato, une salade de pommes de terre rôties enrobées de speck : j'avais immédiatement senti que cela pourrait plaire à Monsieur, grand adorateur de pommes de terre et fan d'Edda, en qui il a toute confiance pour la qualité des recettes. Je l'ai donc laissé faire, j'ai toutefois négocié (ce qui est suggéré dans la recette) de remplacer le Speck, que je trouve terriblement salé, par du jambon cru. Ce fut excellent.

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Je l'ai déjà dit, je suis fan des blogs de cuisine car j'y trouve des recettes plus accessibles, souvent mieux expliquées dans leurs détails que celles des chefs.

Outre les précédemment citées, je trouve qu'il y a beaucoup de recettes accessibles et appétissantes sur le blog de Papilles & Pupilles notamment (pas étonnant que ce soit un des plus fréquentés) qui fait partie de ceux que je recommande souvent à mes patients.

Et vous, avez-vous vos blogs ressources préférés pour des recettes délicieuses, bien expliquées et faciles à réaliser ?

14/09/2015

Manger local en Ile-de-France ? On essaie...

Ce week_end se tenait sur les berges de Seine la "Fabuleuse fête du Manger local en Ile-de-France" dans le cadre des "Semaines du Manger Local". Pas de chance, il a plu quasiment tout le week-end et cela a très probablement découragé un certain nombre de curieux. Imper sur le dos, je me suis armée de courage pour aller jusqu'au Port du Gros Caillou, dans le 7eme arrondissement, où se tenait le marché. 

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J'ai retrouvé quelques producteurs que j'avais déjà rencontrés au Salon de l'Agriculture :les Nicettes (délicieux caramels) par exemple, ou la ferme de Viltain. Et aussi, découvert quelques autres.

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J'ai fait quelques emplettes gourmandes :

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- des champignons de Paris qui pour une fois n'usurpent pas leur appellation, cultivés à Méry-sur-Oise dans le Nord de la région parisienne,

- des simili-confitures relativement peu sucrées "Délits fruités" de la marque Oorain, installée à Meudon, dont certains fruits viennent de la plaine de Versailles,

- des yaourts nature de la Ferme de Viltain,

- quelques moelleux macarons de Réau, car je les avais bien appréciés précédemment (noisette, vanille, café),

- une tisane de feuilles de chanvre, garantie non hallucinogène !

On peut s'intéresser à ce qui est local quand on fait ses courses ou qu'on va au restaurant, Les différentes initiatives valorisant le terroir d'Ile-de-France sont répertoriées par le CERVIA.

Au quotidien, il n'est pas forcément évident de manger local. Cela est sans doute possible dans de nombreuses régions si on explore les "circuits courts" de sa région, de type AMAP, Ruches... ou les marchés (en vérifiant là si on a bien affaire à des producteurs locaux).

Le local permet bien sûr de diminuer les transports, ce qui est bien sûr positif pour le produit. Il me semble toutefois que l'important est peut-être aussi, surtout pour les fruits et légumes, qu'ils aient été fraichement cueillis : c'est-à-dire que la logistique mise en place entre producteur et lieu de distribution permette de disposer de légumes et fruits cueillis si possible la veille et donc au mieux de leur maturité et de leur goût. Ce qu'on trouve par exemple chez Terroirs d'Avenir sans que la région parisienne soit principalement représentée.

Et vous, êtes-vous attentif(ve) à la dimension locale de vos achats ? Par quel canal ?

02/09/2015

Ne confondons pas poids et santé !!!

Eh oui, la confusion est fort répandue. Entre l'obsession d'un idéal de minceur de beaucoup de femmes, les antiennes des pouvoirs publics sur "5 fruits et légumes par jour" et l'image de légèreté des légumes, s'est largement ancrée l'idée qu'être mince, c'était être en bonne santé. Et, au contraire, être en surpoids entraînerait toute une série de risques pour la santé, avec des peurs largement alimentées par le monde médical.

Or, je vais vous faire une grande révélation, le POIDS ET LA SANTE, CE N'EST PAS LA MEME CHOSE !

Je ne cesse de l'expliquer à mes patients donc je me suis dit que cela méritait bien un billet de blog... 

Le poids, c'est une question de quantité de calories absorbées, d'équilibre entre ce qu'on mange et ce qu'on dépense. QUOI QU'ON MANGE ! Regardez autour de vous, vous connaissez très certainement des personnes qui ont une alimentation très répétitive, à base de pâtes instantanées, de pizza et de kebab, et qui sont toutes minces. Vous vous dites peut-être que ce n'est pas juste... Or, outre une morphologie fine, c'est sans doute que ces personnes écoutent leur appétit. Mais, en mangeant toujours la même chose, elles ne prennent peut-être pas tellement soin de leur santé (pas plus qu'une personne qui se nourrirait uniquement de crudités...). Vouloir mincir à tout prix peut aller totalement à l'encontre de sa santé quand on se lance dans des régimes délirants...

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Si on a une alimentation très variée mais en excès, on prend du poids...

De l'autre côté, avoir une alimentation santé peut être tout à fait déconnecté du poids. J'entends souvent des personnes me dire "je ne comprends pas, JE MANGE EQUILIBRE ET JE GROSSIS"... Normal, cela n'a rien à voir ! On peut avoir une alimentation très saine, variée, cuisiner, ne pas manger "trop gras ou trop sucré" et... être en surpoids. Car on n'écoute pas sa faim, on mange au-delà de son appétit, on continue à manger sans avoir faim par habitude, éducation, manque d'attention... Ou par respect de tout ce qu'on entend sur l'alimentation équilibrée : combien de personnes n'ont plus faim après leur plat principal mais mangent un laitage et un fruit parce qu'IL FAUT faire un "repas équilibré" ! Etre en surpoids ne veut pas dire qu'on est en mauvaise santé ou qu'on a des risques pour sa santé. Une personne peut très bien avoir une alimentation saine, être en forme, bouger et être en surpoids, ce n'est pas "grave", arrêtons de la culpabiliser si elle se sent bien ! Mais, si elle veut perdre du poids, elle pourra probablement le faire, en comprenant pourquoi elle a pris du poids et se reconnectant à ses sensations corporelles de faim et de rassasiement, et pas en éliminant des catégories d'aliments.

Bien sûr, on peut avoir envie à la fois de retrouver ou maintenir un JUSTE POIDS et de MANGER SAINEMENT pour être en forme : c'est possible et sans doute souhaitable mais ayons conscience que ce n'est pas la même chose.

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31/08/2015

Manger végétarien dehors : est-ce qu'on avance ?

J'avais il y a un certain temps écrit des billets sur comment végétarien dehors, que ce soit dans des restaurants largement ou purement végétariens, ou dans des restaurants classiques (bizarrement, en relisant ce billet, je trouve que j'avais été un brin optimiste alors...). Depuis, le végétarisme a progressé dans les mentalités et les comportements. Parallèlement, je constate très souvent dans les restaurants que je fréquente que la proposition ne serait-ce que d'un plat végétarien est très rare alors qu'il peut y avoir 5-6 plats de viande et poisson. Semilla, dans le 6eme arrondissement, bonne table proposant toujours au déjeuner une formule avec trois choix viande/poisson/végétarien, reste une relative exception. A Paris, les restaurants "sans" ne cessent de se développer pour répondre à la mode (sans gluten, végétalien, ...), on ne voit pas apparaître, à ma connaissance, de restaurants végétariens. Et l'offre végétarienne des restaurants omnivores ne me parait pas exploser...

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Alors que pour ma part, mangeant de la viande et du poisson raisonnablement et ayant majoritairement envie de repas végétariens, je rêve de restaurants "mixtes" où on peut selon le moment, selon les envies et les choix de chacun, manger végétarien ou pas, partager un repas où l'un mange végétarien et l'autre une pièce de viande. Cette possibilité n'est pas si répandue et quand on demande spécifiquement un plat végétarien qui n'est pas à la carte, cela est souvent compliqué. Ou cela se traduit par des légumes. Et, quand c'est à la carte, c'est souvent un classique risotto.

Finalement, c'est à Aix-en-Provence, ville bien plus petite que Paris (peut-être plus fréquentée par des étrangers ?) que j'ai vu deux idées intéressantes.

Dans un restaurant style bistrot traditionnel assez simple, il y avait, à côté de la côté de veau et des pieds paquets, une "assiette végétarienne du moment", à choisir avec ou sans œuf. J'ai choisi ce plat et j'ai vu arriver une assiette composée de légumes variés, crus et cuits, de purée et d'un œuf au plat. Ce n'était pas de la grande cuisine, mais c'était bon et nourrissant et j'ai trouvé vraiment bien que cela soit prévu.

Dans un tout autre style, je suis tombée par hasard sur le restaurant d'un hôtel très chic où je ne pensais absolument pas m'attabler. Mais, en regardant la carte, j'ai eu la surprise de trouver un menu végétarien, disponible au déjeuner et au dîner (à un prix nettement plus abordable que la carte). Et ce menu proposait même un choix entre deux propositions. J'ai eu le plaisir de dîner avec ce menu. Détail amusant, méconnaissance ou, l'amuse-bouche n'était pas spécifique et à base de poulpe.

J'ai ainsi mangé des beignets de fleurs de courgette, un risotto aux légumes verts, un délicieux dessert, dans un cadre merveilleux.

Ces deux exemples illustrent parfaitement ce dont je parlais plus haut : que l'on soit végétarien ou pas, on peut choisir un repas végétarien sans contraindre les autres convives à le faire. Ne serait-ce pas l'avenir ?

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En revenant à Paris en revanche, donnant rendez-vous il y a quelques jours à une amie près de son bureau, j'ai choisi un restaurant paraissant sympathique, au demeurant plutôt bon quoiqu'à la cuisine un peu fade. Mais j'ai trouvé dommage que, dans la totalité du menu entrées et plats, rien ne soit végétarien...

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A noter, une offre alternative : l'initiative du restaurant Dune qui laisse la place le mardi soir depuis quelque temps(et pendant tout l'été) à un duo de chefs invités cuisinant végétaLien. De quoi éveiller ponctuellement la curiosité des omnivores à d'autres goûts ? J'y y fait un très bon déjeuner (avec un bémol sur le dessert) avec une tartine façon banh-mi pleine de parfums et de textures et une sorte de couscous avec de délicieux légumes (entrée-plat 15 euros). Et mon compagnon de repas, très omnivore, a beaucoup apprécié aussi, que ce soit le goût ou l'aspect rassasiant.

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Je sais bien que cela n'est pas dans les habitudes de la plupart des chefs, que c'est souvent plus simple d'associer viande ou poisson et un accompagnement, que faire des plats végétariens demande de l'entrainement et un peu d'imagination. Je reste optimiste sur une évolution même lente...

Et vous, avez-vous de belles expériences végétariennes à partager ? Avez-vous parfois envie de manger végétarien au restaurant sans que cela soit possible ? Vous arrive-t-il de le demander si ce n'est pas à la carte ?

28/08/2015

Cet été, j'ai cuisiné (un peu)

Ayant déménagé et pas encore emménagé, je suis loin de disposer  de tous mes ustensiles, livres de cuisine, ... Mais j'ai quand même cuisiné, même si les repas sont plus souvent assurés par Monsieur.

J'ai profité des légumes et frais de saison, j'ai improvisé en fonction des courses, du disponible ou de l'envie du moment. Des plats toujours simples à réaliser. Et je constate que, sans difficulté ni frustration, je continue depuis déjà un an à cuisiner végétarien (sans être végétarienne, je mange toujours des produits de la mer et assez occasionnellement de la viande).

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Un de mes grands classiques estivaux : la poêlée de tomates et oeufs

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De délicieuses tomates farcies de quinori, feta et légumes

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Une pizza aux courgettes jaunes improvisée et savoureuse

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Des tartines avocat-ricotta-tomate-oignon, une recette que j'avais stockée sur pinterest puis oubliée...

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Une originale salade figues-avocat-parmesan du livre de cuisine végétarienne de Laure Kié qui fut complétée par une autre salade

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Une soupe épinard-pois chiche-curry-sésame de Pascale Weeks parce qu'on avait un reste de pois chiches et ce fut une belle découverte

Je suis aussi tombée sous le charme du livre Festin de Nature, de la blogueuse Erin Gleeson, dont les recettes végétariennes sont appétissantes, vraiment simples (certains diront peut-être basiques...) et joliment présentées. J'ai commencé par une salade de tomate et nectarine, avec feta, oignon rouge et noix de pecan très plaisante. Et beaucoup d'autres recettes me font envie. 

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Et dernièrement, partie avec des idées en tête, j'ai changé d'avis en découvrant l'étal de Terroirs d'Avenir le jour de leur réouverture : les très jolies petites courgettes jaunes étaient si attirantes qu'elles m'ont donné l'idée d'un repas tout jaune d'accords légume/fromage : courgettes et pecorino (un classique), poivrons et tomates au four avec feta, tartine de tomates cerises et ricotta. C'était joli et c'était délicieux.

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Et vous, quelles furent vos réussites ou découvertes culinaires de l'été ?