Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/12/2015

Janvier 2015 : j'affine mon goût avec Slowfood

Petit retour sur les bons côtés, les jolis moments de 2015, ceux dont je n'avais pas pris le temps de vous parler sur le blog, et ils vont nous amener tranquillement à la fin de l'année.

En janvier, j'ai participé à une formation organisée par Slowfood sur le goût. Ca fait bien longtemps que je m'intéresse au goût des bonnes choses, j'ai participé à des ateliers de dégustation autour du thé, du chocolat... Mais je me suis intéressée de façon plus systématique aux mécanismes du goût et de la dégustation quand je suis devenue diététicienne. J'ai entrepris quelques formations sur le sujet car je propose parfois à mes patients d'apprendre à déguster un aliment, une étape souvent intéressante pour le considérer autrement. Mais quand Slowfood a proposé cette journée à un tarif très raisonnable, j'ai eu envie d'y participer car elle était menée par un sérieux expert du sujet, Paul Le Mens, et parce qu'on a toujours quelque chose à apprendre.

La journée s'est déroulée à toute vitesse, on n'a pas pu faire tout ce qui était prévu, mais ce fut fort plaisant et intéressant. Je connaissais pas mal d'aspects, mais ils ont été ravivés, et, ce qui est vraiment essentiel dans ce domaine, c'est la pratique. On a fait des dégustations de plusieurs aliments de façon très précise, à l'aide de grilles détaillées (pain, fromage, ...).

20150117_133132.jpg

20150117_153249.jpg

Bien sûr, ce n'est pas ainsi que l'on mange au quotidien mais on peut cependant s'entraîner à être plus attentif. Ainsi, j'explique souvent à mes patients qu'on mange avec tous les sens et je leur propose d'expérimenter cela en mettant davantage d'attention sur un plat, un repas, quelques bouchées. Il peut s'agir de prendre conscience du moment où le plaisir gustatif diminue et disparaît, d'être plus présent au repas et moins dans ses pensées, de se rendre compte qu'un aliment qu'on idéalise peut ne pas être si intéressant que cela, côté goût...

Malheureusement, l'éducation au goût est loin d'être assez présente à l'école. Jacques Puisais, grand spécialiste du goût, avait conçu les Classes du Goût il y a bien longtemps et elles percent timidement. D'autres initiatives voient le jour deci-delà et c'est tellement mieux que l'éducation nutritionnelle...

Et vous, vous arrive-t-il de déguster attentivement des aliments, des plats ?

Si vous avez envie d'approfondir un peu le sujet, il y a diverses possibilités :

. Le Palais des Thés a monté son Ecole du Thé qui propose divers ateliers/formations autour du thé.

. La délicieuse boutique Chocolatitudes propose régulièrement des ateliers autour du chocolat.

. J'organise parfois aussi des ateliers en petit nombre, contactez-moi si cela vous intéresse.

 

 

18/12/2015

Quelques conseils pour des fêtes gourmandes et pas gloutonnes ?

Sans doute un grand nombre d'entre vous prévoyez un ou plusieurs repas festifs, un peu différents du quotidien et parfois propices aux excès ? Les conseils en la matière abondent dans les magazines ou sur le web : oui aux huîtres, non au foie gras ; oui à la glace, non à la bûche... Vous vous en doutez, rien de ce type chez moi, rien n'est interdit ! Toutefois, si vous préférez passer les fêtes confortablement, peut-être ces quelques conseils vous seront utiles.


Arriver en ayant faim mais pas trop faim

Certaines personnes, quand elles ont en ligne de mire un bon et copieux repas se privent et ne mangent quasiment rien dans les heures qui précèdent. Sauf que le "dosage" est souvent incertain et elles arrivent fréquemment affamées à l'apéritif, voire ont besoin de prendre un en-cas pour tenir deux heures avant. Mangez normalement, un peu légèrement au repas d'avant mais suffisamment...


Se faire plaisir

C'est sans doute le plus important : manger des aliments qu'on aime, des plats préparés avec amour, en bonne compagnie. je vous souhaite tout cela si vous festoyez. Ne vous interdisez rien mais prenez le temps de savourer ce que vous mangez pour être moins tenté(e) de vous resservir.


Avoir une vision globale du repas

Si possible, se renseigner sur le menu pour privilégier ce qu'on préfère et zapper/minorer ce qu'on aime moins. Ce n'est par exemple pas forcément le meilleur moment pour apprécier du fromage... Et si on aime particulièrement le dessert, prévoir de lui garder une place...

Savoir s'arrêter

Si on veut profiter du repas, probablement composé de nombreux plats, il convient de savoir s'arrêter : ne pas se (faire) servir trop copieusement, éviter de se resservir des entrées s'il y a encore beaucoup à venir, savoir dire non gentiment si on suggère de reprendre d'un plat. Et au final, sortir de table sans un inconfort désagréable au point qu'il pourrait faire oublier le plaisir du repas...


Faire confiance à son corps

Ceci dit, bien sûr qu'on va faire des repas trop copieux. Mais ensuite, surtout ne pas se forcer à se mettre à table au repas suivant. Attendre tranquillement le retour de la faim. Il n'est pas interdit de sauter un repas si on n'a pas faim ! Testez votre souplesse en la matière. Et tant pis si les autres mangent, vous pouvez vous distinguer !

Fotolia_noel&fetes.jpg

Et si vous voulez entendre ma douce voix, j'ai retrouvé les quelques conseils que j'avais donnés sur BFM l'année dernière !

Tout cela vaut d'ailleurs pour n'importe quel repas convivial, familial, festif, en dehors de cette période...

Très bons repas de fête !

Complément 22 décembre 2015 :

j'ai été interviewée sur ce sujet par Anne du site Ideemiam. L'entretien est là.

Photo © tvetchinina Fotolia.com

17/12/2015

Echos de mon ego !

Eh oui, en cette fin d'année approchante, un petit billet totalement auto-centré avec quelques liens vers des gentilles personnes qui m'ont interviewée, si cela vous dit d'en savoir un peu plus sur mes goûts :

Le cher duo, fin gastronome, du Grumeau, avec qui j'ai le plaisir trop rare de déjeuner de temps en temps, m'a passée à la question jusqu'à l'étrange exercice d'imaginer mon dernier repas...

L'étonnante et remuante Parisienne Sans Gènes, que j'ai eu le plaisir de rencontrer autour d'un bon déjeuner chez Fulgurances, m'a demandé pléthore d'adresses ici et ailleurs et d'autres choses encore...

La charmante et éclectique Sophie m'a incluse dans sa drôle de série Fromage et Féminisme.

20151216_180752.jpg

Mes lunettes qu'on repère souvent des réseaux sociaux à la "vraie vie" mais projet d'en changer ;-)


Tout ça, c'était en décembre.

Mais du coup, période de rétrospective oblige, j'ai voulu retrouver un peu où j'avais parlé à droite à gauche durant l'année, peut-être en avais-je déjà évoqué certains. Et j'ai eu la surprise, merci google, de trouver aussi mon nom dans quelques endroits insoupçonnés... toujours en lien avec mon activité, rassurez-vous !

Petit panorama :

Le printemps avait été prolixe.

En mars et avril, en deux épisodes, Yumi, créateur de jus, m'a interviewée sur ma vision de l'alimentation moderne, et a ainsi évoqué la voie du milieu et les repères alimentaires

Je découvre qu'en avril encore, un blog minceur me cite en reprenant un vieux billet sur les buffets...

Toujours en avril, Marie-France m'avait demandé pourquoi tant de femmes sont si accros aux régimes...

Il y avait eu aussi le blog Tryndo me demandant mon avis sur le sans gluten...

...et L'Express qui m'a demandé de réagir sur le sans sucre.

Je m'aperçois qu'en juin, le site Femme Actuelle m'a sélectionnée dans le top 10 des meilleurs blogs minceur..., moi qui ne prône surtout pas la minceur à tout prix mais l'acceptation de soi et de la diversité corporelle...

Parlons un peu des hommes aussi, en juin, je participais à la demande d'un journaliste de Slate.fr à une parodie de défense du "dad bod".

Voilà, voilà, bonne lecture ! et si vous avez des questions alimentaires auxquelles vous ne trouvez pas de réponse sur ce blog, posez-les !

04/12/2015

Demain ne peut pas attendre !

Je ne sais plus trop comment j'ai entendu parler du projet du film Demain. Sans doute via twitter où je suivais Cyril Dion, que je "connaissais" via Pierre Rabhi, son association Colibris, le magazine Kaizen.

Quand la souscription pour participer au financement du film a été lancée en 2014, j'ai eu envie d'y participer car le projet de montrer l'urgence de changer à travers des initiatives concrètes et positives me plaisait. Pas seulement à moi visiblement : 10266 personnes ont contribué et le budget attendu a été plus que doublé.

Alors, j'ai été ravie quand j'ai reçu une invitation à l'avant-première. J'avoue toutefois que j'avais un peu peur d'être déçue, de ne pas apprendre grand chose, de crouler sous les bons sentiments...

20151126_150716.jpg

Oh non ! J'ai passé un très bon moment, j'ai aimé les expériences montrées, les personnes passionnées et persévérantes qui les ont portées, la ligne générale qui ne cache pas les dangers et difficultés qui nous attendent mais va pêcher des réponses concrètes. Le film bénéficie aussi d'une musique de Fredrika Stahl (je découvre...) en phase avec le contenu. Sûrement beaucoup d'entre vous n'imaginent pas aller au cinéma pour voir un documentaire. Mais ce n'est pas un documentaire classique. C'est un film qui transmet de l'énergie, donne un élan pour agir, qui montre que le pire n'est pas certain. Sous réserve de s'y mettre sans tarder... Et il essaie de nous convaincre que chacun, sans exception, peut s'y mettre. Les protagonistes du film n'étaient pas au départ des gens exceptionnels. Mais ils ont osé se lancer dans des plantations sauvages, une monnaie alternative, un recyclage intégral, des énergies renouvelables...

Car un des intérêts du film, c'est de balayer (autour d'exemples) cinq grands thèmes essentiels : alimentation / énergie / économie et monnaie / éducation / politique. Je connaissais certaines expériences, les Incroyables Comestibles par exemple, croisés à Grasse. J'en ai découvert d'autres. L'expérience des monnaies complémentaires est vraiment intéressante et déjà existante dans certaines villes en France. Sans doute difficile à mettre en œuvre à Paris... La ferme du Bec-Helluin, dont j'entends souvent parler, est un très bel exemple d'une réussite par le travail, l'imagination, la détermination. Les exemples sont positifs et ne visent pas à nous culpabiliser. Il s'agit plutôt de montrer des actions à petite échelle, qui, multipliées, auront un réel impact.

20151201_215816.jpg

Les participants au film présents à la fin de la projection (Vandana Shiva et d'autres étaient à mon avis venus surtout pour la Cop21...)

Cinématographiquement, ce n'est évidemment pas le chef d’œuvre du siècle. Mais ce n'est pas la question. Ce qui compte, c'est l'impact du film. Si vous allez voir Demain, essayez d'observer si le film vous donne de l'énergie. Ne le prenez pas comme un truc d'écolo-bobo qui veut sauver l'humanité. C'est plutôt une belle occasion de réfléchir à ce que vous pourriez faire, pas à pas, pour que votre vie soit davantage en phase avec vos valeurs.

Par exemple, que faire individuellement ? Camille Labro, journaliste du Monde, dans un article sur le film a posé la question à Cyril Dion et il a donné plusieurs exemples très concrets. Alors, je me suis demandé où j'en étais, moi :

- Se déplacer en ville à vélo : eh bien non, aucune envie de m'y mettre à Paris mais je me déplace pas mal à pied et je n'ai pas de voiture.

- Planter des potagers à partager : à Paris, on donne des permis de végétaliser, c'est bien plus raisonnable que les Incroyables Comestibles....

- Changer de banque : tiens, il faudrait y penser, aucune raison d'être scotchée à la mienne...

Changer de fournisseur d’électricité : je n'y ai pas pensé en déménageant, à creuser.

Eviter les supermarchés, et faire plutôt ses courses au marché, chez les petits commerces locaux et indépendants : je le fais autant que possible en allant chez Terroirs d'Avenir, chez Rap, chez de bons boulangers ou pâtissiers; ... Bien sûr, je vais aussi dans un supermarché de proximité par facilité mais vu mes achats, je n'ai pas beaucoup de raison d'y aller. Et j'évite beaucoup de produits de grandes entreprises, j'en boycotte certaines qui ne sont pas conformes à ce que j'en attends.

Manger moins de viande, et choisir la viande d’animaux bien élevés et bien traités : en phase avec ce que je fais.

Choisir des produits d’entretien biodégradables : je m'y suis mise. Prochaine étape : simplifier encore.

Consommer moins, arrêter d’acheter trop, à tort et à travers : oh oui, depuis un bon moment maintenant. Vive la sobriété joyeuse !

- Choisir un métier « qui a du sens pour soi, qui est en phase avec ses propres valeurs » : exactement ce que j'ai fait il y a maintenant une petite décennie...

Et vous, ces sujets vous intéressent ? Vous avez envie de voir le film ?

01/12/2015

Que dire de novembre ?

J'essaie de ne pas trop déroger à la petite discipline de ces billets de recap mensuel. Mais que dire de novembre, tant ce mois a été bouleversé, secoué, traumatisé par les attentats du 13 novembre ?

Dans cette difficile actualité, peut-être puis-je vous signaler, en dehors de mes sujets habituels, quelques lectures essentielles si elles ne sont pas déjà parvenues jusqu'à vous

Une terrible tribune de Gilles Kepel, spécialiste incontestable de l'Islam en France et du djihadisme.

Et, puisque la COP21 commence, un article de Stéphane Foucart dans le Monde montrant clairement que le réchauffement climatique et le terrorisme ne sont pas des sujets indépendants (je n'en doutais pas tant le monde me parait être un vaste système complexe où tout est entremêlé...).

A (ré)écouter ?

Je suis grande fan de Barbara et je connaissais bien sûr la chanson Perlimpinpin reprise par la cantatrice Nathalie Dessay lors de l'hommage national aux victimes. Ne vous privez pas de la version originale. De même pour Quand on n'a que l'amour de Jacques Brel même si j'ai été touchée par la reprise par un trio de jeunes chanteuses qui, je trouve, s'accordèrent avec justesse.

Après

J'ai continué à aller au restaurant, dans des lieux divers, certains pleins, d'autres subissant un impact notable, et je continuerai,pour autant que mes finances me le permettent... La Pascade, les Philosophes, Bouillon...m'ont régalée.

J'ai assisté à la remise du prix The Place To Bio, site qui répertorie des restaurants bio et engagés vers une alimentation durable. Intéressant de voir que le jury a récompensé essentiellement des restaurants en régions, non seulement bio mais avec une approche locale et assez végétale. J'ai eu le plaisir de retrouver parmi les lauréats, Françoise, sympathique et dynamique ex-diététicienne, reconvertie en même temps que moi, et qui a finalement s'est tournée vers l'aventure d'un restaurant bio sur l'Ile de Ré, la Coccinelle.

Ailleurs

A propos du corps connecté

Si vous vous intéressez à la technologie et/ou à la santé, vous avez forcément entendu parler voire expérimenté les objets connectés. Mais mesurez-vous les risques associés ? Eric Sadin, écrivain et philosophe, que j'avais découvert avec intérêt dans l'émission Ce soir ou jamais, met en garde contre les dangers du "techno-libéralisme" dans le domaine de la santé, de façon très pertinente à mon avis,

De mon côté

A propos de manger moins de viande, sujet naguère d'actualité, le blog Tryndo m'avait demandé de parler flexitarisme

A propos de travail, le site Dire le Travail m'a sollicité pour parler du mien.

 

A venir cette semaine

Je vais assister à la projection du film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, qui sont partis à travers le monde en quête de projets, de personnes qui œuvrent concrètement à un monde différent.

Et, dans quelques jours, les 3 et 4 décembre, se déroulera le Congrès du GROS (Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids), destiné principalement aux professionnels, est consacré cette année aux régimes. Comme les deux années précédentes, le grand public a la possibilité d'assister gratuitement à une cofnérence samedi 5 matin, à 10h30, dans le 6eme arrondissement de Paris. Informations et inscription. Vous pouvez d'ailleurs en profiter pour vous balader sur le site du GROS, qui vient d'être rénové dans un sens plus lisible, me semble-t-il.

 

21/11/2015

Quelques mots....

...quelques phrases glanées deci-delà :

"L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence...voilà l'équation" - Averroès, philosophe et savant (1126-1198).

"C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal" - Hannah Arendt, philosophe (1906-1975).

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre" - Nelson Mandela, homme d'état (1918-2013).

"Le martyre, c'est le seul moyen de devenir célèbre quand on n'a pas de talent" - Pierre Desproges, humoriste (1939-1988).

"Ne mettez jamais le courage des Français en doute, ce sont eux qui ont découvert que les escargots étaient comestibles" - Doug Larson, journaliste (né en 1926)

 

 

 

10:41 Publié dans Activités d'une diététicienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : citations, violence | |  Facebook | |  Imprimer

31/10/2015

En octobre, je n'ai pas fait que manger...

Je me suis FORMEE : j'ai participé pendant deux jours à une formation passionnante animée par les psychologues Matthieu Villatte et Sophie Cheval, ayant notamment trait aux valeurs, à ce qui compte pour nos patients et qui peut les motiver à changer des aspects de leur vie (en lien avec l'alimentation en ce qui me concerne). J'essaie toujours de progresser dans ma compréhension des comportements afin d'approfondir l'accompagnement que je peux apporter aux personnes qui viennent me voir.

J'ai ANIME un atelier dans une entreprise dont les salariés avaient 20 et 30 ans, avec des profils différents (de la tentation vegan au Cordon bleu-pâtes) et ont participé de façon active à la discussion. J'aime ce type d'atelier car cela donne un aperçu des préoccupations du moment chez des personnes variées. On a parlé plats préparés, surgelés, sommeil, contenu des dîners, variété alimentaire, préférences, gamelles...et viande évidemment, sujet d'actualité !

J'ai beaucoup AIME ce reportage "Graines de rebelles" mettant notamment en avant le paysan-meunier-boulanger Roland Feuillas et l'association Kokopelli.

J'ai été INTERESSEE aussi par cet échange entre Pierre Rabhi et Paul Watson, responsable de Sea Sheperd, organisé par l'association Colibri : Sea Sheperd mène des actions agressives pour défendre les océans, ce qui n'approuve pas Pierre Rabhi. J'avoue que j'ai été davantage séduite par le pirate combattant que par le paysan qui parait là un peu fatigué.

J'ai ADORE comme d'habitude lire une grande colère de la tonique Floriana, cette fois à propos de la vogue des "one pot pasta". Et j'ai eu le plaisir de découvrir une première video d'elle, en balade gourmande à Florence.

J'ai APPRECIE que, dans ce mois où on a parlé gaspillage alimentaire, on semble voir les initiatives se multiplier, et notamment dans le domaine du doggy bag : ça y est, les restaurateurs s'en mêlent.

J'ai été ATTERREE par l'ampleur qu'a pris la reprise par les médias d'une publication de l'OMS sur le lien entre viande et cancer : médias qui se précipitent tous pour reprendre une info au plus vite sans recul, sans s'informer, sans recontextualiser une consommation de viande qui n'a rien à voir en France et aux Etats-Unis par exemple. Sur ce sujet, trois articles qui,

- deux bouchers raisonnables et artisans de haute qualité, par Télérama ;

- Yves-Marie Le Bourdonnec, plus provocateur mais tout aussi pertinent, sur Atabula,

- Eatsider dont j'aime bien le blog qui raconte son parcours vers une alimentation locale et sa quête de bons artisans, qui suggère de faire de la viande un mets d'exception.

alimentation, viande et cancer, manger de la viande est mauvais pour la santé, gaspillage, formation, diététicienne anti-régime

20151017_201315.jpg

Aucune envie de renoncer à un peu de très bon pâté en croûte ou jambon de temps en temps...

Bien sûr, on peut décider de ne plus manger de viande, c'est intéressant de savoir pourquoi on le fait mais je trouve dommage de le faire par peur. Il est évident que manger de la bonne viande occasionnellement ne peut pas être mauvais pour la santé, ce sont la mauvaise qualité et/ou l'excès qui peuvent éventuellement poser problème. Mais on peut par goût ou par conviction décider d'en manger moins ou très rarement ou plus du tout. Pour ma part, j'ai choisi qualité et rareté...

Rien à voir avec l'alimentation mais...

- très beau : l'hommage de Karin Viard à Solveig Anspach sur France Inter, réalisatrice récemment disparue.

- très jolie, cette citation de Kierkegaard glânée sur twitter : "J'emploie mon temps ainsi : une moitié à dormir, l'autre à rêver".

26/10/2015

A la découverte de Marlène, gourmande BCBT passionnée

gourmande bcbt,anti-regime,gourmandise,cuisine facile,idées en cuisine,cuisine du placardMarlène fait partie de ces personnes que je rencontre un jour après une période plus ou moins longue de contacts sur les réseaux sociaux. J'ai découvert alors qu'elle lit ce blog depuis longtemps. Cela devrait donc l'amuser de s'y retrouver en tant que gourmande BCBT (Bien dans son Corps Bien dans sa Tête). J'ai rapidement eu l'impression qu'on pouvait la qualifier ainsi quand je l'ai rencontrée, alors qu'elle va bientôt quitter un beau job dans une chaîne de restauration rapide chic pour partir s'installer en Afrique en famille. Parler nourriture et gastronomie avec elle peut jouer les prolongations tant elle est passionnée par le sujet...

Ta définition de la gourmandise

C'est d'abord une extension de ma curiosité générale. Et la gourmandise a la rare qualité non seulement de réunir tous les sens mais aussi qu'on la prend en soi, on s'en remplit au sens propre. Alors, c'est un art que je cultive !
 
Ta gourmandise favorite

Le praliné et les noisettes sans hésiter ! Ah les noisettes "tonda gentile" du Piémont...

Ta dernière découverte gourmande

Lors d'un repas récent au restaurant La Grenouillère d'Alexandre Gauthier (ah, une table que je découvrirais bien...), il y a eu dans le dessert un sorbet au chèvre, servi avec un miel bien choisi, un délice ! Il faut dire que je suis très fan du goût des laits de chèvre et de brebis.
 
Le plat / l’aliment que tu ne parviens absolument pas à aimer
Le goût amer ou en tout cas, un certain type d'amertume, celle du pamplemousse, de l'endive, du soda "tonic",.. J'essaie de "me soigner" mais ce n'est pas facile !
 
Tu pars sur une île déserte, l’aliment que tu emportes absolument
Des pâtes sèches. Et je les agrémenterai d'encre de seiche ou de fruits de mer trouvés sur place !
 
Que consommes-tu sans modération ?
Les légumes. Ça me vient du Sud. Je dois sans problème en manger cinq par jour, voire dix... Je les mets toujours au centre de l'assiette et la viande n'est qu'un accompagnement.
 
D’où vient ton tempérament gourmand ?
J'ai beaucoup vu ma mère et ma grand-mère dans la cuisine. Elles géraient tout, je ne touchais à rien mais quand j'ai dû me débrouiller plus tard, j'ai reproduit leurs gestes. Et puis on parlait toujours beaucoup de nourriture, le genre de famille où, à peine sortis de table, on se demande ce qu'on mangera au repas suivant... 
 
Ta gourmandise inavouable
Pas une gourmandise, plutôt un comportement inavouable... Quelquefois, j'aime tellement un truc, un super praliné par exemple, que je peux le cacher à mes enfants et à mon mari pour le garder tout à moi !
 
La cuisine, c’est quoi pour toi ?
Un moyen de se faire plaisir, de connecter les gens entre eux et de transmettre du plaisir, de génération en génération. Ainsi, ma grand-mère avait une recette de beignets de courgettes qu'elle a transmis à ma mère et maintenant, c'est moi qui en fais.
 
Dans tes placards (et ton frigo), il y a toujours… 
Des pâtes, du parmesan, des tomates séchées, des anchois, des pignons : de quoi improviser une sauce Puttanesca ou autre pour un plat de pâtes rapide. Et puis des yaourts, des noisettes bien sûr, des confitures, toutes sortes de graines et d'épices.
 
Ta madeleine de Proust, le goût que tu n’arrives pas à retrouver
Le goût d'une gelée de framboises quand j'avais 8 ans : on avait cueilli des framboises sauvages, ma mère avait mis beaucoup de soin à préparer la gelée, elle avait pressé les framboises à travers un bas pour enlever les grains, j'avais  été très impressionnée. Je n'ai jamais retrouvé un tel goût. Cette gelée avait sans doute aussi le goût d'un moment parfaitement heureux.
 
Ta recette super-express et super-bonne 
Je suis la reine du dessert "coup de bluff" improvisé ! Je me débrouille avec ce que j'ai dans les placards. Par exemple une compotée de fruits chaude qu'on pose sur une base de biscuits, on arrose d'un coulis, d'un caramel ou d'un sirop d'agave à la vanille. Et on sert avec une quenelle de glace pour un contraste de températures. Ce dessert après des pâtes alla puttanesca, c'est facile, rapide et délicieux.
 
L’effort que tu fais pour ta ligne
J'écoute ma faim : si j'ai fait un gros repas et que je n'ai pas faim au repas suivant, je ne me force pas à manger, même un petit truc. Et si parfois ma curiosité me fait aller au-delà de ma faim, je régule ensuite en mangeant plus léger., des légumes notamment
 
C’est quoi les régimes pour toi ?
Beaucoup de n'importe quoi et de dogmes et ils sont toujours condamnés à l'échec, j'en ai de multiples exemples.
 
Ta meilleure façon de bouger
Marcher, prendre les escaliers, faire du vélo pour me déplacer, courir après les enfants mais sinon, aucun sport !
 
Une astuce gourmande pour embellir le quotidien
Les "toppings" : les herbes (coriandre, persil, aneth, sauge...), les mélanges de graines, du granola salé, un reste de quinoa, des raisins : on en saupoudre une soupe, une salade et elles sont transformées ! Idem pour les desserts avec des noisettes, des pralines roses...
 
Et aussi les confitures : on les fait ensemble, elles ont une palette de goûts immense et elles embellissent tout, une faisselle, un gâteau...
 
Merci beaucoup Marlène pour ce partage inspirant et au plaisir de se revoir avant ton départ, peut-être autour de quelques noisettes ;-)
 
 

16/10/2015

Pourquoi mincir vite... si c'est pour regrossir ?

Je reçois beaucoup de personnes qui ont fait de nombreux régimes. A chaque fois, perdant du poids puis le reprenant, souvent avec quelques kilos supplémentaires. Mais replongeant souvent malgré cet échec. Parce que se présente un nouveau régime séduisant. Séduisant car il promet une perte de poids RAPIDE.

En effet, à partir du moment où l'on a pris la décision de mincir, bien souvent, on voudrait que le résultat soit immédiat. On garde en tête l'expérience de régimes précédents, les 3 kgs qu'on a perdus la première semaine, ... en oubliant la suite. Ou en se disant, c'était de ma faute, j'ai manqué de volonté...

Mais pourquoi perdre du poids aussi vite si c'est pour le reprendre après quelques mois ? Est-il si difficile de se situer dans une perspective un peu moins immédiate ? Qui ferait peut-être perdre du poids un peu moins vite mais surtout, et n'est-ce pas l'essentiel, ne pas en reprendre ? Et stabiliser un poids, un corps avec lequel on se sente bien ?

Faisons ainsi une petite comparaison.

Prenons deux personnes qui ont pris du poids et veulent perdre une dizaine de kilos, en passant de 70 kilos à 60 kilos environ, ce qu'elles pesaient avant.

Imaginons la personne A qui va suivre un régime restrictif (pas ci, pas ça, pas de féculents le soir, presque pas de matière grasse, un "écart" par semaine, ...). Elle applique cela sérieusement, perd du poids assez rapidement, parvient au poids qu'elle souhaitait au bout de 3-4 mois, et même un peu en-deçà : 58 kilos. Oh, elle est ravie, elle se sent bien, elle arrête le régime puisqu'elle a atteint son objectif.

Imaginons la personne B qui décide de changer sa façon de manger sans régime. Elle réapprend à écouter sa faim, à manger de tout en variant son alimentation. Parfois, elle mange trop, elle met un peu de temps à comprendre ce qui se passe, elle travaille à changer des habitudes bien ancrées, à ne plus utiliser la nourriture comme compensation. Cela lui parait long, après 3-4 mois, elle n'a perdu "que" 1 kilo ou 2. Elle est tentée d'abandonner. Mais elle persévère car elle ne voit pas d'autre solution et peu à peu, elle se met à perdre du poids doucement.

Regardons ce que cela donne sur un an.

poids_blog.jpg

Au bout de 3-4 mois, la première avait atteint son objectif, la seconde en était encore loin. Mais quelques mois plus tard ?

La première a arrêté son régime, repris ses habitudes antérieures, remangé tout ce dont elle s'était privée. Peu à peu son poids remonte, elle est stressée, elle mange de plus en plus, ne sait plus s'arrêter, s'en veut de gâcher ses efforts, culpabilise.

La deuxième ne se décourage pas même si elle aimerait que cela aille un peu plus vite. Elle continue et peu à peu, après presque un an, arrive au poids souhaité en ayant vraiment changé sa façon de manger.

C'est un peu l'histoire du lièvre et de la tortue, non ? Mais en plus le "lièvre" n'arrive pas après la tortue mais repart à zéro, malheureusement.

Je vous raconte cela car j'en vois sans cesse, des victimes du mirage des régimes. Malheureuses. Et pourtant, même parfois après avoir commencé un travail avec moi, tentées de s'y remettre. Alors que prendre son temps, même un an (la durée varie selon les personnes), est-ce tant que ça quand on est fâché(e) avec la nourriture depuis 15, 20, 30 ans ?

14/10/2015

Construire sa vie à soi...

Il y a quelques semaines, le hasard a fait que j'ai eu l'occasion d'écouter le même jour de fantastiques personnes parler de de se réaliser pleinement, d'avoir une vie à la hauteur de leurs rêves.

C'était un mercredi. Le matin, la merveilleuse danseuse Sylvie Guillem, dont j'admire grandement le talent et les choix depuis quasiment ses débuts, et qui prend sa retraite cette année, était l'invitée d'Augustin Trapenard dans l'émission Boomerang sur France Inter. Elle revenait sur son parcours et quand l'animateur lui a parlé des difficultés que cela avait représenté, toutes ces heures de danse, d'entrainement, de répétition des mêmes pas, de corps qui souffre, elle a répondu que non, car c'était exactement ce qu'elle avait voulu, "c'était du travail, pas des sacrifices, du travail certes mais que du bonheur".

SGuillem_sep15.jpg

Les adieux émouvants de Sylvie Guillem au Théâtre des Champs-Elysées

Le même jour, je m'étais inscrite à une conférence de l'explorateur Jean-Louis Etienne, organisée par l'association HEC. Je le connaissais un peu, comme beaucoup de monde, par la couverture médiatique de ses exploits mais c'est le sous-titre qui m'avait attiré : Persévérer, le titre de son dernier livre. En effet, cette question de la persévérance m'intéresse et m'intrigue, que ce soit à titre personnel (ce n'est pas ma principale qualité !) et dans le travail avec mes patients, dont je sens souvent l'envie d'abandonner un chemin qui leur parait trop long ou compliqué. Jean-Louis Etienne a raconté diverses expériences vécues au cours de ses expéditions et j'ai découvert un homme passionné et passionnant, qui a en fait inventé la vie qu'il voulait avoir. Il n'a jamais laissé les circonstances ou un destin qui aurait pu être tracé décider pour lui et c'est ainsi que de tourneur-fraiseur, il est devenu médecin, puis médecin d'expédition puis explorateur organisant ses propres expéditions. Tout ce qu'il a vécu au Pôle Nord et ailleurs ne montre pas seulement un "super campeur" comme il se qualifie mais un homme qui semble avoir une volonté inépuisable pour arriver à son objectif.

Mais finalement, quand on lui demande son secret pour persévérer, il parle de passion et de rêves d'enfant qui guident ses projets. Il enjoint de ne pas renoncer à ce dont on a rêvé, d'avancer peu à peu vers ce qu'on veut vraiment et promet qu'ainsi, on découvre ses limites, bien au-delà que ce qu'on imaginait. Mais en expliquant aussi que "la passion s'entretient, se cultive" : tout n'est pas donné au départ mais construire sa vie est possible pour chacun à condition de ne pas rester sur la frustration de tel ou tel échec, même une maquette qu'on renonce à construire, enfant.

JLEtienne_sep15.jpg

Jean-Louis Etienne invité par "L'Heure H" HEC

Si cela vous intéresse, voici une courte video reprenant quelques-uns des thèmes évoqués dans la conférence.

Ces deux personnes ont eu des parcours extra-ordinaires mais on n'est pas obligés d'avoir une vie aussi atypique pour s'inventer une vie où l'on se réalise. Quelques jours plus tard, j'ai assisté à un dîner-débat avec le philosophe Michel Lacroix. Le thème était justement la réalisation de soi. Qui est propre à chacun : il peut s'agir de la construction de sa vie familiale, professionnelle, dans la société ou l'engagement collectif...

A l'inverse de ces belles personnes et de ces extra-ordinaires parcours, j'ai lu avec tristesse les résultats d'un sondage Ipsos (comment était donc formulée la question) disant que la moitié des Français avait le sentiment de "passer à côté de sa vie". Alors, j'ai envie de leur dire les derniers mots du livre de Jean-Louis Etienne : "Persévérez sur la voie de vos rêves même si le chemin parait difficile. Nous avons tous un destin à découvrir, à inventer, à construire".

Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que je vois trop dans ma pratique quotidienne de personnes malheureuses, stressées, frustrées...(compensant éventuellement ce mal-être dans la nourriture) et donc le sujet m'intéresse, dans toute sa complexité.