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25/09/2014

Le coing, début réussi, merci Clea !

Le coing, je crois que j'en avais assez rarement mangé. Quelques rares fois dans des plats, très occasionnellement de la pâte de coing ou de la gelée. Jamais dans ma famille, jamais acheté. Mais Monsieur est très fan. Alors, quand j'ai vu le nouveau livre de Clea, je me suis précipitée pour l'acheter : de quoi nous faire plaisir à tous les deux : la rhubarbe pour moi, le coing pour lui. Comme on est ouverts et tolérants, on accepte aussi les préférences de l'autre ! Et les recettes de coing font saliver...

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Je prévoyais donc de découvrir la cuisine du coing à l'automne d'ici quelques semaines. Et voilà que samedi, passant à l'Epicerie Générale, lieu chic et bio nouvellement installé tout près de mon cabinet (pour le possible malheur de mon portefeuille..), je vois des coings. Et aussi des petites poires Louis Bonne dont "Mingou Mango" avait parlé et des kiwaïs que je découvre avec gourmandise, c'est délicieux.

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Emportée par mon élan, j'ai eu envie de préparer deux desserts différents, servis en petite quantité. N'ayant pas vraiment anticipé, j'ai choisi deux recettes réalisables avec les moyens du bord :

- un tout simple gâteau aux coings, recette du blog (j'ai à peu près suivi la recette, mais avec des petites variations d'ingrédients, de l'huile d'olive à la place de la margarine et un petit tiers de farine de sarrasin en complément de la farine de blé.

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- des coings farcis au croustillant de noisettes, recette très appétissante du livre (croustillant avec noisettes, pâte de noisette, flocons de céréales...) (euh, résultat pas très photogénique !).

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Les coings manquaient un peu de goût ou de mûrissement mais c'était globalement très bon et je compte bien multiplier les essais avec ce fruit. Merci à Clea pour les conseils d'épluchage, parfaits, et pour son inspirante gourmandise.

Qui a dit qu'il n'y avait que les fruits d'été ?!

23/09/2014

Ni Cru Ni Cuit, en livre ou conférence, passionnant !

Ni cru ni cuit, cela peut paraître un peu bizarre non ? Eh bien pourtant, cela existe, ce sont les aliments fermentés.

Un jour, je découvre chez mon libraire, un livre avec cet étrange titre, Ni cru ni cuit, au rayon culinaire. Il est imposant, je le feuillette et il m'apparait tout de suite passionnant car jetant un regard transversal et international sur ces aliments. Je m'en empare et je découvre que c'est l’œuvre de la journaliste-auteur culinaire Marie-Claire Frédéric. Elle a décidé de s'intéresser à cette catégorie alimentaire largement laissée de côté en termes d'études alors qu'elle est omniprésente dans notre alimentation, et même de se passionner pour elle.

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Je ne sais plus trop quand et comment cela a commencé mais je suis en contact avec Marie-Claire Frédéric via Facebook (eh oui, cela est quelquefois utile !) depuis un certain temps, on se lit, on échange et j'ai l'impression qu'on partage beaucoup d'idées sur l'alimentation et la cuisine saines et gourmandes. Elle a un joli blog, Du miel et du sel, où elle prend le temps d'expliquer avec précision recettes, usages et traditions culinaires.

A l'occasion de la sortie de son livre et pour le prolonger, elle a lancé un autre blog, Ni cru ni cuit, où elle explore le monde ses aliments fermentés, expérimente de nombreuses recettes, donne moult conseils.

Tout cela me donnait très envie de la rencontrer mais elle vit dans un petit village loin de Paris. Par chance, elle donnait il y a quelques jours une conférence au Musée du Quai Branly (eh oui, la nourriture, c'est de la culture !) autour de son livre. J'ai ainsi le plaisir de la rencontrer brièvement et de l'écouter. C'était passionnant !

Marie-Claire Frédéric a d'abord souligné que ces aliments fermentés, même si on ne les identifie pas en tant que tels, font vraiment partie des basiques de notre quotidien : pain, fromage, yaourt, jambon, cornichons, olives, anchois, chocolat, vin, bière, café et tant d'autres.

Elle a mis en relief les différentes dimensions de ces aliments puisqu'elle a fait un travail pas seulement culinaire mais historique, géographique, anthropologique, sociologique...

1. Des aliments fermentés

C'est cette caractéristique qui les rassemble : la fermentation, c'est la transformation par des micro-organismes (bactéries, levures, moisissures) pendant l'élaboration. Cela peut vous paraître moyennement appétissant à première vue mais ce sont ces organismes qui ont un effet quasi-magique et nous permettent de nous régaler...

2. Des aliments identitaires

Ils représentent le goût du pays natal et sont ceux dont on a la nostalgie quand on quitte son paye ou qui nous manqueraient le plus. Ainsi, selon une enquête, ce sont le pain et le fromage qui manqueraient le plus aux Français s'ils quittaient la France.

3. Des aliments universels

Toutes les traditions culinaires dans le monde ont leurs aliments fermentés. L'INRA en répertorie plus de 3000. Ils varient selon le climat et les matières premières disponibles mais sont partout. Du kimchi coréen au miso japonais, de la choucroute au nuoc-man... Mais ils ont un point commun à tous : partout, affirme Marie-Claire Frédéric, ils sont l'aristocratie des aliments. Ils font l'objet de croyances, de superstitions, de précautions lors de la fabrication, longtemps jugée mystérieuse, avant que Pasteur n'explique le phénomène.

4. Des aliments anciens

Il n'y a pas de certitude sur l'apparition des aliments fermentés mais on trouve leur trace dans nombre de civilisations anciennes, à travers des jarres, ... Il y avait déjà de la sauce poisson fermentée chez les Sumériens 3000 ans avant Jésus-Christ. Et, bien avant, il y a des centaines de milliers d'années, il est même possible que le fermenté soit arrivé avant la cuisson et ait permis une évolution de la dentition humaine (la taille des molaires), qui avait moins d'efforts à faire... Les boissons fermentées ont précédé les premiers foyers d'agriculture. On a retrouvé par exemple une boisson fermentée dans une tombe chinoise datant de 7000 ans avant Jésus-Christ, et elle était plutôt sophistiquée, faite à base de riz, raisin, miel et aubépine.

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Le plus vieux pain du monde répertorié, qui aurait 5700 ans

5. Des aliments civilisateurs

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce serait pour réaliser des boissons fermentées que l'homme se serait mis à domestiquer les céréales. Chaque civilisation a la sienne : blé, orge, riz, maïs, sorgho mil, et en a tiré une boisson. On ne sait pas ce qui est arrivé en premier, la bière ou le pain mais la bière alors était très nourrissante, une sorte de "pain liquide". Ainsi, les ouvriers des Pyramides étaient rémunérés en bière.  

6. Des aliments sacrés

Partout, ces aliments fermentés participent aux rituels religieux, que ce soit le pain et le vin dans la chrétienté, le thé en Mongolie, le beurre au Tibet, ...

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7. Des aliments sociaux

Ces aliments sont au cœur des pratiques communautaires, participent à la convivialité et aux échanges. Cela peut être la fabrication qui se fait en groupe : on a vu une photo d'une foule en train de préparer le kimchi en Corée. Idem pour la choucroute en Alsace. Ou bien sûr la consommation : on festoie en Suède pour consommer le très odorant Surströmming (hareng fermenté longuement), ... Ce sont des aliments précieux qu'on se doit de partager quand on reçoit, car on offre ce qu'on a de meilleur.

8. Des aliments bons pour la santé

On vivrait plus longtemps et en meilleure santé en consommant des aliments fermentés. Marie-Claire cite Jeanne Calment et son verre de porto quotidien en souriant. Mais elle garantit surtout que ce sont des aliments parfaitement sûrs, aux qualités nutritionnelles supérieures à celles des aliments frais. Et ils sont bons pour notre microbiote intestinal.

Tout cela était passionnant et est largement plus développé dans le livre que dans la conférence, avec également des recettes.

Là où le livre ne relève pas que de la recherche mais s'apparente un peu à une croisade, c'est que Marie-Claire Frédéric est inquiète pour ces aliments dans un monde où l'hygiénisme tend à triompher. Elle explique que paradoxalement, c'est au moment où l'on a décrypté et compris leur rôle, jusque-là mystérieux, grâce à Pasteur, que l'on s'est mis à en avoir peur et donc à lutter contre en aseptisant tout. A cela s'ajoute la volonté des industriels de standardiser la production par souci d'économie, ce qui va à l'encontre de la fermentation dont le résultat est chaque fois différent.

Je ne peux qu'être d'accord avec elle. Si une certaine dose d'hygiène est bien sûr nécessaire, trop d'hygiénisme est dangereux car, en aseptisant tout, on met en danger ces micro-organismes (présents également par milliards dans notre système digestif) et leur fabuleux travail, les aliments fermentés et par là même, la santé et la culture humaines. Marie-Claire Frédéric a toutefois conclu sur une note d'optimisme relatif car elle observe, avec le développement d'un mouvement écolo-locavore, un renouveau de la fermentation.

Et vous, quels sont vos aliments fermentés favoris ? Pratiquez-vous la fermentation de certains produits ?

 

11/09/2014

Les prunes, elles comptent pour se régaler !

Ah comme on les aime les fruits du printemps et de l'été, les fraises, les framboises, les abricots, les pêches... On en profite bien. Mais la fin de l'été n'est pas mal non plus, quand surgissent les figues et les diverses prunes : reine-claude, mirabelle, quetsche...C'est maintenant et cela ne dure pas longtemps !

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Les prunes font partie de ces fruits qui sont délicieux crus (quand elles sont bien mûres et juteuses, pas n'importe lesquelles !) mais qui sont aussi un régal une fois cuits. On s'est ainsi régalés avec :
 
- une toute simple compote par Monsieur : il a juste cuit des reine-claude (sa prune favorite) sans aucun ajout : délicieusement acidulé.

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- une tarte bicolore pour conclure un délicieux repas amical (j'avais d'abord fait revenir un peu les prunes pour qu'elles rendent moins de jus). Notez le côté artisanal peu rigoureux de la bordure !P1100600.JPG

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Bien sûr, on peut aussi marier les prunes avec des plats salés, il y a par exemple des idées sur le site dédié à ce fruit.

Et puis, quand la saison sera passée, on pourra se tourner vers :
 
- des prunes d'Ente (lire leur histoire par Papilles) mi-cuites, pas tout à fait des pruneaux, du très bon fabricant Marc Peyrey.
 
- des confitures (ah, je ne me suis toujours pas mise personnellement à les réaliser...), qu'il s'agisse des Confitures de Ma, préparées avec amour, ou de celles, luxueuses mais délicieuses, ou de la Chambre aux Confitures (qui prospère rapidement, pourvu qu'elle maintienne la qualité...).

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Et vous, comment aimez-vous les prunes ? Certaines en particulier ?

08/09/2014

Le pain rassis, on ne le gaspille pas, on le recycle !

J'essaie, autant que possible, d'éviter le gaspillage alimentaire. Et je ne jette jamais de pain. Quand j'en ai trop, je le coupe en tranches, en morceaux et je le congèle pour une utilisation ultérieure, souvent avec l'aide du grille-pain. Mais parfois, il arrive qu'on laisse du pain rassir. Ce n'est pas une raison pour le gaspiller non plus. 

Cela m'est arrivé récemment. Je vous ai parlé de la boulangerie Dame Farine à Marseille. Je lui ai rendu deux visites. Lors de la première, j'avais acheté différents pains en petites quantités pour les consommer les jours suivants au petit déjeuner. Mais j'avais vu grand et il m'est resté du pain "Méteil" (mi-blé mi-seigle).

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Quatre jours après achat, il était un peu rassis. Il aurait été tout à fait mangeable en le réchauffant un peu, c'est l'avantage du bon pain... Mais j'avais aussi du pain frais (fruit de ma 2ème visite) qui me faisait envie. Donc, j'ai préféré recycler le premier. Du coup, j'ai fait tout un repas sur le thème du recyclage panophile. Il y a des tas de possibilités, j'en ai pratiqué trois :

-une célèbre salade italienne, la panzanella, en prenant la recette d'Edda Onorato dans son nouveau livre (mais elle est aussi sur son blog), salade à base de pain "trempé" et de tomate, concombre, ...

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- de la chapelure, petit ajout à une recette qui me faisait envie dans le livre "Cuisine végétarienne" de Laure Kié, des poivrons farcis (farce à base de quinoa, tomate et chèvre).

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- un usage classique, du pain perdu, avec des figues fraîches rôties. 

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On peut aussi faire des croûtons, du pudding (jamais tenté), l'utiliser pour une farce ou un pain de viande ou de poisson. Ou cette appétissante recette de gâteau de pain au jambon d'Isabelle-"Cenwen" à laquelle je penserai volontiers la prochaine fois.

Et vous, cela vous arrive-t-il d'avoir du pain rassis ? Qu'en faites-vous ?

25/08/2014

En été...on met le concombre à toutes les sauces !

Après Dame Courgette, me voilà, lors de la livraison Monpotager.com, pourvue de nombreux concombres. J'adore le concombre, sa fraîcheur, son croquant donc il est souvent présent en été en salade, sandwich, jus.... Mais cette profusion est l'occasion de changer un peu. Je ne suis visiblement pas la seule dans ce cas si j'en crois le billet de la blogueuse Clotilde Dusoulier, 58 idées pour l'utiliser.

Je l'ai lu avec attention mais finalement, outre une salade grecque qui est un de mes basiques estivaux, c'est du côté d'Edda Onorato et de son merveilleux blog que j'ai trouvé des idées qui me tentaient. Et, là encore, je n'ai pas eu peur de faire un repas tout concombre (ah non, pas au dessert !), en quatre petits plats :

- une salade grecque donc : tomates cerise (de la même livraison), concombre, feta, oignon rouge. Et des olives grecques de Kalamata pour ceux qui aiment,

- une soupe concombre-avocat, onctueuse et savoureuse,

- un raïta absolument délicieux (il y a bien sûr plein de recettes de cette spécialité indienne),

- une autre salade roquette-concombre-Beaufort-cornichon, assez atypique. 

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Bref, aucune monotonie dans ce repas tout concombre car il est coupé, marié, épicé, mixé, assaisonné de façons diverses. 

Et vous, vous l'aimez, le concombre ? Seul ou accompagné ? Visible ou masqué ?

 

 

20/08/2014

En été, on...rend hommage à Dame Courgette

Lors de ma livraison Monpotager.com de fin juillet, on est logiquement passés aux légumes d'été. D'où une quantité conséquente de courgettes... Ainsi que tomates, concombre, poivron... Dans un premier temps, plutôt de la mixer avec ses compagnons, j'ai eu envie de la traiter en solo sous diverses formes. Ma manie récurrente des repas thématiques... J'ai pensé à varier les textures, les préparations, le cru et le cuit, les assaisonnements et à aller au-delà de mes classiques (soupe froide courgette-fromage frais par exemple). J'ai même intégré le dessert...

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Cela a donné un fastueux festin, ne soyons pas modestes ! D'ailleurs, je n'y suis pas pour grand chose, je n'ai pas fait preuve de beaucoup d'imagination et j'ai pêché quelques recettes chez mes inspiratrices favorites :

- une soupe froide courgette-sésame-amandeétonnante et fort plaisante, chez Pascale Weeks,

- un cake courgette-menthe-feta, une classique idée d'association, très bon mais peu présentable, s'étant légèrement "cassé la figure" en route,

- une "tartinade" courgette-feta-basilic, tout simplement car j'avais de la feta sous la main : accord très réussi,

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- des courgettes grillées comme des antipasti, une recette du livre Trattoria de Patricia Wells, ma bible de la cuisine italienne quand je ne laisse pas Monsieur s'en occuper,

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- un tout simple carpaccio courgette-parmesan (je me risque parfois à faire usage de la mandoline...), 

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- un gâteau chocolat-courgette ou "Chocolate&Zucchini" comme le blog de Clotilde Dusoulier qui a imaginé cette recette : c'était la première fois que je la réalisais alors que j'ai son livre depuis longtemps et cela s'est avéré un régal. A inscrire dans mes tablettes, d'autant que Monsieur, maniaque de chocolat, l'a adoré pour son côté moelleux, pas lourd du tout et très chocolaté. Clotilde dit à juste titre que la courgette allège la texture mais se fait totalement discrète côté goût.

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Après tout ça, il en restait encore et elles ont été lavées, coupées, blanchies, direction le congélateur pour pouvoir prochainement un tian, un gratin, une ratatouille peut-être...

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Bref, si vous pensez que la courgette, c'est triste car vous n'en connaissez que le côté ramollo et insipide de la cantine ou la fadeur des courgettes vapeur des régimes, détrompez-vous et lancez vous dans des expérimentations pour vous rendre compte qu'il y a mille façons de l'apprécier.

D'ailleurs, en avez-vous à me suggérer ?

09/07/2014

Le homard à Chausey : au plus près de la mer et de ses fragiles richesses - 2e épisode

Oh oui, qu'elles sont fragiles, ces richesses de la mer. L'année dernière, nous avions fait une escapade au pays de la pêche bretonne de la langoustine et de la sardine. Car on adore la sardine, le maquereau, ces poissons modestes mais délicieux et forts en goût.

Cependant, Monsieur a aussi un goût pour une merveille des mers bien plus luxueuse, le homard. Il s'en régale de temps en temps à proximité des lieux de pêche (pas très souvent, même pas une fois par an...) : chez Olivier Roellinger à Cancale, au Petit Hôtel du Grand Large, où l'on s'était arrêtés lors d'un passage à Quiberon

Mais en fait, savez-vous que le homard le plus renommé de nos contrées (et probablement sans concurrent de sa qualité, disent les amateurs) n'est pas breton (appellation floue, non réglementée) mais normand. C'est celui (homard du Cotentin et de Jersey) qui est notamment pêché, avec mesure (mesure de la taille et modération quantitative) au large des Iles Chausey. On parle aussi localement de "homard de Chausey".

C'est lors d'un dîner à Cancale que des voisines de table nous avaient parlé de ce fameux homard il y a deux ans. Nous n'avons pas oublié et jeudi dernier, nous voilà partis pour faire un court séjour à Chausey via Granville (on a eu quelques frayeurs, le bateau a failli être annulé !).

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Chausey est un archipel gouverné par la marée. Qui conditionne les sorties en mer. Qui transforme le paysage. Qui peut faire annuler des navettes avec le continent. Qui peut atteindre 12-13 mètres d'écart entre haute et basse mer.

L'effort pour préserver la ressource est efficace et le homard ne se raréfie pas. En revanche, pas question de le manger en hiver, c'est maintenant (d'avril à juillet environ) la saison ! La meilleure façon de le manger est sans doute simplement grillé (mais la cuisson parfaite n'est pas si simple, elle l'était cette fois) pour que l'on savoure la délicatesse de la chair de cet animal.

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La pêche à Chausey est donc raisonnable depuis de longues années, les pêcheurs sont très sensibilisés à la préservation de la ressource et ont obtenu une certification de "pêche durable". La réglementation est rigoureuse sur la taille (et donc l'âge) des homards que l'on peut pêcher. Si voulez voir à quoi cela ressemble concrètement, j'ai trouvé une belle et informative video sur le sujet. Et aussi sur le site MSC Pêche Durable, une rencontre avec les pêcheurs.

En dehors de la proximité avec cette rare ressource, nous avons découvert un lieu magnifique, où l'on peut rester des heures à contempler la mer et ses variations perpétuelles, que l'on peut parcourir tranquillement de bout en bout, où nous avons été fort bien accueillis à l'Hôtel du Fort et des Iles. Quel délicieux séjour !

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07/07/2014

Arrêter le gluten, une solution de facilité ?

Peut-être allez-vous trouver ce titre un peu provocant ou déplacé... Voici un billet un peu rapide, né d'un agacement, autour d'un sujet fort complexe sur lequel je reviendrai en détail à la rentrée.

Bien sûr, je ne parle pas des personnes chez qui l'on détecte une intolérance (et non allergie) au gluten, aussi appelée maladie coeliaque, qui n'ont d'autre choix que d'éliminer totalement et rigoureusement le gluten de leur alimentation. Ces personnes-là ne le vivent pas forcément bien, partagées entre le mieux-être ressenti (après parfois un long parcours pour arriver au diagnostic) et la difficulté de suivre ces règles au quotidien quand on doit manger à la cantine, au restaurant, chez des amis, faire les courses... Ils peuvent notamment trouver des infos via l'AFDIAG.

Je pense aux autres, les personnes qui soit ressentent un inconfort digestif réel, soit vont très bien mais pensent qu'elles iraient encore mieux sans gluten (j'avais parlé de cette graduation dans ce billet qui tentait de faire un point un peu synthétique sur le sujet).

L'inconfort physique

Les gastro-entérologues (une partie, du moins...) reconnaissent aujourd'hui qu'il existe, en dehors de la maladie coeliaque, ce qu'on appelle une hypersensibilité au gluten, qui crée un inconfort digestif mais qu'on ne détecte pas par les analyses traditionnelles.

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Donc, pour l'instant, on incrimine le gluten, c'est une voie simple (en théorie, en pratique un peu moins, je le disais) d'avoir ainsi un seul coupable, et puis on en parle beaucoup dans les médias, donc on alimente la machine à incriminer. On y ajoute parfois (même souvent) le lait.

J'étais récemment à un colloque de l'Institut Pasteur à Lille et les premières études (insuffisantes pour tirer des conclusions) s'interrogeaient sur le rôle véritable du gluten dans cette hypersensibilité, vs peut-être certains "FODMAPS", composants fermentescibles, parmi lesquels les fructanes présents entre autres dans le blé. Il est très difficile et long d'avoir des résultats d'études car les protocoles sont très complexes si l'on veut être parfaitement rigoureux.

Et si on suspecte les FODMAPS dans son inconfort individuel (cette approche a clairement le vent en poupe en Amérique du Nord après l'Australie), il faut se lancer dans un protocole long prenant en compte beaucoup d'aliments pour savoir en fin de compte lesquels on supporte ou pas. Les patients n'ont pas forcément le courage de cette recherche au long cours et choisissent parfois l'abandon du gluten sans savoir si c'est vraiment le responsable.

Mais alors, direz-vous, comment expliquer que beaucoup de personnes qui arrêtent le gluten disent aller nettement mieux ? Cela prouve-t-il que la cause de leur inconfort était le gluten ? Quand on arrête le gluten, peut-être arrête-t-on de se gaver de baguette molle ou de pain de mie. Peut-être diversifie-t-on davantage son alimentation. Peut-être se met-on à cuisiner plutôt que d'acheter des plats préparés... Donc est-ce seulement l'arrêt du gluten qui crée le mieux-être ?

Et plutôt que d'arrêter le gluten en bloc, peut-être peut-on améliorer le gluten qu'on absorbe : ne pourrait-on pas rechercher des aliments pourvus de gluten mais qu'on arrive à digérer plus facilement, le pain notamment : le type de blé, de mouture, de farine, de fermentation, ... ont une influence et il y a pain et pain, gluten et gluten...

Par ailleurs, j'expliquais dans mon précédent billet qu'il ne fallait pas considérer les seuls aliments mais bien l'interaction, unique, entre les aliments et notre système digestif. Là encore, c'est un vaste domaine, encore en grande partie inexploré, auquel s'attaque la recherche. Mais on sait déjà le rôle de ce qu'on appelle désormais le microbiote intestinal : du point de vue des milliards de bactéries qui peuplent notre intestin, nous sommes tous différents dans ce domaine et il apparaît que le manque de diversité de cette flore bactérienne ou le manque de bactéries protectrices dans l'ensemble aurait une influence sur de nombreuses pathologies. Mais ce n'est probablement pas irréversible : les mécanismes ne sont pas encore expliqués mais il semble qu'avoir par exemple une alimentation variée, équilibrée, tende à améliorer la diversité bactérienne. Peut-être certains probiotiques aussi (mais pas tous et différemment pour chaque personne), c'est un sujet que je commence à creuser.

L'inconfort psychologique

Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de personnes qui arrêtent le gluten que celles qui ont un véritable inconfort. Même les chefs s'y mettent, argumentant que c'est tellement stimulant pour leur créativité. OK. Mais plus léger ? Meilleur au goût ? Pour ma part, je ne cesse de me régaler dans des restaurants AVEC, qui ne proposent pas forcément une cuisine lourde et insipide !

Car, plutôt que supprimer le gluten et penser que manger SAIN est forcément manger SANS (réécouter ma Minute Gourmande sur le sujet), on peut, si on en ressent le besoin, se poser, prendre du recul sur son alimentation, consacrer davantage de temps à faire les courses et à cuisiner, introduire davantage de variété et se faire du bien ainsi, sans forcément supprimer des catégories d'aliments.

Et surtout, se rappeler que CHAQUE PERSONNE EST UNIQUE, à elle de trouver le mode alimentaire qui lui convient, au-delà des modes et des modèles.

Je reviendrai sur ces sujets à la rentrée mais vos commentaires sont bienvenus dès maintenant.

Visuel © ようへい - Fotolia.com

23/06/2014

Et si on mettait des fruits dans les plats...

Vendredi, je suis allée chercher la deuxième livraison de "mon" petit lopin de potager virtuel (monpotager.com) qui suit le fil des saisons. Après la rhubarbe, me voici dotée de concombre, courgettes et fraises. Et un peu de menthe en cadeau. Je rentre tard, je n'ai rien prévu et pas grand chose dans le frigo : faisons simple, utilisons donc la production du potager. C'est parti pour une salade : des dés de concombre, de la courgette émincée (à la mandoline, attention aux doigts !), des fraises, et pour compléter, de la feta. Plus huile d'olive, menthe, basilic. Et voilà une délicieuse salade improvisée, les fraises ayant apporté leur vive couleur et une note sucrée. Et mettre des fruits dans une salade ou un plat, c'est souvent une bonne idée. 

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Justement, samedi, nous sommes allés déjeuner à La Pascade, faisant découvrir ce lieu que j'apprécie beaucoup à notre ami du Japon, de passage à Paris. J'ai chois la "Pascade du mois", imaginée par Sébastien Bras (fils de Michel Bras et chef du restaurant triplement étoilé de Laguiole) : on était là sous le signe de la cerise : cerises macérées et "gelée et parfums de noyaux de cerise" accompagnaient délicieusement du saumon légèrement cuit, avec courgettes et fenouil.

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Et les variations sont infinies pour tenter des fruits dans des plats ou des salades, de façon classique ou originale : cela peut être :
 
Des pommes ou des poires en hiver,
De la rhubarbe  au printemps,
Des pêches, par exemple dans une salade pêche-poulet-noisettes de Clotilde Dusoulier, dont je me suis déjà régalée en été, ou des abricots, du melon, de la pastèque,
Des figues ou des prunes à l'automne, ....

Je me souviens même du dîner du dernier réveillon, fruité de bout en bout !
 
Et vous, pratiquez-vous cet usage des fruits ? Ou êtes-vous plutôt réfractaire au sucré-salé ? Même si vous n'êtes pas a priori très attiré(e), pourquoi ne pas tenter l'expérience ?
 
 
NB : vous qui êtes fidèles lecteur/lectrice de ce blog, sachez que vous avez été imité(e) par L'Express Styles, qui a trouvé ce blog intéressant et en a fait, la semaine dernière, un de ses "Top Blogs Stylés". Merci à eux, mon interview à lire ici. Plein de blogs sur diverses thématiques à découvrir d'ailleurs dans cette rubrique.

20/06/2014

Quand on ne va pas au Japon, le Japon n'est jamais loin

Si vous me lisez régulièrement, vous connaissez notre amour du Japon. Le dernier voyage commence à être loin et le prochain ne s'annonce pas avant quelques mois. Mais le Japon n'est jamais vraiment loin, en particulier dans nos assiettes, car Monsieur a à cœur de mettre sa cuisine, qu'il maîtrise de mieux en mieux, au menu régulièrement.

Ainsi, dimanche, il nous a préparé un délicieux repas varié qui, à première vue, pourrait sembler végétarien mais ne l'était pas tout à fait. Il y avait au menu du tofu froid au gingembre et de l'"agedashi tofu" (tofu frit). Je tiens d'ailleurs à rassurer une patiente qui se désolait de ne pas avoir aimé le tofu et sa fadeur : on le mange rarement nature, en général, on le cuisine ou on l'assaisonne. Et une salade typiquement japonaise constituée principalement d'algues hijiki, de carottes, et de quelques dés de porc (la touche non végétarienne que je mentionnais). Et du riz, de la soupe, des tsukemono. On s'est régalés. Et, sympa, il y avait quelques restes pour mon bento du lendemain.

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Le dimanche précédent, le Japon était aussi au programme avec du bar grillé au sel, des haricots verts au sésame, une salade algues wakame-concombre légèrement occidentalisée avec avocat et tomates cerise, du riz aux petits pois. J'aime cette cuisine et j'aime la variété des mets. Qui n'est toutefois pas systématique au Japon, on peut manger simplement un simple plat de soba... 

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Le Japon, c'est aussi parfois au restaurant, ainsi, lundi de Pentecôte, nous avons mangé avec grand plaisir un bento chez Sachi, bien calme ce jour-là (j'avais déjà mentionné ce restaurant et son très bon bento).

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Et vous, vous cuisinez les plats des pays que vous aimez ?