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24/12/2013

Les consultations vues par... Nathalie

Les consultations, c'est fini pour 2013. Que de personnalités intéressantes, que de parcours différents... De temps en temps, je leur donne la parole. Et cela faisait un moment que je n'avais pas fait parler une de mes patientes. J'hésite parfois à les solliciter. Cette fois, Nathalie, venue d'abord pour soulager ses genoux de sportive de quelques kilos, a trouvé bien davantage dans le travail fait ensemble et en avait l'air vraiment ravie. 

diététicienne anti-régime,comportement alimentaire,mincir sans régime,maigrir sans régime,non aux régimes,accompagnement,aimer son corps,écouter son corpsNathalie répond à trois questions pour témoigner sur la façon dont elle a vécu les consultations, basées sur mon approche de diététicienne anti-régime. Réponses courtes mais qui vont à l'essentiel et je sais la sincérité joyeuse qui est derrière.

Trois questions à Nathalie, 31 ans, technicienne de laboratoire :

1. Comment avez-vous vécu cet accompagnement ?

"J'ai très bien vécu cet accompagnement, à chaque fois que j'ai eu des questions, Ariane était là pour m'apporter la réponse appropriée soit par un mot soit par un exercice".

2. Qu'est-ce que cela vous a apporté aujourd'hui ?

"Aujourd'hui je peux dire que j'aime mon corps et je l'écoute quand il me parle. Je me sens vraiment mieux dans mes baskets".

3. Pourriez-vous donner un exemple de changement concret dans votre façon de manger ?

"Aujourd'hui, je ne fais que 2 repas par jour car c'est ce qui me convient le mieux et j'ai réduit considérablement les quantités de mes assiettes.

 

Dessin © leszekglasner - Fotolia.com

06/05/2013

6 mai : Journée sans Régime (No Diet Day) : oubliez les régimes pour un jour et pourquoi pas pour toujours !

Comme je vous l'avais annoncé, plutôt que de vous parler encore une fois des méfaits des régimes, je préfère aujourd'hui donner la parole à des femmes qui ont eu l'expérience dans leur tête, dans leur corps, dans leur chair de ces régimes et qui en parlent. Merci à toutes celles qui ont donné leur témoignage.

Les  aberrations

« Un régime célèbre dans les années 80 : il s'agit de manger un seul aliment toute la journée, et chaque jour ça change, par exemple jambon, le lendemain pamplemousse, etc... c'est le pire des régimes... je l'ai fait avec ma soeur, nous étions adolescentes, nous avons tenu une semaine. Avec le recul, je ne comprends pas que ma mère nous ai laissées faire ! »

La culpabilisation

« Avec un papa chef pâtissier j'ai grandi en ayant à portée de bouche plein de bonnes choses, j'aime le sucré mais ne me suis jamais "gavée", j'étais toujours mince, voire maigre après 2 enfants. Mais soudain tout a basculé, en 6 mois j'ai pris 13 kg, j'ai complexé et j'étais en rage, je suis allée voir un nutritionniste pour être aidée, pour comprendre, pour vérifier ma santé. Pas de diabète pas de cholesterol - à sa grande surprise-, car ce cher médecin m'a de suite sermonnée sur ma vie alimentaire, m'a dit que c'était "normal que ça me retombe dessus" et puis à 39 ans je commençais à être âgée alors Madame il ne faut PLUS JAMAIS manger de sucre ! J'ai essayé son régime, pas droit au sucre pas droit au riz, mince, plus le droit d'être heureuse alors ? J'ai abandonné, je pense que ce n'est pas en me faisant culpabiliser qu'on m'aidera à réparer mon corps, et me priver de tout, non merci ! Qu'elle est triste la vie sans chocolat ! »

A qui faire confiance ?!

« Je crois que le pire et le plus dangereux était via un "médecin" dont j'avais eu les coordonnées dans la presse, son principe, ce que l'on mange le matin compte pour 0 calories et ensuite déjeuner et diner on multiplie par 2 puis par 4. Donc il conseillait de manger pizza et chocolat au petit déjeuner.... ce qui fait que j'en mangeais tous les matins. Par ailleurs il m'avait prescrit des gélules à base de "plantes" que j'ai prises scrupuleusement pendant plusieurs semaines; J'ai bien maigri mais je n'étais pas en forme du tout. A l'occasion de vacances, mon oncle (médecin généraliste) chez qui je séjournais m'a demandé quel régime je suivais et je lui ai montré l'ordonnance, il a bondi, il s'agissait d'extraits thyroidiens et amphétamines....  j'ai tout jeté et j'en ai subi les conséquences pendant un moment sur le plan de la santé, nervosité, agitation »

« Les premiers régimes qu'on m'a obligée à suivre ont été prescrits par des médecins (généraliste, endocrino, diététicien), et tous étaient dangereux que ce soit au regard de mon jeune âge (7 ans pour le 1er régime) ou du régime prescrit : hypocalorique et sans sucre à 7 ans, hyperprotéiné en sachets à 16 ans. Je n'ai jamais rêvé d'être filiforme, j'ai toujours eu conscience des limites de mon corps, mais c'était sans compter la toute puissance médicale et la pression familiale. J'ai dû faire pas moins de 20 régimes alors que j'en avais pas besoin et à chaque régime un échec à moyen terme, des kilos en plus. L'addition est salée et au final les médecins disent que je ne me donne pas la peine d'aller mieux. J'ai décidé de ne plus consulter de médecin sur le sujet vu leur incompétence et leur rapidité à brandir une diète hyperprotéinée. Et là miracle, je ne prends plus de poids. C'est mieux que rien. »

« Ma mère m'a mis au régime dès 11/12 ans, à l'époque, je pesais 62 kilos pour 1m55 et elle ne voulait pas que je souffre de l'obésité comme elle. J'ai vu un acupuncteur qui m'a donné des gélules de "je ne sais quoi" puis j'ai eu l'isoméride à 15 ans car j'étais arrivée à 75 kilos pour 1 m63.

J'ai perdu 25 kilos en 6 mois en me privant en dépit du bon sens pour mes 18 ans et je suis restée à 62 kilos pendant 3 ans environ. A 21 ans, j'ai commencé à travailler en décalé dans l'hotellerie et à manger à n'importe quelle heure et j'ai pris près de 30 kilos en 2 ans ».

La relation aux autres

« Quand j'étais au régime, je souffrais énormément lors des soirées entre amis où rien de ce qu'il y avait à manger n'était autorisé dans mon régime. Je regardais les gens boire et manger avec plaisir. Je ne partageais rien de ce moment de convivialité. Parfois même, je déclinais les invitations pour ne pas me mettre à l’épreuve. Un jour, un couple que je connaissais à peine, nous a invités à dîner. Je ne me sentais pas de leur avouer que j’étais au régime. J’apprends que ça sera soirée raclette !!! Rien ne pouvait être pire. Ça prenait des proportions catastrophiques. J’en venais à imaginer de véritables subterfuges pour donner l’illusion que je n’étais pas au régime. J’ai ramené de la salade verte et de la viande de grison. J’ai senti, vu l’expression sur son visage, que mon initiative avait déplu à la maîtresse de maison. Lors de cette soirée, je n’ai mangé que de la salade, et la charcuterie autorisée. J’ai laissé dans mon assiette une pomme de terre enrobée de fromage à laquelle je n’ai pas touché et j’avais convenu avec mon copain qu’il devait se servir du fromage que je mettais à fondre dans l’appareil à raclette. J'ai passé tout le dîner focalisée sur mon stratagème alimentaire et je n'ai pas profité du tout de la soirée... »

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Celle de gauche sera-t-elle vraiment plus heureuse que celle de droite ?

L’instinct de survie

« J'ai tenté Dukan, mais pas plus d'une journée, déjà largement suffisant, je me revois en train de me gaver de surimis alors que je déteste.... »

« Il y a très longtemps, je me demandais si je n'étais pas un peu trop ronde... J'étais jeune aussi. Une amie qui me voulait du bien m'offrit un livre écrit par Monsieur Montignac. Las ! Je commence le livre et, dès la deuxième page, j'apprends que, pour maigrir, je dois abandonner à tout jamais, mais alors à tout jamais, terminé, fini, pour toujours ... le miel. J'ai refermé le livre et n'ai plus voulu en entendre parler »

Le soulagement quand on arrête

« Je crois avoir toujours pensé que j’étais trop grosse ; maintenant que je le suis vraiment, je réalise qu’à 20 ans, 1,64 m et 62 kilos, c’était plutôt pas mal et qu’il fallait vraiment être idiote pour vouloir absolument ressembler à ma meilleure amie : 1,64 m et 48 kilos toute mouillée...Aujourd’hui, 1,64 m et 90 kilos, je suis trop grosse, obèse disent en choeur la nutritionniste et WW. Des régimes j’en ai fait pas mal : des protéïnés en sachets, WW  à plusieurs reprises, chronobio, Dukan et j’en passe.

J’ai maigri certes mais j’ai repris, tout et le bonus qui va avec ! Le moral en berne, le corps douloureux, les mouvements limités par mon poids, l’essoufflement régulier lors d’efforts pourtant pas si importants, tout est là. Et puis il y a peu je vois l’émission de télé sur les régimes qui me donne un choc, j’arrive sur ton blog qui me donne un deuxième choc et je décide de tout plaquer. Fini les régimes. Après moi le déluge ! Et ça fait 10 jours maintenant. Pas de changement sur la balance, trop tôt pour ça. Par contre, un allègement certain au niveau du mental : plus d’interdits, plus de “j’ai droit – j’ai pas droit”, plus de “t’aurais pas du”, “il faut pas” et autres pensées négatives. Je me sens bien, libérée d’un énorme poids “mental”  et ça, ça n’a pas de prix. »

 

Toujours à propos de régimes, un très intéressant "Téléphone sonne" sur France Inter le 30 avril, à écouter, avec notamment la participation de Jean-Philippe Zermati et d'une responsable de l'ANSES plutôt sensée.

Visuel © tontan - Fotolia.com

27/12/2012

Le best-of 2012, c'est maintenant !

Je sais que vous êtes nombreu(ses)x à me lire régulièrement. Et je vous en remercie sincèrement. Toutefois, quelques billets essentiels vous ont peut-être échappé. Ou vous avez peut-être découvert le blog récemment.

Pour toutes ces raisons, je vous propose une petite rétrospective des billets qui me paraissent avoir été un peu le meilleur de 2012 sur ce blog (mais il y a tellement de bonnes choses à lire et à voir que le choix est difficile, n'est-ce pas ?!). Bonne lecture !

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Je parle souvent de faire barrage aux régimes et d'accepter son poids naturel alors que les 3M (Morphologie-Métabolisme-Minceur) sont une réalité souvent méconnue. Je ne critique pas seulement le plus connu de ces dernières années mais tous les régimes, qui font tant de mal.

A l'inverse, je prône les 4C pour changer vraiment sa façon de manger et je vous donne des exemples, sachant que chaque personne est différente...

Côté alimentation au quotidien, je vous ai parlé grignotage, étiquetage alimentaire, je vous ai donné quelques conseils pour manger lors d'un buffet..., j'ai essayé de vous convaincre qu'une fréquentation régulière du restaurant ne fait pas grossir, je vous ai suggéré d'observer votre consommation de viande, j'ai essayé de vous déstresser au sujet du goûter des enfants. Je me suis mise dans la peau des végétariens qui mangent dehors, j'ai même donné des conseils alimentaires au nouveau Président de la République!

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Vous avez dû entendre parler de campagnes récentes contre le gaspillage alimentaire, voilà quelques conseils concrets. Il est aussi toujours utile de parler de Pierre Rabhi. Et je me suis agacée contre les stress en tous genres de la cacophonie alimentaire...

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Au-delà de l'alimentation, je vous assure que le sommeil, c'est vital !

Souvent, on me demande aussi s'il faut faire du sport pour maigrir...

Et si cela vous intéresse, voilà une vision récapitulative de mon activité, je ne fais pas que bloguer !

 

Belle fin d'année sereine et gourmande !

 

26/11/2012

Peut-on maigrir sans régime après des régimes, des réponses !

J'avais mis un peu de suspense dans le billet qui commençait à traiter de ce thème. Quelques commentaires ont un peu rompu ce suspense en parlant de leur situation particulière, merci à celles qui les ont fait, et voici les réponses concernant les quatre personnes dont je vous parlais.

Lors de mon intervention au CHI de Clermont, j'ai en effet pris l'exemple de plusieurs patients en proie au découragement post-régimes et en quête d'une voie alternative. Parlons donc (de façon forcément très résumée) du travail fait avec ces quatre patients :

- Jules, bon vivant, qui aime faire la fête avec abondance et qui n'a jamais réussi à tenir un régime. D'abord, il a fallu commencer par faire lâcher à Jules l'idée que le contrôle était une démarche adaptée à l'alimentation et le faire passer à une écoute des besoins de son corps, ce qui était très nouveau pour lui. Cela l'a conduit peu à peu à diminuer les quantités en réalisant que cela lui suffisait largement, à ralentir son rythme à table, à varier son alimentation en y trouvant un plaisir de découverte. Tout cela lui a aussi fait prendre un certain recul sur son mode de vie, à prendre d'avantage de temps pour lui, à intégrer avec du plaisir une activité sportive dans son emploi du temps. Ainsi, il a perdu tranquillement mais quand même assez rapidement une vingtaine de kilos, il se sent beaucoup mieux dans son corps et il a réduit aussi sa consommation de vin, ce qu'il croyait impossible.

- Rosette, d'âge mûr, qui a des dizaines d'années de régime derrière elle et alterne des périodes de restriction et des périodes où elle se jette sur les aliments interdits. Là aussi, Rosette a commencé par redécouvrir l'écoute de sa faim et de son rassasiement alors qu'elle ne laissait plus de place qu'à sa tête, classant les aliments en bons et mauvais. Puis il a fallu faire la paix avec ces "mauvais aliments", plutôt salés : fromage, pâté, saucisson, ... en apprenant à les déguster avec attention, en se rendant compte qu'on pouvait se faire très plaisir avec une petite quantité, en expérimentant que les intégrer dans son alimentation n'empêchait pas de perdre du poids. Ainsi, Rosette a fait la paix avec les aliments, est sortie de l'attention obsessionnelle qu'elle leur portait. En revanche, elle n'a perdu qu'une dizaine de kilos (ce n'est pas négligeable !), bien loin de l'idée qu'elle se faisait au départ. Elle a dû accepter ce corps, ce qui est vraiment difficile, d'autant plus que quand on avance en âge et en poids, il y a souvent un inconfort physique, des douleurs articulaires, ... Mais quand la tête va beaucoup mieux, c'est quand même un peu plus facile...

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- Sylvette, qui mange dès que cela ne va pas bien émotionnellement et dévore le soir devant la télé. Le travail a été long avec Sylvette : elle n'avait pas de problème à reconnaître ses sensations alimentaires mais elle les écoutait rarement car elle était tout le temps perturbée par ses émotions, liées à des petites ou grandes difficultés. Elle aimait bien manger de tout mais souvent le stress, la fatigue, une quasi-déprime lui enlevait toute envie de cuisiner quelque chose de savoureux. Peu à peu, elle a appris à prendre du recul sur ses émotions, à les reconnaitre et les accepter. Lâcher un certain nombre d'exigences, élaguer son emploi du temps et prendre soin d'elle-même lui ont permis d'être en meilleure forme et mieux dans sa tête. A partir de là, des envies de s'organiser, de bien manger, de cuisiner sont revenues. Et une envie de bouger aussi, qu'elle avait eu tout au long de sa vie. Tout cela lui a permis de perdre ses kilos émotionnels et de retrouver un corps où elle se sent très bien.

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- Charlotte qui est en restriction permanente et que cela entraîne dans de fréquents craquages. Charlotte apparaitrait à chacun comme une jeune femme au corps parfaitement proportionné et elle souffre d'ailleurs qu'on ne la prenne pas au sérieux dans ses difficultés alimentaires. Pour ma part, je ne juge personne, j'accompagne, j'aide à changer ce qui ne va pas. Charlotte a ainsi accepté de ralentir le rythme, de prendre la peine de déguster avec attention tous les gâteaux qu'elle engloutissait pour se rendre ainsi compte de ceux qui n'étaient pas si bons que cela. C'est en commençant à voir la courbe de poids s'inverser un peu qu'elle s'est détendue et a accepté de manger de tout sans culpabilité. Elle a ainsi perdu 2 kilos et elle a reconnu le grand bénéfice de se libérer la tête de ses obsessions alimentaires. Toutefois, elle rêvait d'un poids encore un peu inférieur et je ne suis pas certaine que le travail entamé pour qu'elle accepte son corps et accorde moins d'importance au regard des autres aie vraiment porté des fruits durables. Il serait sûrement souhaitable qu'elle poursuive un travail autour d'une estime de soi fragile qui se focalise trop sur le physique, sujet complexe et long à prendre en charge.

Bien sûr, ce sont des cas particuliers, il n'y a aucune règle générale à en tirer, chaque histoire alimentaire a des ressorts singuliers et c'est d'ailleurs pourquoi aucune offre générique d'amaigrissement ne peut être appropriée, et encore moins quand on a sérieusement détraqué sa relation à l'alimentation.

J'ai l'impression que ces récits ont intéressé et concerné le public vu le nombre important de questions, les personnes qui sont venue me remercier après la conférence et le très gentil message que m'ont envoyé les organisateurs, me "remerciant pour la qualité de l'intervention appréciée à l’unanimité". Ça fait plaisir ! Et si cela pouvait être un minuscule coup de canif supplémentaire dans l'épaisse cuirasse des régimes en tous genres...

Visuels © kyoko - Fotolia.com

11/01/2012

Le GROS traite le régime Dukan d'imposture

Depuis que je gazouille sur twitter, j'ai davantage tendance, car c'est plus immédiat, à relayer des liens sur ce réseau. Mais pas de raison de vous en priver ! Dans le Monde daté du 11 janvier, le GROS (Groupe de Réflexion sur l"Obésité et le Surpoids) publie une tribune intitulée "Le régime Dukan est une imposture" dans laquelle il appelle les médecins à prendre leurs responsabilités. Cela fait suite à une autre initiative saugrenue et particulièrement inappropriée du fameux docteur, il y a quelques mois : écrire à tous les médecins généralistes pour leur suggérer de se former à sa méthode pour la proposer ensuite à leurs patients...

C'est à lire ici :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/10/l-e-regime...

 

A la lecture des commentaires, on se dit que le GROS a encore des efforts à faire en matière de notoriété et que le régime D. n'est pas encore prêt de partir aux oubliettes...

Pour faire connaissance avec le GROS : www.gros.org

09/01/2012

Le régime Dukan et les autres, même combat !

Aujourd'hui, une bonne partie des personnes qui viennent me voir sont des femmes qui m'ont connue par mon site web, ce blog, le bouche à oreille, l'annuaire du GROS, ...

Autant dire qu'elles ont déjà une première idée de mon approche en arrivant et elles ne sont pas à la recherche d'un régime. Car elles sont des expertes es régimes, elles les ont à peu près tous essayés : bien sûr le régime Dukan et toutes sortes d'autres régimes hyper-protéinés, et aussi le régime soupe aux choux, certains coupe-faim, les régimes stricts hypo-caloriques, les réunions à l'américaine, ... Certaines me disent même qu'elles pourraient en faire un livre... Elles ont fait des régimes pendant 10, 15, 20, 30 voire même 50 ans ! Parfois leur premier contact avec un nutritionniste a eu lieu à l'âge de 8-9 ans...

Fotolia_©Prod. Numérik_help.jpg

Et presque toujours, elles disent avec une note de regret dans la voix : "mais, en fait, j'ai revu des photos d'avant, j'étais normale" ou "j'étais juste un peu ronde et cela serait sûrement passé"... Et des années et d'innombrables restrictions après, la grande addition des régimes est à tous les coups positive : elles ont toujours gagné du poids ! Et elles ont beaucoup perdu en sérénité dans le même temps...

Du coup, elles ne sont plus dupes, elles connaissent les méfaits des régimes, pour le corps et pour la tête. Souvent, elles sont obsédées par ce qu'elles doivent manger ou pas. Cela occupe une grande partie de leurs pensées. Elles ont parfois perdu le plaisir de manger, ne savent plus dire ce qu'elles aiment vraiment à force d'avoir choisi en fonction de ce qu'il fallait manger. Ou alors elles ont décidé de tout lâcher pour ne plus y penser. Un peu désabusées pour certaines, elles ont parfois même perdu l'espoir de perdre du poids, elles voudraient juste arrêter d'en prendre... Et retrouver un peu de tranquillité. Cela peut être un long chemin, qui demande de la persévérance.

Je rencontre ces femmes victimes des régimes et de l'obsession de la minceur tous les jours. Tout cela représente beaucoup de souffrance, de mésestime de soi, de perte de confiance, de difficulté à profiter pleinement de la vie, de gâchis*.  C'est pourquoi tout l'espace médiatique donné aux grands faiseurs de régimes me met très en colère et qu'il m'est un peu difficile de sourire vraiment quand il s'agit de prendre cela côté parodie.

Soyons quand même un peu optimistes, j'ai l'impression que le discours du GROS, porté par Gérard Apfeldorfer, Jean-Philippe Zermati et de nombreux autres thérapeutes, gagne du terrain...Tout en sachant bien que la minceur est un gigantesque marché et que cela ne va pas s'arrêter demain : vous avez regardé les magazines féminins récemment ?!

Il y a un très beau témoignage que vous avez peut-être lu sur le blog "Pensées de ronde" : ce n'est pas une de mes patientes, elle a vu Jean-Philippe Zermati, mais je pense que nombre des femmes qui me consultent (et d'autres) peuvent se reconnaitre dans ce parcours...

*c'est pour peut-être éviter à quelques-unes cette spirale des régimes que j'anime de temps en temps des ateliers pour les ados "Ne commençons pas le premier régime"

PS : une célèbre compagnie vient de lancer une vaste campagne "Stop les régimes" : on ne doit pas avoir la même définition du mot...

Image Fotolia.com ©Prod. Numérik

12/05/2011

L'homme est-il une femme comme les autres ?

alimentation,nutrition,régime,minceur,hommes,embonpointMa clientèle est très majoritairement composée de femmes. Les hommes sont moins enclins à venir me consulter. Je vois à cela plusieurs explications, notamment : 

- les hommes sont beaucoup moins obsédés par leur poids et leur silhouette que les femmes car ils ne subissent pas autant (pour combien de temps encore ?) la même dictature de la minceur.

- les hommes sont peut-être moins enclins à rechercher un accompagnement et s'ils décident de gérer leur ligne, ils vont plutôt le faire seuls.

- quand ils prennent conscience de kilos accumulés au fil des années à force de repas d'affaires, apéros entre copains, d'arrêt de toute activité sportive ..., ils ont tendance à prendre des mesures drastiques simples : "je supprime le pain, le fromage, le vin". Ainsi beaucoup perdent des kilos très vite car leur métabolisme n'a pas encore été perturbé par des régimes. Mais souvent ils les reprennent s'ils ne changent pas leurs habitudes durablement.

En même temps, il semble que de plus en plus d'hommes se soucient de leur ligne. Ils sont sans doute sensibles aux discours santé qui insistent sur les risques liés à l'embonpoint et aussi soucieux de leur apparence, qui est tellement valorisée dans le monde d'aujourd'hui. Du coup, le marketing a encore frappé, en découvrant une nouveau territoire à conquérir. Ainsi, au millieu d'une offre croissante de produits de beauté, il y a même des crèmes minceur spécial ventre (cf pub ci-contre) ! Et de très nombreux hommes se sont lancés dernièrement dans le célèbre régime du Dr D.... Peut-être parce qu'ils apprécient une action coup de poing qui puisse donner des résultats rapides. Le problème, c'est qu'ils commencent à se rendre compte que les kilos reviennent assez vite...

Du coup, j'ai l'impression qu'on assiste à une séparation croissante entre deux types d'hommes (je schématise, la réalité est bien sûr plus complexe):

- ceux qui deviennent obsédés de leur image, quasiment à l'égal des femmes, et sont donc clients des crèmes, régimes, salles de sport, plat légers, ...

- ceux qui regardent les kilos s'accumuler sans trop réagir, à coup de repas d'affaires, de bons vins, de convivialité, ... et sont parfois alertés seulement quand leur médecin ou leur cardiologue agite un risque santé.

A tous, je voudrais dire que "la brioche n'est pas une fatalité"* et qu'on peut lutter contre elle sans être dans la privation et la frustration. Que les régimes ne sont pas la solution ! Qu'ils demandent aux femmes qui ont une large expérience en la matière...

Chers lecteurs, avez-vous un avis sur la question ? 

*C'est le titre de l'atelier que j'anime à nouveau le vendredi 20 mai de 19 à 21h. Un atelier informatif et interactif pour trouver des réponses concrètes à ces kilos masculins bien localisés. Inscriptions ici :  http://fr.amiando.com/brioche_20mai11.html