09/05/2015
J'ai lu "Je dis enfin stop à la pression" et... j'ai été bluffée
Je ne suis pas une fanatique des livres de "développement personnel" même si je constate parfois qu'ils peuvent apporter quelques conseils utiles. Et je n'aurais spontanément sans doute accroché sur ce livre à la couverture flashy. Mais c'est une patiente qui m'en a parlé avec enthousiasme, ayant constaté, après l'avoir lu, que cela lui avait vraiment permis de relâcher la pression qu'elle se mettait, sans dégât collatéral, au contraire.

Du coup, j'ai décidé de m'y intéresser car nombre de mes patientes, perfectionnistes, manquant de confiance en elles ou ayant à faire face à une multitude d'obligations, se mettent sous une pression permanente, stressante, épuisante. Et la société en ajoute une bonne louche aussi. Alors, je l'ai lu et j'ai été assez bluffée. Bluffée par le talent des deux auteurs, Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, psychologue et thérapeute, qui parviennent dans un seul livre à :
- réunir une masse de notions variées relevant du domaine de la psychologie : le perfectionnisme, la confiance en soi, les valeurs, la relation aux autres, les peurs, les émotions... Et cela ne donne pas du tout un mélange indigeste mais est clairement structuré et progressif.
- en parler de façon très claire, concrète et accessible,
- donner un grand nombre d'exemples et de témoignages dont certains feront forcément écho chez les lecteurs/lectrices.
- fournir des pistes, des exercices pas trop compliqués, vraiment réalisables, des actions concrètes pour avancer pas à pas, sans être trop simplistes.
- et le faire avec humour.
Exemples : des exercices pour repérer les moments où on ne dit pas ce qu'on pense, pour s'entraîner à déléguer, pour mettre des mots sur ses émotions, pour accepter son imperfection...
Pourquoi ça me parle ?
Parce que, comme je le disais, une part non négligeable des personnes qui viennent me voir subissent cette intenable pression car :
- ce sont des femmes qui se sont imposé une forte contrainte à avoir un physique parfait dont la minceur est un des paramètres. Sauf qu'on ne peut pas se contraindre éternellement...
- ce sont parfois des personnes qui n'ont pas construit la bonne dose de confiance globale en elles dans leur enfance et ont reporté leur capacité de maîtrise sur le physique (exemple par exemple de Marc dans le livre d'ailleurs, enfant grassouillet devenu un adulte bronzé et bodybuildé et mettant une intense énergie sur le paraître),
- ce sont des femmes qui vivent et cumulent souvent plusieurs pressions : professionnelle, familiale, maternelle, sociale....
- ce sont des femmes, pour certaines, qui ont développé un perfectionnisme qui s'applique à tout y compris à la cuisine : je me souviens ainsi d'une patiente qui avait commencé à faire du pain maison occasionnellement et continuait à le faire au quotidien malgré son total manque de disponibilité car ses enfants ne voulaient plus entendre parler du pain acheté à la boulangerie...
Et aussi car il y a des témoignages de gens qui ont écouté leurs valeurs et leurs vraies envies pour changer de vie et je m'y reconnais un peu...
Deux précisions :
- un tel livre ne peut bien évidemment pas remplacer un travail avec un thérapeute si on en ressent le besoin. Ne nous leurrons, tous les exemples fournis de personnes qui les ont consultées et vont beaucoup mieux ne se sont sans doute pas réglés en un claquement de doigt...
- un tel livre n'est pas à lire d'une traite mais à pratiquer au fil des exercices, pas nécessairement tous mais ceux dont on se sent proche.
Au global, une plaisante et utile lecture !
09:00 Publié dans Activités, medias, lectures..., Fondamentaux | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : je dis enfin stop à la pression, audrey akoun, isabelle pailleau, perfectionnisme, pression, psychologie, confiance en soi, minceur |
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07/05/2015
J'ai lu Xavier Denamur et...j'ai été partagée
J'ai connu Xavier Denamur, restaurateur parisien pourfendeur de la mauvaise alimentation et de l'opacité en cuisine lorsqu'il a sorti son film République de la malbouffe en 2012. J'en avais fait un billet de blog, il l'avait lu et apprécié, on a échangé en ligne et on a fini par se rencontrer un peu plus tard. Puis j'ai déjeuné avec plaisir plusieurs fois dans son restaurant Les Philosophes dans le Marais. J'ai suivi régulièrement ses actions énergiques et persistantes pour la transparence dans la restauration.
Il est passé à une étape supplémentaire en écrivant un livre, Et si on se mettait enfin à table ?, titre bien sûr à double sens... Car ce que beaucoup retiendront principalement de son livre, c'est qu'il révèle toutes les étapes et les modalités de son parcours dans la restauration, la place incontournable du "black" dans métier et son chemin vers l'honnêteté fiscale.

La transparence est méritoire et pas facile mais cela m'a mise quand même un peu mal à l'aise. J'ai un grand respect pour une vie de travail acharné, d'exigence, d'enthousiasme, de rigueur dans la gestion de ses restaurants, je mesure le courage de reconnaître ses excès et ses erreurs. Je ne suis pas naïve, je sais que les choses ne sont pas simples. Mais, en même temps, j'ai eu l'impression d'un exercice un peu long d'auto-justification sur le mode "faute avouée à moitié (complètement ?) pardonnée"... Sous couvert de propositions (que je ne saurais juger) pour réformer l'ensemble du système. Détail peut-être, j'ai aussi été gênée quand il retient principalement d'un fameux député atteint de "phobie administrative" son audace...
En revanche, j'adhère totalement à la deuxième partie où il développe avec passion son combat, en tant que restaurateur, citoyen et père, pour le fait maison et la transparence, pas seulement dans les restaurants mais aussi dans les cantines. Il montre qu'on peut, avec force, ténacité, sens de la communication, faire avancer petit pas par petit pas, la cause d'une meilleure alimentation dans les écoles. J'aime quand il met en avant les cuisiniers, comme un certain Bernard archi-dévoué à la cause de la bonne nourriture, qui font le maximum avec des moyens limités pour préparer de bons repas dans les collectivités. J'aime quand il se bat en tant que parent pour en savoir davantage sur les aliments servis au-delà du pseudo-équilibre des repas. J'approuve quand il s'interroge sur l'équilibre théorique et l'équilibre réel des repas. Cela me rappelle mon stage en cuisine collective de collège : j'avais fait un comptage des restes sur les plateaux en fin de service et, sans étonnement, les restes de jardinière de légumes étaient bien supérieurs à ceux de frites...
Combat louable et difficile, où il faut sûrement se regrouper et persévérer. Je suggère parfois aux patients-parents qui se lamentent sur ce que mangent leurs enfants de regarder comment ils pourraient être actifs sur le sujet, de s'impliquer peut-être dans les associations de parents d'élèves, les commissions de menus... Mais en même temps, de relativiser en se disant que la cantine, cela représente 4 ou 5 repas sur une semaine sur 28 (3 repas principaux et un goûter par jour) et donc de ne pas renvoyer la balle de l'éducation alimentaire à la seule école : ils peuvent aussi agir eux-mêmes sur la vingtaine d'autres repas...
J'aime quand il défend la cuisine goûteuse, les bons produits qu'il se démène pour faire venir à Paris, quand sa principale obsession est la satisfaction du client, quand il déplore la nutritionnalisation de l'alimentation, les applications compteuses de calories et les gourous du diététiquement correct (je crois qu'il ne me met pas dans ce lot ;-)). J'aime quand il se dit restaurateur, juste restaurateur et pas psychologue ou sociologue. Quand il a une "sainte horreur des cuisines de niche" mais propose quand même, dans son restaurant, une offre végétarienne à côté de la viande et du poisson.
Au global, j'aime sa liberté de ton et je me retrouve dans son combat pour la "bonne bouffe", dans un style certes différent...
08:28 Publié dans Activités, medias, lectures..., Restaurants & Shopping | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : xavier denamur, et si on se mettait enfin à table, fait maison, restaurants cuisine maison, transparence en restauration |
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06/05/2015
J'ai lu Guy Birenbaum et... j'ai été touchée
Vous avez peut-être entendu parler du livre de Guy Birenbaum, Vous m'avez manqué, histoire d'une dépression française : il a eu des critiques dans le presse et été il y a quelques semaines invité de plusieurs plateaux télé. Ce journaliste-blogueur raconte un an de sa vie, son plongeon dans la dépression, les racines de ce mal dans son histoire personnelle et comment il s'en est sorti. J'ai eu envie de le lire car je le suis avec intérêt depuis un certain temps en ligne. Et de vous en parler. Rien à voir avec mon domaine, direz-vous ? Eh si, quand même...

J'ai beaucoup aimé ce livre et je l'ai dévoré (eh oui, parfois je dévore plutôt que je ne savoure !). Il a résonné avec plusieurs de mes réflexions/convictions :
- la principale raison pour laquelle il a écrit ce livre : dire, même si cela parle ne serait-ce qu'à une personne, un lecteur, qu'on peut s'en sortir, qu'il ne faut jamais renoncer à aller mieux, même si on a l'impression qu'on est à bout, au fond du trou. Comme lui-même a trouvé une lueur dans un livre de Philippe Labro. Cela fait écho à ce que je répète souvent à mes patients qui sont dans des difficultés, en particulier alimentaires, depuis vingt ans, trente ans voire davantage et qui ont perdu tout espoir de s'en sortir, qui sont totalement désespérés de cette obsession qui leur gâche la vie : non, il ne faut pas renoncer, même si cela peut être long, difficile, avec des rechutes, il faut garder toujours en tête qu'il y aura un jour une lueur, les bons mots, la bonne personne, le bon livre, et que, pas à pas, on pourra avancer vers un mieux-être.
- il a osé demander de l'aide, il a trouvé un thérapeute qui l'accompagne, avec une attention et une compréhension essentielles. Il a sans doute eu de la chance, été conseillé par des amis ayant un bon réseau de relations. L'important n'est pas que la personne soit célèbre, reconnue... mais qu'on ait le bon "feeling" avec elle, qu'on ressente qu'on va pouvoir faire un bout de chemin ensemble, qu'on se sente écouté et compris. Je rencontre parmi mes patients beaucoup de personnes qui ont eu un long chemin de psych... et sont assez désabusées sur le sujet. Mais peut-être n'était-ce pas la bonne personne alors (sûrement plus importante que l'approche, l'école de pensée..)
- il reconnait en parallèle l'apport indispensable d'un traitement médicamenteux. Je suis vraiment très loin d'être une apologiste des médicaments mais je sais combien ils peuvent être utiles dans certains cas, à condition de trouver la bonne molécule :
- soit de façon temporaire pour rétablir un équilibre perturbé, physique ou mental,
- soit de façon permanente car on a vérifié que le mental n'était pas capable de s'équilibrer tout seul. Souvent, les personnes rechignent, craignent une dépendance. Mais il faut se rappeler que le cerveau, c'est beaucoup de chimie et que, quand il a un déficit de façon naturelle et irrémédiable qui gâche la vie, il est logique de rétablir l'équilibre et un fonctionnement harmonieux par un apport extérieur. Pourquoi l'accepte-t-on plus facilement quand il s'agit du pancréas ou de la thyroïde?
- il est sorti du contrôle mental permanent et quantificateur : Guy Birenbaum était du style à courir tous les jours la même distance en observant ses performances, à se peser quotidiennement, à être très attentif aux calories qu'il absorbait. Cet épisode lui a permis de se rendre compte de l'enfermement et de la pression que cela représentait et il est revenu à une vie plus "naturelle" et intuitive me semble-t-il : écouter son corps et profiter du moment présent. C'est ce que je propose à mes patients : abandonner peu à peu (cela peut prendre un peu de temps quand c'est profondément ancré) le contrôle mental et quantifié du comportement alimentaire, trouver son juste poids en écoutant son corps, se sentir bien dans son corps sans se focaliser sur le chiffre qu'indique la balance.
- un des éléments (un symptôme, pas une cause) de son parcours est son comportement addictif vis-à-vis des réseaux sociaux pendant une période et cela me parle : je ne suis pas de tempérament addictif a priori mais je me rends compte que la modération m'est difficile dans le domaine d'internet et de twitter en particulier : je n'ai aucun mal à m'en passer pendant une période même longue mais quand je me connecte, j'ai souvent tendance à y consacrer trop de temps...
- et aussi pour des évocations plus personnelles autour de la communication familiale.
La lecture de ce livre m'a aussi fait penser à la si belle chanson de Barbara, le Mal de Vivre.
08:22 Publié dans Activités, medias, lectures... | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : guy birenbaum, vous m'avez manqué, dépression, burnout |
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04/05/2015
Retour sur avril au fil des lectures
Je suis ailleurs...
Je manque un peu de temps actuellement pour écrire sur ce blog. Mais d'autres me sollicitent et parfois et cela permet de faire passer quelques idées.
Ainsi, j'ai pu faire un point assez détaillé sur la mode du gluten sur le blog du pass sportif multi-salles Tryndo.

Pain du "boulanger clandestin" Thierry Delabre, savouré en avril et dont il serait bien triste de se priver...
J'ai été interviewée par Marie-France sur les régimes et ce qui pousse tellement de femmes à toujours se relancer dans le prochain régime en croyant que ce sera le bon... Rappel, si vous voulez échanger sur le sujet, je vous accueillerai volontiers le 6 matin à l'occasion de la Journée Internationale sans Régime.
J'ai rappelé mon attachement à la modération face à l'avalanche de livres sur le "zéro sucre" via l'Express Styles (avec un petit correctif, l'excès, je ne le "diabolise" pas non plus, j'essaie de la comprendre et de le traiter...).
J'ai été interrogée à propos du quinoa pour une revue professionnelle mais je ne sais pas si l'article est paru.
J'ai acheté de nombreux livres dont je vous reparlerai : quelques livres entrent mais beaucoup sortent : j'ai continué mon grand "vidage" d'appartement et ce n'est pas fini ! D'ailleurs, je viens de lire (comme beaucoup de monde) le livre de la japonaise Marie Kondo, "papesse" du rangement et il est arrivé pile au bon moment pour me faire encore accélérer les choses !
Vive la diversité des corps
J'ai enfin l'impression que les choses avancent un peu (très lentement) de ce côté. Pas un mois sans une initiative, un projet internet, une campagne pour promouvoir des femmes qui soient loin des standards de l'extrême minceur. Et on commence à parler, deci delà, des femmes "dans la moyenne", autour de la taille 40, et plus seulement des extrêmes. Exemple, une tribune plutôt bien vue sur le sujet. Ceci-dit, les pages mode des magazines féminins semblent bouger fort peu...
L'apologie de la minceur passe de moins en moins bien visiblement et l'avantage d'internet, c'est qu'on peut mobiliser rapidement pour s'opposer, comme vis-à-vis d'une campagne dans le métro londonien ou d'un visuel de carnet de santé dans un département français : les deux ont été vite retirés devant le tollé suscité.
Agriculture et alimentation
Un article intéressant du Monde au moment où s'ouvre l'Exposition Universelle de Milan sur le thème "Nourrir la planète".
Et aussi
J'ai aimé cette phrase de Gandhi citée par Edgar Morin mais tellement oubliée... :
"Montrer l'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul".
Et ce très beau texte qui n'a rien à voir avec mon domaine mais qu'importe, par un des disciples de Roland Barthes.
Et vous, que partagez-vous de votre mois d'avril ?
08:44 Publié dans Activités, medias, lectures..., Bien-être sans régime | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : gluten, pain, sans gluten, dieteticienne anti regime, les régims font grossir, accro aux régimes, régime sans sucre, zéro sucre, diversité des corps, mode et minceur |
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