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14/06/2013

Je me souviens... des céréales... et j'écoute les Passionnés de céréales

Je me souviens qu'il y avait toujours une baguette de pain chez mes parents.

Je me souviens que selon les jours et les boulangers, je l'aimais plus ou moins.

Je me souviens que j'ai toujours préféré la croûte à la mie.

Je me souviens des tartines de pain brioché du petit déjeuner que je n'ai jamais trempées dans mon Ovomaltine.

Je me souviens que je goûtais de pain et de chocolat.

Je me souviens des premiers corn flakes que j'ai découverts chez une copine à 12 ans, grignotés tels quels.

Je me souviens des pasta parties avec des amis quand j'étais étudiante puis souvent en Italie.

Je me souviens de la délicieuse finesse parfumée de la graine d'un bon couscous.

Je me souviens des épis de maïs, des grains de maïs dans les salades dont je ne raffole pas,

Je me souviens combien j'aime le riz blanc japonais.

Tout cela, ce sont des céréales. Et elles étaient à l'honneur, récemment, via un événement intitulé "Voyage dans l'Imaginaire des Céréales". Une soirée, ouverte à tous, initiée par Passion Céréales, un organisme interprofessionnel des céréaliers, qui a un rôle d'information et promotion de cette catégorie alimentaire (présence au Salon de l'Agriculture, information sur les processus de transformation des céréales, les filières, les produits, proposition de recettes, ...). Evidemment, ce type d'événement vise à valoriser ces aliments et je ne suis pas dupe de l'intention !

Les céréales, ce sont l'avoine, le blé, le maïs, le millet, l'orge, le riz, le sarrasin, le seigle, le sorgho... Elles varient selon les régions du monde en lien avec la géographie, la culture, l'histoire. Si vous voulez en savoir plus, il y a un très bon supplément du magazine gastronomique GMag réalisé en partenariat avec l'événement et disponible ici. Ellles sont, comme cela a été rappelé, à la fois une base de l'alimentation et un support de goût.

J'imagine que, pour nombre d'entre vous, les céréales font partie de votre vie depuis longtemps. Là, les intervenants nous ont raconté leurs souvenirs et expériences culinaires (Michel Bras, chef, ou Augustin Paluel-Marmont, co-créateur de "Michel et Augustin"), amené à réfléchir sur la forme des pains (Caroline Champion), évoqué "l'amitié liquide" que représente la bière (Simon Thillou, "beer geek"), ... C'était inégal, un mélange d'émotionnel et de théorie, pas toujours passionnant, mais heureusement, c'était bien rythmé et pas trop long. Le but global, tout à fait légitime, était de nous montrer qu'on ne mange pas que des aliments, notamment dans le cas des céréales, mais on mange des souvenirs, des symboles, des rencontres, des éléments de notre culture, ...

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Le chef Michel Bras a cité à propos du pain et de son utilisation une phrase du peintre Soulages : "plus les moyens sont limités, plus l'expression est forte" et nous a fait rêver en parlant de glace au pain brûlé, de pain au maïs bleu d'Arizona, ...

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Caroline Champion a notamment distingué la croûte, issue de la cuisson, et la mie, issue de la fermentation, les pains qui leur donnent une place différente : baguette ou miche, et les préférences de chacun pour ces deux parties du pain

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Après les présentations, il y avait un buffet déclinant diverses céréales de façon originale et plutôt réussie : un maki en feuille de riz, des boulettes de polenta, un mini-couscous, de la brioche au chocolat, des coquillettes au jambon, ...

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J'ai été ravie de rencontrer enfin Caroline Champion que je suis depuis longtemps en ligne (voir le texte sur le pain sur son site), une esthète de la nourriture ; de croiser l'écrivain-artiste gourmet Emmanuel Giraud ; de dire quelques mots à Eric Roux qui animait la soirée, auteur de l'excellent Manuel de cuisine populaire, initiateur de l'Observatoire des Cuisines populaires et un des animateurs de Vivre la restauration ; d'échanger en vrai avec Olivier, croisé sur twitter ; de revoir la geekette foodeuse Laure ; de m'incruster dans une discussion avec une personne du Ministère de l'Agriculture pour défendre le goût et la découverte vs les injonctions nutritionnelles, ...

Et il y avait aussi dégustation de bières. Je m'en suis tenue éloignée (je ne suis pas du tout consommatrice de cette boisson...) jusqu'à ce qu'un amateur très pointu me fasse parler de mes goûts et essayer des bières qui lui paraisssaient adaptées. Banco ! J'ai notamment goûté une bière au malt très torréfié et sarrasin, légère et amère, qui m'a beaucoup plu ! Essai à prolonger (avec modération)... Rien que pour cette découverte que je pouvais aimer la bière, je ne regrette pas d'être venue ! Et pour toutes les rencontres aussi bien sûr !

Et vous, cela vous évoque quoi, les céréales ?

04/06/2011

Tumult, ça va marcher ?

boissons, apéritif, sodas, boissons gazeuses, boissons sans alcool, tumultCertaines personnes qui viennent me voir, hommes ou femmes, m'annoncent que les boissons jouent probablement un rôle non négligeable dans leur prise de poids. Du coup, je leur suggère d'être attentif aux quantités de vin, bière, ... consommées sur une ou deux semaines pour faire le point. Et ils reviennent en ayant pris conscience des quantités étonnantes qu'ils absorbent : 12, 20, 30 verres sur une semaine ! Sans forcément être inquiets des conséquences en matière de santé mais plutôt de celles sur leur poids !

Ce sont en général des personnes autour de 30-35 ans qui sortent beaucoup, avec leurs collègues après le travail ou entre copains. Je suis d'ailleurs assez stupéfaite des attroupements le soir autour des bars de mon quartier ! On boit aussi quand on reçoit ou que l'on va chez des amis : avez-vous remarqué que l'apéritif dure de plus en plus longtemps ? La consommation d'alcool fait partie des rituels de groupe, en France en tout cas, et il est difficile de s'en abstraire. Rares sont ceux qui carburent à l'eau ou au jus de tomate. "Il n'y a que les femmes enceintes qui ne boivent pas !" m'a confié une patiente.

Alors, on parle ensemble de cette consommation, ils élaborent des stratégies : commencer par de l'eau pétillante, boire plus lentement, ne pas vider son verre, ne pas boire machinalement... Mais ce n'est pas toujours facile car la consommation festive d'alcool est souvent ancrée dans les habitudes, on avance pas à pas...

Une filiale de Coca-Cola a pris le problème sous un autre angle en lançant une nouvelle boisson sans alcool, Tumult. Je vous en ai déjà parlé puisque j'ai été conviée à un des dîners de lancement. Le pari est ambitieux : proposer autre chose qu'un soda et rivaliser avec l'alcool à l'apéritif. Tumult met en avant les longues recherches (10 ans) pour parvenir à une boisson innovante qui utilise un processus de fermentation des fruits tout en bloquant le développement d'alcool. C'est une boisson naturelle, sans colorants ni conservateurs ni sucres ajoutés. Je ne suis pas devin et je ne sais pas si cela va marcher. Faisons le point (modestement, car je ne vais pas rivaliser avec les stratèges Tumult !).

Du point de vue du goût. C'est plutôt bon au goût, notamment la version maltée (je trouve personnellement l'autre, la version fruitée, un peu trop sucrée, plus proche d'un soda). Cela ne ressemble pas à grand chose de connu, cela m'a rappelé le cidre, plutôt que la bière, même si le packaging est assez proche de celle-ci. Pas vraiment étonnant, il y a du malt d'orge fermenté mais aussi pas mal de jus de pomme. C'est agréable et rafraichissant à l'apéritif. Donc, faire goûter peut sûrement convaincre certaines personnes, la marque a intérêt à le faire à coup d'échantillons, réductions, ...

- Du point de vue de la psychologie. Je doute que le fait que cela soit bon puisse suffire. Car boit-on de l'alcool seulement parce que c'est bon au goût ? Il n'est pas facile ni rapide de changer des comportements de consommation. Boire du vin ou de la bière, je le disais, c'est se comporter comme les autres membres d'un groupe. Il faut avoir une bonne dose d'affirmation de soi pour avoir envie de se différencier... Par ailleurs, on ne peut nier que certains recherchent aussi les effets de l'alcool, désinhibant et décontractant, notamment après une journée de boulot. Une boisson sans alcool ne procure pas cela...

- Du point de vue des calories. Vous savez que c'est un sujet qui m'intéresse assez peu mais l'argument est mis en avant par la marque : 60 calories pour une bouteille de 25cl. Cela vous parle ? Sachez que c'est moins qu'un verre de vin ou de bière. Mais si on choisissait en fonction des calories, alors on pourrait aussi choisir un soda light qui promet une calorie !

- Du point de vue du marketing. En marketing, on sait combien c'est difficile d'imposer un nouveau produit qui ne correspond pas à des repères installés. Tumult n'est ni une boisson alcoolisée, ni un soda, ni un jus de fruits : c'est un atout d'être différent mais, du coup, cela peut être difficile de s'installer en créant un nouveau segment de marché à soi tout seul.

Bref, lancer une nouvelle boisson, c'est compliqué et cela n'est pas gagné d'avance. Rendez-vous dans quelques années pour voir si Tumult a trouvé sa place (vu les temps de développement, j'imagine qu'ils ne sont pas pressés...).

Et vous, que buvez-vous à l'apéritif ?