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07/04/2017

Cuisiner, c'est méditer ?

couv_cuisinercestmediter.jpgC'est quoi, cuisiner pour vous ? Une corvée, une obligation, un plaisir, une détente, une habitude, une routine, une perte de temps, un temps obligé pour bien manger...? Peut-être que cela varie selon les jours, le temps disponible, la fatigue, le plat à préparer... Eh bien, cuisiner, cela pourrait être aussi une sorte de méditation. Ah ? Vous pensez peut-être que la méditation, c'est s'asseoir sans rien faire. Certes, cela peut. Mais il y aussi ce qu'on peut appeler une méditation active. En matière de cuisine, c'est un moment de pleine attention à ce que l'on fait, aux gestes, aux sensations, aux parfums. Un moment unique car chaque légume, chaque plat, chaque jour est unique. Un moment où la conscience est dans le moment et non le ressassement de la journée ou la planification des heures suivantes, de tout ce qui reste à faire. Un moment où l'on peut inventer, créer, improviser. La cuisine, cela peut être tout cela, un moment en soi et pas seulement une étape vers le repas à préparer. 

Tout cela, j'en parle souvent avec mes patient(e)s. C'est pourquoi quand l'éditeur First m'a adressé le texte de Dana Velden intitulé Cuisiner, c'est méditer, en me demandant si j'accepterais de le préfacer, je l'ai lu avec curiosité. Et finalement, j'ai accepté avec plaisir et je me suis sentie plutôt honorée ! Car ce livre plaisant à lire, intéressant, donne à réfléchir à sa relation à la cuisine, à comment en retrouver le chemin, et au-delà, aux émotions qu'on peut éclairer ou apaiser dans sa cuisine. Dana Velden a passé du temps dans un monastère zen en Californie et en a tiré des enseignements qui peuvent nous faire du bien et nous faire changer des habitudes et des réflexes. Ce n'est pas un livre de cuisine mais l'auteure a glissé deci-delà quelques recettes en appui à ses réflexions. J'en ai essayé quelques-unes : un délicieux gâteau aux épices, un plat de secours très simple sous réserve d'avoir des pois chiches cuits, un rituel du yaourt le soir... 

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Sortie hier jeudi 6 avril, éditions First

15/06/2011

Le bonheur selon Christophe André : savourer...

christophe andré,bonheur,pleine conscience,ici et maintenant,hec au féminin,savourerIl y a quelques jours, j'ai assisté grâce à HEC au Féminin à une conférence du psychiatre Christophe André au thème ambitieux : le bonheur. Il respire lui-même la tranquillité et la simplicité et montre un tempérament positif, avec un humour bien présent. Il exerce son métier de psychiatre à l'Hôpital Ste Anne et est devenu au fil du temps et des spécialisations "Monsieur Prévention de l'anxiété et de la dépression".

D'abord, le psychiatre a donné sa définition : le bonheur, c'est le bien-être + la conscience. Car souvent, cette dernière manque et rend le bonheur compliqué : beaucoup sont préoccupés et ne se rendent pas compte qu'ils sont bien. "Bonheur, je ne t'ai reconnu qu'au bruit que tu as fait en partant" notait l'écrivain Raymond Radiguet. Ou ils ont du mal à en profiter, tout à la peur que cela ne s'arrête. Ceux-là craignent les pics de bonheur car ils ont trop peur de la redescente.

L'intervention de Christophe André a ensuite abordé plusieurs thèmes :

Il s'est demandé ce qui rend heureux. Comme le dit le proverbe, ce n'est pas l'argent (sauf quand il s'agit de sortir de la misère). En revanche, jouent un rôle le lien social et les interactions répétées avec d'autres personnes, l'estime de soi, le lien à la nature. Et aussi l'âge : ainsi, c'est vers 67-68 ans qu'on serait le plus heureux (en tout cas, dans les études sur la génération actuelle).

Y a-t-il des avantages au bonheur, à la bonne humeur ? Christophe André indique, études à l'appui, que cela nous rend plus créatifs, facilite la concentration, donne une perception plus globale, permet de mieux récupérer face au stress. Qu'attendent alors les entreprises pour se préoccuper du bonheur de leurs salariés ?! Et cela fait vivre plus vieux, cela augmente la disposition à aider les autres.

christophe andré,bonheur,pleine conscience,ici et maintenant,hec au féminin,savourer,dépression,bien-êtreComment cheminer vers le bonheur ? Il s'agira d'abord d'être heureux quand tout va bien ou pas trop mal. Il a utilisé l'expression "démocratie et douche chaude" pour nous faire comprendre qu'on s'était habitués à un certain bien-être dans les pays développés et qu'on n'en est même plus conscients. Alors, réouvrons les yeux sur ce qui nous entoure, sur tous les gisements de petits bonheurs disponibles. Ensuite, on pourra atteindre une autre capacité : ne jamais oublier le bonheur même dans le malheur. Certaines personnes ont ainsi une capacité à être heureux malgré l'adversité, comme ces veuves qui sourient au souvenir de moments heureux avec leur conjoint qui est mort quelques mois auparavant. Plus simplement, on peut profiter de bons moments le soir en rentrant chez soi même si la journée a été difficile.

L'aptitude au bonheur n'est pas la même pour tous au départ. Elle dépend un peu de notre éducation aussi. Mais, pour une large part, on peut la développer, l'enrichir.  Pour cela, cultivons les liens avec les autres et surtout, vivons l'instant présent, augmentons notre niveau de conscience. Pour cela, on peut mettre en pratique plusieurs moments de pleine conscience dans la journée, avec une attention à notre respiration, notre corps, les sons environnants, nos pensées. Il ne suffit pas de savoir ce qui rend heureux mais de le pratiquer concrètement. Et sachez que cette capacité à savourer l'instant présent progresse en vieillissant tout en devenant plus subtile. Donc, il n'est pas trop tard pour commencer...

Christophe André a beaucoup employé le verbe savourer et évidemment, cela résonne pour moi. Savourons un bon repas, du chocolat, un rayon de soleil, un bon moment avec des proches, la vie....

Dessin copyright Fotolia_blandine_bureau

 

22/07/2010

Japon et plaisir de manger

A côté de l'alimentation, j'ai une autre grande passion, le Japon.

Et ces deux passions sont liées.

Bien sûr, parce que j'adore la cuisine japonaise, dans toutes ses composantes et je m'en régale assez souvent. Le Japon est un pays au moins aussi passionné de nourriture que la France, les Japonais adorent manger !

Mais aussi, parce qu'il y a une relation entre mon approche de l'alimentation et le Japon.

D'abord, les Japonais sont sûrement plus imprégnés que nous de l'idée de manger avec tous leurs sens. Par exemple :

- ils sont très attentifs à l'aspect visuel : non seulement la présentation des mets mais aussi la vaisselle, et tous les petits détails.

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Comment transformer une simple fève...
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...ou séduire dès l'arrivée avec un porte-baguettes

- ils ont beaucoup plus de mots que nous pour parler des textures des aliments, un aspect essentiel du plaisir gustatif à côté des saveurs et des arômes.

Par ailleurs, la culture japonaise est imprégnée de bouddhisme, qui prône la pleine conscience du moment présent.

Et, pour savourer son alimentation, il faut être attentif à ses sensations et cela signifie être pleinement conscient et attentif au moment où l'on mange.

Ce qui veut dire si possible consommer son repas sans en être distrait par la télé, la radio, l'ordinateur, ...

C'est un des éléments qui contribue à manger l'exacte quantité dont on a besoin car on peut sentir le moment où l'on est rassasié, ce qui est impossible si on mange machinalement. C'est beaucoup plus fiable que de compter les calories !

Et cette attention permet d'avoir un plaisir gustatif maximal.

Je vous reparlerai du Japon prochainement.

Si vous vous intéressez au Japon, ne ratez pas l'émission "Faut pas rêver" sur France 3 demain vendredi 23 et tout le dossier que le site www.toutpourlesfemmes.com y consacre en parallèle, avec interviews, portraits, tourisme, recettes de cuisine, ...