01/12/2013
Au revoir novembre, bonjour décembre...
Nouvel épisode de mon récit mensuel que vous avez eu plutôt l'air d'apprécier le mois dernier. Novembre a été un mois bien rempli, comme prévu :
• J'ai participé au congrès du GROS, association dont je fais partie depuis mes débuts dans ce métier. J'ai commencé à vous raconter cela plus en détail ces derniers jours et j'y reviendrai sûrement encore par petites touches car le sujet des peurs alimentaires est vaste.
• Je suis aussi partie à Tours pour assister aux rencontres François Rabelais sur le thème très actuel du "fait maison". Le compte-rendu de ce qui m'a marquée va arriver bientôt, patience !
• J'ai assisté à Paris à un colloque organisé par le FFAS sur le modèle alimentaire français. A suivre aussi, pas le temps de digérer tout cela !
• J'ai animé un atelier en entreprise (cela m'arrive de temps en temps) et été ravie que les personnes apprécient beaucoup mon approche non culpabilisante et me demandent une suite.
• J'ai lancé une réflexion dont je vous avais parlé sur le "french doggy bag" et cela devrait avancer peu à peu. A propos de gaspillage alimentaire, j'ai bien aimé ce livret de conseils pratiques et recettes de France Nature Environnement et ces sympathiques animations de la région Ile-de-France.
• J'ai aimé constater les effets du travail avec une patiente en l'entendant me dire "Depuis que je peux manger des frites quand je veux, j'ai envie de brocolis !"
• J'ai salivé devant le beau reportage de Camille sur les takoyaki que l'on mange brûlants dans les rues d'Osaka, un délicieux souvenir.
• J'ai fait la connaissance virtuelle (peut-être bientôt réelle ?) de "Radio Fanch" qui a un blog passionné et passionnant sur la radio et qui s'est saisi du sujet du pain sur les ondes.
• J'ai aimé ce billet de Geek&Food sur les possibilités de culture de légumes en ville. Vais-je me lancer ?
• J'ai "pâtissé" le 1er novembre avec ce que j'avais sous la main, un délicieux "cake du placard" banane-citron-sésame, une idée de Clea.
• J'ai merveilleusement fêté mon anniversaire chez Kei et l'on s'est régalés de bout en bout de ces délicates créations qui satisfont tous les sens.
Délicate et discrète impro en cuisine après que j'ai lâché l'info...
• Pour mon anniversaire justement, je me suis offert un magnifique livre à lire et à pratiquer, "Japon, la cuisine à la ferme"(éditions Philippe Picquier) : s'y plonger est un délice !

• J'ai bien aimé cet autre avis sur La Ruche qui dit Oui à Paris, plus sérieux que le mien
• J'ai trouvé si juste une phrase de Doris Lessing lu dans l'article de Libération qui lui rendait hommage "Nous qui sommes gavés de nourriture, avec nos placards pleins de vêtements, et qui étouffons sous le superflu" et cela m'a rappelé la "sobriété heureuse" de Pierre Rabhi.
• J'ai aussi adoré cette phrase de Paul Valéry citée par Jean-Philippe Zermati au congrès du GROS : "Ce qui est simple est faux. Ce qui ne l'est pas est inutilisable".
• J'ai lu avec tristesse un article de Caroline Franc Desages pour l'Express sur le "thigh gap", terrible obsession des jeunes filles que j'avais déjà évoqué ou avec effroi cette nouvelle folie dangereuse, le "régime coton". Quand retrouvera-t-on la raison pour s'accepter et apprécier la diversité des corps ?!
• J'ai crié "Vive le goût, stop à l'hygiénisme !" en lisant cet article du Monde magazine sur les fromages.
• Je vous conseille de lire cette réaction de Matthieu Ricard suite à l'attribution du prix mondial de l'alimentation à Monsanto...
• Je me suis intéressée au développement de La Louve, futur supermarché collaboratif à Paris.
En décembre, il y aura de nombreuses rencontres amicales, familiales, festives, gourmandes... et aussi du travail évidemment !
Et vous, qu'est-ce qui vous a marqué(e) en novembre ?
09:00 Publié dans Activités, medias, lectures..., Plaisirs gourmands | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : automne, twitter, cuisine, alimentation, recettes, gaspillage, kei, congrès, diététicienne gourmande paris 9eme |
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28/11/2013
Les noix, c'est bon ! Variation n°1 sur la noix
Les noix, j'aime cela pour le goût, j'aime les associer à d'autres aliments. Mais voilà qu'on nous bombarde de leur fantastique intérêt nutritionnel. Cela n'a jamais été pour moi une motivation à manger un aliment et ce n'est pas maintenant que je vais commencer ! De la variété avant tout !
Il y a quelques jours, ma fort sympathique collègue Françoise, sophrologue installée dans le Périgord, a eu la gentillesse et le courage de m'apporter lors de sa venue récente à Paris un très gros sac de noix. Voilà de quoi tenter de multiples recettes.
Côté sucré, j'ai déjà expérimenté pour "nourrir" diverses réunions :
- un délicieux cake potimarron-noix-raisins de Pascale Weeks (j'ai mis des noix à la place des amandes) ;
- une fantaisie personnelle comme j'en fais souvent, autour du gâteau au yaourt, avec pommes, noix, une part de farine de châtaigne et de la poudre Equinoxiale d'Olivier Roellinger (un régal selon les mangeurs) ;
- Côté salé, Monsieur nous a proposé une salade d'endives "revisitée" comme on dit dans les émissions de cuisine : la fine découpe des endives (deux variétés : classique et rouge), les noix et le roquefort malaxé changent totalement la traditionnelle salade endive-noix roquefort et c'était délicieux.
- Je suis aussi tombée sur une appétissante recette dans un récent magazine Saveurs : des "samossas" Brie de Meaux-poire-noix : je m'équipe des ingrédients nécessaires, c'est très facile à préparer, au four et dégustation : excellent, avec un bel équilibre de tous les goûts (ils auraient pu être un peu plus dorés mais je ne suis pas trop mécontente de mon pliage intuitif).
Et vous, vous aimez les noix ? Vous les mangez comment ?
Bientôt, de nouvelles variations sur la noix.
08:20 Publié dans Du côté des aliments, Pistes pour bien manger, Plaisirs gourmands | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : noix, cuisine, recettes, gateau maison, saalde endive et noix, fruits oléagineux, automne, noix du périgord |
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27/11/2013
Attention aux obsessions alimentaires, l'orthorexie peut vous guetter...
Vouloir manger sain, ne pas donner "n'importe quoi" à son corps, quoi de plus normal si on prend soin de soi ? Mais cela peut parfois tourner à l'obsession. Et devenir ce qu'on appelle l'orthorexie (étymologiquement "manger droit"). Un trouble du comportement alimentaire dont j'ai déjà entendu parler à différentes occasions, notamment lors du colloque Ocha sur les alimentations particulières.
Cette fois, c'est le psychiatre Gérard Apfeldorfer qui en a parlé au congrès du GROS, en liaison avec une des peurs décrites par Jean-Pierre Corbeau, celle de l'empoisonnement. Pour nous faire prendre conscience de notre difficile condition d'omnivore, il a commencé par une comparaison avec le koala. Le koala mange uniquement des feuilles d'eucalyptus. Donc le choix est facile pour lui : soit ce sont des feuilles d'eucalyptus et ça se mange, soit c'est autre chose et cela ne se mange pas ! Nous, nous sommes des omnivores, nous avons besoin d'une alimentation variée mais en même temps goûter de nouveaux aliments nous inquiète, on pourrait s'empoisonner. Du coup, nos peurs, notre prudence, sont légitimes mais nous devons parfois passer outre, nous devons "être à la fois conservateurs et aventureux".
Cette peur de s'empoisonner aujourd'hui, elle n'est plus tant liée à un poison réel qu'à des aliments jugés néfastes, dangereux, suspects. Et quand on veut les éviter, on devient de plus en plus strict(e) dans sa façon de manger, on cherche à se nourrir uniquement de "bons aliments". Gérard Apfeldorfer a défini l'orthorexie comme la quête obsessionnelle d'une nourriture parfaitement saine, d'aliments purs, ne présentant aucun danger. En quelque sorte une alimentation qui éviterait toutes les maladies, peut-être qui rendrait immortel ! Mais, affirme-t-il, il n'y a pas d'aliment parfait ! Il est normal de manger des aliments imparfaits, cela fait des années qu'on le fait et notre espérance de vie augmente. Au contraire, nous dit-il, "c'est l'obsession de la qualité alimentaire qui est toxique".
Le psychiatre distingue deux types de comportements orthorexiques : l'hypocondriaque qui vit dans la peur des maladies et espère se protéger via une alimentation parfaite. Et la paranoïaque qui se persuade qu'on veut l'empoisonner. Ce trouble a été décrit il y a quinze ans aux Etats-Unis et il existe un test pour déterminer si on est atteint. Mais on discute sur son échelle. Car où cela commence-t-il ? Comment fixe-t-on une limite claire entre simplement manger sain et avoir un comportement obsessionnel ?
L'orthorexie paranoïaque "se nourrit" de lectures et reportages angoissants (visuel GA)
Sans doute quand cela perturbe sérieusement la vie quotidienne. Quand on se met à refuser systématiquement de manger des aliments qu'on n'a pas choisis soigneusement et cuisinés soi-même, quand on ne peut donc plus partager un dîner chez des amis ou au restaurant, qu'on fait des détours importants pour s'approvisionner, qu'on développe une méfiance permanente vis-à-vis des aliments courants, qu'on supprime de nombreuses catégories d'aliments, que tout cela occupe la majorité des pensées. C'est alors qu'il faut sans doute traiter l'orthorexie, car elle dégrade la qualité de vie : il s'agira de réintroduire progressivement des aliments, de traiter les angoisses associées, de travailler sur les pensées récurrentes autour de la nourriture.
Et comment être aujourd'hui un mangeur heureux ? Le mode d'emploi de Gérard Apfeldorfer : goûter, cuisiner, manger avec plaisir, dans la convivialité, des aliments dont on pense du bien, se méfier en revanche des aliments étranges et non identifiés (il propose 2/3 de confiance, 1/3 de défiance). Et varier son alimentation est la meilleure protection contre les "poisons" éventuels de certains aliments (ce que je ne cesse de répéter...).
Et "prendre le risque de manger comme on prend le risque de vivre" conclut-il...
08:10 Publié dans Bien-être sans régime, Fondamentaux, Pistes pour bien manger | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : orthorexie, congres du gros, troubles des conduites alimentaires, manger sain, peurs alimentaires |
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