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29/03/2012

Faut-il faire du sport (pour maigrir) ?

Voilà encore une question que m'a posée une traductrice à la conférence de la SFT samedi dernier.

La réponse est non ! On peut mincir sans faire de sport. Perdre du poids est une question de balance entre les apports caloriques et les dépenses. On peut jouer sur les deux tableaux, diminuer ses apports (manger moins) et augmenter ses dépenses mais on n'est pas obligé(e). Pas de culpabilité (mes patient(e)s prennent souvent un air gêné pour m'annoncer qu'ils ne font aucun sport !) mais c'est toutefois intéressant de réfléchir à la question.

Bouger (sans nécessairement faire du sport) permet d'augmenter ses dépenses par rapport à son métabolisme de base. Et il n'y a pas que ça : c'est agréable pour se sentir bien dans son corps. Sans compter les bénéfices pour le tonus, le coeur, la circulation, le transit, ...

Bouger, ce n'est pas forcément aller transpirer dans une salle de sport. Il peut s'agir de marcher, de danser, de faire du vélo en ville, de jardiner, ... Rien que marcher (en profitant du retour du printemps) fait un bien fou, essayez pour voir...

Et faire du sport ? Faire du sport fait bien sûr dépenser davantage de calories que rester immobile ! Mais il en faut une bonne dose pour que ce soit significatif. De nombreuses personnes disent "je ne comprends pas, je fais du sport et je ne maigris pas !" Bien sûr, c'est normal si on en profite pour manger encore plus : combien de personnes "se lâchent" côté nourriture sous prétexte qu'elles viennent de faire un footing !

Toutefois, quand on fait du sport régulièrement, on se muscle peu à peu, on modifie sa silhouette (de façon variable) et on augmente son métabolisme, la dépense d'énergie de son corps.

Mais alors, quel sport ?

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Ce qui est vraiment important, c'est de trouver le sport que l'on pratiquera avec plaisir et non d'en choisir un qu'on fera par contrainte, uniquement pour le résultat. Combien de personnes s'abonnent pour plusieurs centaines d'euros à une salle de sports et s'arrêtent au bout d'un ou deux mois ! Il s'agit aussi de prendre en compte ses contraintes : rares sont ceux/celles qui se rendent volontiers à l'autre bout de la ville pour une heure d'activité. On peut donc réfléchir à son besoin, ses envies, ses contraintes matérielles : veut-on se détendre et apaiser du stress, se défouler, le faire seul(e) ou à plusieurs, à quel moment de la journée et de la semaine, près de chez soi ou travail, avec quel budget, ... On peut en parler autour de soi pour recueillir idées et avis et surtout aussi tester différentes activités : on peut souvent bénéficier s'une séance d'essai gratuite ou peu coûteuse.

Pour ma part, j'adore nager et je regrette que l'offre de piscines soit un peu limitée à Paris. J'ai fait pendant quelque temps du NIA, un mélange de danse et de techniques corporelles, avec plaisir mais j'ai arrêté pour l'instant faute d'horaires de cours qui me convenaient.

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Et puis, toujours curieuse, j'ai décidé de tester d'autres activités dont j'entends parler par mes patientes, par la presse, internet, ... Je partagerai ici de temps en temps mes impressions, très subjectives bien sûr ! Rendez-vous dès demain pour le premier épisode !

Et vous, vous avez trouvé le sport de vos rêves qui vous fait vraiment du bien ?

 

Images © Dominique LUZY et © Sergey Peterman - Fotolia.com

19/06/2010

Stop à l'affichage des calories !

Je viens de lire avec un certain effarement, dans le journal professionnel l'Hôtellerie-Restauration, qu'un des points clés du plan d'action anti-obésité aux Etats-Unis allait passer par l'affichage des calories sur les menus des restaurants. L'affichage obligatoire des calories s'appliquera aux fast-foods, aux chaînes possédant au moins vingt restaurants  et aux distributeurs automatiques. Avant peut-être une prochaine étape plus globale. Les pouvoirs publics pensent sans doute que cela va participer à l'éducation nutritionnelle des Américains. Pour ma part, je ne pense vraiment pas que cela va faire progresser la lutte contre l'obésité. Comme si les Américains ignoraient que des frites sont plus caloriques que des carottes bouillies !

Se mettre à compter les calories de tout ce qu'on mange est un très gros travail. Du coup, les voir ponctuellement sur un menu n'est pas d'une grande utilité, sauf à vouloir comparer des plats entre eux. Ce qui pourrait en diaboliser certains. Pourquoi ? Imaginons que je sois devant un menu. J'hésite entre deux plats, l'un me tente davantage mais il est plus riche en caloriees :

- soit je prends le plat le plus calorique. Il est possible que j'ai une certaine culpabilité en arrière-plan, qui m'empêchera de le savourer pleinement. 

- soit je choisis le plat le moins calorique. Je suis frustré(e), je me situe dans une logique de restriction et je risque fort de craquer à un autre moment.

Fotolia_2873732_XS_© Alexandra Thompson.jpg
Serait-elle vraiment plus avancée si elle connaissait leur apport calorique ?

De plus, les calories sont une notion simpliste qui ne tient pas compte de la composition nutritionnelle des aliments : compter les calories ne garantit en aucun cas d'avoir une alimentation variée et équilibrée.

Un peu agacée par cet article, je suis allée faire un tour sur le web. Quelques études ont été menées notamment dans des villes comme New York où cette règlementation est en place depuis 2008. Les études sont assez hétérogènes mais les bénéfices ne semblent pas évidents. Il semble qu'une minorité de personnes fasse attention aux calories et il ne semble pas flagrant que l'affichage des calories ait vraiment changé les habitudes des consommateurs.

Compter les calories, c'est avoir une alimentation guidée par la tête, des choix rationalisés et non par le goût, les envies, les préférences. C'est avoir une alimentation fonctionnelle et non une alimentation de plaisir et de convivialité. C'est le modèle américain et britannique d'alimentation versus le modèle français ou italien. Or, comme l'avait montré le livre "Manger" des sociologues Claude Fischler et Estelle Masson (éditions Odile Jacob, 2008), notre modèle génère nettement moins de problèmes de surpoids que le leur.

Alors, laissons les Américains avec leur modèle et luttons pour ne pas l'adopter ! Je suis pour une éducation alimentaire et gustative qui permette de découvrir les aliments, de les apprécier dans leur diversité et de former son goût et ses préférences, et non pour une éducation nutritionnelle qui fasse surtout connaître les nutriments et les calories.

Je suis donc plutôt en accord avec une enseigne comme Cojean qui refuse l'affichage des calories (cf mon billet sur Cojean). A l'inverse, je viens de voir un nouvel espace de restauration rapide s'installer à proximité de mon cabinet et il croit bien faire en affichant non seulement les calories mais aussi les besoins caloriques des personnes (H/F) comme si nous étions tous identiques !

ON NE MANGE PAS DES CALORIES, ON MANGE DES ALIMENTS !

Illustration © Alexandra Thompson - Fotolia.com