08.05.2009

Alli, attention !

Alli vient d'être mis en vente libre en pharmacie le 6 mai. Attention, il ne faut pas croire qu'un médicament miracle pour les problèmes de surpoids a vu le jour ! Cela n'existe pas ! Il s'agit d'une nouvelle version, moins dosée, d'un médicament anti-obésité qui était vendu sur ordonnance. Cela parait dangereux. En effet, ce médicament est réservé à un traitement momentané, pour des personnes ayant un vrai problème d'obésité et il est censé limiter l'absorption des graisses. Mais comment être sûr que, sans surveillance médicale, il n’y aura pas de prise excessive ou trop longue ? 
Et surtout, pour maigrir, il faut changer globalement son comportement alimentaire. Quand on a un réel problème d’obésité, qui est la situation pour laquelle Alli est recommandé, cela nécessite une prise en charge adéquate, qui intègre assez souvent non seulement un travail de fond sur le comportement alimentaire mais aussi un travail d’ordre psychologique pour comprendre pourquoi on mange au-delà de ses besoins, pour des raisons émotionnelles notamment, et un travail sur le corps, pour le remettre en mouvement et mieux l'accepter. En quoi une mise en vente libre de ce médicament peut-elle garantir que ce type d’approche sera menée ? Et les pharmaciens auront-ils toujours la disponibilité pour avoir la vigilance nécessaire et fournir les conseils requis ? 
De plus, ce produit pourra apparaître comme un produit miracle, qui risque d’attirer des personnes qui n’ont pas de problème d’obésité (la minceur faisant à tort tellement rêver) pour l’utiliser, avec tous les effets indésirables annoncés. Un autre risque est qu’on mange aussi gras en comptant sur Alli pour éliminer ces graisses, plutôt que de repenser globalement son alimentation et donc, sans effet durable. Perdre du poids se fait en réduisant globalement son apport calorique et non en se focalisant sur une catégorie particulière, les graisses, qui sont nécessaires à l’organisme.

30.11.2008

Médicaments anti-obésité : dur dur !

L'obésité représente un gigantesque marché, étant donné la progression permanente de cette "épidémie" dans le monde entier. Pas étonnant donc que cela aiguise les appétits des grands labos pharmaceutiques, tels que, par exemple, Pfizer, Merck, Sanofi. Ils dépensent des sommes gigantesques en espérant un jour décrocher le jackpot avec un médicament anti-obésité qui leur ouvrirait un marché de centaines de millions de consommateurs.
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Mais le médicament miracle ne semble pas être pour demain. Ainsi, Sanofi-Aventis vient de retirer de la vente l'Acomplia, dont la commercialisation avait été autorisée en 2006. Pourquoi ? Certes, des résultats ont été notés sur la perte de poids mais des effets secondaires plus qu'inquiétants ont été enregistrés : l'AFSSA a noté que des troubles dépressifs pouvaient survenir dans les 3 mois suivant le début du traitement dans plus de 80 % des cas !!!
Cela ne va pas mieux du côté des autres labos, qui travaillaient sur des médicaments du même type non encore commercialisés.
L'obésité est un problème très complexe et visiblement, le médicament miracle n'est pas pour demain.

A ce sujet, il est bon de rappeler que la France reste moins touchée que la plupart des autres pays d'Europe (hors Italie) par le phénomène de l'obésité. livre_fischler.gif
Le très intéressant livre de Claude Fischler et Estelle Masson, "Manger", basé sur une vaste étude comparative entre pays sur les attitudes vis-à-vis de l’alimentation, du corps et de la santé, montre que c'est notre culture alimentaire, fondée sur le plaisir de manger, la convivialité, la gastronomie, des repas structurés, qui nous préserve (relativement) de cela. Donc, travaillons à maintenir cette culture et ne nous inspirons surtout pas de la conception nutritionnelle de l'alimentation qui prévaut aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne.
On mange des aliments et non des nutriments !

03.07.2008

ALD : on se trompe de débat !

Bonjour
suite à la polémique sur les remboursements liés aux ALD (affections de longue durée), tout le monde, pour ou contre la proposition de la Sécu, semble considérer comme une fatalité l'augmentation des dépenses de santé liées au vielliissement. Certes, on vieillit mais toutes ces affections ne sont pas inéluctables. Je vous renvoie à un billet, sûrement un peu naïf, que j'ai écrit sur mon blog il y a quelques semaines :

Quand fera-t-on de la vraie prévention ?

25.05.2008

Quand fera-t-on de la vraie prévention ?

da26cae5d8d79c0b9b39fa649bef4b82.jpgJ'ai été assez abasourdie récemment en lisant le chiffre de ce que coûte et va coûter le traitement du diabète à la Sécu : environ 2 milliards d'euros par an aujourd'hui et cela va continuer à croître avec le nombre de malades. Et on a l'air d'être résignés à ce que ça continue à augmenter non stop !

Il faut y ajouter le coût du cholestérol (rien que les statines, principal médicament anti-cholestérol, coûtent plus d'un milliard par an), celui des maladies cardio-vasculaires, etc. Toutes affections de longue durée pour lesquelles il est clairement établi que l'alimentation joue un rôle clé.

Alors, pourquoi la Sécu ne consacrerait-elle pas une toute petite part de cet argent à faire de la véritable prévention en amont, c'est-à-dire à aider les personnes à avoir une alimentation agréable et saine. Il ne s'agit surtout pas de mettre tout le monde au régime, au contraire, mais de valoriser notre culture culinaire, de donner une véritable éducation alimentaire (et non nutritionnelle) aux enfants, et à tous ceux qui n'en ont pas pu en avoir.

Pourquoi ne crée-t-on pas par exemple quelques centaines de postes de diététiciennes, dans les écoles, les collectivités, voire rattachées à la Sécu, etc. qui mèneraient des actions en ce sens ? Par exemple, pour créer 200 nouveaux postes (environ 10 par région, ce n'est pas rien, pour mener des actions d'information, d'éducation, d'animation, ...), cela coûterait une goutte d'eau face aux chiffres précédents ! Est-ce seulement un rêve ?