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17/07/2010

Stop aux corps normés !

Ce samedi, j'étais à un cours de NIA, donné par la co-créatrice de cette discipline, Debbie Rosas-Stewart. Ce qui est bien avec le NIA, outre le bien-être énergisant qu'il procure, dont j'ai déjà parlé ici, c'est qu'on y cultive la diversité des corps : pas des corps normés comme en danse classique, pas des corps sur-musclés comme en aérobic, pas des corps tous pareils et androgynes comme dans les magazines : non,  ici, il y a des corps grands, des petits, des minces, des ronds, des maigres : tous les corps ont droit de cité et la règle est bienveillance et non jugement. Car le problème des normes, c'est qu'on veut y ressembler alors que nos corps sont faits pour être différents. Et on se met au régime, on se met sous contrôle, en restriction permanente pour atteindre un poids, une silhouette qui ne nous sont pas naturels, et pour le plus souvent prendre du poids in fine. Alors, ne pourrait-on s'inspirer du NIA pour la vraie vie et cultiver la diversité des corps ?

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18:01 Publié dans Stop à ... | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : nia, danse, corps, femme, minceur, régime, normes, sport, modèles féminins | |  Facebook | |  Imprimer

14/07/2010

Stop aux compléments minceur !

P1010987.JPGDès que les premiers rayons de soleil apparaissent, les vitrines et rayonnages des pharmacies se remplissent de quantités de produits promettant la perte de kilos sans effort. Ils s'attaquent aux graisses, diminuent l'appétit, empêchent l'absorption de certains nutriments, ...  Ils coûtent en général plutôt cher et séduisent de nombreuses personnes lancées dans la quête éternelle de la silhouette rêvée.

Pour ma part, je trouve que c'est une dépense inutile car cela ne contribue en rien à changer ses habitudes alimentaires pour avoir une perte de poids réelle et durable. Je n'avais pas de preuve de leur inutilité mais je vous livre les résultats d'une étude que je viens de lire sur le site canadien Psychomedia : http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&... . Il s'agit d'une étude menée par des chercheurs allemands. Partant du fait que ces produits n'ont pas à prouver leur efficacité pour être mis en vente, ils ont voulu les tester pour en avoir le coeur net. Ils ont fait prendre neuf compléments alimentaires pour maigrir à différentes personnes ayant un surpoids et un placebo à d'autres. Conclusion : pas de différence dans la perte de poids : en 8 semaines, les personnes prenant un complément ont perdu entre 1 et 2 kg, celles avec placebo 1,2 kg en moyenne. Alors, faites quelques économies !

01/07/2010

Stop à la terreur alimentaire !

Lundi soir, France 3 diffusait, dans le cadre de son programme "Pièces à Conviction", une émission intitulée "Assiette tous risques", portant sur un certain nombre de pratiques en matière d'aliments qui rendent nos assiettes suspectes. Pour ma part, je n'ai pas eu de grandes révélations mais c'était concret et argumenté et la vue des saumons malades en Norvège ou les pratiques de certains vétérinaires en matière d'antibiotiques pour animaux faisaient assez froid dans le dos. Et les réponses très "langue de bois" du Ministre face aux questions insistantes de la journaliste Elise Lucet n'étaient pas très encourageantes pour l'avenir.

C'est tout à l'honneur de la télé de lever le voile sur ces situations et de défendre les intérêts du consommateur. Mais je crains que cette dramatisation renforce les angoisses vis-a-vis de l'alimentation alors que celle-ci est quand même globalement plutôt saine. Je crains que l'on se pose trop de questions qui fassent oublier le côté plaisir des repas.  Alors, que finalement, ce n'est peut-être pas si compliqué de bien manger : la conclusion du médecin interrogé en fin d'émission ressemblait à ce que je répète souvent : mangeons varié, local et de saison.

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Faut-il arrêter de manger des fraises ? Non ! Mais peut-être pas n'importe quand / n'importe lesquelles

Cela veut dire par exemple :
- privilégier souvent les produits bruts plutôt que les produits transformés (ce qui évite d'avoir à lire des étiquettes !),
- regarder la provenance des aliments, notamment les fruits et légumes, pour donner l'avantage à ceux qui viennent de France. Voire se fournir en paniers de légumes locaux si on a une consommation suffisante.
- manger des aliments de saison, qui seront plus goûteux et moins chers. Et cela garantit une grande variété. Si vous êtes un peu perdus face aux saisons car vous n'avez pas grandi à la campagne (c'est de plus en plus la norme !) et que les étalages ont tendance à proposer un peu tout en toute saison, vous pouvez par exemple vous référer au calendrier des saisons des fruits et légumes du site Fraich'Attitude.

Si vous voulez voir l'émission Pièces à conviction du 28 juin, c'est ici

24/06/2010

Stop au régime Dukan !

Actuellement, il ne se passe pas un jour sans que j'entende parler du fameux régime Dukan ! Dans mon cercle amical ou professionnel, par mes relations, mes collègues, mes patientes. Certaines ont tenté de faire ce régime qui donne de si bons résultats à court terme et s'étonnent de reprendre du poids. D'autres ont dit stop au bout d'un ou deux jours, leur corps leur enjoignant d'arrêter. D'autres encore sont impressionnées par l'enthousiasme de leur ami(e)s. J'avais déjà évoqué le sujet et suscité quelques réactions tout à fait réconfortantes, mais sans doute minoritaires.

Quand on me demande ce que j'en pense, je réponds bien sûr, comme pour les autres régimes, que l'on perd du poids pour mieux le reprendre, que ne manger que des protéines pendant plusieurs jours n'a pas de sens pour la santé, ... Mais pour être plus ciblée dans mes arguments, j'ai décidé de lire moi-même un des livres du Dr Dukan. J'ai donc acheté "Je ne sais pas maigrir - édition 2010". Et j'y ai noté un certain nombre de choses étonnantes.

D'abord, j'ai été très choquée par la propension du Dr Dukan à dire "le gros est comme ci", "le gros est cela", "le gros a besoin d'une volonté extérieure", "la psychologie particulière du gros", ... C'est non seulement réduire les personnes à une de leurs caractéristiques physiques mais c'est aussi faire l'hypothèse, absurde, que les personnes qui ont un problème de poids seraient toutes pareilles ! Alors qu'on sait combien les déterminants du comportement alimentaire et de la prise de poids sont complexes (cela a encore été montré lors d'un colloque de l'INRA aujourd'hui même, dont je reparlerai).

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Le son d'avoine, aliment "magique" !

Sur le fond, le Dr Dukan propose de manger les aliments autorisés à volonté : ainsi, dans la phase 100% protéines, on peut manger des aliments à base de protéines (viande, poisson, oeuf, fromage blanc 0%, ...) en quantité illimitée ! Cela n'est pas vraiment la meilleure façon de revenir à l'écoute de ses sensations de faim et de rassasiement, les bases de la régulation alimentaire. Et cela entretient l'idée qu'il y a deux catégories d'aliments, ceux qu'on mange à volonté (comme s'ils ne représentaient pas des calories) et ceux qu'on limite car ils seraient "mauvais".

Comme certaines préparations nécessitent un apport de matière grasse, il préconise le recours à l'huile de paraffine, qui empêche l'absorption des nutriments. Savez-vous qu'il s'agit d'un dérivé du pétrole ? Miam !

Autre élément qui a retenu mon attention : il recommande de se peser tous les jours, et même plusieurs fois par jour (toutes les heures !) pendant la phase d'attaque, et de continuer à se peser tous les jours de sa vie ! Vous ne pensez pas qu'il y a un sérieux risque de devenir obsessionnel(le) de la balance ? Et d'avoir un comportement alimentaire erratique, conditionné par le chiffre du jour ?

Par ailleurs, il faut bien reconnaître que le Dr Dukan est très malin. Il ne cache rien des désagréments que vont rencontrer les personnes en suivant son régime et il propose même des solutions ! Exemples :
- la constipation : demandez donc un laxatif à votre médecin !
- l'haleine forte : super, c'est la preuve que ça marche. Mâchez un chewin gum, c'est fait pour ça !

Mais l'astuce essentielle, c'est qu'il prend bien soin d'être irréprochable, de se prémunir contre les personnes qui pourraient dire que son régime ne marche pas. Car il ne garantit la réussite durable qu'au respect impératif de trois conditions pour le reste de sa vie :
- manger trois cuillères à soupe de son d'avoine chaque jour,
- faire une journée 100% protéines tous les jeudis,
- abandonner les ascenseurs et marcher au moins 20 min par jour.

maigrir c'est fou.jpgQuand on le lit et qu'on vient de maigrir, qu'on en a mangé du son d'avoine, qu'on en a avalé des protéines, on se dit sans doute : "trop facile !". Mais au fil du temps, les habitudes reviennent, on préfère de bonnes tartines de pain aux galettes de son d'avoine, on ne peut pas refuser un dîner d'amis un jeudi, ... il est très difficile quand on mène une vie normale avec un travail, une famille, des amis, des vacances de respecter ces trois conditions. Bien sûr, cela existe, on m'a parlé d'une dame qui part en vacances avec des kilos de son d'avoine... Le faire, c'est vraiment s'imposer une sérieuse contrainte qu'on aura sans doute envie de lâcher à un moment ou à un autre. Mais on se dira, comme dans la plupart des régimes : c'est de ma faute, ce n'est pas de la faute du régime"...

Aujourd'hui, bien sûr que vous verrez de nombreuses personnes perdre du poids rapidement. Mais ce régime n'est pas nouveau et on voit aussi celles qui ont repris tous leurs kilos avec un bonus. Ne faudrait-il pas en tirer des leçons ?

Si vous voulez en savoir un peu plus sur l'histoire éternelle des régimes, je vous recommande le livre de Gérard Apfeldorfer, "Maigrir, c'est fou" (Odile Jacob de poche). Et le site du G.RO.S. (Groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids).

 

19/06/2010

Stop à l'affichage des calories !

Je viens de lire avec un certain effarement, dans le journal professionnel l'Hôtellerie-Restauration, qu'un des points clés du plan d'action anti-obésité aux Etats-Unis allait passer par l'affichage des calories sur les menus des restaurants. L'affichage obligatoire des calories s'appliquera aux fast-foods, aux chaînes possédant au moins vingt restaurants  et aux distributeurs automatiques. Avant peut-être une prochaine étape plus globale. Les pouvoirs publics pensent sans doute que cela va participer à l'éducation nutritionnelle des Américains. Pour ma part, je ne pense vraiment pas que cela va faire progresser la lutte contre l'obésité. Comme si les Américains ignoraient que des frites sont plus caloriques que des carottes bouillies !

Se mettre à compter les calories de tout ce qu'on mange est un très gros travail. Du coup, les voir ponctuellement sur un menu n'est pas d'une grande utilité, sauf à vouloir comparer des plats entre eux. Ce qui pourrait en diaboliser certains. Pourquoi ? Imaginons que je sois devant un menu. J'hésite entre deux plats, l'un me tente davantage mais il est plus riche en caloriees :

- soit je prends le plat le plus calorique. Il est possible que j'ai une certaine culpabilité en arrière-plan, qui m'empêchera de le savourer pleinement. 

- soit je choisis le plat le moins calorique. Je suis frustré(e), je me situe dans une logique de restriction et je risque fort de craquer à un autre moment.

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Serait-elle vraiment plus avancée si elle connaissait leur apport calorique ?

De plus, les calories sont une notion simpliste qui ne tient pas compte de la composition nutritionnelle des aliments : compter les calories ne garantit en aucun cas d'avoir une alimentation variée et équilibrée.

Un peu agacée par cet article, je suis allée faire un tour sur le web. Quelques études ont été menées notamment dans des villes comme New York où cette règlementation est en place depuis 2008. Les études sont assez hétérogènes mais les bénéfices ne semblent pas évidents. Il semble qu'une minorité de personnes fasse attention aux calories et il ne semble pas flagrant que l'affichage des calories ait vraiment changé les habitudes des consommateurs.

Compter les calories, c'est avoir une alimentation guidée par la tête, des choix rationalisés et non par le goût, les envies, les préférences. C'est avoir une alimentation fonctionnelle et non une alimentation de plaisir et de convivialité. C'est le modèle américain et britannique d'alimentation versus le modèle français ou italien. Or, comme l'avait montré le livre "Manger" des sociologues Claude Fischler et Estelle Masson (éditions Odile Jacob, 2008), notre modèle génère nettement moins de problèmes de surpoids que le leur.

Alors, laissons les Américains avec leur modèle et luttons pour ne pas l'adopter ! Je suis pour une éducation alimentaire et gustative qui permette de découvrir les aliments, de les apprécier dans leur diversité et de former son goût et ses préférences, et non pour une éducation nutritionnelle qui fasse surtout connaître les nutriments et les calories.

Je suis donc plutôt en accord avec une enseigne comme Cojean qui refuse l'affichage des calories (cf mon billet sur Cojean). A l'inverse, je viens de voir un nouvel espace de restauration rapide s'installer à proximité de mon cabinet et il croit bien faire en affichant non seulement les calories mais aussi les besoins caloriques des personnes (H/F) comme si nous étions tous identiques !

ON NE MANGE PAS DES CALORIES, ON MANGE DES ALIMENTS !

Illustration © Alexandra Thompson - Fotolia.com

18/04/2010

Stop aux cupcakes !

Ne croyez pas que ce soit le cri du coeur d'une diététicienne effrayée par le compteur calorique de ces pâtisseries ! Cela ne me fait pas peur : si vous lisez ce blog régulièrement, vous savez que je suis contre les interdits, je pense qu'il faut manger de tout, je suis gourmande, y compris de pâtisseries. Donc pourquoi pas un cupcake de temps en temps ? Eh bien, non !

D'abord, pourquoi un tel engouement ?  Comme s'il n'y avait pas déjà toutes sortes de bons gâteaux ? Bon, je comprends qu'il faut toujours suivre la mode. Surtout quand elle a été inspirée par "Sex in the city". Mais s'il s'agit de succomber à la tentation et d'abandonner l'éternel "je dois faire attention" que pratiquent de nombreuses femmes, que ce soit pour quelque chose de bon ! 

A titre personnel, je n'étais pas du tout attirée par ces pâtisseries et leur coiffe crémeuse (je déteste depuis toujours la crème au beurre). Mais je n'aime pas critiquer ce que je ne connais pas et je me suis dit que je ratais peut-être quelque chose. Donc j'ai décidé de goûter enfin des cupcakes. Je n'ai pas eu à aller loin : en quelques semaines, deux boutiques entièrement dédiées à ces pâtisseries ont poussé dans mon quartier ! Il y a un choix très large, le vendeur m'a orienté vers des modèles sans crème au beurre (à la place, crème fouettée, cheesecake, ...) et j'ai choisi deux cupcakes miniatures avec des parfums a priori à mon goût. Rentrée chez moi, je les ai disposés sur une jolie assiette, toutes les conditions étaient donc réunies pour la dégustation. Eh bien, c'était ignoble ! Une espèce de génoise sans aucun intérêt surmontée d'une énorme couche de crème et glaçage totalement écoeurante et archi-sucrée. Cela faisait longtemps que je n'avais pas mangé quelque chose d'aussi mauvais ! Les deux se valaient et je ne les ai pas terminés.

D'aucuns m'objecteront que je suis sans doute tombée sur une mauvaise marque. Peut-être mais je n'ai aucune envie de recommencer l'expérience ailleurs ! A moi les éclairs au café, Paris-Brest, tarte aux pommes, madeleines, ... !

PS : pas de photo de cupcakes, ils ne le méritent pas ;)

17/04/2010

Stop aux alicaments !

P1010634.JPGDepuis quelques années, le groupe Danone s'est clairement positionné sur le domaine de l'alimentation santé. Il met en avant les bénéfices de certains de ses produits pour la santé. Dans ce cadre, Danone avait déposé des dossiers pour faire valider les bienfaits santé supposés de ses produits Activia et Actimel auprès de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Or, le groupe vient d'annoncer qu'il retirait (provisoirement a priori) ces dossiers (source Reuters). Cela signifie-t-il que le groupe Danone n'est pas très sûr de lui concernant les preuves scientifiques des bienfaits de ces produits ?

Pour ma part, je ne goûte pas vraiment cette stratégie très orientée santé : je préfère qu'on mange des aliments et non des alicaments. J'aimerais qu'on arrête un peu de parler d'alicaments, de vanter le bien que feraient certains produits à notre santé. Car cela amène par exemple des personnes qui n'ont aucun problème de santé à manger de la margarine ou des yaourts "anti-cholestérol", en pensant se faire du bien. Ces produits sont bien sûr plus chers que les autres produits.

La santé (pour ce qu'on en maîtrise) est liée à une alimentation saine et variée, avec des aliments "normaux", pas besoin d'alicaments. Bien sûr, quand on a une maladie, on se soigne avec des médicaments adaptés. Mais, quand on est en bonne santé, qu'on pense d'abord plaisir de manger sans être obsédés par la santé. Le fait d'avoir de plus en plus une préoccupation santé pour choisir son alimentation introduit une pression supplémentaire, encore des "il faut...". IL FAUT manger bio, IL FAUT manger 5 fruits et légumes, IL FAUT manger ce qui est bon pour sa santé, IL FAUT faire attention,  IL FAUT manger moins de viande, etc.

Arrêtons les "IL FAUT" et disons plutôt "J'AI ENVIE DE" !