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04/05/2015

Retour sur avril au fil des lectures

Je suis ailleurs...

Je manque un peu de temps actuellement pour écrire sur ce blog. Mais d'autres me sollicitent et parfois et cela permet de faire passer quelques idées.

Ainsi, j'ai pu faire un point assez détaillé sur la mode du gluten sur le blog du pass sportif multi-salles Tryndo.

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Pain du "boulanger clandestin" Thierry Delabre, savouré en avril et dont il serait bien triste de se priver...

J'ai été interviewée par Marie-France sur les régimes et ce qui pousse tellement de femmes à toujours se relancer dans le prochain régime en croyant que ce sera le bon... Rappel, si vous voulez échanger sur le sujet, je vous accueillerai volontiers le 6 matin à l'occasion de la Journée Internationale sans Régime.

J'ai rappelé mon attachement à la modération face à l'avalanche de livres sur le "zéro sucre" via l'Express Styles (avec un petit correctif, l'excès, je ne le "diabolise" pas non  plus, j'essaie de la comprendre et de le traiter...).

J'ai été interrogée à propos du quinoa pour une revue professionnelle mais je ne sais pas si l'article est paru.

J'ai acheté de nombreux livres dont je vous reparlerai : quelques livres entrent mais beaucoup sortent : j'ai continué mon grand "vidage" d'appartement et ce n'est pas fini ! D'ailleurs, je viens de lire (comme beaucoup de monde) le livre de la japonaise Marie Kondo, "papesse" du rangement et il est arrivé pile au bon moment pour me faire encore accélérer les choses !

Vive la diversité des corps

J'ai enfin l'impression que les choses avancent un peu (très lentement) de ce côté. Pas un mois sans une initiative, un projet internet, une campagne pour promouvoir des femmes qui soient loin des standards de l'extrême minceur. Et on commence à parler, deci delà, des femmes "dans la moyenne", autour de la taille 40, et plus seulement des extrêmes. Exemple, une tribune plutôt bien vue sur le sujet. Ceci-dit, les pages mode des magazines féminins semblent bouger fort peu...

L'apologie de la minceur passe de moins en moins bien visiblement et l'avantage d'internet, c'est qu'on peut mobiliser rapidement pour s'opposer, comme vis-à-vis d'une campagne dans le métro londonien ou d'un visuel de carnet de santé dans un département français : les deux ont été vite retirés devant le tollé suscité.

Agriculture et alimentation

Un article intéressant du Monde au moment où s'ouvre l'Exposition Universelle de Milan sur le thème "Nourrir la planète".

Et aussi

J'ai aimé cette phrase de Gandhi citée par Edgar Morin mais tellement oubliée... :  

"Montrer l'exemple n'est pas le meilleur moyen de convaincre, c'est le seul".

Et ce très beau texte qui n'a rien à voir avec mon domaine mais qu'importe, par un des disciples de Roland Barthes.

Et vous, que partagez-vous de votre mois d'avril ?

18/03/2015

Et la gagnante de Veggivore est.....

Oh que le choix fut difficile pour offrir le livre Veggivore de Clotilde Dusoulier tellement vos souvenirs furent tous jolis et originaux. Je vous recommande vivement d'ailleurs d'aller les lire en commentaires du billet-concours.

Mais il fallait faire un choix et nous nous sommes accordées, Clotilde et moi, sur le témoignage de Camille (attention, il y en a plusieurs...), dont je re-cite ici le texte (voyez mon esprit d'ouverture, il concerne un des rares légumes dont je raffole fort peu...)

"J’étais une petite fille bien élevée. J’ai appris à manger de tout. Même des choux de Bruxelles et du choux fleur, même des endives, et pas forcément au jambon. Je ne dis pas que ça me faisait plaisir. Mais je les mangeais, c’est tout, avec pour récompense la crème au chocolat qui m’attendait pour le dessert. Ma mère était très fière de cette petite fille « pas difficile ».
Un seul légume avait toujours et encore résisté à l’envahisseur maternel : LA BETTERAVE. Le seul que je ne POUVAIS vraiment pas manger. Ce gout douceâtre, et surtout cet arrière-gout de terre…à vomir !
Bien plus tard, alors que j’étais moi-même en train de devenir une maman, j’errais dans une allée de supermarché, au supplice, terrassée par les nausées de la grossesse, et dégoutée par toutes les odeurs qui se mêlaient autours de moi, quand soudain, une odeur douce et fraiche m’a emplie les narine, me soulageant quasi-instantanément. Il fallait immédiatement que trouve quel était ce fruit merveilleux qui embaumait ainsi les étals et me donnait l’impression de marcher dans un jardin après une pluie d’été. Tel un chien policier, je remontai la piste en reniflant, faisaient confiance à mon nouvel odorat bionique, puis doutai, puis dû bien me rendre à l’évidence quand je tombai finalement sur un énorme étal de…. betteraves !
N’obéissant plus qu’à un étrange instinct, j’ai emmené chez moi et cuisiné cette étrange racine violette un peu visqueuse, comme je l’avais toujours vu faire, en salade, avec quelques échalotes et du persil, et je me suis régalée. Mais quelle trahison : mon corps m’avait donc contraint à abandonner ma seule et unique coquetterie gustative !
Aujourd’hui, ma fille a quatre ans et…elle adore les betteraves ! Et grâce à elle, moi aussi ! Je continue à les déguster avec un vrai plaisir, et je multiplie les façons de les accommoder, même si je reste très fan de cette version classique et toute simple, avec des échalotes et du persil,surtout pour la couleur !"


Bravo Camille pour ce très joli texte et pour l'écoute de votre corps ! Je ne doute pas que vous vous régalerez avec les recettes issues de ce livre.

03/03/2015

Chouette, Veggivore de Clotilde Dusoulier est sorti (et il y en a un à gagner !)

J'avais adoré le premier livre de Clotilde Dusoulier, aussi bien les recettes que les histoires personnelles les accompagnant. Je lis régulièrement son blog où j'aime autant ses expériences culinaires que ses interviews, ses récits... J'ai observé qu'elle parlait de plus en plus végétaux et je n'ai pas été étonnée quand elle a sorti un livre sur la cuisine des fruits et légumes...en anglais. Quelle que soit mon envie de le découvrir, ma paresse (que je ne m'explique pas trop) avec les livres de cuisine en anglais gagne toujours !

J'ai donc été ravie quand Clotilde a annoncé la sortie française et je me suis précipitée pour l'acheter. Charmée par son contenu, heureuse de voir un livre (c'est encore trop rare) raisonner par saison, impatiente de me lancer dans les appétissantes recettes qui collent fort bien avec mes envies "veggivores". Et toujours le plaisir de découvrir des recettes fort bien expliquées, avec des suggestions de déclinaisons, des commentaires sur les ingrédients, ...

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Mais voilà que, quelques jours plus tard, j'ai eu la surprise et le plaisir d'en recevoir un exemplaire dédicacé gentiment, car on se connait un petit peu. Deux exemplaires ? Je pourrai en garder un tout beau tout propre et un autre à tâcher, corner, salir dans la cuisine. Mais ce serait du luxe ! J'ai plutôt envie de vous en offrir un, à l'un(e) de vous, fidèles lecteur(trice)s de ce blog.

Je ne suis pas très adepte des concours, j'en ai fait un seul en sept ans de blog, autour de la plus belle assiette composée. Mais voilà une jolie occasion de remettre cela.

Alors pas de prime au plus rapide qui mettra un commentaire, pas de tirage au sort, mais vous allez "travailler" !

Nous sommes en hiver et Clotilde Dusoulier nous propose naturellement des recettes autour des betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron.

Si vous voulez participer au concours, pour gagner ce livre Veggivore, merci de poster un commentaire ici, décrivant un joli souvenir autour de l'un de ces légumes : betterave, brocoli, carotte, chou de Bruxelles, chou-fleur, endive, poireau, potiron : un moment particulièrement plaisant, le bonheur de savourer une recette familiale ou une que vous avez inventée, un plat délicieux que vous avez préparé, une découverte d'un accord de goûts, etc. en quelques lignes (pas un roman, maximum 1500 caractères).

La personne qui aura fait le plus joli commentaire (évalué très subjectivement par Clotilde et moi) gagnera le livre. Réponses souhaitées avant le 13 mars.

Pour ma part, j'ai déjà réalisé et savouré avec grand plaisir une salade d'endives aux noix et clémentines assortie d'une très bonne "vinaigrette" (la recette proposait des oranges mais j'ai fait avec ce que j'avais sous la main). Et aussi une tatin de poireaux, pas tout à fait aussi jolie que l'originale mais en tout cas délicieuse.

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Côté sucré, on s'est vraiment régalés avec un fondant poire-châtaigne qui porte bien son nom et que j'ai envie de refaire très vite (ça tombe bien, j'ai un bon stock de farine de châtaigne !).

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Maintenant, à vos claviers ! Et vive les légumes d'hiver !

Veggivore de Clotilde Dusoulier, éditions Hachette Cuisine, 14,95 euros

19/02/2015

Dans la famille gâteaux, je choisis Pascale Weeks !

Je suis une diététicienne gourmande. J'adore les gâteaux, les pâtisseries, les desserts et je m'efforce de leur garder de la place assez souvent. Parmi mes douceurs maison favorites côté pâtisseries :

Il y a le gâteau au yaourt, que je décline à l'infini en changeant la farine, le sucre, la matière grasse, les ajouts.... et j'ai vu de nouvelles déclinaisons à expérimenter dans le dernier Zeste Magazine.

Il y a les tartes aux fruits, un bonheur en chaque saison, et j'ai trouvé mon bonheur côté base avec les pâtes à tarte d'Edda Onorato.

Il y a le gâteau chocolat-courgettes de Clotilde Dusoulier qui est devenu pour Monsieur LA référence de gâteau au chocolat.

Et il y a les cakes, les gâteaux tout simples mais si délicieux que depuis quelques années les pâtissiers chic appellent gâteaux de voyage. Je me suis rendue compte que, depuis quelque temps, quand j'ai l'idée de faire ce type de gâteau, à partir d'un ingrédient, pour un événement... je me tourne vers Pascale Weeks :

-soit son livre Cookies, muffins & co où il y a bien d'autres tentations que celles du titre...

J'ai ainsi fait et refait son délicieux cake au citron ("Lemon drizzle cake"), et je l'ai notamment servi lors de mes "braderies". Une des ses réussites est le sirop de citron que l'on verse sur le gâteau encore chaud, qui renforce l'arôme global du gâteau.P1110316.JPG

J'ai aussi transposé ce gâteau avec de l'orange et ce fut aussi un régal.

Ayant des noisettes en quantité sous la main, j'ai trouvé sur son site une vieille (presque 10 ans !) mais toujours parfaite recette de gâteau aux noisettesmoelleux et au goût bien marqué, que j'ai réalisé en miniature (avis aux personnes qui doivent manger sans gluten, les noisettes remplacent la farine donc ce gâteau est sans gluten).

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En quête de recette pour utiliser une pâte de marrons la semaine dernière, je suis tombée sur une recette d'Ardéchois (que je n'ai pas mis dans sa boite) qui s'est avérée étonnamment légère, que j'ai accompagné d'une crème de marrons maison (NB : j'ai mis de la pâte de marron à la place de la crème de marron et ajoutée une infime quantité de sucre en plus). 

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Pourquoi revenir ainsi toujours ou presque vers Pascale ? Parce que ses recettes, outre le fait qu'elles sont bien appétissantes, sont claires, détaillées et fiables. Elle a fait le boulot pour nous : souvent elle a fait des essais nombreux pour trouver la meilleure recette... Donc, si on suit les indications, les risques de rater sont quasi inexistants et le résultat est délicieux.

Hasard du calendrier, Pascale a justement publié il y a deux jours sur 750g, le site dont elle est rédatrice en chef, des conseils fort utiles et concrets sur la réalisation des cakes.

Et vous, avez-vous des références livresques ou bloguesques en matière de pâtisserie ?

04/02/2015

Connaissez-vous Thomas d'Ansembourg et l'intériorité transformante ?

Thomas d'Ansembourg est un auteur, conférencier, thérapeute belge, spécialisé dans la "conscience non violente" telle que nommée sur son site, en lien avec un domaine communément appelé communication non violente (CNV). Il est notamment l'auteur d'un livre dont je parle souvent à mes patients que je sens dans certaines difficultés relationnelles, “Cessez d’être gentil, soyez vrai - Etre avec les autres en restant soi-même” (2001). Je le connais de réputation depuis plusieurs années, je trouve ses propos très intéressants et j'ai eu la chance d'assister pour la première fois à une conférence qu'il animait la semaine dernière à Paris. Conférence à l'initiative de l'Association Française pour la Communication Non Violente, accessible pour un prix très raisonnable de 14 euros vs des experts ou pseudo gourous qu'on voit régulièrement demander bien davantage...
 
La conférence était très riche et stimulante, mettant l'accent sur une notion fondamentale pour lui, l'intériorité transformante. Se relier à son intériorité est parfois évacué car on croit que cela doit être associé à une religion, or, ce n'est pas nécessairement le cas et, a contrario, on peut pratiquer une religion sans se mettre dans cette position. "S'asseoir régulièrement sur la chaise de l'intériorité transformante" permet, affirme Thomas d'Ansembourg, de voir autrement ce qu'on a regardé, de remettre en question des positions. Il a donc vivement incité à ralentir, s'asseoir, faire silence pour "laisser le seau du discernement descendre dans le puits de la connaissance infinie". Il a d'ailleurs indiqué que ces moments d'arrêt existent dans toutes les traditions. Mais aujourd'hui ? Est-ce que l'on n'est pas bloqué individuellement et/oucollectivement  selon la formule tellement évidente de Paul Watzlawick : "Si l'on fait ce qu'on a toujours fait, on obtient ce qu'on a toujours obtenu". 
 
Il nous a montré par un petit "jeu" avec notre voisin de siège que l'on pouvait vivre un profond contentement dès lors qu'on répondait à nos besoins fondamentaux de relation à soi, à l'autre, à l'univers. Mais beaucoup de personnes se sont éloignées de leur chemin de vie et se sont bloquées dans des enfermements et des automatismes qui les rendent malheureuses. Et très souvent mettent en place des mécanismes compensatoires (tabac, alcool, ...), abusent des autres, sont agressifs, malveillants, développent des comportements avides.
 
Car selon cet homme souvent percutant dans ses formulations, "on a davantage appris à compenser le mal-être qu'à vivre le bien-être". Il a souligné certains pièges dans lesquels on tombe fréquemment :
- le faire sans répit et l'avoir plutôt que l'être, ce qui nous entraîne dans une course perpétuelle qui nous épuise et épuise la planète,
- la culture du malheur, l'habitude de se plaindre plutôt qu'être joyeux et se réjouir de ce qu'on a.

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Mais, bonne nouvelle, on peut "se réaligner sur son chemin de vie" par un apprentissage progressif, en commençant par s'apporter de la douceur à soi-même, par nourrir son intériorité transformante avec, selon les préférences de chacun, de la beauté, de la joie, de la nature, du lien, de la méditation, de la simplicité..., par développer un rapport pacifié avec le temps. Et Thomas d'Ansembourg affirme que cela est le contraire de l'égocentrisme car "un citoyen pacifié devient un citoyen pacifiant". Avec à l'appui une citation de l'écrivaine Christiane Singer "Dans ce monde qui se dessèche, si nous ne voulons pas mourir de soif, il nous faudra devenir source". 
 
Pourquoi cela me parle ?
 
- Je vois chaque jour des personnes qui compensent un mal-être, tel que le décrit Thomas d'Ansembourg, par une surconsommation ou une sous-consommation alimentaire.
- Il a commencé sa conférence en disant "il n'y a pas de fatalité. Notre capacité à nous transformer et à transformer le monde est aussi puissante qu'ignorée, il suffit de réapprendre" : cela me rappelle ce que je dis dans mon domaine à de nombreuses personnes qui me consultent : il n'y a pas de fatalité, on peut faire la paix avec la nourriture, il faut juste y aller à son rythme, étape par étape.
- J'ai le sentiment d'avoir entamé moi-même une part de ce travail pour revenir sur mon propre chemin et de le vivre très joyeusement, dans le bonheur de la rencontre avec l'autre et du ralentissement.
 
Et vous, que vous évoque ce compte-rendu ?
 
Si vous voulez avoir  un (long) aperçu du Monsieur, j'ai trouvé en ligne la captation d'une conférence de 2014 sur les rapports homme-femme.
 

22/01/2015

Ces livres qui me surprennent et me font cuisiner - Episode 2 : Retour vers la cuisine

Rappel : Quand on a quelques relations amicales dans le monde gastronomico-culinaire, il y en a parmi elles qui sont des personnes talentueuses et courageuses qui écrivent des livres de cuisine ou les éditent. Et qui parfois me les offrent, avec probablement la légère arrière-pensée que je vous en parle, en tant que "blogueuse influente" comme on me qualifia un jour.

Il se trouve que j'ai ainsi reçu récemment trois livres de cuisine que, soyons honnête; je n'aurais vraisemblablement pas achetés ! Alors qu'ils se sont révélés finalement fort appétissants et plein de recettes en phase avec mes goûts culinaires ou propices à faire de délicieuses découvertes. Je les ai donc truffés de marque-pages pour repérer les nombreuses recettes à essayer.

Le deuxième de ces livres, c'est Retour vers la cuisine, de Claire Pichon, chez Marabout.

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Claire, que j'ai le plaisir de voir assez régulièrement autour de savoureux déjeuners, m'avait parlé de son livre il y a plus d'un an, d'abord de façon mystérieuse, puis plus précise, évoquant un livre de recettes des différentes décennies du vingtième siècle. J'étais curieuse de le découvrir. En même temps, je n'étais pas sûre d'avoir envie de me plonger dans une rétrospective de plats traditionnels. Je l'ai regardé brièvement sans me décider à l'acheter. Mais, belle surprise, elle m'a offert le livre à l'occasion de son lancement. Je me suis plongée dedans et si, clairement certaines recettes ne m'attirent pas trop comme la tourte au pigeon (mais on verra au fil du temps...), j'en ai identifié beaucoup que je tenterais bien au fil des saisons. Et j'ai par ailleurs beaucoup aimé plusieurs aspects :

- la possibilité de découvrir ou se remémorer de quelle période date chaque recette, d'en approcher des inconnues, d'en détailler des peu familières, d'en retrouver avec amusement des fort proches, replacées dans leur époque, du taboulé aux brownies, du soufflé au fromage à la paëlla.

- le fait de replacer chaque recette dans le contexte d'époque, la façon dont elle a été créée, avec une remarque, une anecdote...

- le hors-recette de chaque décennie : la musique, les thématiques spécifiques associées (le cake "pauvre" des temps de guerre...).

- les jolies et sobres photos d'Emilie Guelpa alias la créatrice du délicat blog Griottes.

Tout cela fait qu'on part pour un joli voyage temporel avant même de cuisiner.

Ceci dit, je me suis quand même mise en cuisine et j'ai commencé par trois desserts :

- un dessert que je ne connaissais pas, qui m'a séduite par son histoire et sa composition de saison : le chabraninof, un dessert des années 40 : des pommes confites et flambées avec de la glace de vanille et un peu de pralin (touche de Claire). Tout simple mais diablement efficace, on s'est régalés. La preuve : Monsieur a réclamé de le revoir vite !

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- un autre, célébrissime, repéré dans les années 70, que je pensais réaliser depuis longtemps sans m'y mettre, la poire Belle Hélène. Délicieux aussi.

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- encore un autre, un classique que je n'avais pourtant jamais fait, une tarte aux pommes grillagée, datée années 50, pas tout à fait réussie par manque de pâte, néanmoins délicieuse.

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Ces premiers essais valident ce que je pressentais et qui est évidemment essentiel dans un livre de cuisine, plat célèbre ou non, que la recette soit fiable : c'est validé (connaissant un peu l'auteure, je n'avais pas trop de doute...). En ligne de mire, le koulibiac, la cuisine de restriction, le fondant au chocolat, ...

Retour vers la cuisine, Claire Pichon et Emilie Guelpa, éditions Marabout.

 

16/01/2015

Ces livres qui me surprennent et me font cuisiner... Episode 1 - l'épicerie du Royaume-Uni

Quand on a quelques relations amicales dans le monde gastronomico-culinaire, il y en a parmi elles qui sont des personnes talentueuses et courageuses qui écrivent des livres de cuisine, les éditent, ... Et qui parfois me les offrent, avec probablement la légère arrière-pensée que je vous en parle, en tant que "blogueuse influente" comme on me qualifia un jour...

Il se trouve que j'ai ainsi reçu récemment plusieurs livres de cuisine que, soyons honnête; je n'aurais vraisemblablement pas achetés. Alors qu'ils se sont révélés finalement fort appétissants, pleins de recettes en phase avec mes goûts culinaires ou propices à faire de délicieuses découvertes. Je les ai donc truffés de marque-pages pour repérer les nombreux plats à essayer.

Le premier, c'est l'Epicerie du Royaume-Uni, de Marie Grave dans la série des Epiceries du monde, aux Editions La Plage.

Rien qui pouvait m'attirer a priori. Je ne suis pas spécialement fan de la nourriture anglaise, je ne cours pas les épiceries britanniques pour remplir mon placard culinaire... Mais je sais cette collection joliment faite. Quand j'ai reçu le livre, j'ai eu la surprise d'avoir envie de réaliser quasiment toutes les recettes ! Il faut dire que, si les ingrédients sont anglais, les plats proposés sont actuels et accessibles sans trop d'excentricité. J'ai commencé par un ingrédient que je connais plutôt bien, même si je le cuisine assez peu, les flocons d'avoine. J'ai réalisé un savoureux crumble pomme-poire, les flocons d'avoine étant tout à fait propices à un crumble croustillant.

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Puis de plus originales galettes de légumes où j'ai, suivant la recette, mis entre autres, des choux de Bruxelles, mes nouveaux amis... Avec pomme de terre et carotte. Excellent !

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Enfin, j'ai préparé des biscuits aux noisettes et flocons d'avoine très plaisants, qui ont parfaitement accompagné une mousse au chocolat au réveillon.

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Il y aussi le thé Earl Grey, la moutarde anglaise, le stilton... Plein de jolies recettes en perspective.

Connaissez-vous cette collection Epiceries du Monde où il y a déjà eu le Liban, l'Inde, ... ?

Pratiquez-vous régulièrement ou occasionnellement de votre côté les ingrédients britanniques ?

05/01/2015

Repas festif, multicolore et (quasi) végétarien avec Ottolenghi

Cette année, comme je l'ai raconté, je n'étais pas en charge du repas de réveillon du 31 décembre, contrairement aux années précédentes. Les festivités familiales ayant par ailleurs été anticipées, Noël n'a pas donné lieu à un dîner particulier (mais on a bien mangé comme tous les jours !).

Toutefois, le 25, disposant de temps, j'ai eu envie de concevoir un repas sortant de l'ordinaire. Comme souvent, j'aime bien me fixer une contrainte (une couleur, des ingrédients...). Je me suis dit que j'allais essayer de me centrer sur un livre d'Ottolenghi* (par ailleurs restaurant londonien où je m'étais régalée) que j'avais fait venir du Québec (pour en avoir une version française, je suis assez flemmarde avec les recettes en anglais...), Plenty, pas encore vraiment utilisé. C'est une cuisine originale, qui a beaucoup de goût, utilisant de multiples ingrédients, herbes et épices.

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Plenty est un livre de recettes végétariennes et cela m'a donné l'envie de faire un repas qui le soit. De plus, en le feuilletant, j'ai trouvé qu'il était plein de recettes colorées et je me suis fixée une autre contrainte, que le repas soit multicolore. Pas juste coloré, non, mais avec chaque plat d'une couleur différente. Donc, une triple contrainte (choisie) : végétarien, ottolenghien et multicolore !

j'ai choisi les plats, fait les courses (en renonçant parfois à quelques ingrédients, par exemple trois sauces soja différentes pour un plat) Cela m'a pris un peu de temps en cuisine mais le résultat s'est avéré très satisfaisant et remplissant les conditions fixées à deux exceptions près. Le dessert ne provenait pas du livre (tout en étant végétarien, le cas de la plupart des desserts !). Et il y a eu un amuse-bouche non végétarien : un tarama d'oursin car j'avais eu l'opportunité d'en trouver dans une épicerie méditerranéenne récemment découverte, Agrology et eu envie de le faire goûter à Monsieur, grand amateur d'oursins.

Les plats furent donc les suivants (servis en simultané) :

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- rose et vert : tarama d'oursin sur endive (coupé sur la photo),

- rouge : salade aigre-douce d'endive rouge , trévise, grenade, ricotta et sirop d'orange,

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- noir : tofu au poivre noir,

- blanc : riz,

- brun-vert : salade de lentilles au céleri et noisettes,

- orange : courge rôtie avec sauce à la citronnelle,

- jaune : coings confits (dessert).

 

On s'est régalés, une nouvelle preuve qu'il n'y a pas nécessairement besoin de viande ou poisson pour cela. Avec, pour ma part, une mention particulière pour la salade rouge et le tofu.

Et vous, vous fixez-vous parfois des contraintes pour composer vos repas ? Avez-vous déjà fait des repas festifs et végétariens ?

 

*Deux autres livres de Yotam OTTOLENGHI & Sami TAMIMI ont été traduits en français : Jerusalem et le Cookbook

 

03/12/2014

Des livres, des mets mais pas des recettes...

Les fêtes approchent, vous cherchez peut-être des cadeaux. Pour ma part, ils tournent souvent autour de la gourmandise, à savourer, à vivre, à se rappeler. Mais, même si c'est moins fort qu'avant, il y a aussi mon amour des livres qui est toujours là. Et j'adore les livres qui parlent alimentation, nourriture, gastronomie, non à travers des recettes mais sous l'angle d'histoires humaines, de transmission, de parcours, de souvenirs... Dans ce domaine, je me suis régalée dernièrement avec quelques merveilleux ouvrages. Et je ne dis pas cela parce que j'ai la grande chance de connaître certains de leurs initiateurs...

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L'ami intime, un musée imaginaire du pain, de Jean-Philippe de Tonnac et Anne Le Cozannet-Renan

J'ai plongé dans ce livre avec étonnement, émerveillement, passion. J'adore le pain, je connais sa place dans notre histoire, mais je n'imaginais pas vraiment à quelle richesse artistique il avait donné lieu. C'est un recueil de tableaux, photos... de toutes époques, très joliment et intelligemment commentés par les auteurs. Rien que dans l'introduction, on lit de fort belles choses écrites par l'écrivain Christian Bobin, notamment cette jolie phrase : "Le pain est un ange, le plus petit, tout au bas de l'échelle des anges. Enlevez-le et il n'y a plus d'échelle". Cheminer dans ce livre est un bonheur mais me renvoie aussi à la tristesse de voir des personnes se priver de bon pain par peur de grossir ou phobie du gluten..

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Le prolongement du geste, de Laurent Dupont

Il y a presque deux ans, lors d'un déjeuner, Laurent, que je connais un tout petit peu, auteur d'un blog gourmand, a parlé d'un projet de livre sans en dire beaucoup plus. Puis je l'ai suivi au fil des réseaux sociaux faire le tour de France de chefs en vue. Sans davantage de détails. Et voilà le résultat, original, un livre très beau visuellement (Laurent Dupont est photographe) et beau aussi dans ses textes, où chaque chef raconte son lien à un ustensile de cuisine, qu'il a choisi et qui est photographié. On se promène d'un chef à l'autre, on s'intéresse à la relation que chacun(e) a avec un ustensile, on savoure chaque histoire et on a envie que le plaisir de lire et regarder se prolonge lui aussi.

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Les Petits Précis Polenta et Parmesan, d'Alessandra Pierini : il s'agit de tout petits livres de la nouvelle maison des Editions du Pétrin, lancée par Emmanuelle Mourareau, passionnée d'Italie, de mots et de mets. Et ce sont des récits à la première personne de petites tranches de vie d'Alessandra Pierini, la passionnée et passionnante patronne de l'épicerie RAP à Paris. autour de ces produits si italiens. Il y a quelques recettes mais ce n'est pas l'essentiel. L'important, ce sont les jolies évocations personnelles, les histoires familiales que ces produits évoquent à Alessandra. Et elle en a beaucoup d'autres à partager : après le parmesan et la polenta, sont attendus le prosciutto di Parma, le pesto...

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Et vous, aimez-vous ces livres qui tournent autour de la cuisine et des aliments autrement que par des recettes ?

 

L'ami intime, un musée imaginaire du pain, Flammarion, 35 euros

Le prolongement du geste, Keribus éditions, 29,90 euros

Petits précis, éditions du Pétrin, 11 euros l'un

NB : j'ai payé tous ces livres

30/09/2014

Au revoir septembre, bonjour octobre et l'automne !

Pour cause de rythme un peu différent pendant les vacances, j'ai dérogé à mes petits bilans mensuels. Du coup, je me rattrape avec un bilan mordant un peu sur fin août.

Alimentation, culture et agriculture

Carlo Petrini (fondateur de Slowfood) : "Manger est le premier acte agricole, et il peut être un acte poilitique". 

Pierre Rabhi, paysan et philosophe, dans Kaizen Magazine : "« Terre mère, terre nourricière » n’est pas une métaphore poétique, c’est une réalité absolue".

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J'ai bien aimé cette émission de France Inter sur le manger et l'identité.

J'ai découvert cette carte à explorer selon ses envies sur la belle et diverse géographie du patrimoine céréalier en France : je connais un certain nombre de spécialités mais j'ai par exemple découvert (mais pas encore goûté) le pastéchou, une brioche bretonne aux pruneaux. 

Corps et esprit

Une intéressante interview du psychiatre Christophe André dans l'Express sur les interactions entre le corps et l'esprit, qui rejoint le travail que je fais avec certains patients sur l'apprentissage de l'accueil des émotions (pour qu'elles ne fassent plus manger...)

Parisianisme

J'ai aimé cet autre plan qui repère les lieux théophiles de Paris, qu'il s'agisse de salons de thé, comptoirs, ...

Je suis depuis le début plutôt sceptique sur le fastueux concept de la "Jeune Rue" qui prétend réapprendre aux Parisiens à bien manger. Je ne demande qu'à réviser mon a priori mais ce n'est pas cet article du Monde qui va m'aider...

Parmi les annonces gastronomiques de rentrée du Figaroscope, j'ai surtout retenu l'ouverture de la très bobo-chic Epicerie Générale à deux pas de mon cabinet et y ai déjà fait quelques petites emplettes, en regrettant le règne quasi général du sans gluten dans leurs pâtisseries.

Corps, minceur et surpoids

J'ai bien aimé cet article sur le fantasme du bonheur associé à la perte de poids : bien sûr, il ne s'agit surtout pas de renoncer à trouver un juste poids où l'on se sent bien. Mais il ne faut pas non plus imaginer que la perte de poids règlera  tous les problèmes et créera une vie merveilleuse... 

J'ai été effarée (et je n'ai pas été la seule) par la nouvelle campagne de la marque de luxe Marc Jacobs montrant un mannequin livide et squelettique. Même si cette image en particulier est extrême et visait peut-être justement à créer la réaction, on ne peut pas méconnaître l'influence des images de maigreur dans la mode en ce qu'elles créent un nouveau référentiel de beauté inconscient.

Citation

"C'est en forgeant qu'on devient forgeron et en se gourant qu'on devient gourou" !

Auto-promo !

On peut m'apercevoir deci-delà

J'ai été interrogée avec d'autres par Terra Eco sur les moyens de reconnaitre concrètement le fait maison au restaurant (car ce n'est pas vraiment la loi qui le permettra...)

Véronique, la dynamique initiatrice d'Amoureusement Soupe, grande fête montmartroise de la soupe maison, m'a demandé de parler soupe et j'ai un peu raconté ma vie avec la soupe en huit épisodes...

J'ai écrit un article sur le sommeil sur le blog En aparté consacré à l'équilibre vie professionnelle-vie privée car c'est un sujet vraiment fondamental selon moi, à ne surtout pas négliger...

Le magazine féminin Marie-France m'a interviewée sur ces femmes qui ne se voient pas grossir (parce qu'elles oublient de penser à elles, ou qui ne veulent pas le voir parce qu'elles ont d'autres priorités à certains moments de leur vie,...) (l'article n'est pas en ligne, du moins pour l'instant).

J'avais aussi été interviewée sur la problématique, mal vécue par beaucoup, du manger seul(e) mais la journaliste de Psychologies, sans doute confrontée à trop d'intervenants, ne m'a finalement pas citée. A la place, on peut relire ces billets sur les repas solitaires chez soi ou au restaurant.

Lectures

Je vous avais parlé de différents aspects de mon été via mon petit feuilleton de fin août. Comme je l'avais annoncé, j'ai déconnecté des réseaux sociaux pendant plus d'un mois. Cela permet d'éviter des poussées d'adrénaline face à des informations énervantes, d'être plus calme et d'avoir davantage de temps pour lire (des livres). J'ai particulièrement adoré deux livres qui, pour une fois, n'ont rien avoir avec mon domaine de passion professionnelle :

- la Saga Maeght de Yoyo Maeght : je connais la Fondation Maeght depuis fort longtemps, j'y ai fait de merveilleuses visites, j'aime l'art moderne mais je craignais un livre un peu ennuyeux et documentaire. C'est tout le contraire et c'est une plongée palpitante au cœur de l'histoire d'une famille en prise directe avec l'histoire de l'art et pleine de passions violentes.

- Petits poissons, de Simon Leys : un ami grand connaisseur de l'Asie nous a offert ce livre et ces petites chroniques à la fois profondes et spirituelles sont un grand ravissement.

Et vous, que retenez-vous de cette fin d'été ?