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26/07/2016

Quelques lectures pour l'été ?

A la rentrée, il y aura, bien sûr, la sortie de mon livre... Ne vous inquiétez pas, je ne manquerai pas de vous en reparler ! En attendant, peut-être avez-vous envie de lectures gourmandes. J'ai eu quelques coups de cœur dans ce domaine ces derniers mois.

L'art de saucer, de­ Mayalen Zubillaga
Vous en avez peut-être entendu parlé car je ne suis pas la seule à m'être régalée à sa lecture. L'auteure réhabilite sur un ton iconocla­ste le droit de saucer les plats, avec quelques appétissantes recettes à l'appui. J'ai adoré le­ style joyeux et impertinent, la transgression des règles de bienséance et le conten­u totalement orienté vers le plaisir de manger, ant­i-privation, anti-bien-pensance nutritionnelle.

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Changer d'assiette, de Keda Black (livre ­reçu)
J'avais acheté et beaucoup aimé le précé­dent livre de Keda Black, Cuissons, revue systématique e­t compétente des différents modes de cuis­son. Celui-ci va plus loin et cible plus ­large dans l'aide qu'il peut apporter pour les repas. C'est quasiment le livre de cuisine que je rêv­ais d'écrire...en bien plus expert ! Je vous parlais il y a quelques jours de la souplesse en cuisine. C'est exactement ce que propose Keda Black. Pas un livre de recettes mais bea­ucoup plus que ça : un livre qui vous app­rend COMMENT on compose des plats (quiche­, soupe, légumes mijotés, etc.), quelle es­t la TECHNIQUE de base et donc vous donne­ les clés pour pouvoir les décliner selon­ vos propres goûts, la saison, etc. C'est le coeur de l'ouvrage et ce que j'ai le plus apprécié. Mer­ci et bravo, Keda, d'avoir réalisé ça ! Il y a aussi des incitations à changer sa façon de manger, à introduire de nouveaux aliments, à découvrir davantage de légumes. Je ne suis pas totalement convaincue par les petits messages nutritionnels parsemés deci-delà mais c'est un détail.

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En route pour une quiche aux légumes déclinable à volonté

Petit éloge du petit déjeuner, de Thierry Bourcy

C'est Ezechiel Zerah, jeune et gourmand journaliste d'A Tabula, qui avait signalé, il y a quelques mois, ce petit livre sur Facebook. Moi qui adore le petit déjeuner, j'ai beaucoup aimé lire ce court ouvrage plein d'imagination, de bonne humeur et de diversité sur le sujet.

Et vous, qu'avez-vous lu de savoureux ces derniers mois ?

 

22/07/2016

La gourmandise ne fait pas grossir ! lisons la 4eme de couv

La couv d'un livre, c'est bien joli, mais certains aimeraient en savoir un peu plus. Comme quand on est dans une librairie, qu'on se saisit d'un livre, attirés par le titre, qu'on le retourne pour comprendre de quoi il s'agit, décider s'il faut prolonger l'intérêt. C'est à cela que sert la "quatrième de couv", à ouvrir quelques pistes vers l'intérieur, à préciser les intentions.

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Alors, sans attendre la sortie, voilà ce que l'éditeur Carnets Nord a écrit sur la quatrième de couverture :

"On ne mange pas des calories, on mange des aliments!" "Etre bien dans son corps, ce n’est pas une question de poids." "Plus on s’interdit un aliment, plus on en a envie." "Ça serait pas un peu de l’intox, la detox?"

Ariane Grumbach, diététicienne atypique et passionnée, veut en finir avec les angoisses liées à la nourriture aujourd’hui, les derniers régimes à la mode, le diktat de la minceur à tout prix, les idées reçues sur les aliments à proscrire et ceux aux vertus soi-disant extraordinaires.

Dans son abécédaire gourmand, où plaisir de manger rime avec bien-être, elle déconstruit ces injonctions et croyances en tout genre, décrypte les modes alimentaires, analyse nos modes de vie et de consommation et nous donne des pistes pour retrouver une relation sereine à la nourriture qui nous mènera à notre juste poids. Et elle crie haut et fort: "Arrêtez les régimes, tous les régimes!"

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Ariane Grumbach est diététicienne-nutritionniste à Paris. Diplômée d’HEC, elle a travaillé pendant vingt ans dans des grandes entreprises avant de se reconvertir par passion pour l’alimentation et l’humain. Elle fait partie du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids). Elle tient un blog, "L’art de manger", qui mêle réflexions sur l’alimentation, conseils nutritionnels et recettes gourmandes.

Voilà qui ne doit pas trop vous surprendre, vous fidèles lecteurs et lectrices de ce blog... Mais l'info, c'est qu'il s'agit d'un abécédaire, pour qu'on puisse lire librement !

Pour la suite, rendez-vous le 8 septembre !

08/07/2016

La couv ! La couv !

Ceux qui suivent ont compris que je venais de finir l'écriture d'un livre dans mon domaine d'activité. Voilà le temps venu de vous montrer le titre et la couv pour vous faire patienter un peu...

Les voilà !

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Le livre sortira dans précisément deux mois, le 8 septembre, juste à temps pour les bonnes résolutions. Euh, non, je plaisante, je n'y crois pas trop... Mais bon, peut-être pourrait-il vous donner quelques bonnes vibrations gourmandes...

En attendant, je ne vais pas rester totalement inactive et j'ai le plaisir de vous annoncer que je serai sur l'antenne de France Bleu 107.1 (Ile de France) les mercredi 17 août et samedi 20 août, de 10h00 à 10h40 pour parler alimentation.

Passez un bel été (je reviendrai peut-être vous donner quelques nouvelles !)

08/06/2016

Pourquoi cette absence ? J'écris... et je cause aussi !

20160528_195158.jpgChers lectrices et lecteurs de ce blog, un scoop pour vous ! Si je suis aussi peu présente actuellement, c'est que j'écris mais ailleurs... Je suis en train de finaliser l'écriture d'un livre, et l'échéance de "bouclage" qui se rapproche me met une certaine pression. J'ai beaucoup d'admiration pour les personnes qui parviennent à sortir livre sur livre en parallèle de leur travail. Comment font-elles ? Elles ne dorment pas ?! Pour ma part, j'écris durant mon temps libre, en dehors des consultations et autres interventions. Je suis incapable de rogner sur mon temps de sommeil. C'est pourquoi, au bout de quelque temps, j'ai réalisé qu'il était impossible de m'occuper simultanément du blog.

Bien sûr, ce livre parle d'alimentation, quoi d'autre ?! Je tournais autour de l'idée depuis un certain temps, tant j'ai à dire sur ce thème qui me passionne. J'avais mis cette envie de côté, par paresse, pour d'autres priorités comme un déménagement, avec l'impression que la voie/voix électronique pouvait peut-être suffire. Mais un éditeur est venu me trouver, sympathiquement ouvert à mon approche...

L'ouvrage ne sera pas totalement une révélation pour celles et ceux qui me lisent depuis longtemps car certains éléments du blog m'ont inspirée. Mais il y aura aussi beaucoup de sujets nouveaux, issus de réflexions et convictions personnelles et de mon vécu en consultation avec les patient(e)s. Il devrait sortir début septembre, un peu de patience donc ! 

Je profite de ce billet pour vous annoncer que j'aurai aussi le plaisir d'animer une "classe" à la School of Life, un établissement pour adultes assez tendance, qui vise à enseigner "tout ce que l'école n'apprend pas". Mon cours a pour intitulé Comment manger, le corps a (presque) toutes les réponses. La première édition se déroulera le lundi 4 juillet de 19h00 à 22h00 à Paris, dans le 9eme arrondissement (prix : 39 euros). D'autres sessions sont prévues à la rentrée.

Voilà pour les nouvelles... A bientôt !

15/03/2016

Un brunch de saison 100% agrumes car la contrainte, ça aide en cuisine !

Je vous parle de temps en temps de mes repas thématiques : autour d'une couleur, un thème (Ottolenghi), un aliment, etc.

Cette fois, je préparais un brunch festif et je n'avais pas trop d'idée, sauf celle de faire plaisir. Je ne sais plus trop comment cela m'est venu. En réfléchissant aux aliments de saison, j'ai pensé à des accords assez usuels comme endive-orange ou pamplemousse-avocat. Du coup, j'ai songé à élargir et j'ai décidé de faire un brunch tout agrumes : j'aime bien ce type de contraintes car elle évite de se disperser dans les millions de recettes existantes... Cela voulait dire avoir un agrume au moins dans chaque plat...

A partir de ce moment-là, sans effort, d'autant que c'est la saison, je suis tombée sur différentes recettes plaisantes et pas compliquées :

- une salade endive-orange-parmesan-sésame grillé, inspirée, en la simplifiant, d'une recette du blog Complètement Toquée ;

- une salade mâche-avocat-pamplemousse-noisette du livre Cuisine végétarienne de Laure Kié ;

- un bouillon de légumes aux agrumes (orange et citron) du même livre de Laure Kié (un peu adapté) ;

- une bruschetta d'hiver aux zestes de citron du livre Le Zeste, 10 façons de le préparer de Martine Camillieri aux Editions de l'Epure ;

- une salade de pois chiches au citron vert et à la coriandre (inspiration personnelle) ;

- un gâteau sicilien à l'orange, une recette du dernier magazine Régal que j'ai adaptée) ;

- du pain perdu aux clémentines poêlées (inspirée du dernier magazine Saveurs)

- un smoothie orange-pamplemousse-banane (inspiration personnelle).

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J'ai préparé le gâteau la veille au soir et tout le reste, tranquillement le dimanche matin. En finalisant le tout au dernier moment. Cela a donné un fameux brunch tout à fait délicieux, plein de couleurs, de goûts, de textures, salé et sucré.

Et vous, vous arrive-t-il de vous fixer ainsi un thème pour guider votre menu ?

12/03/2016

Omnivore 2016 : de l'humilité, de l'exigence, du goût

Omnivorec'est un festival de la "jeune cuisine" qui se déroule chaque année depuis 11 ans, et, depuis quelques éditions, à Paris. Luc Dubanchet, son créateur, a peut-être eu, avant la télé-réalité, l'intuition de la cuisine-spectacle et de la starisation des chefs...Je crois qu'il veut surtout mettre en avant leur talent, leur rendre hommage et les faire se rencontrer. La cuisine n'est pas futile pour lui. Dans son édito du Foodbook paru simultanément, il écrit "Omnivore se bat depuis plus de 10 ans pour que la cuisine soit prise au sérieux" car "le choix du monde dans lequel nous vivons passe aussi par le choix de la qualité de ce que nous cuisinons et ingérons". Comme je suis en accord avec cette phrase !

Revenons au festival : j'y suis restée une bonne partie de la journée, lundi et mardi.

Humilité ? Pour cette onzième édition, les chefs ont été une nouvelle fois en vedette dans la grande salle de la Mutualité, dans le 5eme arrondissement, mettant en scène des "happenings" gastronomico-créatifs, sous l'oeil attentif et le micro curieux de Sébastien Demorand. Humbles, eux ? Sans doute pas tous... Mais j'ai assez peu fréquenté cette "Scène salée" car il faut faire des choix. Ce qui me donne un regard de biais*.

L'humilité, je l'ai ressentie :

- Chez les chefs qui s'inclinent devant les produits, les artisans-producteurs, le terroir ou la mer. C'est une volonté d'Omnivore de mettre en avant, sur la scène Artisan (animée par le journaliste Stéphane Méjanès avec intérêt et bienveillance), les hommes et femmes qui fournissent les meilleurs produits aux chefs. Ainsi, Florent Ladeyn, chef très médiatique et très locavore de la région Nord, est intervenu sur la Scène Artisan pour présenter deux maraîchers flamands, un Belge et un Français, Dries Delanote et Bertrand Devienne, qui l'alimentent en produits locaux et souvent étonnants C'est alors parfois le produit qui donne des idées au chef et non le chef qui commande certains ingrédients. Florent Ladeyn a ainsi suggéré d'arrêter de starifier les chefs, dont la cuisine n'existerait pas sans les producteurs, les maraîchers...

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- Chez le chef Romain Pouzadoux, du restaurant L'Imaginaire à Brest, qui a laissé avec une belle complicité la vedette au très vivant et passionné charcutier Olivier Hélibert et s'est employé à nous cuisiner discrètement quelques délices mettant en valeur ses produits charcutiers, 100% cochon, a-t-il précisé.

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- Chez le chef Xavier Pensec, qui a un comptoir à sushi, Hinoki, à Brest, avec sa femme japonaise Mika. J'avais déjà entendu parler de lui et j'aurais vraiment envie de goûter ses sushi. Il ne m'a pas déçu dans sa rigueur, son attention à l'extrême qualité et l'origine des poissons et coquillages qu'il va préparer en sushi avec des gestes dignes d'une sushiya japonaise. Mais qui dit qu'il lui faudra bien encore 15 ans pour maîtriser vraiment son métier... On pourrait aussi parler d'exigence...

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L'exigence, c'est celle qu'Omnivore voudrait visiblement suggérer aux restaurants pour les produits qui encadrent le repas : café et pain en particulier. Souvent, un chef peut être très exigeant pour les ingrédients de ses plats mais se soucier peu des accompagnements. Alors, ce ne sont pas moins de trois boulangers (Alex Croquet, Thierry Delabre, Shinya Inagaki de Terroirs d'Avenir) et trois spécialistes du café (Hippolyte Courty, Youssef Louanjli du café Fragments, Antoine Nétien (Coutume)), qui sont venus défendre la qualité, l'exigence, l'artisanat et rappeler combien ils peuvent participer à la réussite d'un repas. Intéressant par exemple d'entendre Antoine Nétien suggérer que prendre quelques minutes pour préparer un vrai bon café n'est pas une perte de temps coûteuse car s'il est bon, il y a de grandes chances que le client l'avale avec bonheur et en redemande un autre... Et d'ailleurs, le pain est souvent la première impression perçue du repas et le café la dernière...

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Shinya Inagaki, le boulanger japonais de Terroirs d'Avenir (son pain me régale quotidiennement)

L'exigence, c'est celle d'Alex Cruz et Cyril Gonzales, de drôles de Québecois de la société Orignal qui expliquent de façon détendue comment ils remettent en cause le système agro-industriel à leur modeste niveau mais avec ténacité et rigueur, en inventant des produits de super qualité en direct avec les agriculteurs ou carrément sauvages. Une sorte de Terroirs d'Avenir qui deviendrait concepteur...

Le goût, c'est celui de quelques gorgées d'Armagnac. J'ai eu la chance de gagner un pass Omnivore grâce au site Vin Adour Fantaisies et je suis allée rencontrer son fort sympathique promoteur Eric Sendra. J'ai dégusté quelques petites gorgées d'un vieil Armagnac (modération !), je ne suis pas du tout connaisseuse en la matière mais quels merveilleux parfums et quel bonheur en bouche... 

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Le goût, c'est celui, tellement plaisant, des délicieux et plus raisonnables jus de raisin Alain Milliat, que j'ai goûtés avec bonheur.

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Le goût, c'est celui, surprenant, des recherches passionnantes d'Hippolyte Courty, de l'Arbre à Café, qui souhaite "étendre le territoire du café" et fait ainsi goûter du thé de café, de la peau de café, de l'infusion de fleurs de café... Et un fameux éclair au café du pâtissier Yann Couvreur qui ne ressemble à aucun autre éclair au café que j'aie goûté. Comme une impression de café solide et onctueux...

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A propos de goût, je ne peux qu'adhérer au conseil du chef Michele Farnesi (du restaurant Dilia, où j'ai fait un très bon déjeuner récemment) : "les pâtes, il faut les bouffer tout de suite, quand c'est al dente, chaud, crémeux" !

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Un petit regret, comme beaucoup, que la richesse du programme empêche de voir tout ce qu'on aimerait. Dur, dur de devoir choisir entre Xavier Pensec et Alex Croquet, entre Thierry Delabre et Shinya Inagaki, et se priver ainsi de Nina Métayer, etc.  L'impression que le succès est croissant, tant mieux, c'est une reconnaissance mais cela crée par exemple une scène Sucré la plupart du temps archi-bondée, totalement inaccessible. Suggestion aux organisateurs : trouver une salle beaucoup plus grande pour 2017 ou se rabattre sur des pâtissiers beaucoup moins connus...

Et puis, un des plaisirs d'Omnivore, c'est aussi de revoir des têtes amies ou d'en rencontrer, d'échanger au détour des couloirs, de se lancer dans de passionnantes conversations trop vite interrompues car il faut filer à une nouvelle "Masterclass". C'est sûrement une des grandes réussites du festival de réunir une quantité incroyable de chefs et de professionnels de la gastronomie qui ont ainsi un lieu pour échanger, se découvrir ou se revoir, poser peut-être les bases de projets communs...

Cela fait cinq ans (déjà..ou seulement) que je fréquente Omnivore et je m'en réjouis. Il y a beaucoup désormais de chefs reconnus et étoilés, de pâtissiers de palaces... C'est assez normal pour le festival d'être fidèles aux adeptes de la première heure. Mais Omnivore s'assagirait-il ? Je lui souhaite de ne pas perdre le fil de la découverte avant-gardiste. Et de lui laisser une place majoritaire. Ou alors, un jour, des petits jeunes feront sécession et monteront le nouvel Omnivore ;-) Bon, en tout cas, j'espère bien revenir l'année prochaine.

Et je prolonge le plaisir en lisant le Omnivore Foodbook. Une masse de lecture en perspective, comme je les aime, autour de la gastronomie : des hommes et des femmes, des rencontres, des réflexions (le grand restaurant, les lieux éphémères...), des récits... Où, j'avoue, un des premiers articles que j'ai lus est celui sur les chaussures des chefs...

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*Pour un compte-rendu complémentaire, lire celui de Télérama Pour un bilan plus caustique posant d'intéressantes questions, lire Atabula.

Et aussi un bel article de Télérama sur les chefs qui ont marqué Omnivore au fil des années.

 

02/03/2016

Février, lectures au programme !

Que de lectures en février. Quelques-unes :

Monde agricole

- On parle beaucoup d'agriculture ces jours-ci car ce monde est en grande difficulté et que se tient actuellement le Salon de l'Agriculture.

J'ai été intéressée notamment par cet article de Reporterre sur le renouveau de la paysannerie et sur cet autre du Monde sur des éleveurs qui sortent de la productivité à tout prix : on y voit que, malheureusement, le système est biaisé dès le départ... « A l’école d’agriculture, on vous apprend qu’on fait du lait avec du maïs, pas avec de l’herbe ». Comme chez les boulangers qui n'apprennent plus à faire du pain au levain. Ou d'ailleurs chez les diététiciennes où on apprend les calories et les régimes et aucune psychologie ;-)

Viande

J'ai trouvé très intéressant cette large réflexion sur la question de la viande suite à une nouvelle sinistre affaire d'abattoir.

Demain

Vous avez probablement entendu parler de l'inattendu et considérable succès du film Demain. A ce sujet, un intéressant échange entre Cyril Dion et des internautes, et une analyse de la signification de ce succès.

Grossophobie

Je vous parlais récemment de la grossophobie médicale. La grossophobie, on le sait bien malheureusement, est souvent à l’œuvre dans le monde du travail, comme le montre ce triste exemple. Il y a heureusement parfois des contre-exemples : j'ai séjourné récemment dans un hôtel de chaîne dont l'une des hôtesses d'accueil était loin du profil type, bien ronde et pleine de tatouages. Elle était très souriante et faisait super bien son boulot : n'est-ce pas l'essentiel ?

Livres

J'ai eu le plaisir de participer à une soirée qui fêtait les 25ans des Editions de l'Epure (peut-être connaissez sa longue série "10 façons de préparer..."), d'y revoir Alessandra Pierini à laquelle je rends souvent visite dans sa magnifique épicerie RAP, et l'éditrice Sabine Bucquet-Grenet et de rencontrer Martine Camillieri qui m'a dédicacée son livre "10 façons de préparer le zeste"). Je me suis empressée de faire une des recettes les plus basiques du livre dès le lendemain matin, du beurre zesté, un délice sur des tartines.

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Pâtisserie

Au-delà de ses gourmandes recettes italiennes, je suis fan des billets d'astuces d'Edda Onorato. cette fois, cela concerne les gâteaux au chocolat.

 

Une citation pour finir, partagée sur twitter par Jean-Philippe de Tonnac :

"La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,

Rien n’obscurcira la beauté de ce monde"

Ilarie Voronca 1903-1946 tout le poème ici).

 

 

 

25/12/2015

Juin 2015 : je me passionne pour Mona Chollet et son Chez soi

Petit retour sur les bons côtés, les jolis moments de 2015, ceux dont je n'avais pas pris le temps de vous parler sur le blog, et ils vont nous amener tranquillement à la fin de l'année.

Une de mes plus belles lectures de 2015 est sans aucun doute le livre Chez Soi - Une odyssée de l'espace domestique, de Mona Chollet. je suivais cette journaliste du Monde Diplomatique sur twitter, depuis un certain temps, et j'avais notamment entendu parler d'elle pour son ouvrage Beauté Fatale, que je n'avais pas encore lu.

C'est un échange sur twitter justement, lors de la sortie du livre, qui m'a intéressée. On parlait du plaisir de rester chez soi avec un bon thé et un livre : je me suis ô combien reconnue dans ce bonheur-là... Du coup, je me suis précipitée pour acheter le livre et je dois dire que je l'ai dévoré...ce qui est quand même assez rare pour un essai. Mais c'est un essai plein de passion, de réflexions personnelles qui viennent s'entremêler avec des recherches, des idées, des témoignages, venus de l'histoire, la littérature, la poésie, la sociologie, l'économie, la politique, l'architecture... Tout cela produit un texte dense, passionnant, riche en passerelles vers des réflexions personnelles. A travers le choix du sujet de la maison où l'on habite, Mona Chollet brasse une multitude de sujets avec cohérence, de la mode des "tiny houses" à la parfaite ménagère en passant par le revenu universel,les problèmes de logement, les réseaux sociaux...

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J'ai donc vraiment adoré ce livre, j'y ai trouvé beaucoup d'intelligence curieuse et cultivée et d'agilité à créer des ponts, des ouvertures entre diverses thématiques, des liens étonnants. Et aussi beaucoup de résonance personnelle (le bonheur de passer du temps chez moi, la lenteur, le goût du Japon...), probablement encore davantage du fait que j'étais dans une phase préparatoire au départ de mon "chez moi". Son goût déclaré dans le livre pour les intérieurs atypiques m'a poussée à lui proposer de venir boire un thé chez moi. A ma grande surprise, elle a accepté et nous avons passé deux heures très agréables à discuter de multiples sujets. Je lui ai lancé l'idée qu'elle serait particulièrement bien placée pour écrire un livre du même style autour du vaste sujet multi-dimensionnel de la nourriture. Je ne suis pas sûre d'avoir vraiment trouvé un écho, peut-être parce qu'elle se juge piètre cuisinière (cette activité ne la passionne guère)...

J'ai ensuite lu Beauté Fatale, davantage connecté à mon activité, essai passionnant également sur la dictature, plus ou moins visible ou insidieuse, de modèles de beauté obligés, qui minent bien souvent la vie des femmes. Elle en parle ici.

Une belle interview de l'auteur sur le site Ballast.

Le regard de la blogueuse Sophie G, revenue "chez elle" justement.

Une critique du livre parmi d'autres, dans Le Temps

Une interview video de Mona Chollet par Madmoizelle.com

Une réflexion plus globale sur le fait de rester "chez soi" dans Télérama

Le livre est intégralement disponible en ligne (bravo aux Editions Zones pour cette démarche !) si vous avez le courage de le lire sous ce format mais c'est tellement mieux de se blottir dans un bon fauteuil avec le "vrai" livre !

En avez-vous entendu parler ? L'avez-vous lu ?

14/12/2015

Vive les livres qui parlent cuisine, aliments et pas seulement recettes...

Bon, on se rapproche à grands pas des fêtes de fin d'année, alors je fais comme tout le monde, je vais parler un peu livres... Car, ne nous le cachons pas, la période est propice aux cadeaux mi-plaisir mi-utilité que peuvent être les livres culinaires. Mais on peut trouver bien d'autres occasions pour (s')offrir des livres. Ce que je fais...

Récemment, plusieurs livres m'ont réjouie car il ne s'agissait pas seulement de livres de recettes. En effet, il en va pour moi des livres comme des revues culinaires : j'aime qu'il y ait de la "chair", des informations, des histoires... autour des recettes.

1. C'est le cas dans la très belle et richement fournie Encyclopédie de la Cuisine Végétarienne d'Esterelle Payani. Je suis impressionnée par la masse de travail que cela a dû représenter, surtout que je connais le perfectionnisme de l'auteure... Avant même de passer en cuisine, on se délecte de tout ce qu'on peut y découvrir. Il y a des informations sur tous les aliments de la sphère végétale, classés par familles, un large éventail de techniques (certaines qu'on a pu observer dans d'autres livres de cuisine végétarienne, d'autres plus rares) comme faire un lait végétal, cailler du fromage, préparer une chantilly de noix de coco...

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C'est déjà une grande richesse du livre. Mais le plus intéressant est peut-être le panorama des richesses de la cuisine végétarienne à travers les pays et les cultures. Car le végétarisme est aussi bien présent dans de nombreux pays d'Asie qu'en Europe, dans la bassin méditerranéen, ... On voyage ainsi d'une culture à l'autre avec curiosité et l'envie de passer en cuisine pour en découvrir davantage dans son assiette. Et, pour chaque recette, on a un renvoi aux techniques utilisées, ce qui est bien pratique si on débute dans la cuisine végétale. Le livre bénéficie par ailleurs de très belles photos. Petit bémol justement : ce n'est pas le format de livre que j'aime le plus emporter en cuisine... Un livre de référence vraiment utile si on a envie de diminuer sa consommation de viande et poisson.

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Les recettes : déjà savourées, les pâtes de sarrasin aux brocolis et ume. Hier soir, le "curry de pois chiches au chou-fleur, patate douce et lait de coco", accompagné de riz et de coriandre, fut un délice. Et, dans mon viseur hivernal, le "Mac'n'cheese au chou-fleur", la "soupe de quinoa", le "gâteau de millet aux choux de Bruxelles, butternut et noix de Pécan"...

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2. J'ai découvert par hasard à la Librairie Gourmande le livre Cuissons de Keda Black. Un livre vraiment atypique au rayon culinaire, par son format, ses photos, son organisation. Là encore, les recettes ne sont pas forcément le cœur du livre qui révèle bien d'autres richesses. L'idée est de nous faire découvrir les facettes des différents modes de cuisson et la meilleure façon d'y recourir. Certes, certains sont moins quotidiens que d'autres mais on peut rêver un peu... On plonge dans ses pages avec bonheur et on y pêche des tas de bons conseils, que ce soit la poêle idéale ou les aliments les plus adaptés au pochage. Un livre à savourer à petits pas et qui va devenir peu à peu un compagnon du quotidien mais on a aussi envie de se dépêcher d'expérimenter. Très envie par exemple de tenter la cuisson des légumes en croûte de sel...

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3. Thés japonais - la maison de thé Jugetsudo, de Chihiro Masui

Je n'aurais peut-être pas acheté ce Thés Japonais car je crois que je connais un peu déjà le thé japonais, en étant grande consommatrice et amatrice. Mais Chihiro Masui et son éditeur me l'ont envoyé et j'ai adoré le découvrir d'abord parce que les photos sont magnifiques. Puis parce qu'il y a toujours à apprendre sur le thé japonais et ses diverses variétés et les textes sont clairs, précis. Les recettes sont très appétissantes et pour la plupart vraiment pas compliquées. En ligne de mire pour commencer, les sablés aux noisettes et Genmaicha et la salade de fruits secs au Genmaicha aussi.

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Plus centré sur les recettes mais intérgrant de nombreuses informations sur les ingrédients et techniques : Tout sans gluten, de Clea : vous êtes peut-être étonnés de me voir citer ce livre alors que je m'agace souvent de cette mode envahissante du sans gluten sans raison valable. Je sais bien sûr que certains ont une vraie intolérance, d'autres un inconfort réel. Il s'agit ici d'une très vaste somme, sans doute un peu trop riche pour moi : je n'ai pour ma part aucun problème avec le gluten, aucune envie de céder à la mode mais j'explore parfois avec curiosité d'autres goûts en variant les farines. Mais c'est un livre qui me parait assez incontournable pour des personnes qui ont réellement une incapacité à digérer le gluten. Elles ont souvent du mal à trouver des idées de plats variés quand elles se rendent compte qu'elles n'ont d'autre choix que de cuisiner majoritairement. Elles se réjouiront de cette somme qui distille le style culinaire original et gourmand de Clea et n'ont pas fini d'en épuiser les plaisirs. Pour ma part, je commencerai bien par cette recette japonisante.

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Sinon, j'ai repéré en librairie deux livres sympathiques, avec de jolies mises en page colorées :

- La Bièrographie, pour amateurs de bière (que je ne suis pas) ou voulant le devenir,

- le très grand, lourd et bien garni On Va Déguster, issu de l'émission du même nom (que j'ai jugé pour l'instant trop encombrant pour mes étagères déjà bien remplies...).

Et, bien sûr, il devrait y avoir quelques Simplissime au pied des sapins...

D'autres suggestions ?

 

Encyclopédie de la Cuisine Végétarienne,d'Esterelle Payani, Flammarion (acheté)

Cuisson(s), de Keda Black, Keribus (acheté)

Thés japonais - Maison de thé Jugetsudo, de Chihiro Masui, Chêne (reçu)

Tout sur le gluten, de Clea, La Plage (reçu)

 

04/12/2015

Demain ne peut pas attendre !

Je ne sais plus trop comment j'ai entendu parler du projet du film Demain. Sans doute via twitter où je suivais Cyril Dion, que je "connaissais" via Pierre Rabhi, son association Colibris, le magazine Kaizen.

Quand la souscription pour participer au financement du film a été lancée en 2014, j'ai eu envie d'y participer car le projet de montrer l'urgence de changer à travers des initiatives concrètes et positives me plaisait. Pas seulement à moi visiblement : 10266 personnes ont contribué et le budget attendu a été plus que doublé.

Alors, j'ai été ravie quand j'ai reçu une invitation à l'avant-première. J'avoue toutefois que j'avais un peu peur d'être déçue, de ne pas apprendre grand chose, de crouler sous les bons sentiments...

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Oh non ! J'ai passé un très bon moment, j'ai aimé les expériences montrées, les personnes passionnées et persévérantes qui les ont portées, la ligne générale qui ne cache pas les dangers et difficultés qui nous attendent mais va pêcher des réponses concrètes. Le film bénéficie aussi d'une musique de Fredrika Stahl (je découvre...) en phase avec le contenu. Sûrement beaucoup d'entre vous n'imaginent pas aller au cinéma pour voir un documentaire. Mais ce n'est pas un documentaire classique. C'est un film qui transmet de l'énergie, donne un élan pour agir, qui montre que le pire n'est pas certain. Sous réserve de s'y mettre sans tarder... Et il essaie de nous convaincre que chacun, sans exception, peut s'y mettre. Les protagonistes du film n'étaient pas au départ des gens exceptionnels. Mais ils ont osé se lancer dans des plantations sauvages, une monnaie alternative, un recyclage intégral, des énergies renouvelables...

Car un des intérêts du film, c'est de balayer (autour d'exemples) cinq grands thèmes essentiels : alimentation / énergie / économie et monnaie / éducation / politique. Je connaissais certaines expériences, les Incroyables Comestibles par exemple, croisés à Grasse. J'en ai découvert d'autres. L'expérience des monnaies complémentaires est vraiment intéressante et déjà existante dans certaines villes en France. Sans doute difficile à mettre en œuvre à Paris... La ferme du Bec-Helluin, dont j'entends souvent parler, est un très bel exemple d'une réussite par le travail, l'imagination, la détermination. Les exemples sont positifs et ne visent pas à nous culpabiliser. Il s'agit plutôt de montrer des actions à petite échelle, qui, multipliées, auront un réel impact.

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Les participants au film présents à la fin de la projection (Vandana Shiva et d'autres étaient à mon avis venus surtout pour la Cop21...)

Cinématographiquement, ce n'est évidemment pas le chef d’œuvre du siècle. Mais ce n'est pas la question. Ce qui compte, c'est l'impact du film. Si vous allez voir Demain, essayez d'observer si le film vous donne de l'énergie. Ne le prenez pas comme un truc d'écolo-bobo qui veut sauver l'humanité. C'est plutôt une belle occasion de réfléchir à ce que vous pourriez faire, pas à pas, pour que votre vie soit davantage en phase avec vos valeurs.

Par exemple, que faire individuellement ? Camille Labro, journaliste du Monde, dans un article sur le film a posé la question à Cyril Dion et il a donné plusieurs exemples très concrets. Alors, je me suis demandé où j'en étais, moi :

- Se déplacer en ville à vélo : eh bien non, aucune envie de m'y mettre à Paris mais je me déplace pas mal à pied et je n'ai pas de voiture.

- Planter des potagers à partager : à Paris, on donne des permis de végétaliser, c'est bien plus raisonnable que les Incroyables Comestibles....

- Changer de banque : tiens, il faudrait y penser, aucune raison d'être scotchée à la mienne...

Changer de fournisseur d’électricité : je n'y ai pas pensé en déménageant, à creuser.

Eviter les supermarchés, et faire plutôt ses courses au marché, chez les petits commerces locaux et indépendants : je le fais autant que possible en allant chez Terroirs d'Avenir, chez Rap, chez de bons boulangers ou pâtissiers; ... Bien sûr, je vais aussi dans un supermarché de proximité par facilité mais vu mes achats, je n'ai pas beaucoup de raison d'y aller. Et j'évite beaucoup de produits de grandes entreprises, j'en boycotte certaines qui ne sont pas conformes à ce que j'en attends.

Manger moins de viande, et choisir la viande d’animaux bien élevés et bien traités : en phase avec ce que je fais.

Choisir des produits d’entretien biodégradables : je m'y suis mise. Prochaine étape : simplifier encore.

Consommer moins, arrêter d’acheter trop, à tort et à travers : oh oui, depuis un bon moment maintenant. Vive la sobriété joyeuse !

- Choisir un métier « qui a du sens pour soi, qui est en phase avec ses propres valeurs » : exactement ce que j'ai fait il y a maintenant une petite décennie...

Et vous, ces sujets vous intéressent ? Vous avez envie de voir le film ?