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16/09/2011

Connaissez-vous Luigi Cornaro ?

J'ai découvert récemment Luigi Cornaro, italien du 16e siècle. Il est célèbre (enfin, tout est relatif...) car il est mort à 102 ans après avoir prolongé sa vie en bonne santé grâce essentiellement à l'alimentation : il a écrit un texte à ce sujet : "De la sobriété - Conseils pour vivre longtemps".

On me l'avait présenté sous cet angle de la sobriété, donc mangeant très peu de façon très raisonnable. Un chantre de la restriction, ai-je donc pensé. Très peu pour moi ! Mais j'ai été un peu plus loin et j'ai lu ses écrits. En fait, je l'ai trouvé plus proche de mon approche que je ne l'imaginais car il prône avant tout... l'écoute de soi ! Ses principes concernant l'alimentation peuvent en fait se résumer en deux mots : quantité et qualité.

luigi cornaro,de la sobriété,frugalité,alimentation et santé,alimentation et longévitéEn effet, il explique qu'il a passé beaucoup de temps à déterminer la quantité de nourriture dont il avait besoin (beaucoup moins que ce qu'on lui recommandait) en étant très à l'écoute de son corps, de sa faim et de ce qui le rassasiait. Un proverbe lui est cher (il pourrait intéresser les personnes qui ont du mal à s'arrêter quand elles sont rassasiées) : "la nourriture qu'on s'abstient de prendre quand on a bien mangé profite plus que celle qu'on a déjà prise"...

Ensuite, il parle qualité des aliments. Là encore, c'est une écoute très attentive, qui lui a pris beaucoup de temps, des effets des aliments sur son corps, qui lui a fait déterminer quels aliments conserver car ils convenaient à son tempérament et lesquels sortir au contraire de ses repas.

Il n'a aucun interdit a priori et seul l'impact des aliments sur son corps, sa forme, son énergie lui importe.  Il a d'abord essayé les aliments qui lui étaient agréables au goût mais il a renoncé à ceux dont le "mal" qu'ils lui faisaient était supérieur à ce plaisir. Parmi eux, le vin froid, certains poissons, le porc, les tourtes, les pâtisseries mais aussi les fruits, les potages de légumes... Voici en revanche l'alimentation qui a eu des effets si bénéfiques pour lui : la base, c'est du pain, la panade (un bouillon de viande qu'on mange avec du pain) ou un bouillon ou un potage ; puis de la viande : veau, chevreau, mouton, poulet, perdreau, divers gibiers ; des poissons de mer et de rivière : dorade, brochet, etc. Et s'il avait moins de moyens, ce serait tout simplement pain, panade et oeuf. On est alors loin des préceptes nutritionnels d'aujourd'hui, basés en principe sur des connaissances beaucoup plus scientifiques...

Attention, il ne dit jamais que ce sont cette quantité et ces aliments particuliers qu'il recommande de manger. Surtout pas ! Au contraire il pense que chacun est seul à pouvoir se connaître vraiment et chacun peut avoir des besoins différents. Et si cette alimentation lui a permis de vivre si vieux, ce n'était pas forcément le premier effet recherché, mais surtout d'être moins malade et davantage en bonne forme et plein d'énergie pour vaquer à diverses activités.

Il recommande de lutter contre les envies de manger des aliments nocifs : faudrait-il qualifier cela de régime restrictif ou d'attention pour soi ? Selon lui le bénéfice de bien-être et de forme est tellement important que cela en vaut la peine. Par ailleurs, le manger émotionnel est peu évoqué, mais c'est sans doute essentiellement un trait de notre époque.

Pour ma part, très souvent, quand un patient me pose une question sur les éventuels méfaits de tel ou tel aliment courant, je lui retourne la question "quel effet il vous fait à VOUS ?". Car il y a peu de règles universelles.

Et vous, avez-vous déjà prêté une attention fine aux effets des aliments sur votre forme, sans vous soucier de tous les discours nutritionnels qui vous entourent ?

PS : à chaque fois que j'intitule un billet "Connaissez-vous... ?", je pense à Bruno Verjus ;-)

Commentaires

Très intéressant comme billet ! Je vais me renseigner sur ce « nutritionniste » italien, car son approche de l’alimentation semble effectivement très juste, même si à la première approche en contradiction avec les préceptes actuels (quoi que le manger moins est un précepte que l’on entend de plus en plus …). Merci Ariane.

Écrit par : Catherine | 16/09/2011

Bonsoir Ariane,
C'est avec beaucoup de plaisirs que je découvre votre blog !
Je vais faire quelques recherches ce Luigi... Merci pour ce billet, très intéressant !
Une bonne soirée !

Écrit par : Audrée | 16/09/2011

@Audrée, bienvenue, ravie que ce blog vous plaise. Restez-y autant que vous voulez ;-)

@Catherine @Audrée merci de votre intérêt et vous pourrez vous renseigner plus avant si vous voulez mais je pense avoir dit l'essentiel. Si besoin, ses écrits se trouvent facilement.

@Catherine, il ne voulait vraiment pas s'affirmer nutritionniste car il s'est seulement occupé de son propre cas, estimant qu'on est son meilleur médecin.

Écrit par : Ariane | 16/09/2011

Voici un Sage, un vrai de vrai.
Les principes présentés me semblent d'une grande logique et il est intéressant de voir qu'ils sont si anciens. Il me semble qu'ils sont à faire connaître aujourd'hui, car notre société de consommation pousse à TOUT consommer sans modération, que ce soit les aliments, les objets, les images, etc.
Il faut savoir dire non - non - non.
Sans pour autant tomber dans des excès tels qu'on peut en voir ou en lire dans certains livres qui incitent à des privations totalement stupides.
Merci pour cet article, très intéressant.

Écrit par : Bonheur du Jour | 17/09/2011

@Bonheur du Jour, merci, ravie que cela vous aie intéressée et tout à fait d'accord avec vous pour n'aller ni vers l'excès de consommation qui ne fait sûrement pas le bonheur ni vers une vie quasi-monacale. Plutôt un juste milieu qui soit une "sobriété heureuse" comme l'a commenté Stéphane sur mon mur facebook (se référant à une thématique de Pierre Rabhi) .

Écrit par : Ariane | 17/09/2011

Je suis d'accord en partie sur ces principes, par contre il ne devait pas manger très varié.
Concernant l'effet des aliments sur la forme, c'est surtout une histoire d'énergie pour moi : plus la digestion se passe bien, plus j'ai de l'énergie. Pour ça que je mange léger le midi. Un peu trop de graisses le midi et je fais dodo tout l'après-midi ! idem pour les plats épicés, salés (qui me font boire 2 litres d'eau après ^^), etc, je préfère toujours les manger le soir, car après je n'ai pas besoin d'être au top de ma concentration.

Écrit par : Estel | 19/09/2011

@Estel, merci, cela n'était peut-être pas aussi varié que notre alimentation actuelle (encore que beaucoup de personnes mangent de façon très monotone aujourd'hui) mais cela ne semble pas avoir nuit à sa santé ;-) En effet, la digestion prend de l'énergie si on a mangé trop ou trop lourd. Toutefois, ce que vous appelez manger léger n'est-il pas seulement manger normalement ?!

Écrit par : Ariane | 22/09/2011

Les commentaires sont fermés.